Le sirop de limace est une spécialité médicinale liquide à base de limaces, de sucre et d’autres ingrédients, suivant les recettes. En notre pays de Namur où l’on se plaît à valoriser les exploits de la limace, il y a bien peu de temps que l’on ne trouve plus en officine le sirop de limaces, vanté pour ses propriétés anticoquelucheuses. Et puis je te signale que le sirop de limaces est bon pour les bronches.
Autrefois, ce qui sauvait les gens, c’était le sirop de limaces et puis la méthode Raspail. Dieudonné, lui, eût opiné pour le sirop de limaces, souverain contre tous les maux de la puberté.
Les grands-mères préparaient aussi du sirop de limace, dont voici la recette:
Très populaire, par exemple, le sirop de limace était réalisé à partir de grosses limaces oranges, de sucre candi et de carottes, par exemple. Les enfants rivalisaient d’ingéniosité pour avoir accès à la bouteille, soigneusement rangée dans l’armoire à pharmacie fixée en haut du mur.
Mèmère Adolphine mettait les limaces au centre d’un drap de cuisine, le refermait en nouant les quatre bouts après avoir jeté une grosse poignée de sucre sur les malheureuses bestioles. Elle pendait alors le drap au robinet, une bassine placée en dessous. Les limaces « fondaient », libérant un liquide visqueux qui servait de sirop en cas de toux. Essayez, vous adopterez cette médication qui vaut bien les modernes sirops pharmaceutiques quelque fois fort indigestes.
Sans aller si loin, il y avait, sur toutes les étuves, une vieille casserole où macérait, tout l'hiver, quantité d'herbes avec des limaces.
Et puis, comme dit le populo, « ça descend tout seul ».
Les indications de ce remède sont essentiellement ORL: toux, coqueluche, bronchite, pneumonie, tuberculose, etc... La médecine fait usage de décoctions et de sirop de limaces contre les affections de poitrine.
La limace aurait aussi des vertus sur les rhumatismes et l'arthrose.
Le sirop de limace est utilisé pour le traitement de la toux irritante et des muqueuses buccales et pharyngées irritées, ainsi que des douleurs à la gorge associées à la déglutition et à l'enrouement.
Voici les doses recommandées pour le sirop Original SCHNECKENSIRUP :
Le sirop Original SCHNECKENSIRUP peut également être pris plus fréquemment si nécessaire. La durée d’utilisation dépend de l’évolution des symptômes.
Vous fixez les limaces qui envahissent votre jardin et la question vous traverse l’esprit : si on mange des escargots, pourquoi pas elles ? Réponse courte : techniquement oui, mais c’est une idée catastrophique.
Première chose à savoir : les limaces ne produisent aucun poison. Elles appartiennent à la même famille que les escargots, les gastéropodes, et leur composition biologique est quasi identique. Leur mucus, cette bave que tout le monde déteste, a même été utilisé en pharmacie jusqu’au début du XXe siècle comme sirop antitussif. Pas de venin, pas de substance toxique produite par l’animal lui-même. Sur le papier, rien n’empêche donc la consommation.
Voilà le problème majeur. Les limaces, comme les escargots, servent d’hôtes intermédiaires à un ver parasite intestinal nommé Angiostrongylus cantonensis, également appelé ver pulmonaire du rat. Quand un humain avale une limace infectée, le parasite peut provoquer une méningite à éosinophiles. Dans la plupart des cas, l’infection reste bénigne : fièvre, maux de tête, nausées pendant quelques jours.
L’exemple qui fait froid dans le dos, c’est celui de Sam Ballard, un joueur de rugby australien. En 2010, lors d’une soirée arrosée, il accepte un défi stupide : avaler une limace crue. Quelques jours plus tard, les premiers symptômes apparaissent. Le parasite atteint son cerveau et provoque une méningite sévère qui le plonge dans le coma. Ce cas extrême ne représente pas la norme, certes. Mais il illustre le risque réel.
Second problème : les limaces mangent n’importe quoi. Contrairement aux escargots d’élevage, nourris avec des végétaux contrôlés, les limaces sauvages broutent ce qu’elles trouvent. Y compris des plantes toxiques comme la ciguë, la digitale, ou des champignons vénéneux. Certaines espèces se nourrissent même de cadavres d’animaux, potentiellement porteurs de bactéries pathogènes. Pour rendre une limace consommable, il faudrait théoriquement la faire jeûner plusieurs semaines, le temps qu’elle élimine toutes les substances ingérées. Ensuite, la cuire longuement pour détruire les bactéries.
Si les limaces étaient comestibles sans danger, au moins une culture dans le monde en aurait fait un plat traditionnel. Or, aucun peuple documenté ne les consomme. Les escargots, oui. La différence tient à plusieurs facteurs. Les escargots d’élevage bénéficient d’un protocole strict : alimentation contrôlée, période de jeûne pour purger le système digestif, cuisson maîtrisée. Les limaces ? Mucus beaucoup plus abondant, texture caoutchouteuse, et un goût que les rares témoins décrivent comme « du calamar qui aurait traîné dans un fossé ». Même bien préparées, elles restent repoussantes.
Quelques téméraires ont tenté l’expérience, souvent dans un contexte de survie ou de défi alcoolisé. Les retours sont unanimes : c’est infect. Certains ne consomment que l’extérieur grillé, d’autres prétendent que l’intérieur est moins pire.
Avant que la pharmacie moderne n’existe, on utilisait le mucus de limace pour soigner les affections pulmonaires. Le procédé était simple : on suspendait les limaces vivantes dans un sachet de lin au-dessus d’une source de chaleur, saupoudrées de sel ou de sucre. Ce sirop antitussif était prescrit contre les bronchites, la coqueluche, les états grippaux et même la tuberculose. Les propriétés du mucus, notamment son effet apaisant sur les voies respiratoires, étaient reconnues. Ces pratiques ont perduré jusqu’au milieu du XXe siècle dans certaines régions rurales. Avec l’arrivée des antibiotiques et des sirops synthétiques, elles ont disparu.
Par accident, par défi stupide ou par curiosité mal placée, vous avez avalé une limace. Dans 80 % des cas, l’infection par Angiostrongylus cantonensis reste bénigne ou asymptomatique. Votre système immunitaire gère. Si vous ressentez ces symptômes, consultez immédiatement. Précisez bien au médecin que vous avez consommé une limace ou un escargot cru. Un traitement antiparasitaire administré rapidement limite les complications graves. Ne tentez jamais l’automédication.
Vous avez maintenant tous les éléments. Les limaces sont techniquement comestibles au sens où elles ne contiennent pas de poison intrinsèque. Les escargots existent précisément parce qu’on a trouvé comment les élever, les purger et les cuisiner en sécurité. Pour les limaces, personne n’a jamais jugé que ça valait l’effort. Laissez-les au jardin. Ou dans votre compost.
Tableau Comparatif: Escargots vs. Limaces
| Caractéristique | Escargots | Limaces |
|---|---|---|
| Culture | Élevage contrôlé | Sauvages |
| Alimentation | Végétaux contrôlés | Tout, y compris plantes toxiques |
| Préparation | Protocole strict (jeûne, cuisson) | Rarement préparées |
| Goût | Apprécié dans certaines cultures | Décrit comme repoussant |
| Risques | Parasites (si mal préparés) | Parasites, bactéries pathogènes |
Le cuivre est un répulsif pour les gastéropodes. Les limaces ne supportent pas l’odeur de l’ail.
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