Conseils et techniques pour la pêche au silure avec du foie de porc

Le silure attire chaque année toujours plus de pêcheurs à la recherche de sensations fortes. Les photos diffusées sur les réseaux sociaux nous prouvent que ces poissons exceptionnels sont à la portée de tous. Pourtant, pour voir une partie de pêche récompensée par un combat intense et avoir la chance de prendre dans ses bras ces carnassiers mythiques, il est important de traquer les silures là où ils se trouvent.

Pour capturer régulièrement des silures, la première règle est toujours de pêcher là où les carnassiers se trouvent ! Aussi, au fil des saisons et des parcours prospectés, il est important de comprendre le comportement de ces poissons. En fonction de vos zones de pêche, vous devrez adapter vos techniques et avoir les connaissances nécessaires pour comprendre les déplacements de ces prédateurs.

Silure Glane

Comportement et habitat du silure

Décrire le comportement du silure n’est pas une mince affaire, tant ce poisson reste encore mystérieux pour les pêcheurs et les scientifiques. Aujourd’hui, nous avons diverses connaissances sur ce carnassier : ses capacités d’adaptation, son alimentation, sa reproduction, son rôle dans l’écosystème… Mais nous découvrons encore des détails de sa vie. C’est ce qui rend toujours cette espèce assez extraordinaire.

Récemment, les scientifiques se sont aperçus que les silures réagissaient à des sons. Ils ont donc une forme de communication entre individus, ou, du moins, ils ont appris et compris que certains sons avaient un intérêt alimentaire pour eux. Mais leurs comportements restent encore méconnus, notamment la raison qui les pousse à se regrouper pendant l’hiver et à former les fameuses boules de silures.

Il est également intéressant de noter que ces carnassiers sont territoriaux. D’ailleurs, les pêcheurs spécialisés capturent régulièrement les mêmes poissons sur les mêmes secteurs. Certains silures ont même été affublés de surnoms, afin d’être mieux reconnus par les autres passionnés. Toutes ces constatations sont intéressantes et nous aident à mieux connaître les silures.

Les boules de silures en hiver

En hiver, les silures ont des périodes d’activité très courtes, voire quasiment nulle. Les pêcheurs ont donc des difficultés à les capturer. Ces poissons restent souvent immobiles, posés sur le fond dans les parties les plus profondes. C’est ce qui les rend quasiment indétectables sur les écrans de nos échosondeurs.

Ainsi, sur un parcours où la profondeur moyenne est de 7 m, une fosse à 10 m habitera forcément l’ensemble des silures de la zone. C’est d’ailleurs souvent là que se forment les boules hivernales ; elles peuvent compter plusieurs dizaines d’individus de toutes tailles. Les silures élisent domicile dans ces parties profondes afin d’éviter les changements brutaux de température.

Tous les poissons à mucus, dont le silure glane, restent extrêmement sensibles aux variations du thermomètre. Sur les plans d’eau, là où la profondeur ne varie quasiment pas, différents obstacles peuvent fixer ces carnassiers. Les arbres morts ou les roches sont de véritables aimants pour ces prédateurs. Vous pouvez alors avoir l’ensemble des silures du plan d’eau autour d’un seul et même tronc ou caillou.

En hiver sur les lacs, les silures observés restent immobiles, posés au fond sur les algues, ou dans des arbres morts. Mais l’ensemble des individus observés se trouvent tous sous la barre des 15 m de profondeur, et pas en dessous de 20 m. Une zone délimitée par une ligne de température que l’on appelle la thermocline. Les silures ne quittent pas cette couche d’eau durant toute la période hivernale.

Activité saisonnière

Dès que les eaux se réchauffent, le comportement des carnassiers change, ils deviennent beaucoup plus actifs et ils n’hésitent pas à bouger dans la colonne d’eau et à venir prospecter les faibles profondeurs. Les grands rassemblements sont terminés, et seuls quelques sujets peuvent éventuellement se regrouper pour former des bancs dispersés de trois, quatre individus, souvent de même taille.

Sur les rivières et les fleuves, tant que les eaux restent froides, les silures sont positionnés dans les fosses. Seules les crues déclenchées par les pluies abondantes vont ramener les carnassiers sur les bordures. Ils viennent se protéger du courant principal mais ils en profitent également pour faire des provisions destinées à la période hivernale. C’est alors le meilleur moment pour les traquer aux leurres ou au vif sur les bordures.

Avec l’arrivée des beaux jours, l’activité alimentaire des silures est grandissante, quel que soit le parcours. Les groupes cantonnés dans les fosses éclatent et les carnassiers s’éparpillent sur l’ensemble du fleuve, du lac ou du plan d’eau. Pour échapper aux températures caniculaires, les poissons regagnent les profondeurs. Mais, en fin de journée et au petit matin, les silures viennent en maraude dans quelques mètres d’eau.

