L'Église adventiste du septième jour, née il y a plus d'un siècle, compte aujourd'hui environ 22 millions de membres à travers le monde. Cette église se distingue par ses croyances et pratiques spécifiques, notamment en matière de santé et d'alimentation. L'une des questions fréquemment posées est : pourquoi les adventistes ne mangent-ils pas de porc ? Cet article explore les raisons bibliques et les fondements de cet interdit alimentaire.
Les Adventistes du Septième Jour basent leurs pratiques alimentaires sur les enseignements de la Bible, en particulier l'Ancien Testament. Les livres du Lévitique (chapitre 11) et du Deutéronome (chapitre 14) contiennent des listes d'animaux considérés comme purs et impurs. Le porc est explicitement mentionné comme un animal impur, dont la consommation est interdite.
Lévitique 11:7-8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair et vous ne toucherez pas leurs cadavres. »
Deutéronome 14:8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair et vous ne toucherez pas leurs cadavres. »
Les adventistes comprennent et acceptent la distinction de régime alimentaire entre les viandes pures et impures, basée sur Lévitique 11 et Deutéronome 14. C’est pourquoi, même parmi les Adventistes non-végétariens, on s’abstient des viandes impures.
Il est important de noter que l'interdiction de consommer du porc n'est pas unique aux Adventistes du Septième Jour. Les Juifs observent également ces lois alimentaires, connues sous le nom de casherout. L'interprétation de ces lois et leur application varient d'une religion à l'autre et d'un individu à l'autre.
Les Adventistes considèrent que ces règles alimentaires ne sont pas simplement des rituels, mais qu'elles ont une base sanitaire. Ils estiment que les animaux impurs sont porteurs de maladies et que leur consommation peut nuire à la santé.
L'interdiction du porc fut la première à se mettre en place, mais même cela prit du temps. En 1858, un frère de la Nouvelle-Angleterre, probablement S. Après la vision sur la réforme sanitaire, Mme White s’est bien entendu ouvertement déclarée opposée à la consommation de porc, expliquant qu’il donnait « la scrofule, la lèpre et des tumeurs cancéreuses ». Il est important de remarquer que Mme White et les Adventistes s’opposant à la consommation de porc jusqu’en 1866 n’avançaient que des arguments d’ordre sanitaire.
En 1866, D. Canright fait allusion à Deutéronome 14:8 : « le porc, qui a les sabots fendus, mais qui ne rumine pas il est impur pour vous ; vous ne mangerez pas de leur chair et vous ne toucherez pas leurs cadavres. » Il n’évoque cependant pas les autres viandes impures dont ce chapitre fait la liste.
James White, dans un article paru sur « la chair du cochon » en 1872, montre, lui, les premiers pas d’une application plus large de la loi du lévitique. Il fait à nouveau référence à Deutéronome 14:8 et il cherche à réfuter l’argument qui veut que l’interdiction du porc ne concernait que les Juifs et non plus les chrétiens. Il rappelle à ses lecteurs qu’il existait une distinction entre le pur et l’impur dans la Bible bien avant qu’un seul Juif ne soit né.
Le tableau ci-dessous résume les principales catégories d'animaux considérés comme impurs selon le Lévitique :
| Catégorie | Exemples | Raisons |
|---|---|---|
| Animaux terrestres | Porc, chameau, lièvre | Ne ruminent pas ou n'ont pas le sabot fendu |
| Animaux aquatiques | Créatures sans nageoires ni écailles | Considérés comme abominables |
| Oiseaux | Aigle, vautour, corbeau | Prédateurs ou charognards |
| Insectes | La plupart des insectes ailés | Exception pour certaines espèces de sauterelles |
Au-delà des raisons bibliques et sanitaires, certains adventistes prennent également en compte des considérations éthiques liées au bien-être animal et à l'impact environnemental de la production de viande. Les conditions d'élevage intensif et les pratiques cruelles envers les animaux sont de plus en plus critiquées, et certains adventistes choisissent de ne pas consommer de viande pour cette raison.
En effet, les animaux de la ferme sont aussi soumis à un traitement cruel au cours de leur transport à l’abattoir. Porcs, veaux et moutons peuvent être légalement confinés jusqu’à 28 heures dans un véhicule, privés de nourriture et d’eau, même par temps froid ou chaleur extrême. Il n’est pas rare qu’à l’arrivée à l’abattoir, on découvre des bêtes gravement blessées, d’autres mortes.
Les abus perpétrés dans les abattoirs sont largement documentés. La loi sur les méthodes humaines d’abattage de l’USDA (Département de l’agriculture des États-Unis) exige que les animaux de ferme soient insensibilisés à la douleur avant d’être immobilisés et mis à mort. Or, cette loi est régulièrement ignorée, comme l’ont prouvé de nombreuses enquêtes secrètes.
L'agriculture industrielle est née aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, la production de maïs a fortement augmenté et les prix ont chuté. Avec une telle disponibilité de maïs à bas prix, l’industrie de la viande a découvert qu’elle pouvait nourrir les bovins à un moindre coût qu’au foin. L’appât du gain a vite éclipsé le fait que le maïs n’est pas un aliment conçu pour ces bêtes, ou du moins, qu’il ne constitue pas leur régime idéal.
Les antibiotiques et les vaccins leur ont permis d’élever une grande quantité d’animaux confinés en prévenant les maladies qui se produisent normalement dans de telles conditions. Les premiers animaux soumis à l’élevage industriel furent les poules. Dans les années 1960, cet élevage industriel des poules a été suivi du premier élevage industriel des vaches et des porcs.
Heureusement, les groupes qui se portent à la défense des animaux, les médias et les recherches scientifiques poussées sur l’intelligence et les émotions animales, sensibilisent le public sur les conditions de l’élevage industriel. Les mentalités commencent tout doucement à changer.
L'Église adventiste du septième jour met l'accent sur un mode de vie sain, comprenant une alimentation équilibrée, l'exercice physique, le repos et la confiance en Dieu. Le régime végétarien est encouragé, bien qu'il ne soit pas obligatoire. Les adventistes qui choisissent de consommer de la viande sont encouragés à le faire avec modération et à privilégier les viandes considérées comme pures selon la Bible.
Avec le mandat évangélique, le message adventiste sur la santé a joué un rôle de premier plan dans les croyances fondamentales de l’Église. Mais un style de vie sain implique-t-il davantage qu’une simple focalisation sur notre santé personnelle ? Avons-nous, en tant qu’adventistes, la responsabilité de considérer l’impact de nos choix alimentaires sur la santé de nos collectivités, de notre planète ? D’examiner le traitement des bêtes élevées pour la consommation ?
Les études sur la santé effectuées au cours des 40 dernières années par l’Université de Loma Linda ont fourni des constatations factuelles et soulevé une sensibilité scientifique quant à la relation étroite entre le régime et la santé. Les résultats de ces études indiquent que les adventistes sont en meilleure santé en partie grâce à leur régime végétarien.
En conclusion, l'interdiction de consommer du porc chez les Adventistes du Septième Jour repose sur une combinaison de raisons bibliques, sanitaires et éthiques. Bien que cette pratique puisse sembler stricte, elle s'inscrit dans une vision globale de la santé et du bien-être, en accord avec les enseignements de la Bible et les préoccupations contemporaines.
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