Chantilly et Loos-en-Gohelle: Histoire et Reconversion d'un Territoire Marqué

L'agglomération de Lens-Liévin, située entre Arras au sud et la métropole lilloise au nord, s'inscrit entre les collines de l'Artois et la plaine de la Gohelle. Cette région, riche en histoire, a été profondément marquée par les événements de la Première Guerre mondiale et la longue période d'exploitation minière.

Carte de Loos-en-Gohelle

Les Batailles d'Artois et la Première Guerre Mondiale

La Première Guerre mondiale a profondément marqué la région de Chantilly et Loos-en-Gohelle, notamment à travers les batailles d'Artois. Pendant la Première Guerre mondiale, la commune de Loos-en-Gohelle, voisine de Lens, est sur la ligne de front. La « bataille de Loos » correspond à la première grande offensive menée par l’armée britannique en France contre les Allemands à ce stade du conflit.

Marquée par de très nombreuses pertes (près d’un tiers des 60 000 soldats engagés au combat perd la vie), cette bataille a profondément marqué l’opinion et l’histoire militaire britanniques. Le cimetière du Dud Corner se trouve à l’emplacement d’une ancienne position allemande qui présentait l’avantage de dominer les alentours, offrant un excellent point de vue sur les lignes britanniques. Les corps qui y sont rassemblés, dont plus de la moitié non identifiés, proviennent de plusieurs petits cimetières provisoires érigés à proximité pendant la bataille.

Le nom Dud Corner résulte de la présence de nombreux obus non explosés (dud en anglais) retrouvés dans les environs après la guerre. Conçu par Herbert Baker, ce cimetière présente les principales caractéristiques des cimetières du Commonwealth à travers le monde : stèles immaculées bien alignées, gazon parfaitement uniforme, bandes fleuries au pied des stèles, arbustes taillés. L’ensemble est inauguré le 4 août 1930 en présence de l’écrivain anglais Rudyard Kipling, auteur du célèbre Livre de la jungle, dont le fils John a disparu lors de la bataille de Loos.

Les Trois Batailles d'Artois

Les batailles d'Artois se sont déroulées en plusieurs phases:

  • Première Bataille d’Artois (Décembre 1914): avait pour but de s’emparer de Lorette et de Vimy et, si possible, de repousser l’ennemi au-delà de la frontière.
  • Deuxième Bataille d’Artois (Mai-Juin 1915): avait deux objectifs : expérimenter la nouvelle doctrine de l’état-major, "la percée par attaque brusquée", et prévoir une double opération, la principale, menée par les Français sur les hauteurs de Lorette et de Vimy, la secondaire, conduite par les Anglais sur le secteur de Festubert. À l’issue de cette bataille, le concept de percée est abandonné.
  • Troisième Bataille d’Artois (Septembre-Octobre 1915): se déroule du 15 septembre au 13 octobre 1915. Elle oppose la Xe armée française, soutenue par 6 divisions britanniques, à la VIe armée allemande.

L'Offensive Franco-Britannique en Artois

L’offensive franco-britannique en Artois est dirigée par le général Foch et s’étend sur 32 kilomètres de front, tenus par la VIe armée allemande, entre La Bassée et Arras. Elle doit se produire de façon simultanée avec l’attaque majeure menée par l’armée française en Champagne.

Le plan d’attaque est extrêmement simple : il consiste d’abord à écraser les positions ennemies par quatre jours de bombardements ininterrompus, avec un final apocalyptique de quatre heures juste avant que l’infanterie ne sorte des tranchées. L’assaut doit être massif et continu, les réserves ayant cette fois été acheminées au plus près du front.

Le 25 septembre, en même temps que l’offensive principale en Champagne, l’attaque d’infanterie se déclenche à 12 h 25. À l’instant prévu, les soldats français s’élancent hors des tranchées sur tout le front. Quant aux Anglais, ils ont entamé l’action dès 6 h 30 après une émission de gaz de quarante minutes.

En fin de journée, les résultats sont très inégaux. D’autre part, les troupes anglaises ont emporté d’un seul élan les lignes allemandes, s’emparant de Loos et atteignant, à l’est, les abords immédiats d’Hulluch et la cote 70. Sur toute la ligne, les troupes sont accueillies par des feux terribles de mitrailleuses, en même temps que l’ennemi exécute un violent tir de barrage d’artillerie lourde.

La Reconversion de Loos-en-Gohelle

Au plus fort de l'exploitation minière, la commune de Loos-en-Gohelle était un centre d'extraction du charbon parmi les plus importants de la région avec 7 puits sur son site. Quand le dernier d'entre eux vint à fermer en 1986, laissant un territoire sinistré et une économie moribonde, il a fallu penser transition et faire de l'histoire minière de la ville un atout.

Maire de la commune pendant 34 ans, Marcel Caron a engagé une ambitieuse politique de reconversion dans les années 1990, poursuivie par son fils, Jean-François Caron, qui lui a succédé à la mairie en 2001. Il fallait toute la motivation et l’énergie de Jean-François Caron et 10 ans de travail, afin de présenter un dossier de 1800 pages qui défend les valeurs du bassin minier du Nord Pas de Calais. Il ne faut pas oublier, qu’il n’y a encore pas si longtemps, il y a eu une époque de rejet des paysages miniers. On voulait tout détruire et faire fi de 3 siècles d’histoire.

Les Terrils Jumeaux de Loos-en-Gohelle

S'il y a bien -avec les corons- un symbole des paysages miniers du nord de la France, ce sont les terrils, ces montagnes de résidus issues de l'extraction du charbon. Situés sur le carreau de l'ancienne fosse 11/19, dont l'activité a définitivement cessé en 1986, les terrils jumeaux de Loos sont avec une hauteur de 186 m les plus hauts d'Europe.

L'un des deux, qui porte le doux nom de 74a, a été aménagé pour en permettre l'ascension. Malgré un bon dénivelé, la première partie ne présente aucune difficulté. Elle se fait sur une route stable qui grimpe entre les 2 pyramides noires vers un plateau posé grosso-modo à mi-hauteur. Là, petit repos contemplatif bienvenu. Altitude : 110 m, la vue est déjà très belle.

Le reste de l'ascension se fait à flanc de terril, jusqu'au cône. Au sommet, le panorama à 360° offre une vue imprenable sur les plaines alentours, Liévin et le carreau de la fosse 11/19 avec, bien visibles, la tour d'extraction et le chevalet. Cette deuxième partie de l'ascension est à réserver cependant aux personnes en bonne condition physique car la grimpette se révèle abrupte, sur un sol parfois glissant...

Concernant les terrils jumeaux, plusieurs sentiers de promenade ont été aménagés en forêt. Interdite aux voitures, la route grimpe entre les 2 terrils jusqu'à un plateau à mi-hauteur, environ 100 m plus haut. Quelques dizaines de chèvres pâturent sur les pentes du terril 74.

Terrils Jumeaux de Loos-en-Gohelle

Le Bassin Minier et l'UNESCO

Élément constitutif majeur du paysage et de l'histoire de la région, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais figure depuis le 30 juin 2012 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, dont 51 terrils inscrits. L'un des jumeaux de Loos. Avec les fosses Arenberg à Wallers, Delloye à Lewarde et 9/9bis à Oignies, le site du 11/19 est l’un des quatre grands sites d’extraction sauvegardés du Bassin minier Nord - Pas-de-Calais. Il fait naturellement partie du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 2012.

Ce carreau de fosse de la Société des Mines de Lens fonctionne de 1894 à 1986. L’exploitation du puits n°11, de 1894 à 1960, est marquée par la destruction du site lors de la Première Guerre mondiale et par sa reconstruction au début des années 1920. Celle du n°19 correspond à la phase de concentration de la production entre 1960 et 1986.

La Cité Minière

Associée à la fosse 11/19, cette cité compte près de 600 logements. Édifiée à partir de 1894, détruite lors de la Première Guerre mondiale, elle est reconstruite au début des années 1920.

Cité pavillonnaire structurée à partir d’une trame orthogonale, elle se singularise par l’étendue des jardins qui entourent les maisons. Généralement groupées par deux ou trois, ces habitations offrent une grande richesse architecturale grâce à la variété des modèles mis en œuvre.

Panorama et Biodiversité

Érigés avec les déchets pierreux de l’extraction, ces deux terrils jumeaux, parmi les plus hauts d’Europe, culminent à 186 mètres et offrent une vue grandiose sur le Bassin minier, les collines de l’Artois, les monts de Flandre et la métropole lilloise.

Points de vue privilégiés, ce sont également des éléments hautement symboliques de l’identité paysagère du Bassin minier Nord - Pas-de-Calais.

Terrils : biodiversité et patrimoine minier.

tags: #chantilly #loos #en #gohelle #histoire

Articles populaires: