Porc sur Paille : Avantages et Inconvénients d'un Système d'Élevage Alternatif

En France, la très grande majorité de l’élevage de porcs se fait en bâtiment. Les sols utilisés dans ces bâtiments peuvent varier en fonction du type d’élevage ou de la phase d’élevage (naissance, post sevrage, engraissement). Chaque type de sol présente des avantages et des inconvénients, que ce soit sur le plan économique ou pour le bien-être des porcs et des éleveurs.

Dans ce cadre, l'élevage sur paille émerge comme une alternative prometteuse, suscitant un intérêt croissant pour des raisons environnementales, éthiques et économiques. Ce modèle, en rupture avec le système sur caillebotis, est-il à même de répondre aux attentes des citoyens en matière d'environnement et de bien être animal ?

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Un Nouveau Mode d'Élevage Porcin

Un nouveau mode d'élevage porcin a été mis en place, pour des raisons environnementales et économiques. Réveillés de leur sieste par des visiteurs inhabituels, les cochons de Pascal Pérot, éleveur à Saint-Donan, dans les Côtes-d’Armor, n’ont sans doute pas conscience d’être des privilégiés. Dans cette ferme de 54 hectares, ils grandissent dans des bâtiments ouverts sur l’extérieur, sur de la paille. Cela permet de transformer leurs excréments en fumier. "Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal", confie le maître des lieux, qui a repris la ferme en 2000.

En France, 95 % des porcs sont au contraire élevés sur caillebotis, un sol ajouré, en béton ou en plastique, qui permet l’évacuation rapide de leurs déjections, le lisier. Epandu sur les terres de culture pour les fertiliser, ce dernier nourrit depuis longtemps la critique du modèle d’élevage breton. La région concentre 57 % du cheptel français. Mais les cochons, parqués dans des bâtiments, sont invisibles.

En revanche, cet élevage intensif est à l’origine de la pollution des eaux et des marées d’algues vertes, bien visibles, qui affectent le littoral. En cause, les nitrates dérivés de l’azote du lisier (des porcs, des bovins et des volailles), qui contaminent les cours d’eau et les nappes phréatiques. Polluant, ce modèle met aussi régulièrement des éleveurs dans la rue, lorsque le prix du porc ne leur permet plus de vivre de leur travail.

C’est ce qui a conduit l’association bretonne Cohérence à réfléchir à un modèle alternatif. Au début des années 2000, ce réseau développe un cahier des charges pour un élevage de porcs durable.

Ses piliers : des cochons élevés sur de la paille, bénéficiant d’une surface minimale de 1,5 mètre carré par tête, soit le double du minimum réglementaire pour les porcs de moins de 110 kilos. Le cahier des charges n’impose en revanche pas l’accès des porcs à l’extérieur, obligatoire dans le cadre des labels "porcs fermiers" élevés en plein air Label rouge et pour l’élevage biologique, qui peut se faire en plein air ou avec des bâtiments prévoyant une aire d’exercice en extérieur. Leur alimentation doit être sans organismes génétiquement modifiés (OGM). Les traitements antibiotiques préventifs sont interdits.

Enfin, lors de l’épandage du fumier (composé de la paille et du lisier), les éleveurs doivent respecter un apport d’azote plafonné à 80 % du seuil réglementaire (140 unités d’azote par hectare, contre 170 sinon). Utile au bien-être des cochons, pour lesquels fouiller et jouer sont des activités naturelles, la paille présente l’avantage de résorber une partie de l’azote présent dans leurs déjections en les compostant. L’utilisation de cet engrais solide, plutôt que le lisier, limite de plus les risques de ruissellement.

Le cahier des charges intègre en outre une cinquantaine de critères sur lesquels les éleveurs s’engagent à progresser. L’utilisation d’une alimentation produite à la ferme est ainsi conseillée sans être impérative, ce qui est le cas en élevage biologique. L’objectif ? "Proposer une alternative durable, accessible au plus grand nombre", justifie Jean-Bernard Fraboulet, chargé de mission porc durable chez Cohérence.

La filière porcine française étant très industrialisée, les conversions d’exploitations conventionnelles vers le bio sont difficiles. "Les ateliers sont trop gros, trop hors-sol, alors que le bio suppose une alimentation produite sur la ferme et un accès à l’extérieur que les bâtiments conventionnels ne permettent pas. Pour développer le bio, on mise plutôt sur de nouvelles installations", explique Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). En 2016, les élevages biologiques ne représentaient que 0,94 % des exploitations porcines, selon la plate-forme Agence Bio. Quant au label rouge, il concernait 3,3 % seulement de la production nationale en 2014, dont 83 % des élevages en bâtiment, selon l’Institut français du porc (Ifip).

Sur leur ferme de 48 hectares, près de Dinan, Pascal et Sylvie L’Hermitte cultivent colza, céréales et légumineuses pour nourrir les 1 100 porcs qu’ils produisent chaque année. Pour protéger leurs cultures, ils misent sur des techniques naturelles, tout en gardant la possibilité de les traiter si besoin. A terme, le couple vise les 1 500 porcs par an, pas plus. Cohérence, qui défend un élevage familial, limite d’ailleurs la production selon le nombre d’actifs par ferme.

Les exploitations spécialisées dans l’engraissement comptaient en moyenne 875 places en 2010, selon l’Ifip, contre 500 places occupées chez les L’Hermitte. Les producteurs adhérents sont certifiés tous les deux ans, dans le cadre d’audits participatifs réalisés lors de journées portes ouvertes dans les fermes.

Produire de cette façon génère du travail supplémentaire pour pailler les enclos et les nettoyer. Cela a aussi un coût. La chambre régionale d’agriculture de Bretagne a chiffré le surcoût de l’élevage sur paille à 0,16 euros par kilo de carcasse produit, soit environ 10 % en plus par rapport au porc sur caillebotis. "Cela s’explique par le coût de l’achat de paille, et parce que les porcs dépensent plus d’énergie et ont une croissance un peu moins rapide", explique Brigitte Landrain, cheffe du service Elevage à la chambre régionale. Chez les éleveurs Cohérence, les porcs partent ainsi à l’abattoir quand ils ont entre 190 à 210 jours, contre 180 en conventionnel. Le gage selon eux d’un cochon en bonne santé et d’une viande de meilleure qualité.

Le Caillebotis Intégral : Un Système Dominant avec des Inconvénients

Le caillebotis intégral est un sol entièrement composé de lattes pleines alternant avec des ouvertures qui permettent l’évacuation des déjections. En hiver, rend la thermorégulation des porcs moins efficace et peut entrainer un stress thermique.

Le manque d’enrichissement de ce type de sol, souvent combinés à une forte densité d’animaux constitue un risque élevé de comportements redirigés vers les congénères, dont la caudophagie. Les matériaux d’enrichissement (e.g litière et fourrage) permettant d’exprimer des comportements d’exploration et de nidification sont pour la plupart peu compatibles avec ce type de sol car ils peuvent se coincer dans les ouvertures et bloquer l’évacuation du lisier.

Augmente le risque de blessures aux pattes, de boiteries, de plaies aux queues et aux oreilles et de bursites (inflammations autour des articulations). Les émissions d’ammoniac provenant de la préfosse (fosse sous les animaux où tombent les déjections) peuvent aussi entraîner une mauvaise qualité de l’air et causer des problèmes respiratoires et oculaires pour les porcs et les humains.

La caudophagie est définie par l’EFSA comme des « morsures de queue infligées par des congénères, entraînant des lésions de la peau, des muscles, des os, des cartilages, des vaisseaux sanguins et des tissus nerveux »[1]. Ce comportement anormal est multifactoriel, avec des facteurs de risque comme le manque d’enrichissement ou le pourcentage de sol en caillebotis. La prévention passe actuellement le plus souvent par la caudectomie (coupe de la queue), une pratique douloureuse qui ne traite pas les causes du problème.

Caillebotis Partiel et Sol Plein

Le caillebotis partiel combine une partie en caillebotis (30 à 50 % de la surface) et une zone en sol plein, appelée gisoir. Le sol plein est souvent en béton, parfois avec de la litière. Le sol plein est une surface non perforée, qui est souvent en béton. Mauvais confort de couchage pour les animaux les plus lourds.

Si le nettoyage du sol plein n’est pas suffisant, les déjections peuvent s’accumuler et nuire à l’hygiène des porcs. Si la paille est distribuée en trop petite quantité : les risques de caudophagie et de boiteries persistent. Si la paille est humide : risques de développement de moisissures produisant des mycotoxines (toxines produites par certains champignons). Si les températures sont élevées, la litière fermente plus et produit de la chaleur qui peut provoquer des problèmes de thermorégulation chez les porcs.

La paille de mauvaise qualité, les copeaux ou la sciure de bois augmentent le nombre de particules en suspension dans l’air (e.g. poussières, moisissures, champignons) qui sont associées à des troubles respiratoires chez le porc et l’humain. Par rapport à la litière raclée, la litière profonde augmente les émissions de gaz dont l’ammoniac, le protoxyde d’azote et le méthane dans le bâtiment.

