Sexy Sushi est un groupe de musique français d’électroclash composé de Rebeka Warrior (Julia Lanoë, née en 1978, membre du groupe Mansfield Tya) et de Mitch Silver (David Grellier, né en 1979). Le duo nantais a vu le jour en 2003 et distribue ses premières productions sur CD gravés, comme J’en veux, j’en veux des coups de poings dans les yeux (2003), Défonce ton ampli (2004) et Ça m’aurait fait chier d’exploser (2005).
Le groupe, à l’humour kitsch et décalé, et qui ne se prend absolument pas au sérieux, sort son premier album Marre Marre Marre en 2008, suivi de Tu l’as bien mérité en 2009 et de Cyril en 2010. Sexy Sushi enchaîne les chansons provocantes, anticonformistes, évoquant des thèmes sexuels mais aussi politico-sociaux.
Leur musique, qualifiée de techno-punk, composée majoritairement de synthétiseurs et beats électroniques efficaces, prend toute sa mesure sur scène lors de concerts particulièrement agités dans la plus pure tradition punk.
Sexy Sushi sur scène (Source: fnac-static.com)
Après avoir composé les instrus de Sexy Sushi seul dans son coin, Mitch Silver les fait passer à Rebeka Warrior avec un titre marqué dessus, censé orienter son écriture. Ainsi a-t-on eu droit à Défonce ton ampli, J’en veux j’en veux des coups de poing dans les yeux, Caca, Ça m’aurait fait chier d’exploser, Marre marre marre ou encore Tu l’as bien mérité avant de recevoir Cyril, ce jouissif album où Jean-Pierre Pernaut en prend pour son grade, écrasé par les coups de boutoirs d’une Rebeka Warrior transformée en propagandiste d’after post-situ.
Il est, selon l’avis même du groupe, le premier “véritable” album de Sexy Sushi, les autres essais n’étant souvent que des compilations plus ou moins longues de titres emmagasinés. L’ensemble est une sorte d’ovni qui pourrait évoquer un grand écart facial (ou pire), impliquant dans le désordre Stupeflip, Peaches, un DJ défoncé, TTC et Gogol Ier.
Cyril - Parrain Marraine - Vigile, nouvel album du groupe, qui porte un prénom d’être humain, un peu comme le chien de Michel Houellebecq s’appelle Clément, est sorti le jour de la Fête de la musique.
Pas vraiment ami des grands médias et des FM (“Jusqu’à peu, j’enregistrais encore sur CD-R, sans savoir que c’était indiffusable en radio”, plaisante Mitch), Sexy Sushi a choisi de faire son trou sans le soutien des majors. “Nous ne sommes prêts à aucun compromis, donc évidemment des portes se ferment.
On était en contact avec un distributeur qui a finalement choisi de ne pas travailler avec nous, car nos paroles vont trop loin selon lui. Pas grave, on avance quand même.”
Le groupe a pourtant mis un peu d’eau dans son vin en brique : encore récemment, il instituait sur scène un système de “roue de la fortune” qui décidait de l’ordre des chansons jouées. Ainsi pouvait-on entendre quatre fois le même titre à la suite ou voir le groupe quitter la scène si la roue tombait par malheur sur la case “banqueroute”.
“A Lille, nous avons donné un concert qui a duré trois minutes à cause de ça, les mecs étaient contents”, plaisante Mitch Silver.
Depuis la sortie de Cyril…, Sexy Sushi s’est lancé dans une véritable tournée marathon qui l’a mené à travers toute la France mais aussi à Moscou et Montréal. Là-bas, aux Francofolies, nous avons été témoin d’une sorte d’orgie proto-punk dont Rebeka Warrior était l’héroïne superbe et casse-cou.
Elle prenait les fleurs, les dépotait et les jetait dans la foule, mettant du terreau un peu partout. Elle montait au balcon et lançait des chaises sur les gens, hurlait des insanités dans son micro, se faisait porter par la foule, sifflait absolument toutes les bières qu’on lui offrait, faisait monter vingt personnes autour d’elle, en forçait deux à s’embrasser, balançait des vieilles bagues lumineuses de supermarché dans la foule, se foutait à poil ou presque devant des Québécois sidérés.
“Je m’étais cassé la clavicule à cause d’une mauvaise chute lors d’un concert en Belgique, j’ai été éloignée de la scène pendant un an. Mais j’ai récupéré tous mes os et je suis prête à en découdre, explique-t-elle.
En concert, on recherche une sorte de transe, un état second. Il nous arrive parfois de sortir de scène en nous demandant combien de temps nous avons joué. Parfois, les souvenirs sont assez flous. Le lendemain, on voit des bleus sur nous et on ne se souvient plus bien comment on se les ai faits. On peut aller très loin, flirter avec la notion de danger.
Pourtant je n’ai jamais eu peur. J’ai toujours eu de la chance jusqu’ici, pourvu que ça dure”, explique Warrior, qui avoue son admiration pour Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo, musicien et cinéaste à la fois.
Elle poursuit : “C’est comme notre public, on a du mal à l’identifier. C’est un peu des jeunes electros devant et des vieux punks derrière. Mais au milieu, il y a toujours ma mère.” Le sourire est aussi honnête que pervers.
Au-delà de son côté déglingos, Sexy Sushi parvient à montrer mieux que beaucoup l’insanité rampante de l’époque, avec une simplicité parfois assez désarmante.
Pas de constats lénifiants, pas de bla-bla, seulement des ritournelles tartares et absurdes qui veulent en dire beaucoup. Il suffit de jeter une oreille sur certains morceaux de Cyril… pour s’en convaincre, de prendre le temps d’écouter La Mort d’une dame ou l’effrayant On devient fou ici. C’est aussi juste que malsain, ça tape dans le foie et au tibia.
Le nombre des supporters du groupe croît à chaque concert. “On a fait une chanson qui s’appelle Rien à foutre du ghetto. Si on nous invite à la Star Ac, on ira à la Star Ac, rien à foutre.
Tu prends goût au pouvoir que te donne la scène. J’ai parfois envie d’avoir le même dans la rue. De m’arrêter et de dire aux gens : “Donnez-moi tous votre ceinture, dépêchez-vous !” J’aimerais tellement pouvoir faire ça”, conclut Rebeka Warrior. Ce n’est peut-être qu’une question de temps.
Samedi soir, je décide donc d’aller au concert des Sexy Sushi, vierge de son univers artistique, à l’inverse d’une grande partie du public, accoutrée de friperies décadentes. Que prépare le groupe que tout le monde attend, dont l’un des membre est le président d’honneur du collectif Nantais VALERIE, association d’artistes aux références 80’s.
J’ai d’abord l’impression d’assister à une version trash de la pub » 118 218 « . Rebeka Warrior et Mitch Silver forment un duo décapant. Premier tour de roue. Les fans rugissent et prennent les choses en main. Rebeka Warrior est ravie, les fans convertis sont allés là ou elle voulait. Le public a pris le pouvoir de la soirée dans un mini soulèvement populaire et déjanté.
Nouvelle révolution dans la salle, celle ci concerne les moeurs. » Vous voulez que ce soit le bordel? Allez! Tous les gens de devant foncez vers le fond de la salle et écrasez les gens du fond!« . Mitch Silver, réincarnation trash du Golden beauf des années 80 et DJ, a pour responsabilité de choisir le dénouement de ce soulèvement générationnel.
Il balance une version techno d’un sample de Pierre Bachelet qui me plonge tout droit vers cette vision abyssale: Je revois ma maman repassant dans la cuisine en écoutant Pierre Bachelet sur RTL le dimanche après midi. » Et moi je suis tombé en esclavage, de ton sourire, de ton visage « . Je ne sais toujours pas quoi penser du show des Sexy Sushi, et malheureusement je n’ai aucune preuve matérielle.
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