La langue française regorge d'expressions imagées, dont certaines semblent évidentes, tandis que d'autres intriguent par leur origine ou leur signification. L'expression "suer comme un porc" en fait partie. Mais d'où vient cette expression et pourquoi associe-t-on la transpiration au porc ?
Il est important de noter que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le cochon ne transpire presque pas. Alors, pourquoi dit-on que quelqu’un transpire comme un porc ?
Le cochon se roule dans la boue pour se rafraîchir car il transpire peu.
Il s’avère que c’est le raccourcissement d’une phrase plus ancienne : « to sweat like a pig iron» (transpirer comme de la fonte brute). Ce nom vient d’un procédé qui consistait à verser du fer chaud sur du sable, qui se transformait en petits globules ressemblant à des cochons (les ferronniers l’appelaient donc « fer de porc »).
Lorsqu’il refroidissait, il accumulait des gouttelettes d’eau qui donnaient au fer une apparence de sueur.
La mauvaise réputation du cochon remonte au Moyen Âge, où l'animal est symboliquement associé à l'ordure et à la goinfrerie. Il faut attendre le 16e siècle pour qu'il endosse le vice de la luxure. Aujourd'hui encore, les traces de ces préjugés tenaces se retrouvent dans nos expressions courantes :
Ces expressions en disent long sur le regard que nous portons sur le porc : l’animal serait sale, vorace, stupide et surtout lubrique.
Aux sources du préjugé, une mauvaise vue et une alimentation omnivore. Le porc est considéré sale, probablement parce qu’avant d’être rose, sa peau était souvent sombre et tachetée. Ce n'est qu'au 18e siècle qu'il devient rose et clair. Par ailleurs, le porc a du mal à transpirer : il recherche donc en permanence des endroits humides comme la boue pour se rafraîchir et, n’ayant pas une très bonne vue, il a tendance à marcher n’importe où, même dans ses propres excréments.
Si le cochon est mal vu depuis longtemps, il n’est jamais associé à la lubricité, du moins pas avant le 16e siècle. En effet, depuis l’Antiquité, c’est surtout le chien dont le comportement sexuel est considéré comme répugnant et impur. Il faut attendre les 16e et 17e siècles pour que le porc endosse ce vice qu’est la luxure. Entretemps, en Occident, le chien est devenu le meilleur ami de l’homme, le gardien du foyer, le partenaire de chasse et l’animal de compagnie de ces dames.
Il n'est donc plus question d’associer le chien à la sexualité. Il faut le débarrasser à tout prix de sa mauvaise réputation et c’est le porc qui en fait les frais. On assiste donc à un transfert symbolique du chien vers le cochon. Dès lors, tous les hommes se livrant à des pratiques obscènes, tenant des propos salaces ou harcelant des femmes, sont qualifiés de "porcs" ou de "cochons" et certains se mettent à faire ce qu’on appelle des "cochonneries".
De plus, comme les croyances associent souvent la bêtise à la sexualité, le cochon est chez nous aussi considéré comme borné. Ce qui est là encore parfaitement injuste, car le porc est loin d’être bête. Des enquêtes sur l’intelligence animale soulignent même la grande mémoire du cochon, qui partage presqu’autant de patrimoine génétique avec l’homme que notre cousin le chimpanzé.
Si vous souhaitez éviter d'utiliser une expression potentiellement offensante ou inexacte, voici quelques alternatives :
La langue anglaise est remplie de tournures de phrases colorées. Si vous êtes un locuteur natif de la langue, vous en avez probablement appris beaucoup par osmose. Il peut y avoir de nombreuses raisons pour lesquelles certaines phrases n’ont aucun sens. Peut-être que leur signification originale a été perdue avec le temps, ou que les définitions des mots individuels ont changé. Celle-ci peut sembler logique.
Les porcs sont souvent victimes de préjugés injustes.
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