La question de la consommation de viande est complexe et soulève de nombreux débats. Dans un contexte de changements globaux, notamment climatiques, environnementaux et démographiques, les modalités des transitions écologiques et alimentaires font l’objet de nombreuses discussions. Faut-il réduire notre consommation de viande ? Cet article explore huit raisons essentielles pour lesquelles envisager une diminution de votre consommation de viande pourrait être bénéfique pour votre santé, l'environnement et le bien-être animal.
La consommation excessive de viande, en particulier de viande rouge et de charcuterie, est associée à des risques accrus pour la santé. Bien que la viande soit une source de nutriments essentiels comme les protéines et le fer, elle est également riche en graisses saturées et en toxines. En France, la consommation moyenne de produits animaux par une population adulte en bonne santé est supérieure aux besoins nutritionnels.
L'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) recommande une diminution de la consommation de produits animaux et un rééquilibrage entre produits animaux et végétaux. Il ne faut pas abuser de la viande et la limitation de 500 grammes de viande rouge par semaine fixée par l’OMS et l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) est bien une limite maximale à ne pas dépasser, et non un objectif à atteindre. Il en va de même pour la limite de 150 grammes de charcuterie par semaine, car la charcuterie est riche en graisse et en sel, sans parler des additifs au nitrite.
Les apports nutritionnels trop élevés de la protéine animale peuvent avoir d’autres conséquences sur notre santé. Consommée en excès, elle peut conduire à un déséquilibre de l’organisme favorisant la survenue de maladies telles que le surpoids, l’hypertension, des maladies cardiovasculaires ou encore des diabètes de type 2. Pire encore, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la charcuterie et la viande rouge favoriseraient les cancers du côlon, du pancréas et de la prostate. De plus, les animaux d'élevage intensif sont souvent gavés de médicaments et nourris avec des céréales transformées, ce qui peut entraîner la présence de substances chimiques dans la viande que nous consommons.
L'élevage intensif a des répercussions importantes sur l'eau. Les animaux d'élevage absorbent des quantités considérables d'antibiotiques, qui sont ensuite rejetés dans l'environnement et notamment dans l'eau. La surconsommation et le rejet d'antibiotiques dans les masses d'eau exacerbent la résistance aux antibiotiques, ce qui pourrait augmenter le risque d'épidémies. De plus, la production de viande nécessite d'énormes quantités d'eau : pas moins de 15 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un seul kilo de bœuf.
L'élevage est responsable de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont une part importante est due à la digestion des ruminants. Les rots et pets de vaches seraient une cause importante du réchauffement climatique. Alors qu'elles étaient autrefois nourries à l'herbe verte de nos pâturages, les vaches s'alimentent aujourd'hui de soja, blé et maïs transformés. Résultat ? Elles ruminent davantage. Et la rumination produit du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus nocif pour l’environnement que le CO2.
Pour nourrir les animaux d'élevage, il faut des céréales, beaucoup de céréales. Il faudrait fournir 7 à 12 kilos de céréales pour produire 1 kilo de viande. Parce qu’il faut toujours plus de céréales et donc plus de terres agricoles pour les produire, la forêt est peu à peu grignotée. Ainsi, on estime que l’agriculture intensive est responsable de 70% de la déforestation. Chaque année, des millions d’hectares sont déboisés pour y installer des élevages de bétail.
La production de viande dans le monde a triplé entre 1970 et 2010. Si les pays développés amorcent un ralentissement de leur consommation de viande depuis quelques années, la tendance est inversée dans les pays en voie de développement comme la Chine et l’Inde. Pour répondre à cette importante demande, les agriculteurs sont incités à employer tous les moyens pour atteindre de forts rendements, ce qui conduit souvent à des pratiques d'élevage intensives et peu respectueuses du bien-être animal.
Si la production de viande augmente avec la densité humaine, la Terre sera frappée d’une importante famine. Il est donc grand temps de revoir les bases de notre alimentation.
La plupart des animaux destinés à nous nourrir sont victimes de mauvais traitements. Entassés dans des espaces exigus, encagés, brutalisés, découpés vivants. Plus stressés et maltraités, 20% des animaux d’élevage meurent avant d’avoir atteint l’âge adulte. En cause : une consommation excessive de viande. Pour le bien de nos amis à plumes ou à quatre pattes, pensons à diminuer notre consommation de viande.
La consommation mondiale de viande est très inégale selon les régions. Voici une estimation de la répartition en 2017 :
| Région | Pourcentage de la consommation mondiale |
|---|---|
| Asie | 47% (dont 27% en Chine, 2% en Inde) |
| Europe (UE et Russie) | 19% |
| Amérique du Nord | 13% |
| Amérique du Sud | 15% |
| Afrique | Moins de 6% |
L’infographie ci-dessous montre l’impact environnemental de différentes sources de protéines. La production d’aliments d’origine animale, en particulier la viande, émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que celle d’aliments végétaux.
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