Le prurigo est une affection de la peau qui se caractérise par une éruption cutanée rougeâtre, en relief, à l’origine d’intenses démangeaisons. Un prurigo est une maladie dermatologique aigüe ou chronique qui peut affecter les enfants ou les adultes. Les origines du prurigo sont diverses : infectieuses, parasitaires, allergiques, etc. Les démangeaisons intenses associées aux lésions à l’aspect écorché sont caractéristiques du prurigo, et suffisent généralement à établir le diagnostic de la maladie. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour mettre en évidence une pathologie ou cause sous-jacente au prurigo. Le traitement est celui de sa cause lorsqu’elle existe.
Quand la peau démange intensément et que des lésions cutanées apparaissent, on parle de prurigo. La maladie peut prendre deux formes : chronique ou aiguë.
L’éruption cutanée du prurigo de l’enfant se manifeste dans les 48 heures qui suivent le contact ou la piqûre avec le parasite en cause. Les lésions du prurigo sont caractéristiques. Les papules (boutons) rouges contenant généralement une vésicule sont très prurigineuses. Elles prennent, d’ailleurs, souvent la forme d’une urticaire. Les démangeaisons sont quasi-constantes et associées à des picotements, brûlures ou douleurs cutanées qui impactent fortement le bien-être physique et mental du patient.
Les démangeaisons sont causées par la libération dans la couche superficielle de la peau de certaines substances que celle-ci fabrique, comme l’histamine. La qualité de sommeil est impactée, ce qui se répercute sur les activités quotidiennes des patients, aussi bien professionnelles que personnelles. Une dépression ou des troubles anxieux peuvent être associés.
A noter ! Les démangeaisons pouvant être très intenses, les surinfections sont à craindre et peuvent être à l’origine d’un impetigo ou de cicatrices irréversibles. Un impétigo est une affection cutanée d’origine bactérienne, très fréquente dans la population infantile. Elle se traduit par la formation de bulles transparentes de 2 cm maximum qui laissent place à des croûtes lorsqu’elles se rompent.
À savoir ! Le diagnostic de cette pathologie est clinique.
A noter ! La prise en charge d’un prurigo repose sur la prescription d’un traitement symptomatique visant principalement à apaiser les démangeaisons. En revanche, le traitement d’un prurigo actinique implique soit la photothérapie, soit la prescription de thalidomide.
Le prurigo nodulaire qui génère des démangeaisons très intenses fait l’objet de beaucoup de recherches scientifiques à travers le monde. Une biothérapie (dupilumab) d’abord commercialisée aux États-Unis est disponible en France depuis 2022. Les produits d’hygiène quotidienne doivent être adaptés : surgras, syndet, etc. L’application d’une crème émolliente est recommandée.
Si ces crèmes ou pommades appliquées sur la peau ne suffisent pas, on passe à des traitements en comprimés. La gabapentine est un antiépileptique. À côté de ces médicaments, la photothérapie, basée sur les rayons ultra-violets, a aussi sa place.
À l’avenir, d’autres traitements injectés en sous-cutané pourraient changer la vie des patients atteints de prurigo nodulaire. Plusieurs molécules sont à l’essai. Le dupilumab n’a pas encore d’autorisation de mise sur le marché, en France, dans le prurigo nodulaire. Mais depuis une décision de la Haute autorité de santé en septembre 2022, il est disponible en accès précoce dans le prurigo nodulaire modéré à sévère de l’adulte nécessitant un traitement par voie générale. Le traitement consiste en deux injections sous-cutanées au démarrage, suivies d’une nouvelle dose toutes les deux semaines. D’autres molécules sont en cours d’essai, notamment le némolizumab qui semble donner de bons résultats.
Sur son site l’association France prurigo nodulaire signale que l’acupuncture, les cures thermales, l’hypnose, les techniques de relaxation et les psychothérapies peuvent aider les patients à mieux supporter leur maladie.
De nombreuses femmes se plaignent de démangeaisons pendant la grossesse, en particulier la nuit. Dans la plupart des cas, la sécheresse de la peau est à l’origine de ces démangeaisons, souvent plus intenses au niveau des vergetures. En effet, le nouvel équilibre hormonal propre à la grossesse tend à réduire la sécrétion de sébum, en particulier au cours du dernier trimestre.
Plus rarement, les démangeaisons peuvent être dues à un mauvais fonctionnement du foie. Les acides biliaires s’accumulent sous la peau et provoquent les démangeaisons qui débutent souvent au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds. Ces démangeaisons apparaissent le plus souvent au cours du dernier trimestre et elles justifient une consultation avec un gynécologue. En effet, elles peuvent être le signe d’une choléstase gravidique (une accumulation de bile) qui peut augmenter le risque d’accouchement prématuré.
Si vous avez une prédisposition à avoir des démangeaisons, essayez de vous prémunir contre le prurit et une peau sèche en hydratant votre peau. On trouve en pharmacie et parapharmacie de nombreux laits, crèmes et pommades destinés au soin quotidien des peaux sèches.
Le soulagement du prurit passe bien entendu par une bonne hygiène corporelle, des traitements naturels du prurit locaux et per os mais aussi par une bonne alimentation.
Certaines substances à évincer de ses habitudes alimentaires en cas de prurit. Le prurit peut avoir pour origine des causes toxi-médicamenteuses et allergiques, du fait de la consommation de thé, de café, d'alcool mais aussi de certains médicaments (morphiniques, antibiotiques) : pensez à faire un bilan auprès de votre allergologue pour en évincer ce type de cause.
De plus, certains excitants alimentaires comme le café, l'alcool, le glutamate auraient pour effet d'augmenter les relâchements transitoires du sphincter anal avec pour incidence une augmentation du prurit anal*.
Certaines intolérances alimentaires peuvent être à l'origine de prurits intenses, associés souvent à des rougeurs, des boutons, avec plus ou moins des maux de ventre et des vomissements. Les intolérances les plus fréquentes sont dues au gluten (blé et avoine) ainsi qu'au lactose, le sucre du lait. Les fromages renferment de la tyramine, une substance que l'on trouve également dans l'avocat, la bière et les levures : ses effets peuvent être tout aussi délétères.
Un bon équilibre de la flore intestinale. L'intensité du prurit peut être diminuée, si la flore dispose d'un juste équilibre de ses bactéries : les probiotiques composés notamment de souches de Lactobacillus ont des vertus anti-inflammatoires qui peuvent contribuer à réduire les démangeaisons, tout en espaçant les épisodes.
En dehors d'une supplémentation en probiotiques, pensez à consommer régulièrement des aliments lacto-fermentés tels que choucroute, câpres, concombres, carottes, oignons, betteraves, navets, daïkon, radis, haricots verts, choux fleurs, choux blancs, gari, prunes d'umé, lait caillé, kéfir de lait, koumys.
De bons acides gras pour calmer les réactions. Les démangeaisons font le lit d'irritations, de part les nombreux grattages et le« terrain » cutané devient alors inflammatoire : les omégas vont pouvoir calmer l'activité des prostaglandines ainsi que celle de certains médiateurs liés à la réaction. La consommation régulière d'omégas 3 (surtout l'EPA), peut avoir un effet bénéfique en réduisant notamment les niveaux de leucotriènes B4, impliquées dans les réactions inflammatoires, toujours présentes lors d'un prurit. Pensez à mettre régulièrement au menu des petits poissons gras comme le hareng, le maquereau, la sardine, le flétan, le saumon ainsi que le pourpier et la mâche, dans le domaine végétal.
Des vitamines « amies » de votre peau. Consommer des aliments riches en vitamine A, comme le beurre, le jaune d'œuf, le foie, la carotte, le melon, l'abricot, la pêche jaune, ou la mangue va permettre de réhydrater la peau, qui finit par s'assécher suite aux grattages intempestifs, tout en accélérant la cicatrisation.
La vitamine B2 ou riboflavine, améliore la qualité des tissus cutanés, son action étant renforcée par la vitamine A. Ses principales sources sont le foie surtout, les œufs, les fruits secs, les céréales complètes, les champignons, les asperges, les épinards, les petits pois, la viande, le pain complet et les bananes.
La vitamine B3 va pouvoir combler la sécheresse de la peau, diminuant ainsi les rougeurs: foie, volaille, lapin, veau, poisson (thon, saumon), son, huîtres en sont de bonnes sources.
Des antioxydants aux vertus calmantes. Les polyphénols ont des propriétés anti-inflammatoires en plus de leurs vertus antioxydantes. Ils sont présents dans diverses substances naturelles : sous forme d'anthocyanine dans les fruits rouges, le vin rouge avec ses précieux tanins, sous forme de proanthocyanidines dans le chocolat et le vin, dans le café, sous forme de flavonoïdes dans les agrumes, et sous forme de catéchines (epigallocatechin-3-gallate) dans le thé vert, de quercétine dans les pommes, les oignons ainsi que dans le vin rouge (surtout Pinot noir).
* Smith LE, Henrichs D, McCullah RD. Prospective studies on the etiology and treatment of pruritus ani.
Le prurigo nodulaire est une pathologie dermatologique chronique, souvent invalidante, qui s’accompagne de démangeaisons sévères et de nodules cutanés persistants. Devant une connaissance scientifique lacunaire sur le sujet, la première Journée mondiale du prurigo nodulaire, organisée en 2025, marque un tournant.
Au cœur de cette maladie, un cercle vicieux infernal : un prurit intense qui pousse au grattage répété, entrainant différents aspect cliniques de lésions cutanées. Le prurit n’est pas de simples démangeaisons : il s’agit d’une sensation, parfois comparable à une brûlure pouvant envahir tout le corps et affecter profondément le bien-être. Grâce aux avancées scientifiques récentes, les mécanismes impliqués sont mieux compris. Le système immunitaire et le système nerveux cutané jouent un rôle central.
Le prurigo nodulaire survient majoritairement entre 40 et 70 ans avec un pic autour de 50 à 60 ans. Il est rare chez les enfants ou les adolescents avec des cas décrits en lien avec une dermatite atopique sévère. On le retrouve chez des personnes de tous phototypes, mais il semble un peu plus fréquent chez les phototypes foncés. Selon une étude récente, la prévalence chez les personnes à phototype foncé serait environ 1,5 à 2 fois plus élevée qu’en population caucasienne (1).
L'impact du prurigo nodulaire sur la qualité de vie est l'un des plus importants comparé à celui des autres maladies inflammatoires de la peau avec des démangeaisons chroniques1,11. Cette maladie est associée à une dégradation de la qualité de vie en général : elle impacte notamment la santé mentale du patient et la qualité de son sommeil, ce qui a des répercussions sur ses activités quotidiennes, l’exercice de son emploi et son interaction sociale. Plus de la moitié des patients affirment que la maladie affecte négativement leur vie quotidienne9.
La prise en charge du prurigo nodulaire consiste à réduire les démangeaisons, favoriser la cicatrisation des lésions cutanées et améliorer la qualité de vie des patients6,12,13. Cette prise en charge comprend des corticoïdes, des émollients, des immunosuppresseurs, des antihistaminiques, de la photothérapie et de la cryothérapie13. Malgré tout, il existe un besoin non couvert pour de nombreux patients atteints de cette affection chronique de la peau13.
Vivre avec le prurigo nodulaire demande une attention constante à sa peau, à son environnement et à son bien-être général. La PUVAthérapie (UVA) ou la photothérapie UVB peuvent réduire les démangeaisons. Chaque cas est unique.
Tableau récapitulatif des aliments à privilégier et à éviter en cas de prurigo :
| Catégorie | Aliments à Privilégier | Aliments à Éviter |
|---|---|---|
| Probiotiques | Aliments lacto-fermentés (choucroute, kéfir) | |
| Acides Gras | Poissons gras (hareng, saumon), pourpier, mâche | |
| Vitamines | Vitamine A (carotte, abricot), Vitamine B2 (œufs, épinards), Vitamine B3 (thon, volaille) | |
| Antioxydants | Fruits rouges, chocolat noir, agrumes, thé vert, pommes, oignons | |
| Général | Thé, café, alcool, aliments contenant du glutamate, aliments pouvant provoquer des intolérances (gluten, lactose) |
tags: #prurigo #causes #alimentation
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