À l’Université de la crêpe, à Saint-Jean-Trolimon, on apprend à faire des crêpes dans la bonne humeur. C’est un lieu où les stagiaires et les formatrices sont au service de la tradition.
Dès l’entrée de la salle polyvalente de la commune, une odeur agréable, aux parfums d’enfance, vous enveloppe. C’est ici que l’association baptisée l’Université de la crêpe tient ses quartiers.
Une crêpe bretonne traditionnelle accompagnée de cidre.
La première session d’apprentissage à la confection des crêpes à peine terminée à l’université de la crêpe de Saint-Jean-Trolimon, qu’il n’y a déjà plus de places avant le mois de février 2024 ! Comment expliquer cet engouement, alors que certains parlent d’une « crise des vocations » au sein des crêpières ?
Savoir-faire et bonne humeur, la recette du succès pour les stages de l’université de la crêpe à Saint-Jean-Trolimon, qui affichent complet plusieurs mois à l’avance.
La première session de formation et d’apprentissage à la confection des crêpes a eu lieu en 1998, à Saint-Jean-Trolimon, sous l’impulsion de l’association Saint-Jean Sports et Loisirs, organisatrice d’une soirée crêpes afin de financer ses activités.
Les formatrices sont exigeantes et attentives, tout cela entre deux bons mots. Mathilde et Justine, deux sœurs venues de Tréméoc, sont ravies : « On commence à maîtriser au bout de ces huit heures. Nous venons à titre personnel parce qu’on aime les crêpes et nous voulons nous perfectionner. »
Vincent, très attentif devant son billig, renchérit : « Je viens d’abord pour apprendre et en faire à la maison. Si un jour j’en ai l’opportunité, je me verrais bien en faire un métier et en vendre, dans une camionnette, à la sortie des plages. »
Emmanuelle, autre stagiaire, est également enthousiaste. Elle est éducatrice spécialisée et trouve « formidable cette manière d’apprendre la tradition, au contact des plus anciens qui ont le sens de la transmission, en toute convivialité ».
Sur d’autres billigs, Daniel et Annie sont concentrés. Ils sont là, en couple, pour mettre leurs envies culinaires au point : « On va pouvoir en faire pour nos enfants et nos petits enfants. À la logistique, Jean-Claude et Daniel ne chôment pas : vaisselle, rangement… Ils participent à leur façon et aiment cette ambiance d’entraide et de bénévolat.
La remise des diplômes de l’Université est pour bientôt et se fera en présence de la présidente, Éliane Le Borgne.
C'est la rentrée aussi pour toute l'équipe de crêpières et leurs adjoints de l'Université de la crêpe. Il y a déjà des étudiants qui piaffent d'impatience pour acquérir la connaissance de fabrication de bonnes crêpes. L'université ouvrira ses portes pour le premier stage de la saison, lundi 5 octobre.
Ce premier stage aura lieu les lundi 5, mardi 6, lundi 12 et mardi 13. Deux horaires sont proposés: de 14h à 16h et de 18h à 20h.
Les autres dates: novembre, les 9, 10, 16 et 17; décembre, les 7, 8, 14 et 15; janvier, les 4, 5, 11 et 12; février, les 1er, 2, 8 et 9; mars, les 1er, 2, 8 et 9; avril, les 12, 13, 19 et 20.
Pour les inscriptions, contactez Julien Chapeau, tél. 02.98.82.11.26 ou 06.83.16.99.48 (à partir de 18h30).
Atelier de confection de crêpes à l'Université de la Crêpe.
Devant nous, la présidente de l'Université de la crêpe. Le titre en impose, la tâche est ludique. Cette université est en fait une association bretonne, à Pont l’Abbé, qui organise des stages pour apprendre à faire la pâte et, le plus difficile, à tourner crêpes et galettes.
Eliane, petite dame aux cheveux courts, nous apprend les noms bretons : le billig, c'est la crêpière, une plaque en fonte qui doit chauffer à plus de 200 degrés. Le rozel, ce bout de bois avec lequel on étale la pâte. Le spanel, la spatule qui sert à les retourner - toujours avec la tranche, jamais avec la pointe.
Mais d’abord, on s'attaque à la pâte. On commence par celle des crêpes, pour qu'elle ait le temps de reposer. Farine, œufs, lait, sel, sucre et beurre "salé, dans le pays bigouden. Le beurre doux, on ne connaît pas", précise Eliane. Parée de son tablier aux broderies de Bigoudènes, elle mélange les ingrédients secs, puis ajoute le liquide. "Je vais faire à la main, comme faisaient nos anciens." Elle se rince les mains en versant du lait dessus, pour ne pas perdre une goutte de la pâte.
On passe ensuite à la préparation des galettes de blé noir. Farine de blé noir, sel, oeufs, eau et lait. Le procédé est le même, jusqu’au moment où la table commence à trembler. Eliane explique qu’il faut battre la pâte pour l’aérer. "Ma belle-mère disait, il faut qu'elle fasse des fils." Elle sort sa main de la pâte, des filaments s’étirent de ses doigts jusqu’au récipient.
