Porc Fermier Élevé en Plein Air : Un Cahier des Charges pour une Qualité Supérieure

Le Parc naturel régional du Morvan s’est fixé l’objectif d’accompagner les éleveurs du territoire vers la diversification. Cela consiste à exercer plusieurs activités différentes sur une même ferme, permettant de multiplier les sources de revenu et de pérenniser l’exploitation sur le plan économique. Ainsi, une agriculture diversifiée présente l’avantage d’être plus résiliente face aux aléas et les différentes productions peuvent se compléter.

Le Parc a initié en 2017 la création d’une filière d’élevage de porcs en plein air pour venir en complément de l’élevage de bovins allaitants, principale activité des fermes morvandelles. C’est pour répondre à cet objectif que le Parc a lancé la création d’une filière de porc plein air élevé dans le Morvan. Une marque et un logo ont été créés pour démarquer cette production.

À l’heure où 95 % de l’élevage porcin français se fait en bâtiments et 70 % des porcs sont élevés dans l’ouest de la France, cette filière se démarque avant tout par son souci du respect du bien-être animal, de l’environnement et le caractère local de la production.

Un cahier des charges a donc été élaboré par la commission agricole du Parc afin de définir les règles d’élevage à respecter pour pouvoir bénéficier de la marque « porc plein air du Morvan » et de son logo. Ce cahier des charges est accessible à différents types de systèmes : élevages naisseurs et/ou engraisseurs, transformation à la ferme ou non, en vente directe ou non… Des élevages aux profils variés peuvent donc s’approprier la marque « porc plein air du Morvan ».

Par ailleurs, les partenariats initiés par le Parc permettent de rassembler les différents acteurs de la filière. Des opérateurs locaux ont été identifiés avec l’aide de l’association Jambon du Morvan, pour assurer l’abattage, la découpe, la transformation et la commercialisation d’une quinzaine de porcs par semaine.

L’association Jambon du Morvan s’est quant à elle donnée plusieurs missions :

  • caractériser le jambon de Morvan avec les fabricants pour élaborer un produit de qualité ;
  • caractériser le type de viande de porc nécessaire, organiser l’approvisionnement en porc du Morvan et la valorisation de l’ensemble de la carcasse ;
  • promouvoir le jambon du Morvan et mettre en place une communication sur le produit, au travers notamment de la Confrérie du jambon du Morvan.

Plougastel-Daoulas. Une nouvelle loi oblige un éleveur de porcs en plein air à cesser son activité

Porc Fermier Label Rouge IGP de Vendée

Depuis Mai 2019, du Porc Fermier Label Rouge IGP de Vendée est proposé: un porc élevé en PLEIN AIR pour une meilleure qualité de la viande! L'appellation Porc Fermier de Vendée garantit l'origine et la qualité de la viande, le bien être de l'animal (élevé en plein air, nourris avec de la graine de lin) et un partenariat équitable avec les éleveurs. Garantit un niveau de qualité supérieure par rapport aux produits courants. Un cahier des charges est rédigé par des professionnels mais discuté et validé par les pouvoirs publics.

Indique qu'un produit est lié à une zone géographique précise, de part sa réputation, son savoir-faire, son mode d'élevage ou d'alimentation... Les porcs fermiers de Vendée arrivent dans nos ateliers prêts à être découpés. Le service "Découpe" va préparer toutes les grosses pièces: les longes, les poitrines, les jambons, les échines, les épaules... Le service "Tranchage" va quant à lui confectionner les petites pièces tranchées: les côtes et les côtes échines.

Une large gamme de charcuterie est proposée : jambons blancs, boudins, rillauds, fressure, terrines... Des produits élaborés par nos charcutiers dans le respect des traditions et avec de la matière première de haute qualité. Nous proposons des produits demi-sel et des produits de saucisserie élaborés exclusivement avec du Porc Fermier de Vendée. Nos saucissons secs élaborés à base de Porc Fermier de Vendée sont fabriqués et affinés dans nos séchoirs.

Nous proposons une large gamme : rillettes, terrine de campagne, terrine de canard, terrine de lapin, terrine au sel de Noirmoutier, terrine au piment d'Espelette, terrine au jambon de Vendée...

Le « Répertoire des préparations de viande de porc » qui complète ce projet de conditions de production communes « Porc » a été validé par le comité national des indications géographiques protégées, labels rouges et spécialités traditionnelles garanties de l'INAO.

Création et Gestion d’un Atelier de Naissage en Plein Air

Les 5 et 12 février dernier se déroulait en Haute-Vienne et dans le Lot une formation organisée par BioNA à propos de la création et gestion d’un atelier de naissage en plein air. Le premier volet se proposait de défricher le parcours administratif obligatoire en amont de toute création d’un élevage de porc de plein air.

Dans un atelier de naissage, le travail est rythmé par la succession de trois activités régulières : le sevrage, les inséminations ou lutte naturelle et les mises bas. La conduite en bandes permet d’avoir des groupes d’animaux de taille identique au même stade physiologique. Cette pratique permet donc une synchronisation des chaleurs et des mises-bas des truies ce qui facilite grandement la surveillance, les pratiques d’adoption.

Le cycle de reproduction de la truie est composé de 3 éléments : durée de lactation / intervalle sevrage-insémination / durée de gestation. La durée de gestation est de 114 jours, et l’intervalle sevrage-insémination est relativement constant autour de 5 jours.

Avec un sevrage à 42 jours, les intervalles entre bandes seront toujours irréguliers, car le nombre 23 est un nombre premier (il n’est pas divisible par 3 ou par 6 par exemple). C’est la manière dont sont logées les truies qui va en grande partie influencer sur les performances d’un élevage de plein air. Le nombre de porcelet sevré qui doit à minima être de 10 par mise bas dépend en priorité de l’environnement de vie de la truie.

La nature du terrain va ainsi permettre ou non l’alimentation en extérieur des animaux. Dans certains contexte il est possible sans trop de gaspillage d’alimenter les animaux au sol alors qu’en situation plus fraiche et profonde il faut soit avoir des auges fixes et couvertes ou mieux nourrir les animaux à l’intérieur des cabanes. Cette option oblige à redessiner en entier le logement avec des hauteurs de construction permettant à l’éleveur de se tenir debout ce qui offre également de meilleures conditions de travail lors des sevrages ou interventions diverses telles que la castration.

Pour la truie se sera l’endroit où se déroulera la mise bas moment crucial pour la réussite ou non du projet. Un apport de paille restreint est conseillé afin d’éviter les écrasements surtout avec des cochettes inexpérimentées. Elle doit pouvoir avoir l’espace suffisant pour se retourner. En maternité, elle doit pouvoir également façonner le nid pour elle et ses porcelets.

Il est en effet possible de considérer le parcours comme une aire d’exercice minimaliste exigée par le cahier des charges ou comme un apport nourricier permettant une économie d’aliment concentré.

Règles Spécifiques pour l'Élevage Biologique

  • Mixité Bio / Non Bio : Autorisée si espèces différentes dans des unités dont les bâtiments et les terres sont bien séparées.
  • Durée de conversion : Parcours = 1 an, animaux = 6 mois.

Ils peuvent être introduits, à des fins de reproduction, uniquement lorsque les animaux bio ne sont pas disponibles (consultez la base de données « animaux biologiques » de l’INAO) et AVEC DEROGATION, dans les cas suivants :

  • Constitution d'un troupeau : achat de cochettes autorisé sans limite de nombre, sous réserve qu'elles pèsent moins de 35 kg et qu'elles aient été élevées selon le mode de production biologique dès leur sevrage.
  • Renouvellement : achat possible de mâles reproducteurs cochettes nullipares de renouvellement non bio dans la limite maxi de 20 % du cheptel adulte 40 % possible en cas d'extension importante de l'élevage (extension importante = accroissement d’au moins 30% du cheptel adulte dans l’année); d'un changement de race ; d'une nouvelle spécialisation du cheptel et sous réserve de l'accord de l'organisme certificateur
  • Dans le cas des races menacées : les femelles introduites pour la reproduction ne doivent pas nécessairement être nullipares.

La descendance des animaux non bio qui nait durant la période de conversion devient AB à la fin de la période de conversion de la mère.

Conduite et Logement des Animaux

  • Conduite des truies : En groupe.
  • Castration des porcelets : À partir du 1er Janvier 2022, elle doit être pratiquée à moins de 7 jours d’âge sous anesthésie et analgésie. La bombe de froid est autorisée comme analgésique.

Par dérogation, si pour des raisons anatomiques, la castration doit être pratiquée plus de 7 jours après la naissance, une anesthésie complétée par une analgésie prolongée doit être réalisée par un vétérinaire.

Les conditions de logement des animaux doivent répondre à leurs besoins physiologiques et éthologiques (mouvements et confort de l’animal) ; Aération et éclairage naturels ; Les espaces en plein-air doivent offrir des protections suffisantes contre la pluie, le soleil, le vent et les températures extrêmes.

  • Bâtiments : Ouverture sur 3 côtés ;
  • Aire d’exercice : Accès au minimum à des aires d’exercice à l’extérieur (courettes) pour les porcs, à tous les stades). Accès parcours extérieurs végétalisés non obligatoires pour les porcs ; Les aires extérieures peuvent être partiellement couvertes (découverture de 5% mini pour les bâtiments existants et de 50 % pour les bâtiments neufs à partir de janvier 2022)

Pour les porcelets :

  • Interdiction de caillebotis et de cages ;
  • Caillebotis autorisés sur un maximum de 50 % des surfaces intérieures et extérieures ;
  • Obligation d’une aire de couchage en dur avec litière. Elle doit être constituée de paille ou de matériaux naturels adaptés. Elle doit être propre et sèche. Paille bio pour la litière utilisée préférentiellement.

Alimentation et Traitements

  • Aliment en C1 (Conversion 1ère année) : 20 % de la ration si provenance de prairies ou protéagineux en 1ère année de conversion de l’exploitation.
  • Aliment en C2 (2ème année) : Si achat = ≤ 25 % de la ration annuelle moyenne, si produit sur l’exploitation = ≤ 100 %.

Nombre de traitements autorisés :

  • Animaux dont le cycle de vie est inférieur à 1 an (porcs à l’engraissement => 1 seul traitement durant le cycle de vie
  • Animaux dont le cycle de vie est supérieur à 1 an (porcs reproducteurs) => 3 traitements par période de 12 mois.

L’analgésie pour la castration est assimilée à un traitement obligatoire.

Résumé des exigences du cahier des charges
Aspect Exigences
Élevage Plein air, respect du bien-être animal
Alimentation Si bio : Aliment en C1 ou C2 selon l'année de conversion
Logement Ouverture sur 3 côtés, aire d'exercice extérieure
Castration Sous anesthésie et analgésie avant 7 jours

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