Deux ans après la fermeture de sa Maison de la presse, Chantilly a retrouvé une librairie : Entre les Lignes. Le 6 décembre, Anne et Claire Lesobre ont ouvert cette librairie en plein cœur de la ville. Déjà à la tête d'une librairie du même nom à Creil depuis quatorze ans, ce nouvel établissement de 70 m² a une vocation généraliste.
Selon Anne Lesobre, la librairie propose "quelque 10 000 titres en vitesse de croisière avec, ville historique oblige, une attention particulière pour l’histoire".
Soutenue par la mairie, qui prend en charge une partie du loyer les trois premières années (à hauteur de 75 % la première, puis 50 % et enfin 25 %), cette ouverture vise à développer une activité susceptible de prendre le relais de celle de Creil (360 000 euros de CA dont plus de la moitié avec les collectivités).
Dans cette ville classée au 9e rang des plus pauvres de France, elles font face à un déclin des ventes lié "à la fois à la désertification du centre, au durcissement concurrentiel dû à l’arrivée d’une Fnac et d’un Cultura, mais aussi à la perte de certains marchés collectifs". En septembre, leur confrère creillois Bulles et crayons (ex-Maison de la BD) a dû fermer ses portes.
Pour l’heure, les deux sœurs, qui ont embauché une personne pour Chantilly, se partagent entre les deux librairies.
Carte de Chantilly, Oise
Installée à Creil depuis 16 ans, la librairie Entre les lignes doit faire face, comme les autres, aux ventes en ligne et à la désertification du centre-ville, particulièrement forte dans l'ancienne cité industrielle, et à la concurrence des grandes surfaces.
« Jusqu'en 2007, on vendait chaque année un peu plus, puis la zone de Saint-Maximin a ouvert… » L'arrivée prochaine d' Amazon, à Senlis, n'est pas vue d'un bon œil. « C'est peut-être de l'emploi d'un côté, mais c'est des suppressions de l'autre. »
À Creil, la librairie Entre les lignes a souffert de l’ouverture du centre commercial de Saint-Maximin, en 2007. Désormais, « je m'occupe moi-même des livraisons tous les matins », note la patronne et, chaque année, « on se dit qu'on est au fond du gouffre, mais on tient ! » Notamment grâce à un pari osé.
Il y a deux ans, sa sœur, Anne Lesobre, a ouvert une deuxième enseigne Entre les lignes, à Chantilly. « Il n'y avait pas 36 solutions, nous étions trois ici et si nous ne restions qu'à Creil, il aurait fallu licencier. » L'aide au loyer octroyée par la mairie doit durer encore un peu. « Après, on verra. »
Une volonté de poursuivre partagée par Camille Defourny, propriétaire de la Librairie des Signes, à Compiègne, depuis 2016. Elle espère une réaction des lecteurs. « J'en ai assez qu'on nous considère comme des pandas en voie de disparition, indique-t-elle. Chacun a une responsabilité citoyenne à assumer. »
En gardant à l'esprit que la loi impose un prix unique pour les livres, qu'ils soient achetés en ligne, en grande surface ou dans un magasin de proximité. « On doit souvent l'expliquer aux clients », soupire Claire Lesobre.
Si « pour l'instant » son commerce se porte bien, « c'est toujours très précaire », poursuit Camille Defourny. La responsable et son équipe se démènent pour faire vivre le lieu. Chaque mois, les animations sont nombreuses. « Faire vivre le livre, porter les ouvrages vers le lecteur, cela fait partie du métier et c'est essentiel en termes d'image. » C'est d'ailleurs comme cela que Jean-Claude, fidèle client, aime sa librairie : « Un lieu de vie, où l'on partage plus que des écrits.
Mathieu Belezi est un écrivain obsédé par l'Algérie, sa colonisation, sa guerre ensuite, et cette obsession prend la forme ici dans l'écriture d'un débordement sensoriel impressionnant. C’est d’ailleurs dans cette impuissance à arrêter la narration qu’est placé le lecteur. Emporté dans le texte par une phrase magnifique et bouleversante, il n’en demeure pas moins figé, glacé par tant d’absurdité et de malheurs. Le propre de l’Histoire n’est pas d’ouvrir des possibles, mais de nous dire et de surtout comprendre la portée et le sens de ce qui a été.
Mathieu Belezi donne la parole aux sans-grades de la conquête, une femme colon et un soldat. Pour déconstruire les mensonges originels de la colonisation, Attaquer la terre et le soleil prend les accents successifs d’une épopée mort-née, d’un conte cruel, d’une tragédie sans grandeur.
Couverture du livre "Attaquer la terre et le soleil" de Mathieu Belezi
Attaquer la terre et le soleil est un vrai choc littéraire, un récit époustouflant sur une période sombre de l'histoire coloniale entre la France et l'Algérie. Avec Attaquer la terre et le soleil, il semble toucher au but, poser sur son édifice la pierre d’angle. C’est un très grand roman.
L'expression de la violence, et de ses racines, mystico-religio-sociologico-contextuelo-racistes, de l'œil pour l'œil, est savamment réussie. On pense à Méridien de sang de Cormac McCarthy, encore l'Amérique. Je l’ai trouvé formidable. J’ai adoré la construction de son récit et son écriture.
Ce roman est court, nul besoin d'artifices pour rendre la cruauté de cet épisode de l'Histoire. La plume de Mathieu Belezi efface le voile de l'oubli et donne à voir comme nulle autre la rage et le désespoir nés d'une volonté d'asservissement démesurée.
Un rythme et une écriture féroce, brillante et nécessaire dénonciation des horreurs de la colonisation. Une histoire âpre et cruelle sur la colonisation de l'Algérie au 19ème siècle. Mathieu Belezi livre un récit brut et étouffant de la colonisation de l'Algérie, où les protagonistes, le lecteur et même la ponctuation ont le souffle court. Attaquer la terre et le soleil est un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Je ne l'ai pas lâché, malgré la violence de certaines scènes parfois... J'avoue que c'est une partie de la colonisation algérienne que j'ignorais totalement.
Les textes sur la décolonisation sont légions mais sur la colonisation plus rare. Mathieu Belezi nous offre un très grand roman et aucun mot ne semble être à sa hauteur.
L'entreprise Entre les Lignes possède deux établissements, dont un est en activité. Voici un aperçu des informations disponibles sur ces établissements :
Cette structure est une entreprise immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE). Ce registre liste les entreprises de France. Il est tenu par l’INPI.
L’Extrait RNE est le justificatif d’immatriculation de l’entreprise. Il contient les mêmes données qu’un extrait KBIS/D1.
La modification d’un capital fixe nécessite une modification des statuts tandis que le capital variable peut varier dans certaines limites sans modification des statuts.
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