En plan d’eau, l’eau se réchauffe généralement plus rapidement, il est alors courant de réaliser de belles pêches dès les mois de mars et avril. À la belle saison, les silures se rapprochent des bordures pour deux raisons. Plus ou moins près des bordures, tout dépend de la saison.

Comme déjà évoqué, la température de l’eau est réellement l’élément qui détermine l’activité des silures. En dessous de 15 °C, les glanes restent relativement discrets et difficiles à capturer. En eaux closes, sur de petits plans d’eau de moins d’un hectare, les poissons ne sont pas sujets à la montée des eaux. Ils n’ont donc pas de pic d’activité comme leurs congénères de fleuve.

En période froide, les silures peuvent alors passer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans se nourrir. Dans les étangs, les poissons tournent régulièrement sur la totalité de la surface d’eau à la recherche de nourriture. Ils savent où se trouvent les bancs de poissons fourrage. Ainsi, ils passent à des heures régulières sur des points bien précis.

Leurs déplacements se trouvent conditionnés par la baisse de luminosité et les coups de vent. En fonction de l’orientation géographique de l’étendue d’eau, celle-ci reste sous l’influence des vents dominants. La direction des courants d’air va donc directement influer le positionnement des poissons. La rive la plus favorable à pêcher est toujours celle située sous le vent.

Là, les poissons viennent chercher leur nourriture. Sur des plans d’eau où le fond ne varie quasiment pas, l’ensemble des espèces vient toujours chercher la nourriture sur la rive située sous le vent. Les graines et les petits insectes flottant en surface vont dériver et tous se retrouver sur le même côté de l’étang. Les poissons blancs vont ainsi suivre cette nourriture. Les carnassiers, dont les silures, suivront alors l’ensemble de leur garde-manger.

Techniques et appâts

Un amorçage effectué la veille permet donc de mieux fixer les silures sur le poste à pêcher. En mars ou avril, les silures commencent à avoir des phases d’activité alimentaire plus longues qu’en hiver. Il devient alors plus facile de les capturer sur poste fixe. La pêche aux pellets, aux vers ou aux abats se propose à nous. Même si elle n’est pas très engageante, la pêche aux abats (volaille, veau, porc) est également possible, et surtout redoutablement efficace.

Mais pour qu’elles soient productives, ces techniques doivent être mises en place sur le passage des carnassiers, ou à proximité de leurs tenues. L’étude de la topographie du plan d’eau reste donc la meilleure aide pour connaître le positionnement des carnassiers et donc pêcher efficacement. En ayant connaissance des zones profondes et des plateaux, vous comprendrez mieux les déplacements des silures. En hiver, pêchez toujours sur les pentes, ou à l’intérieur des fosses. Au printemps et en été, vous pouvez tenter votre chance sur les plateaux moins profonds. Là, les silures viendront en maraude au lever et au coucher du soleil.

En lac, compte tenu de l’immensité de la surface d’eau, il est obligatoire de connaître le relief du fond. Si en étang, l’eau se refroidit ou se réchauffe rapidement du fait des faibles profondeurs, en lac, il faut parfois plusieurs semaines pour que la température n’augmente que d’un seul petit degré. En été, les zones à l’ombre sont toujours des premiers choix.

En fleuve, restez attentif aux événements ! Les silures sont à l’affût du moindre événement qui leur permettrait d’obtenir de la nourriture facilement. Aussi, les carpistes le savent, avec les beaux jours, les silures arrivent sur les postes d’amorcés (c’est-à-dire des postes où les pêcheurs de carpes ont déposé de l’amorce). Ils réagissent également aux mouvements des poissons blancs.

Et l’un des premiers rendez-vous à ne pas manquer, c’est la reproduction des gardons qui a lieu entre la dernière semaine du mois de mars et la deuxième semaine d’avril. Durant cette période, les silures vont venir en masse se délecter de boules de gardons qui s’ébattent sur les bordures dans moins de 30 cm d’eau. Il est alors facile de réaliser de superbes parties de pêche du bord aux vers, le leurre étant fermé.

Le second rendez-vous à ne pas manquer est fin mai-début juin. Là, ce sont les brèmes et les rotengles qui vont éclabousser dans les herbiers. Etant en pleine fermeture du carnassier et ce, jusqu’au mois de mai, toutes les techniques de pêche au silure au leurre ou au vif sont interdites. Cela restreint le nombre de techniques qu’il est possible d’employer pour prendre du poisson.

Cependant, le silure est probablement le carnassier le plus opportuniste ! En profitant de cet aspect de son comportement alimentaire, on peut espérer réaliser de belles pêches printanières.

Pêche au silure en hiver | Conseils et techniques | silure pendant la crue

Pêche au silure au printemps

Le printemps débute lorsque la température de l’eau atteint et dépasse les 12°C. Cela se produit, selon les années entre le 15 mars et le 15 avril. Les silures viennent de passer tout l’hiver regroupés aux endroits les plus profonds, en évitant au maximum les déplacements et les dépenses d’énergie inutiles.

Lors du réveil les groupes de silures s’éclatent en plusieurs petits groupes composés de poissons du même âge et sensiblement de la même taille. Les plus gros sujets, quant à eux, sont plus solitaires et territoriaux et rejoignent alors des zones qu’ils vont s’efforcer de protéger des autres individus.

Ces groupes amorcent les premiers déplacements en quête de nourriture. C’est à cette époque de l’année que l’on peut le plus facilement repérer les silures par petits groupes. A cette période, la météo peut être instable et les périodes propices sont justement lorsque les conditions météorologiques sont stables pendant au moins trois jours. Il convient donc de concentrer ses sorties de pêche lorsque le temps est doux et stable.

Malgré tout, il ne faudra pas négliger les coups d’eau fréquents au cours du printemps. Un épisode pluvieux avec de beaux cumuls de précipitations gonflera les cours d’eaux et teintera les eaux. Ces épisodes sont une aubaine pour la pêche et il faudra savoir les exploiter en privilégiant les pics de crue, juste avant que le niveau de la rivière ne commence à baisser.

Techniques de pêche au printemps

Au posé, aux vers canadiens décollés

Les silures aiment se nourrir de proies légèrement décollées du fond. En rivière, les actions du courant rendent l’esche décollée particulièrement attractive ! Le montage à utiliser est dérivé du montage au cheveu pour la carpe. Il permet de présenter proprement un appât naturel près du fond.

Constitué d’un hameçon simple fort de fer très piquant d’une taille de 1/0 à 3/0, d’un stop-float en caoutchouc, d’un bouchon en liège (ou, à défaut, d’un cube de mousse très dense), d’un gros émerillon baril numéro 2 et de la tresse résistante à l’abrasion de 50°°, il est très simple à réaliser.

Les esches seront à enfiler à l’aiguille entre le stop-float et le morceau de liège. Avec ce montage vous pourrez utiliser des vers canadiens ou des lanières d’encornet ou de seiche. Une fois le montage déposé au fond, le liège va décoller l’hameçon et les esches qui, au gré des mouvements du courant, s’animeront juste au dessus du fond, les rendant ainsi très attractives.

Utilisez un plomb lourd, coulissant sur le corps de ligne, afin de permettre au silure d’emmener le montage sur quelques centimètres après l’avoir engamé, assurant ainsi une bonne prise en bouche. Lancez depuis le bord et posez votre canne sur un pic muni d’un détecteur de touche identique à ceux utilisés par les carpistes.

Au posé, aux pellets

Les carpistes, souvent peu friands de silures, se plaignent de leur présence sur leurs amorçages. Si cela peut être gênant pour eux qui ne les ciblent pas spécifiquement, s’approcher de leurs méthodes peut permettre de prendre des silures au printemps. Cela fait longtemps que les silures ont compris que cette manne alimentaire immobile regroupée en quantité sur le fond était une aubaine, très facile à engamer.

Réaliser des amorçages lourds à l’aide de pellets de gros diamètres mélangés à du Frolic est une solution efficace. Le montage est, une nouvelle fois, dérivé de la pêche de la carpe mais en taille XXL. L’utilisation d’un cheveu en tresse permet de laisser l’hameçon libre et facilite la piqûre dans la gueule du silure.

Choisissez un hameçon de taille 1/0 fort de fer à anneau. Le bas de ligne sera en gros nylon de 60 à 80 centièmes. Pour le raccord avec le corps de ligne, utilisez un émerillon baril n°2. Le cheveu est en tresse de 35 centièmes.

Montage pour présenter des pellets sur le fond

En pêche active, à la dérive

C’est LA technique la plus productive au printemps et vous pouvez la découvrir plus en détail sur cet article consacré à la pêche du silure au ver. Elle consiste à se laisser dériver en bateau sur l’eau et de pêcher à la verticale sous la sonde de l’échosondeur.

Grâce au sondeur, on peut vérifier la présence de silures, qu’ils soient stationnés entre deux eaux ou posés sur le fond. Cela facilite grandement l’efficience de la partie de pêche car il devient plus aisé de se concentrer aux endroits où, justement, les poissons se situent.

Le montage est très rudimentaire : un plomb poire de 150 à 300 grammes (qui peut être remplacé par une olive) au travers duquel on passe une tresse de 70°° terminée par un hameçon triple de taille 1/0 à 3/0 selon les esches utilisées. Sur le plomb, on peut adjoindre une jupe pour renforcer l’attractivité.

Les appâts à utiliser sont des vers canadiens en priorité, que l’on peut panacher avec des lanières d’encornet, calamar ou seiche. En action de pêche, le fil est tenu à la main qui est protégée par un gant afin d’éviter les coupures lors des touches qui peuvent être très violentes.

La tenue du fil à la main présente deux avantages majeurs : d’abord elle permet de maintenir la ligne à la verticale du bateau directement sous la sonde, ensuite elle permet d’animer et de réagir rapidement en lâchant ou reprenant du fil pour présenter le montage à la hauteur d’un poisson repéré sur l’écran par le sondeur. Dès qu’un poisson apparaît à l’écran, il convient de lui présenter le montage juste au dessus de l’écho qu’il trace à l’écran. La vitesse de réaction conditionne souvent la touche.

Appâts alternatifs et astuces

Pour diminuer le budget appâts de nombreux pêcheurs récoltent eux-mêmes leurs futures esches. Selon les biotopes, il sera aisé de ramasser des coquillages ou des vers à marée basse sur la façade atlantique par exemple. Ou de trouver des crustacés comme les bernard l'ermite ou les crevettes sur les côtes méditerranéennes. Mieux encore, faites le plein d'appât en allant à la pêche !

De nombreux poissons, et tous les céphalopodes, peuvent servir à escher vos hameçons. Entiers, en filets ou en morceaux, la plupart des poissons se nourrissent d'autres poissons. Savez-vous que certains morceaux de viande peuvent servir d'appât pour pêcher en mer ? Différentes sortes de fromage, comme les fromages à pâte dure découpées en morceaux, pourront être utilisés pour rechercher les sars ou les mulets.

Pour pêcher en mer sans trop dépenser d'argent vous avez aussi la possibilité de pêcher à la pâte. Un peu de farine, de semoule, quelques morceaux de fromage fondu ou de chair de poissons et voilà de quoi réaliser de belles parties de pêche. La pêche à la pâte permet de cibler de nombreuses espèces de poisson comme les sars, les mulets et les saupes.

La poudre de foie : un attractant puissant

S’il y a un ingrédient qui fait beaucoup parler de lui dans les recettes de bouillettes, c’est bien la poudre de foie ! Considérée comme l’arme absolue pour la traque des spécimens, elle rentre quasiment dans toutes les compositions de bouillettes haut de gamme carnées. Il s’agit d’une source de protéines, minéraux et vitamines importante, mais c’est surtout sa teneur en acides aminés hydrosolubles notamment dans la version hydrolysée qui rend cette poudre unique !

La poudre de foie brute est de couleur marron sombre, elle possède un goût prononcé propre au foie. La version hydrolysée est de couleur brun clair offrant une odeur plus appétissante. Il s’agit bien souvent soit de foie de bœuf/porc ou bien de foie de volaille. Il n’y a aucune différence notable en action de pêche, les deux étant productives.

C’est vers le foie hydrolysé (prédigéré) que la plupart des pêcheurs se sont orientés. Il est 100% digeste mais aussi soluble et véhicule ainsi un message chimique dans la plupart des couches d’eau. Le surdosage ne la rend pas nécessairement plus productive, mais ne génère en aucun cas de la répulsion. Un dosage compris entre 50 et 100gr par kg de mix représente un excellent compromis. A noter qu’il existe également des liquides de foie hydrolysés qui peuvent ainsi à la fois augmenter le rendu des mixs, mais également être utilisés en nappage.

Il serait question que l’usage du foie sous quelconque forme serait interdit dans les appâts à partir du mois de mars 2015. Les raisons évoquées seraient d’ordre sanitaire. Ce sont les carpes qui risquent d’être malheureuses car elles semblent particulièrement apprécier cette poudre. Mais ces informations restent à confirmer.

Type d'appât Saison Technique Conseils
Vers canadiens Printemps Au posé, décollés du fond Utiliser un montage avec flotteur et liège pour décoller l'appât
Pellets Printemps Au posé Amorçage lourd avec pellets de gros diamètre et Frolic
Vers canadiens et lanières d'encornet Printemps À la dérive Pêcher à la verticale avec un échosondeur
Foie de porc Toute l'année Au posé Efficace surtout en période d'activité alimentaire accrue

tags: #pêche #au #foie #de #porc #conseils

Articles populaires: