Âmes sensibles, s’abstenir ! Car l’objet de cet article est sujet de dégoût pour beaucoup… Aujourd’hui, on va parler de mouches à viande, d’œufs et d’asticots… Et quiconque a déjà pratiqué le bushcraft ou le bushcooking sait de quoi je parle ! Il ne faut pas longtemps pour voir tourner autour d’un morceau de viande, d’un poisson fraîchement pêché ou d’une proie (difficilement) chassée, des nuées de mouches qui luisent au soleil.
Car on parle bien des mouches à viande, ces mouches aux reflets métalliques qui, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, déposent leurs œufs sur votre repas de midi ! Faisons le point sur ces diptères, jamais bienvenus :
D’apparence inoffensives, les mouches présentent un risque d’un point de vue sanitaire. Dans cet article, nous vous présenterons les caractéristiques physiques de la mouche domestique et de la mouche charbonneuse ainsi que leur cycle biologique.
Mouche à viande (Calliphora vomitoria)
Elles bourdonnent, volent en nuée dès qu’elles « sentent » une nourriture susceptible de les intéresser, reviennent indéfiniment, et finissent par réveiller vos plus bas instincts d’extermination. Elles, ce sont ces mouches vertes (ou bleues), plus communément appelées mouches à viandes.
Membres de la famille des Calliphoridées, ces diptères se reconnaissent aux reflets métalliques qui parsèment leurs corps quelque peu velus. À ne pas confondre avec les mouches domestiques au corps noir. Elles possèdent en outre six pattes, de gros yeux rouges et une paire d’ailes claires. Et elles nous agacent car elles sont nos commensales. Plus simplement elles partagent notre table… sans y être invitées !
La mouche domestique (Musca domestica) est un insecte appartenant à la famille des Muscidae. Les insectes adultes mesurent entre 5 et 8 millimètres de long et 12 millimètres d’envergure. Leur thorax est de couleur grise sur lequel se trouvent quatre nervures longitudinales foncées. L’abdomen de la mouche domestique présente une première moitié couleur chamois qui peut être parfois transparente sur les côtés.
Rarement bienvenues, les mouches bleues ou vertes recherchent la viande, le poisson, les matières en décomposition, les cadavres, les déjections animales…non pas pour se nourrir mais pour pondre. Et ainsi permettre à leur progéniture de se nourrir pour donner naissance à une nouvelle génération !
Dès qu’elle trouve le « spot » idéal, chaque mouche femelle pond quelques centaines d’œufs agglomérés, blanc crème d’environ 1 mm, qui, en l’espace d’une journée, éclosent et donnent naissance à des larves, les fameux asticots. Qui à leur tour, en 5 à 10 jours, deviennent matures et quittent leur environnement douillet (et grouillant !) pour la pupaison, c’est-à-dire le passage de l’état de larve à celui de nymphe et d’adulte.
Les mouches adultes vont s’accoupler et la femelle va se remettre à la recherche d’une carcasse, d’une charogne, de matières en décomposition.. Et le cycle recommence…
Note : on peut étudier le cadavre d’un animal et faire une hypothèse de la date de sa mort, par l’observation de l’état d’évolution des larves.
Appartenant à l’ordre des diptères, les mouches ont un cycle de métamorphose complet. Au cours de sa vie, la mouche femelle pond en 4 à 5 fois de 900 et 1000 œufs. Les larves, plus communément appelées asticots, se développent dans le fumier, les déchets alimentaires, les ordures ménagères ou toute matière organique en décomposition. Elles vont ensuite, 4h à 48h après la ponte, poursuivre leur évolution en effectuant 3 mues successives, jusqu’au stade de pupe. Cette étape est la dernière avant l’état adulte.
Dans des conditions favorables, c’est-à-dire avec de la chaleur et un fort taux d’humidité, le cycle de développement complet des mouches dure moins de 10 jours.
À cette question, j’ai envie de vous faire une réponse de Normand ! Donc, je vais répondre oui et non.
Une mouche à viande peut donc simplement se poser sur une viande ou un poisson, sans pour autant avoir le temps de pondre ses œufs. Car vous l’aurez chassé avant, d’un revers de main.
Pour autant, vous ne savez pas où cette même petite mouche, aussi anodine soit-elle, s’est posée, juste avant de reluquer le beau morceau de viande qui vous fait déjà saliver. Or, par définition, une mouche bleue ou verte aime à fréquenter les matières en putréfaction, les matières fécales ou les cadavres.
Donc, potentiellement, les pattes et les ailes sont porteuses de plus de 200 bactéries (cf. Étude de 2010 de chercheurs en sciences de l’alimentation et de l’agriculture de l’Université de Floride), sources de transmission de nombreux agents pathogènes à l’origine de plusieurs maladies comme la salmonellose, la dysenterie, la fièvre typhoïde, l’anthrax…
Plus certainement, elle peut être à l’origine d’intoxications alimentaires ou d’infections gastro-intestinales plus ou moins graves. Et plus la mouche s’attarde, plus le risque est grand.
Bref, même si le risque sanitaire est minime, il existe, lié à votre état de santé ou le pays où vous vous trouvez. Donc, potentiellement, une viande où une mouche s’est posée est dangereuse.
D’ailleurs, souvenez-vous, le héros du film « Into the wild », de Sean Penn, n’a-t-il pas dû renoncer à sa viande de caribou envahie par les mouches ?
En effet, des chercheurs des universités de Pennsylvanie, de Nanyang à Singapour et de Rio de Janeiro ont découvert que les mouches transportent bien plus de bactéries que nous le pensions jusque-là, ainsi que l'a rapporté Ouest-France.
Publiée dans Scientific Report, leur étude dévoile un constat peu réjouissant : en analysant le microbiome de 116 mouches venues de trois continents, ils ont découvert que ces insectes étaient de véritables bombes à bactéries ambulantes.
Les ailes et les pattes surtout, transportent des centaines microbes différents, attrapés sur des matières organiques en décomposition (des carcasses) ou de la matière fécale, des pistes d’atterrissage de choix pour les mouches qui s’y nourrissent, s’y reproduisent et y pondent leurs œufs.
Lorsqu’une mouche se pose sur notre repas, elle ne se contente pas d’un simple tour de piste. Pour se nourrir, elle commence par régurgiter une petite dose de "salive" sur l’aliment.
Ce n’est pas tout : cette "salive" regorge de microbes, accumulés dans son jabot, un véritable réservoir à pathogènes. Si la mouche, immunisée, ne souffre pas des bactéries qu’elle transporte, nous ne pouvons pas en dire autant.
Une simple escale sur notre assiette suffit à transformer un repas appétissant en un risque sanitaire. Mais inutile de paniquer pour autant ! Avec quelques précautions et astuces, il est possible de cohabiter avec ces indésirables sans leur laisser une place au festin.
À noter que les risques de transfert restent faibles si les mouches ne se posent que quelques secondes sur les aliments. Dans le doute, départissez-vous de la partie de l'ingrédient touché. Gaspiller votre repas pour un passage express de mouche n'est jamais la solution.
Il suffit parfois de tourner le dos pendant une demi-heure pour que les mouches aient le temps de pondre leurs œufs, ressemblant à de petits amas blanchâtres. Que faire ? Manger la viande ou pas ?
Au-delà du simple dégoût, est-ce dangereux de manger ces œufs ? A priori non car les sucs gastriques vont faire leur travail et détruire ces œufs grâce aux enzymes digestifs. Pour autant, si vous voyez ces œufs, abstenez-vous par précaution de consommer le morceau « infecté » car la mouche y a forcément laissé quelques bactéries ou virus.
Les œufs de mouche ne sont pas simplement le début d’une invasion d’insectes. La présence d’un œuf de mouche indique qu’une femelle adulte s’est posée et a interagi avec la surface. Or, une mouche domestique transporte sur son corps plusieurs millions de micro-organismes, collectés sur des excréments, des charognes ou des résidus fermentés.
La contamination se fait en deux temps : par contact direct (via les pattes, l’abdomen ou les ailes), et par régurgitation. Pour consommer des aliments solides, la mouche dissout la matière avec sa salive acide, qu’elle projette sur la surface. Cette « vomissure » est un vecteur majeur de pathogènes.
Une fois les œufs éclos, les larves s’installent et concentrent encore davantage les agents pathogènes présents dans la matière organique. Musca domestica est identifiée comme vectrice mécanique de plus de 130 agents pathogènes. Parmi eux, les bactéries sont les plus préoccupantes.
Au-delà des pathogènes classiques, les mouches jouent désormais un rôle dans la propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques. Ces souches peuvent être transférées dans les maisons par une simple mouche contaminée.
Le transfert à l’humain se fait principalement par l’ingestion d’aliments contaminés (même brièvement exposés à une mouche), par le contact avec des ustensiles ou plans de travail souillés, ou encore par des plaies ouvertes. Dans certains cas, une ponte peut avoir lieu directement sur une plaie ou une muqueuse : on parle alors de myiase, une infestation cutanée par des larves.
La seule solution pour éviter que les mouches utilisent votre viande comme pouponnière est avant tout de ne pas la laisser à l’air libre. Il suffit donc de la fermer hermétiquement dans un récipient quelconque. C’est d’ailleurs le principe du garde-manger de nos grands-mères : l’air passe mais pas les mouches !
Sceller les aliments et les éliminer régulièrement pour éviter qu’ils ne se décomposent et attirent les mouches. Garder les zones de stockage de la nourriture propres et bien ventilées. Vérifier régulièrement pour les fuites d’eau et les évacuer immédiatement si nécessaire.
En instaurant ces gestes sur la durée, on limite durablement les opportunités de ponte, y compris en cas de passage de mouches adultes depuis l’extérieur.
Les sites de ponte privilégiés par les mouches partagent trois caractéristiques : chaleur douce, humidité constante, et faible exposition lumineuse. Les périodes chaudes (mai à septembre en France) voient une explosion des cycles de ponte.
La mouche ne pond pas n’importe où. Elle cible des endroits humides, peu ventilés, riches en matières organiques. Si on supprime ces conditions, on supprime le risque. Chaque zone doit être nettoyée avec un produit désinfectant, séchée soigneusement, et si possible ventilée.
Une surface propre mais humide reste une cible. 💡 Une zone sèche est une zone stérile : En asséchant les recoins, en supprimant les dépôts invisibles et en limitant les accès aux matières fermentées, on casse la logique de ponte.
Une barrière physique bien placée ou une simple senteur détestée peut suffire à empêcher une mouche d’approcher une zone propre.
Alors certes, les mouches à viande sont très utiles. En effet, ce sont les éboueurs, les décomposeurs, les nettoyeurs de la nature dans le sens où leurs larves se nourrissent des cadavres et des charognes, des déchets organiques en décomposition, des excréments d’animaux… et ce en quelques jours ou semaines. Pour autant, vous préférez vous en débarrasser.
Déjà, le simple fait de ne pas exposer la viande ou de laisser traîner des matières organiques est une solution en soi. Ensuite, vous pouvez toujours essayer quelques trucs et astuces de grand-mère (mais entre nous, je ne vous en garantis pas la totale efficacité !) :
Et vous, quelles solutions avez-vous pour régler ce « problème » ?
Pour une lutte efficace et durable contre les mouches, il est essentiel de combiner plusieurs méthodes : traitements larvicides, dispositifs de piégeage et insecticides de contact. Des solutions comme PHOBI Larvox EC 500ml, à utiliser en pulvérisation dans les zones de ponte, permettent de cibler directement les larves.
Voici un tableau récapitulatif des méthodes de prévention et d'élimination des mouches à viande :
| Méthode | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Conservation hermétique de la viande | Placer la viande dans des récipients fermés | Simple, efficace | Nécessite des récipients adaptés |
| Nettoyage régulier | Nettoyer les zones à risque avec des désinfectants | Réduit les sources de nourriture et de ponte | Demande un effort régulier |
| Pièges à mouches | Utiliser des pièges pour capturer les mouches adultes | Non toxique, facile à utiliser | Peut ne pas être suffisant en cas d'infestation importante |
| Insecticides larvicides | Pulvériser des produits spécifiques sur les zones de ponte | Cible directement les larves | Nécessite des précautions d'utilisation |
| Répulsifs naturels | Utiliser des huiles essentielles, citron, clous de girofle | Naturel, sans danger pour l'environnement | Efficacité variable |
Si les œufs de mouches réapparaissent malgré les mesures préventives et les nettoyages réguliers, faire appel à une entreprise de traitement des mouches permet alors de poser un diagnostic précis et d’appliquer une désinsectisation ciblée, adaptée au niveau d’infestation et aux contraintes du lieu (cuisine, local professionnel, logement sensible, etc.). Une désinsectisation professionnelle permet non seulement de supprimer les œufs de mouches déjà présents, mais surtout de casser durablement le cycle de reproduction.
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