L'histoire de la Reine Margot et des Fromages de France

La reine Margot, souvent réduite à sa légende sulfureuse, a passé près d'un tiers de sa vie en Auvergne, soit une période longue et méconnue d'une vingtaine d'années. C’est un pan de l’histoire de France qui est peu enseigné.

Marguerite de Valois (Reine Margot)

Un destin singulier en Auvergne

Marguerite de Valois, dite la reine Margot, a longtemps vécu en Auvergne. Pierre Frisch, professeur d’histoire-géographie et auteur des “Enquêtes de Timoléon”, s’est longuement penché sur le destin de la dernière descendante des Valois. Mariée à Henri de Navarre en 1572, qui n'était pas encore roi de France, elle a quitté la cour itinérante, car sa mère et son frère la trouvaient "dangereuse" en raison de son intelligence.

L’historien raconte : “Nous étions alors en pleine époque des guerres de religion, caractérisée par de vives tensions entre les groupes politiques des catholiques, des protestants, et des ligueurs. Le mariage de Marguerite (catholique) avec Henri de Navarre (protestant) survint quelques jours seulement avant le massacre de la Saint-Barthélemy, une période extrêmement sanglante de l'histoire de France.

Marguerite se lance alors dans une fuite périlleuse, après avoir été obligée de quitter Pau puis Agen. Poursuivie par les soldats envoyés par son frère, qui la "déteste ouvertement", elle trouva refuge à Carlat, dans le Cantal, un fief qui lui appartenait. Pierre Frisch explique : “Elle y resta un an, dans un gigantesque château qui fut rasé par la suite. Carlat ayant été attaqué, elle fut contrainte à une nouvelle fuite vers le château d’Ybois, traversant une partie de l’Auvergne dans des conditions absolument rocambolesques.

Arrivée à Ybois le 22 octobre 1586, le château s’avéra être un piège tendu par les troupes de son frère, qui réussirent à l'emprisonner”. Après de brefs emprisonnements à Saint-Amant-Tallende et Saint-Saturnin, elle fut transférée dans un lieu plus sûr pour l’accueillir : la forteresse d’Usson. À partir de 1586, Marguerite est donc retenue prisonnière “parmy les déserts, rochers et montagnes d’Auvergne”, comme l’écrit Brantôme.

La vie à Usson

Lorsqu'elle arriva à Usson, Marguerite n'avait plus d'argent, ce qui était très difficile pour cette femme qui aimait le faste de la cour. Son trésorier se voyait obligé de demander l'aide de grands nobles pour "tenir son train de princesse". La seule aide régulière lui parvint d'Élisabeth d'Autriche, son ancienne belle-sœur, la femme de Charles IX, qui lui envoyait de l'argent.

L’historien insiste : “À l'inverse, ses frères comme sa mère, comme son mari, la détestaient et souhaitaient sa mort. Malgré ces difficultés, Marguerite transforma peu à peu sa prison en une sorte de petite cour princière au cœur de l'Auvergne. C'est à Usson qu'elle montra toute sa capacité d’accueillir et son intelligence incroyable. Elle parvint à faire cohabiter des ligueurs, des protestants, et des catholiques, contrôlant tout le monde et faisant de son château un lieu de paix dans une Auvergne ensanglantée”.

Elle y reçoit tout ce que la région compte d’écrivains, de savants, de célébrités. Marguerite constitue une bibliothèque dont elle lit les livres en français, latin, italien ou espagnol. Elle renoue des amours. Son amant est maître de chant : un certain Pominy, de son vrai nom Claude François.Pour s’occuper, elle entreprend la rédaction de ses “Mémoires”, qu’elle dédie à Pierre de Bourdeille dit Brantôme.

Son rêve restait de rentrer à Paris. La mort de plusieurs de ses détracteurs, comme sa mère Catherine de Médicis, ouvrit la voie, mais l'événement décisif fut l'annulation de son mariage avec Henri IV. Devenu roi entre temps, Henri IV, qui se savait stérile, cherchait absolument à avoir une descendance légitime et devait se démarier officiellement.

Pierre Frisch indique : “L'annulation du mariage fut prononcée par le pape en 1599. Marguerite, qui avait refusé dans un premier temps de divorcer, obtint l'assurance de sa sécurité pour rentrer à Paris, le titre de “Reine de France” et de l'argent". Elle quitta Usson en 1605.

Pierre Frisch confie : “Il paraît qu’elle aurait pris 30 kg pendant son séjour en Auvergne. Il a fallu agrandir les portes de son hôtel particulier à Paris”. L’histoire ne dit pas si les fromages auvergnats sont la cause de sa charge pondérale. Elle mourut en 1615, dix ans après son retour à Paris, ayant survécu à l'assassinat d'Henri IV.

Malgré sa brillante intelligence, Marguerite de Valois a longtemps été victime d'une "légende noire". Des écrivains de son époque, comme Agrippa d’Aubigné, l'ont salie, la décrivant comme une femme "nymphomane", "folle" ou "capricieuse". Cette image négative a conduit à une marginalisation historique, où des historiens ont eu tendance à l'oublier. Par exemple, des manuels d’enseignement des années 1950 ne lui consacraient que deux lignes.

Malheureusement, les châteaux majeurs où elle a vécu ou fut emprisonnée, comme Carlat et Usson, ont été rasés, ce qui a fait disparaître ses traces physiques. Pierre Frisch souligne : "Aujourd'hui, on trouve surtout en Auvergne des légendes, comme celle qui la dépeint en ogresse à Usson, une fable qui serait née de sa demande de trouver des enfants pour chanter à sa chapelle. De nombreux lieux se vantent d'avoir eu la reine Margot chez eux, de l'auberge à la brocante”. Pour le professeur d’histoire-géographie, son héritage nécessite une réhabilitation, un travail déjà entrepris par des historiens des XIXe et XXe siècles.

Il insiste : “Son rôle en Auvergne, où elle réussit à maintenir la paix grâce à son intelligence politique, est considéré comme une chose vraiment incroyable pour l'époque”.

Les fromages français : un patrimoine riche en histoire

« Quel roman que ma vie ! » s’exclamait le modeste et humble Napoléon 1er. Sachez que les fromages pourraient en dire autant, en tout cas une grande partie d’entre eux. Ainsi, chacune de vos bouchées de fromage est en fait chargée d’histoire !

Les fromages français

Les fromages AOP dans la tourmente | ARTE Regards

Le Brie de Meaux

Le brie de Meaux voit sa riche histoire débuter au Moyen-Age, lorsque Charlemagne, après avoir conquis la Lombardie en 774, fit halte dans le prieuré de Reuil-en-Brie. Pour son dîner, les moines lui apportèrent du brie. Plus tard, le brie de Meaux conquit le palais du roi Henri IV.

La suite de l’histoire du brie de Meaux est beaucoup plus funeste. En 1791, alors que Louis XVI fuyait la France révolutionnaire pour rejoindre l’étranger, une faim soudaine le fit s’arrêter pour manger un brie de Meaux alors que ses proches lui intimaient de continuer sa fuite. Enfin, le brie de Meaux aurait permis de redorer l’image de la France à la fin des guerres napoléoniennes.

C’est en 1815, pendant le congrès de Vienne qui allait décider du sort de la France vaincue par la coalition, que Talleyrand, diplomate et ministre de Napoléon 1er, organisa un concours de fromage avec les autres grandes nations européennes. Ainsi, chaque nation fit venir les meilleurs fromages de son pays. On expédia de France un brie de Meaux qui fut sacré « prince des fromages et roi des desserts » par un diplomate autrichien.

Le Camembert

Inventé par la fermière Marie Harel vers 1790 en Normandie près de Camembert, ce fromage est devenu célèbre lors de l’inauguration d’une ligne de chemin de fer entre Paris et Granville en 1863 par Napoléon III lorsqu’un descendant de Harel eut la présence d’esprit de lui en offrir un. Séduit, l’empereur en commanda souvent et c’est ainsi que le fromage conquit Paris, puis la France.

Il conquit par la suite le reste du monde vers 1890 lorsque M.Ridel inventa la boîte en bois (faite de copeaux d’épicéa) qui permit au fromage de voyager dans de meilleures conditions. L’Histoire dit (rien n’est avéré) qu’en 1791, l’abbé Bonvoust caché pendant la Révolution par Marie Harel dans son village de Normandie (Pays d’Auge), il souhaite la remercier de son hospitalité et lui remet la recette du brie qu’il fabrique à la perfection.

C’est en apportant sa touche personnelle à cette recette que Marie Harel va inventer le camembert au lait cru. En 1890, l’invention de la boîte en bois permet le transport des fromages coulants et le développement des trains favorise une commercialisation parisienne puis nationale. Pourtant, il n’existe aujourd’hui plus que 9 sites de production laitière qui fabriquent le camembert au lait cru 100% fermier.

Le Saint-Marcellin

Ce fromage, connu depuis longtemps, devint notable lorsqu’en 1447, le Dauphin et futur Louis XI partit à la chasse. En effet, alors qu’il s’éloignait du groupe de chasse, il tomba nez à nez avec un ours. Il prit alors ses jambes à son cou et par chance deux bûcherons lui vinrent en aide et firent fuir l’animal.

Pour réconforter le futur roi, les deux hommes lui offrirent dans leur cabane du pain et du saint-marcellin. En retour, le Dauphin promit de les annoblir et de leur donner 10 000 écus chacun.

L'Époisses

L’histoire de ce fleuron de la culture fromagère bourguignonne est d’autant plus extraordinaire que ce fromage a failli disparaître. On raconte que l’Epoisses était déjà très apprécié par Louis XIV et sa cour. Sous Napoléon 1er, ce fromage connut son heure de gloire avec l’obtention du deuxième prix au concours que Talleyrand avait organisé en 1815.

C’est à partir de la Première Guerre Mondiale que l’Epoisses connut un déclin progressif avant de disparaître totalement en 1956 pour finalement réapparaître grâce à la volonté d’un couple.

Le Fromage de Margot®

Le groupe Bel conforte sa présence sur le marché du bio en lançant sa première marque 100% bio et locale, le Fromage de Margot®. Vous pourrez trouver les 5 fromages de la gamme dans vos supermarchés où il sont en train d’être référencés.

Dans la continuité de son soutien à l’APBO, le Fromage de Margot® est également engagé aux côtés de Miimosa (1er site de financement participatif de l’agriculture et de l’alimentation) pour accompagner et co-financer des projets concrets en faveur d’une filière amont laitier durable et en lien avec trois axes principaux : le soutien aux filières biologiques, la préservation de la biodiversité et le bien-être des animaux.

Autres Fromages Notables

  • Munster: Né sur un terroir providentiel pour l’élevage, le munster est le témoin de l’influence monastique du patrimoine laitier alsacien.
  • Cantal: Comptant parmi les plus anciens fromages d’Europe, le cantal était un aliment énergétique essentiel en hiver.
  • Fourme d’Ambert: Les druides s’en servaient pour célébrer le culte à l’époque gallo-romaine.
  • Saint-Nectaire: Introduit à la table du roi Soleil au XVIIe siècle, il quitte son statut de fromage paysan.
  • Roquefort: Le roi Charles VI en 1411 accorde le monopole de l’affinage aux habitants de Roquefort.
  • Bethmale: Le plus connu des fromages de vache des Pyrénées.

Tableau Récapitulatif des Fromages Mentionnés

Fromage Origine Histoire
Brie de Meaux Île-de-France Apprécié depuis Charlemagne, sacré "prince des fromages" en 1815.
Camembert Normandie Inventé par Marie Harel, popularisé par Napoléon III et la boîte en bois.
Saint-Marcellin Dauphiné Offert au futur Louis XI par des bûcherons.
Époisses Bourgogne Apprécié par Louis XIV, a failli disparaître avant de renaître.
Munster Alsace Témoin de l'influence monastique.
Cantal Auvergne Parmi les plus anciens fromages d'Europe.
Roquefort Aveyron Affinage monopolisé par les habitants de Roquefort depuis 1411.

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