Pour chaque type de sol, le CNR BEA propose, au vu de l’analyse bibliographique, une série de recommandations visant à améliorer le bien-être des porcs. Les sols alternatifs au caillebotis intégral améliorent le bien-être des porcs en favorisant leurs comportements naturels (exploration, nidification), en réduisant les risques de caudophagie et de blessures, et en offrant plus de confort et d’espace.

Les sols alternatifs au caillebotis intégral nécessitent une meilleure gestion de la ventilation du bâtiment et une plus grande surface pour garantir la propreté des animaux et des enclos, le confort thermique en période chaude et diminuer le risque de maladies infectieuses.

Avantages de l'Élevage sur Paille

L'élevage sur paille, largement minoritaire en France (5 %), demande "de l'huile de coude et de l'argent", ne cache pas le Breton de 47 ans. Cet ancien ingénieur informatique a repris en 2010 la petite exploitation familiale, d'où 500 cochons sont aujourd'hui envoyés chaque année dans un abattoir local, un chiffre très éloigné des standards de l'élevage conventionnel intensif.

"Mes parents travaillaient d'une autre façon et ont eu peur lorsque je me suis lancé", confie-t-il. "Mais j'avais envie de prendre des risques, de retourner à des fondamentaux peut-être oubliés." En contrepartie des coûts de production supérieurs qu'il entraîne, le "porc sur paille" se vend à 2,10 ? le kilo (contre 1,15 ? pour le conventionnel et autour de 3,50 ? pour le bio), un prix fixe négocié chaque année avec les bouchers partenaires.

"Ce prix est déconnecté des fluctuations régulières du marché classique, qui est très bas en ce moment. Il faut que tous les acteurs de cette filière courte puissent en tirer une plus-value", note Jean-Bernard Fraboulet, du Réseau Cohérence pour un développement durable et solidaire, à l'origine de ce modèle de production alternatif.

Afin de pouvoir se revendiquer de la marque "porc authentique élevé sur paille", déposée depuis cinq ans, les éleveurs doivent répondre à un cahier des charges précis interdisant notamment le recours systématique aux antibiotiques ou les OGM dans l'alimentation des bêtes.

L’association d’une aire paillée (environ 1 m²/porc) en contrebas d’une zone en caillebotis (entre 0,2 et 0,4 m²/porc) semble offrir de multiples possibilités d’aménagement de cases. Sur les caillebotis on retrouve souvent le système d’alimentation et d’abreuvement. Cette zone doit également être identifiée comme l’espace de déjection. Pour l’évacuation des déjections sous les caillebotis, il est préférable de positionner un racleur car les effluents pailleux seront difficiles à sortir de manière gravitaire.

Bien-Être Animal

Une litière composée de paille a des propriétés similaires au type de substrat qu’un porc trouverait naturellement, agissant comme un coussin et réduisant ainsi l’inconfort et les blessures (Arey, 1993). Plusieurs études ont montré que le risque de bursite (inflammation et gonflement d’une poche (bourse séreuse) située autour des articulations, entre les tendons et l’os) était nettement inférieur dans les élevages alternatifs, avec accès à l’extérieur ou sur paille, que dans les élevages en claustration (Kongsted & Sørensen, 2017). La gravité de la bursite en effet est associée à un environnement dur et inconfortable qui augmente la pression exercée sur la peau.

Utile au bien-être des cochons, pour lesquels fouiller et jouer sont des activités naturelles, la paille présente l’avantage de résorber une partie de l’azote présent dans leurs déjections en les compostant. L’utilisation de cet engrais solide, plutôt que le lisier, limite de plus les risques de ruissellement. De même, l'élevage sur paille permet aux porcs d’exprimer un éventail de comportements plus large que dans les élevages confinés.

Les systèmes d’élevages alternatifs, dont l’image dans la société est souvent idéalisée, permettent aux porcs d’exprimer un éventail de comportements plus large que dans les élevages confinés. La zone de confort thermique du porc est inversement corrélée à son poids. Hormis les porcelets, les porcs sont sensibles aux températures élevées. Ils présentent en effet des possibilités de régulation thermique limitées, dépendantes, en milieu sauvage, de sa capacité à se rafraîchir grâce à des bains de boue (Mormède et al., 2006). Les animaux réagissent à une température ambiante élevée en se positionnant de préférence sur un sol favorisant les pertes de chaleur par conduction.

Environnement

Alors que l'azote contenue dans les déjections des porcs, épandues sur des terres cultivables pour les fertiliser, contribue à la contamination en nitrates des cours d'eau et nappes phréatiques, la paille a l'avantage d'en résorber une partie et de limiter les risques de ruissellement. "C'est un moyen pour moi, qui suis sensible à l'environnement, de mettre mes valeurs en pratique", assure Norbert Lesné, dont la ferme se situe à quelques kilomètres seulement des plages costarmoricaines régulièrement recouvertes d'algues vertes.

Dans son exploitation de 125 hectares, il élève entre 250 et 300 cochons répartis par âge. Sur leur matelas de paille, les animaux n’ont pas l’air malheureux. « Le porc est un animal qui a besoin de fouiner et de mâchouiller, c’est son instinct naturel, et il ne peut pas le faire sur du ciment, ça le stresse », indique-t-il. Son élevage, qui n’est pas bio, ne menace pas non plus la ressource en eau car la paille a l’avantage de résorber une partie de l’azote contenue dans les déjections de porcs, limitant ainsi les risques de ruissellement dans les cours d’eau.

Le principal risque avec ce type de concept est d’avoir une inversion des zones en été. A retenir, sur caillebotis intégral et avec une densité standard, il est souvent nécessaire de regrouper l’alimentation, l’abreuvement et les enrichissements dans la même zone pour limiter l’activité dans la case.

Économie

Pour assurer la viabilité économique de ce modèle, l’association a cherché de nouveaux débouchés pour ses producteurs, dont une majorité propose sa viande en vente directe. Les boucheries-charcuteries locales sont particulièrement ciblées. En 2012, Cohérence dépose donc la marque "Porc authentique élevé sur paille", dédiée à la vente chez ces artisans.

Ils sont quatre éleveurs aujourd’hui à travailler sous cette marque et à fournir une trentaine de boucheries (les autres éleveurs font de la vente directe). C’est aux éleveurs de se constituer une clientèle directe. "Je produis ce que je peux vendre. Alors que dans le modèle conventionnel, on est toujours incités à produire plus, sans garantie de débouchés. Résultat : les prix s’effondrent", argumente l’éleveur Pascal Pérot.

La paie des producteurs de la filière porcs sur paille n’est, elle, pas soumise aux aléas du marché. Ils travaillent avec un prix fixe négocié chaque année avec les bouchers partenaires. Ces derniers aussi y trouvent leur compte. "La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif, assure Guillaume Corduan, gérant de la boucherie-charcuterie-traiteur éponyme, à Hillion, au bord de la baie de Saint-Brieuc.

Avec des bâtiments d’élevage vieux de vingt ans en moyenne et de petits abattoirs, comparés à leurs concurrents européens, la filière française est donc désavantagée avec un marché du porc peu segmenté. "Pendant longtemps sa stratégie exclusive a été d’offrir une production standard, au prix le plus bas, même si des tentatives de différenciation existent aujourd’hui", explique Michel Rieu, économiste à l’Institut du porc (Ifip).

Dans sa boutique, le porc sur paille est aujourd’hui environ 15 % plus cher que celui qu’il propose lorsque son stock est écoulé. Pourtant, des consommateurs viennent ici spécifiquement pour cette viande produite localement, que Pascal Pérot livre lui-même. Après quatre ans à travailler ainsi, il dresse un constat positif. "Si j’étais resté dans le modèle standard, avec la dernière crise, je disparaissais. Grâce au prix fixe, j’ai pu recommencer à faire des projets et la banque m’a fait confiance pour investir dans le camion frigorifique et la bétaillère nécessaires pour transporter mes porcs", détaille-t-il.

Pascal et Sylvie L’Hermitte écoulent 40 % de leur production en boucherie, le reste étant proposé aux particuliers à la ferme et sous forme de colis, ou servi dans des cantines du secteur. A deux, ils s’en sortent avec un résultat avant impôt de l’ordre de 30 000 euros par an. En 2015, année de crise, ce résultat était en moyenne de 13 000 euros par actif dans les exploitations porcines françaises, une filière aux résultats très fluctuants.

A l’avenir, l’association aimerait développer la filière sur l’ensemble de la Bretagne. Si de nouveaux éleveurs sont intéressés, intégrer la filière reste un pas à franchir. "Tous ne sont pas prêts à tourner le dos au fonctionnement des groupements", constate Jean-Bernard Fraboulet. L’année dernière, 1 700 carcasses ont été vendues dans le cadre de la filière porc sur paille. Cette production reste donc très marginale au regard des quelque 13 millions de porcs (soit 1,1 million de tonnes équivalent carcasse) abattus en Bretagne. Mais pour les éleveurs, faire vivre une filière alternative locale est déjà une victoire. "Notre modèle n’est pas reproductible à tout le monde, estime Pascal L’Hermitte.

Inconvénients et Défis

Malgré ses avantages, l'élevage sur paille présente des défis spécifiques.

  • Il s'agit d'un modèle qui demande plus de travail car il faut pailler tous les jours.
  • Cela a aussi un coût. La chambre régionale d’agriculture de Bretagne a chiffré le surcoût de l’élevage sur paille à 0,16 euros par kilo de carcasse produit, soit environ 10 % en plus par rapport au porc sur caillebotis. "Cela s’explique par le coût de l’achat de paille, et parce que les porcs dépensent plus d’énergie et ont une croissance un peu moins rapide", explique Brigitte Landrain, cheffe du service Elevage à la chambre régionale.
  • Le principal risque avec ce type de concept est d’avoir une inversion des zones en été.
  • Les systèmes d’élevages alternatifs doivent aussi relever des défis, notamment en termes de biosécurité, de santé animale et de santé publique.

Alors que l'azote contenue dans les déjections des porcs, épandues sur des terres cultivables pour les fertiliser, contribue à la contamination en nitrates des cours d'eau et nappes phréatiques, la paille a l'avantage d'en résorber une partie et de limiter les risques de ruissellement.

Recommandations

Pour chaque type de sol, le CNR BEA propose, au vu de l’analyse bibliographique, une série de recommandations visant à améliorer le bien-être des porcs. Les sols alternatifs au caillebotis intégral améliorent le bien-être des porcs en favorisant leurs comportements naturels (exploration, nidification), en réduisant les risques de caudophagie et de blessures, et en offrant plus de confort et d’espace.

Les sols alternatifs au caillebotis intégral nécessitent une meilleure gestion de la ventilation du bâtiment et une plus grande surface pour garantir la propreté des animaux et des enclos, le confort thermique en période chaude et diminuer le risque de maladies infectieuses.

Dans le modèle actuel, le principal reproche porte souvent sur une remise en cause du bien-être des animaux à cause d’un sol uniforme et ajouré. Une des solutions pour améliorer cet aspect est de proposer une diversité de choix aux animaux. Par exemple, selon leur besoin, ils pourront disposer de différents types de sol (gisoir, paille, caillebotis).

Un autre point important est de donner la possibilité aux animaux d’organiser leur espace de vie en trois zones : le couchage, les ressources (alimentation, abreuvement et enrichissement) et les déjections. Pour diversifier les types de sol et faciliter la spécialisation des zones de vie, il est souvent nécessaire de revoir la densité animale. Pour qu’un aménagement de ce type fonctionne, il faudra alors réduire les densités animales (1 m² par porc par exemple) afin de libérer de l’espace. Malgré tout, on constate qu’en système d’alimentation à la soupe en auges longues, l’aménagement de la case est plus complexe qu’en système nourrisseurs ou DAC (distributeurs automatiques de concentrés).

Améliorer le bien-être des animaux dans un bâtiment dans lequel le bien-être des animaux serait pris en compte, mais aussi l’ergonomie au travail, le respect de l’environnement et les attentes sociétales.

En conclusion, l'élevage de porcs sur paille représente une alternative prometteuse au système conventionnel sur caillebotis, offrant des avantages significatifs en termes de bien-être animal, d'impact environnemental et de valorisation économique pour les éleveurs engagés. Cependant, il est essentiel de prendre en compte les défis spécifiques liés à ce mode d'élevage et de mettre en place des pratiques de gestion adaptées pour garantir sa viabilité et sa durabilité.

Caractéristique Élevage sur Caillebotis Élevage sur Paille
Bien-être animal Risque élevé de caudophagie, blessures aux pattes, stress thermique Favorise les comportements naturels, réduit les risques de blessures et de caudophagie
Impact environnemental Pollution des eaux par les nitrates issus du lisier Réduction des risques de ruissellement grâce à la capacité de la paille à résorber l'azote
Gestion des déjections Évacuation rapide du lisier Transformation des excréments en fumier, nécessitant une gestion de la litière
Coût de production Moins élevé Plus élevé (achat de paille, travail supplémentaire)
Prix de vente Soumis aux fluctuations du marché Prix fixe négocié avec les partenaires
Main d'œuvre Moins de travail Plus de travail (paillage, nettoyage)

En conclusion, l'élevage de porcs sur paille représente une alternative prometteuse au système conventionnel sur caillebotis, offrant des avantages significatifs en termes de bien-être animal, d'impact environnemental et de valorisation économique pour les éleveurs engagés. Cependant, il est essentiel de prendre en compte les défis spécifiques liés à ce mode d'élevage et de mettre en place des pratiques de gestion adaptées pour garantir sa viabilité et sa durabilité.

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