Il est temps d'allumer le billig. Eliane a sa louche à crêpes et sa louche à galettes. On commence par le sucré. Sa main gauche verse la pâte, la droite l’étale par petits accoups à l’aide du rozel. Une fois la crêpe retournée, elle attrape la demi-motte de beurre empalée à un couteau pour en enduire la crêpe. Une douce odeur envahit aussitôt la cuisine.
Les Bretons ont toujours été confrontés à l'acidité de leurs sols, ce qui rendait la culture du froment difficile. Bien qu'il soit possible de fabriquer du pain d'avoine, ce n'est pas une tâche aisée, l'avoine était souvent consommée sous forme de bouillie. Cependant, il était également possible de faire des crêpes d'avoine.
Ainsi, on peut supposer que les galetières en terre cuite anciennes trouvées en Bretagne étaient utilisées pour cuire ces céréales non panifiables qui poussaient bien dans la région.
Les premières traces de pollen de sarrasin fossilisé trouvées par les scientifiques en Bretagne remontent à l'âge du Fer, c'est-à-dire au premier millénaire avant Jésus-Christ. Cette culture s'est ensuite répandue dans toute la Bretagne aux 15e et 16e siècles.
L'arrivée du sarrasin en Bretagne et sa culture intensive dans les champs ont marqué un tournant dans la fabrication des crêpes. En effet, le sarrasin une fois transformé en farine, n'est pas panifiable car il ne contient pas de gluten, ce qui empêche la pâte de lever.
Les crêpes, qu'elles soient de sarrasin ou d'avoine, étaient un aliment courant dans la vie quotidienne des Bretons, sans être associées à des occasions spéciales. Elles servaient souvent de substitut au pain et étaient consommées presque tous les jours.
Cependant, en Bretagne, et particulièrement dans le Finistère, il existait une tradition de préparer les crêpes le vendredi soir. En dehors de leur usage quotidien, il existait des variantes de crêpes considérées comme plus exceptionnelles ou "chic". Selon des archives datant des 17e et 18e siècles, des "crêpes grasses", probablement faites de farine de froment, étaient servies dans des tavernes lors de fêtes ou d'événements spéciaux.
| Mois | Dates | Horaires |
|---|---|---|
| Octobre | 5, 6, 12, 13 | 14h-16h et 18h-20h |
| Novembre | 9, 10, 16, 17 | 14h-16h et 18h-20h |
| Décembre | 7, 8, 14, 15 | 14h-16h et 18h-20h |
| Janvier | 4, 5, 11, 12 | 14h-16h et 18h-20h |
| Février | 1, 2, 8, 9 | 14h-16h et 18h-20h |
| Mars | 1, 2, 8, 9 | 14h-16h et 18h-20h |
| Avril | 12, 13, 19, 20 | 14h-16h et 18h-20h |
Ravie de rallumer les billigs après deux années d’interruption dues à la crise sanitaire, l’équipe de bénévoles de l’Université de la crêpe a accueilli, lundi après-midi, ses premiers stagiaires. Cela fait près de 25 ans que l’association Sport et loisirs de Saint-Jean-Trolimon s’est lancée dans ces formations et fait perdurer la tradition.
« J’ai appris avec ma mère à l’âge de 12-13 ans sur une grande crêpière alimentée au feu de bois. C’était le vendredi, car on n’avait pas toujours du poisson, qu’on faisait les galettes mais uniquement avec du beurre »
On ne s’improvise pas crêpier. L’atelier de la crêpe, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), organise des formations sur deux ou six semaines.
Tous les midis, les élèves proposent leurs réalisations au restaurant d’application sous l’œil de Kei Saito, formatrice crêpier. Pour faire un bon crêpier, il faut d’abord apprendre à tourner la galette sur le billig.
Née d'une boutade d'un correspondant de presse (du Télégramme), l'appellation « université de la crêpe » a vite été adoptée par tous. Au point que c'est presque l'équivalent d'une marque déposée, connue au-delà de la Cornouaille.
Les gens téléphonent régulièrement en mairie et ceux de passage, qui ne la trouvent pas, s'arrêtent à l'office de tourisme pour demander : « Mais où se trouve l'université de la crêpe ? En réalité, il s'agit d'un atelier d'animation, mis en oeuvre chaque quinzaine du mois, en après-midi ou en soirée, d'octobre à avril, dans la salle polyvalente de Saint-Jean-Trolimon.
Sous les ordres des bénévoles de l'association sports et loisirs de la commune, les apprentis apprennent à faire des crêpes et des kouignoù Yekel. La plupart d'entre eux viennent principalement de la région, mais certains parcours des kilomètres depuis Toulouse, Paris... Les lauréats repartent avec un superbe diplôme universitaire, calligraphié à l'ancienne, à la main, par Julien Chapeau, le premier doyen de l'université.
tags: #universite #de #la #crepe #c'est #quoi
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic