La Gorge de Porc : Définition, Utilisations et Spécificités

La gorge de porc est un morceau de viande situé après le carré, avant la tête et au-dessus de la palette. Elle se situe à côté de l’épaule. C'est un gras ferme avec des traces de maigre. Dans le Sud-Ouest, on l’appelle « goula », et on dit aussi bajoue.

Utilisations Culinaires de la Gorge de Porc

La gorge de porc est un ingrédient polyvalent utilisé dans de nombreuses préparations culinaires, notamment dans la charcuterie et les plats traditionnels.

Recette des Rillettes de porc maison - 750g

Dans les Plats Traditionnels

Les "jailles" sont un exemple de plat traditionnel utilisant la gorge de cochon. C'est du ragoût de gorge de cochon. On met un peu d'huile dans une sauteuse à feu vif pour faire revenir vivement (et colorer) la gorge de porc qui va rendre du gras, on ajoute l'épaule qu'on colore également. Traditionnellement, les "jailles" font partie du repas du cochon (avec en principe le boudin), mais aujourd'hui dans la région de Gap, ce plat paysan de tradition se suffit souvent à lui-même. C’était « la » viande de nos campagnes.

La gorge de porc est aussi utilisée pour faire le guanciale, une spécialité charcutière provenant des joues et des bajoues du cochon. Elles sont salées, poivrées, épicées avant d’être séchées pendant 3 semaines. On retrouve cette spécialité culinaire plus précisément en Toscane et dans tout le centre de l'Italie.

En Charcuterie

La gorge de porc entre dans la composition de nombreuses charcuteries, apportant du gras et de la saveur aux préparations.

La gorge est utilisée pour faire les gras durs, qui sont des gras fermes provenant de la bardière et du col. Le lard gras, situé sur la partie dorsale (échine), est un lard gras blanc dit « lard de bardière », aujourd’hui plus difficile à trouver. Il est indispensable dans les préparations charcutières telles que pâtés, terrines et saucisses.

Autres Morceaux de Porc et leurs Utilisations

Pour mieux comprendre la place de la gorge de porc dans la cuisine, il est utile de connaître d'autres morceaux de porc et leurs utilisations :

  • Carré : Une enfilade de côtes que l’on n’a pas séparées.
  • Côte : Découpée dans l’échine, voici une côte toute en saveurs.
  • Épaule : Il s’agit de la partie supérieure de l’épaule.
  • Jambon : C’est la cuisse de la patte arrière du cochon. Un vrai morceau de choix, peu gras, tendre et succulent. Elle est découpée en tranches fines dans le jambon, le filet, la palette ou le carré de côtes.
  • Jarret : Situé dans la partie basse des pattes avant (jambonneau) ou arrière (jarret arrière), il est recouvert d’une couenne épaisse.
  • Poitrine : La poitrine est située au niveau du ventre de l’animal.
  • Araignée de porc : Les connaisseurs de l’araignée de porc la surnomment aussi la « cigaline ». Sa chair, particulièrement fibreuse se prête aux cuissons lentes et longues.
  • Queue : Cette pièce originale, située à l'extrémité du jambon, souffre de sa forme en triangle difficile à exploiter par les charcutiers.

D'autres morceaux et préparations incluent :

  • Bacon : À l’origine, bacon est un mot français qui, jusqu’au XVIème siècle a désigné la viande de porc salée. Après être passé en Angleterre au Moyen-Âge, il revint en France au XIXème siècle avec la prononciation à l’anglaise. En Angleterre, le bacon est de la viande de porc (lard de poitrine généralement) salée et fumée.
  • Barde : Tranche de lard taillée aussi fine qu’une feuille dans le lard gras.
  • Couenne : C’est la peau du cochon débarrassée des soies qui la recouvrent. On dit couramment couenne de lard. On met souvent un morceau de couenne au fond des terrines charcutières, et des petits carrés (ou des petits rouleaux) de couenne dans les daubes, les haricots et les plats longuement mijotés (cassoulet) pour leur donner du liant et du moelleux.
  • Crépine : Il s’agit du péritoine du porc, membrane très fine et marbrée de veines de graisse qui recouvre les viscères, et qu’on appelle aussi toilette ou coiffe. On l’utilise pour envelopper boulettes, crépinettes, pâtés, etc. afin qu’ils ne dessèchent pas à la cuisson. Avant de l’utiliser, mieux vaut la faire tremper dans de l’eau tiède pour l’assouplir, mais pas trop chaude pour que le gras ne fonde pas.
  • Gras mous : Gras du bas-ventre mous et granuleux au toucher, dit encore « gras de mouille » ou « gras de brague ». Ils proviennent de la parure grasse de poitrine et de jambon.
  • Lard de bardière : Surnom du lard gras.
  • Lard de poitrine maigre : Situé côté ventral (poitrine et muscles abdominaux), c’est un lard maigre « entrelardé » (de bandes de gras) qui sert communément en cuisine. C’est le lard qu’on utilise le plus en cuisine. Il s’utilise frais, mais surtout demi-sel, ou encore fumé. Épicé et roulé, il devient ventrêche.
  • Panne : C’est la graisse blanche très fine qui enveloppe les rognons du porc.
  • Ratis ou rigon : C’est le mésentère du porc, autrement dit le gras qui enveloppe l’ensemble des boyaux, glandes, muscles ou nerfs utiles au travail digestif. Son nom vient de ratisser.
  • Saindoux : À l’origine le saindoux était le produit de la fonte de la panne de porc ou graisse interne. Fondue très doucement, elle donne en effet l’axonge ou « sain doux » qui a donné saindoux. C’est ce saindoux que les enfants du Nord dégustaient autrefois sur des tartines avec du sel et du poivre pour leur goûter, ou bien qui servait à faire des statues dans les vitrines des charcutiers au moment des fêtes de Noël. Aujourd’hui, on obtient surtout le saindoux de manière industrielle en faisant fondre le lard gras dans de grandes centrifugeuses où il est hydrofugé.
  • Ventrêche : Poitrine demi-sel assaisonnée et aromatisée (poivre, piment d’Espelette), puis roulée sur elle-même.

Guanciale vs Pancetta

Le débat « guanciale ou pancetta » agite souvent les amoureux des pasta all'amatriciana. Quelle est la différence entre ces 2 produits ? La pancetta est fabriquée à partir du ventre de l’animal, et non des joues de porc. Si vous voulez vous faciliter la vie, vous pouvez aussi opter pour nos scrigni à la carbonara de Surgital, des pâtes surgelées à base de guanciale et de Pecorino Romano.

Il peut arriver de devoir remplacer le guanciale : dans ce cas, choisissez une charcuterie issue de la gastronomie italienne, comme le fameux jambon San Daniele (aussi connu sous le nom de Prosciutto di San Daniele).

Conservation et Préparation du Guanciale

Tout dépend ! S’il est encore entier, il peut se conserver pendant plusieurs mois, à condition de le recouvrir d’un linge sec et de le placer dans la partie basse de votre réfrigérateur. Côté découpe, on préfère le tailler en lardons, et non en tranches fines comme c'est le cas pour d'autres jambons italiens. Il s’apprécie généralement dans des plats de pâte, plutôt qu’en dégustation.

Vous en avez l'eau à la bouche et vous vous demandez où trouver du guanciale ? Il est temps de savourer ce délicieux jambon comme il se doit. Nous vous dévoilons notre recette de pasta all'amatriciana juste en dessous. Dresser les pâtes all'amatriciana dans des assiettes creuses et déposer quelques morceaux de pecorino au piment rapé.

Le Porc Corse Nustrale

Le porc corse, connu localement sous le nom de "u porcu corsu", est une race porcine présente sur l'île de Corse depuis des millénaires. On pense qu'il a remplacé l'actuel sanglier corse (retourné à l’état sauvage) dans les élevages. Après avoir subi de nombreux croisements avec des races sélectionnées au XXe siècle, des efforts de sauvegarde ont permis de reconstituer des effectifs en race pure. En 2006, la race porcine corse a été officiellement reconnue par le Ministère de l’Agriculture et a pris le nom de «Nustrale». Ce changement de nom est dû à une demande d’AOC pour les pièces salées séchées, prisuttu, coppa et lonzu, afin d’éviter les risques de confusion liés à l’homonymie.

Caractéristiques du Porc Corse Nustrale

La race porcine corse présente un format moyen à petit : une femelle adulte pèse 140 à 180 kg et un mâle 200 à 240 kg. Voici les caractéristiques physiques du porc corse :

  • Tête fine et allongée avec un groin mobile
  • Oreilles semi-tombantes
  • Présence possible d’épis sur la ligne du dos
  • Présence de pendeloques (i pindini)
  • Couleurs variées : noir, roux, gris et agouti

Le porc corse est un animal à croissance lente qui se caractérise par sa rusticité et son aptitude à la marche.

L'Élevage Extensif et le Terroir Corse

L’élevage extensif est essentiellement basé sur la valorisation de parcours au relief accidenté et couverts de maquis. Elevé en système extensif sylvo-pastoral, il valorise des parcours et les zones de châtaigneraie et de chênaie durant l’automne. Les troupeaux évoluent à l’extérieur toute l’année à part la période mise-bas des truies qui peut se faire dans des cabanes. Il est capable de subir des périodes de faible disponibilité en ressources naturelles en mobilisant ses réserves corporelles avant de profiter à nouveau de ressources importantes par une croissance compensatrice (période de finition automnale).

Le terroir corse apporte une spécificité très recherchée aux produits corses: l’authenticité! Les corses cultivent avec passion, tradition, ce terroir corse. En période estivale ce terroir corse est très prisé par les touristes.

Le Rôle Traditionnel du Porc Corse

Le porc corse est très présent dans les périodes de la Corse rurale traditionnelle. En effet, le porc de basse-cour accompagne la vie de toutes les familles paysannes par sa capacité de récupération des déchets de la cuisine et de tous les aliments assimilables. Le mannarinu est ainsi élevé dans chaque famille pour être abattu aux alentours de Noël et transformé en produits de salaison qui seront consommés au cours de l’année ou même, pour le jambon sec, au cours de l’année suivante.

Cet animal est acheté par le paysan sous forme de porcelet au sevrage vers le mois de mars à un éleveur qui dispose d’un troupeau de truies menées dans la forêt.

L'Éleveur et ses Troupeaux

Suite à la disparition progressive des ruraux, c’est cet éleveur qui a subsisté jusqu’à nos jours sous la forme d’un producteur-transformateur fermier. Il conduit ses troupeaux sur de vastes étendues de parcours grâce à l’aide de truies « meneuses » qui connaissent ces parcours et conduisent leurs congénères en assurant leur apprentissage des zones de repas, d’abreuvement et de couchage. Il réalise la finition des animaux à abattre durant l’automne dans les zones de châtaigneraie et de chênaie pour bénéficier d’aliments amylacés (châtaignes et glands) en grande quantité pâturés par les animaux eux-mêmes.

La Transformation des Carcasses en Produits Traditionnels

Suite à l’abattage des porcs, le producteur réalise la transformation des carcasses en produits traditionnels. Le jambon sec (u prisuttu), l’échine (a coppa), la longe (u lonzu), la poitrine (a panzetta) et la gorge (a bulagna) sont salés et séchés. Des produits divisés comme le saucisson (a salciccia ou u salamu), la saucisse de foie (u ficatellu), la saucisse grasse (a salcicetta) sont embossés dans divers boyaux. Des produits cuits comme les boudins (i sangui), le fromage de tête (u casgiu di porcu) ou l’estomac farci (u ventru) sont cuisinés.

La charcuterie corse est très recherchée pour sa spécificité (porc nustrale élevée en liberté ou semi liberté à base de chataignes, glands),ses caractéristiques organoleptiques. Elle est le symbole de la convivialité et du partage en corse. Le bouche à oreille est important sinon Il faut faire preuve de bon sens et d’observation pour trouver de la charcuterie corse authentique et de qualité.

Les Produits de Charcuterie Corse

Voici quelques-uns des produits de charcuterie corse les plus emblématiques :

Produit Description
Prisuttu Jambon sec salé au sel de mer, maturation lente (minimum douze mois), couleur rouge soutenue, richesse aromatique.
Coppa Échine salée et séchée (minimum cinq mois), gras intermusculaire visible, couleur rouge soutenue et persillée, texture onctueuse.
Lonzu Longe salée et séchée (minimum trois mois), noix de muscle rouge et épaisse couche de gras de couverture, arômes doux, texture ferme et sèche.
Panzetta Poitrine salée et séchée, plate ou roulée.
Ficatellu Saucisse de foie (avec aussi rate, cœur, poumon...), présentée en U et fumée.
Salamu Saucisson sec, souvent issu de l'épaule, peu de gras, couleur foncée et saveur corsée.

Comment Choisir sa Charcuterie Corse?

Pour repérer de la véritable charcuterie corse comme pour tout produit alimentaire, il n'y a pas de secret, il faut se fier à son flair et avoir quelques connaissances. Dans la mesure du possible, l'idéal est de rencontrer l'éleveur pour s'imprégner d'un savoir-faire, découvrir un métier tout en établissant une relation de confiance, voir les bêtes qui indiqueront que les cochons ou une partie évolue bien en Corse.

Comme il n'est pas toujours possible de visiter des exploitations, la seconde option est de connaître les marqueurs d'une charcuterie traditionnelle corse pour aller à la pêche aux informations afin de pouvoir bien choisir sa charcuterie.

Une bonne charcuterie se suffit à elle-même et s'emploie peu dans les recettes. Son meilleur ami reste le pain et beaucoup de restaurants proposent un assortiment de charcuterie crue en entrée avec par ordre d'importance, sauccisson, coppa, lonzu, et prisuttu (jambon corse). Lau charcuterie se laisse aussi manger avec du fromage corse notamment lors d'une dégustation, avec un bon vin rouge. Le figatellu en revanche se retrouve dans plusieurs plats traditionnels corses accompagné de lentilles ou avec une pulenta comme plat hivernal. La panzetta est souvent utilisée pour son gras au même titre que du petit salé.

De son côté, la charcuterie corse traditionnelle est conservée par le sel et le poivre, deux ingrédients naturels. On parle d'ailleurs de salaisons qui suivent un long affinage. Certaines charcuteries plus industrielles utilisent des nitrites comme conservateurs, ces derniers permettant notamment de gagner en vitesse de production.

Les Artisans Charcutiers Corses

Voici quelques artisans charcutiers qui élèvent et transforment leurs propres porcs nustrale, sans la démarche AOP :

  • Félix TorreCutolli-Corticchiato (Corse-du-Sud), 06-11-50-51-47. Boutique dans le village, sur rendez-vous.
  • André PoliSaint'Andrea d'Orcino (Corse-du-Sud), 06-79-65-53-59. Ouvert tous les jours, sur rendez-vous.
  • Jonathan JustePie d'Orezza, Piedicroce (Haute-Corse), 06-80-20-67-60. Ouvert tous les jours, sur rendez-vous.
  • François AlbertiniLoreto-di-Casinca (Haute-Corse), 04-95-36-30-24. Ouvert tous les jours en saison, marché de l'Ile-Rousse et envoi de colis.
  • Petru RiolacciChiatra di Verde (Haute-Corse), 06-23-23-64-85.

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