La question de la viande halal est un sujet central pour les musulmans du monde entier. Le terme "halal" signifie "permis" ou "licite" en arabe, et il s'applique à tout ce qui est autorisé dans l'Islam, y compris les aliments. Cet article explore les préceptes coraniques relatifs à la viande halal, les conditions de licéité et les différentes interprétations qui en découlent.
Une boucherie halal.
Le Coran, la Sunna du prophète et l’accord unanime des savants musulmans sur cette question indiquent qu’il est permis de manger la viande d’animaux tués par les gens du livre. Allah dit dans le Coran:
« Vous sont permises, aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. »
Cependant, le Coran énonce également des interdictions claires :
« Et ne mangez pas de ce sur quoi le nom d’Allâh n’a pas été prononcé. »
« Certes, Il vous interdit la chair d’une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu’Allâh. »
Par conséquent, la licéité de la viande a deux conditions et ceux même par des viandes immolées par des musulmans. La première est que les non-musulmans abattent les animaux en leur coupant la gorge pour laisser couler le sang comme les musulmans. Si vous le laissez étouffer, se faire électrocuter ou se noyer, la viande de la bêtes sauvages sera illicite.
« Les versets faisant l’éloge de la perfection de la création et de la nature sont très présents dans le Coran. Ils constituent une véritable cosmologie mystique sur laquelle les musulmans sont en permanence invités à réfléchir et à méditer. Parmi ces versets, les animaux trouvent toutes leur place. Le Coran nous explique leur statut, leur fonctionnement et encadre les liens que nous avons avec eux. Nulle bête sur terre ni oiseau volant de ses deux ailes, qui ne constituent des matries / qui ne vivent en communauté à l’instar de vous-mêmes. Nous n’avons rien omis dans l’Ecriture. Puis ils seront réunis auprès de leur Seigneur. Tous les animaux sont organisés en « omamun » que l’on peut traduire par matrie ou communauté. La racine du terme renvoie aussi à l’idée de « ceux qui dirigent, une assemblée, une famille, de donner l’exemple ». Il y a donc l’idée d’une véritable organisation sociale chez les animaux, que l’on connaît bien par les recherches en éthologie, et qui varie selon les espèces. Mais le verset cherche à faire un parallèle avec nos organisations sociétales humaines pour montrer la proximité entre l’être humain et l’animal. Vient ensuite une dimension spirituelle qui est la place accordée à l’animal auprès de Dieu après sa mort. Dans le Coran, les versets évoquant le Paradis, présenté comme une récompense de la piété, sont nombreux. L’état et la place de notre âme après notre mort est une préoccupation majeure pour les musulmans. Indiquer que les animaux seront auprès de Dieu après leur mort montre la grande considération que Dieu a leur égard. En sommes, ils sont au paradis, qui est le terme choisi pour désigner dans le Coran cette proximité avec le divin. Ne vois-tu pas que tous les êtres vivants, dans les Cieux et sur la Terre, célèbrent la gloire du Seigneur, jusqu’aux oiseaux quand ils déploient leurs ailes ? Chaque être a sa manière de Le glorifier et de Le bénir, et Dieu comprend parfaitement leurs prières. De part leur proximité avec nous et leurs qualités spirituelles, les animaux ne peuvent qu’être respectés par l’être humain. En tant que khalife (représentant, successeur) (sourate 2 : 30), nous avons une responsabilité sur la création car nous représentons Dieu sur terre et sommes ses successeurs dans ce monde créé. Nous sommes donc responsable de ces êtres qui nous sont si proches.
Malgré ce respect profond, le Coran évoque à de nombreuses reprises la fonction de différentes espèces animales à notre égard. Les animaux sont au service de l’être humain et travaillent pour eux en contrepartie de cette protection. Il a créé les bêtes de troupeaux : vous en retirez des vêtements chauds et d’autres avantages, et vous en mangez. Et pour vous quelle beauté quand vous les ramenez dans la fraîcheur du soir, et quand vous les envoyez paître librement au point du jour. Et ils portent vos lourdes charges vers une contrée que vous ne pourriez atteindre qu’avec la peine de l’âme. En vérité, Dieu est Bienveillant et Très Rayonnant d’amour. Il a créé aussi les chevaux, les mulets et les ânes qui vous servent à la fois de montures et d’apparat. Et Il crée d’autres choses dont vous ne soupçonnez même pas la nature ! Le verset nous dit que Dieu a créé les animaux pour nous dans cette logique de service. Ainsi, le Coran ne préconise pas d’exclure toutes relations de service avec les animaux. Au contraire, cela fait parti de leur fonction. Seulement, jamais cela ne devra se faire en excluant le respect qui leur est dû de part leur nature.
Vous ont été interdits (harama) : la bête trouvée morte, le sang, la viande de porc, ce qui a été sacrifié à un autre que Dieu, la bête tuée par étouffement ou à coups de bâton, mais aussi celle qui a chuté ou a été encornée ou ce que les fauves ont attaqué, sauf ce que vous aurez pu abattre (dhakkâ). De même vous ont été interdit ce qui a été immolé (dhabaḥa) sur les stèles et en consultant le sort à l’aide de flèches. Le verset utilise ici le terme haram (interdit). A voir si ces interdictions relèvent d’un contexte spécifique à l’époque de la révélation qui ne serait plus valable aujourd’hui ou si au contraire elles sont atemporelles et universelles. Je mets pour l’instant la question du porc de côté. Les autres prescriptions concernent la façon de tuer l’animal. Le verset semble exclure des morts violentes et douloureuses (encornées, étouffées, frappées à coup de bâton…). Il est intéressant de constater que rien ne dit explicitement qu’il faille égorger l’animal. Le verbe « dhakkâ » traduit ici par « abattre » est souvent traduit par « égorgé ». L’égorgement fait parti du sens possible de ce mot mais il signifie avant tout « brûler avec intensité », « faire rapidement céder la chaleur naturelle », c’est à dire métaphoriquement l’idée de tuer rapidement, d’où le choix d’abattre. Bien sûr l’égorgement rentre dans cette catégorie des morts rapides mais ce n’est pas la seule. Tuer un animal à la chasse avec un fusil répond aussi à cette injonction de mort rapide. L’essentiel est ici donné : il s’agit de tuer l’animal le plus rapidement possible pour limiter sa souffrance. Rien non plus dans le verset n’interdit d’assommer l’animal avant de l’égorger (la méthode classique de mise à mort dans les abattoirs). Le verset nous demande de ne pas consommer de bêtes « tués par étouffement », ce qui n’est pas le cas des animaux mis à mort dans les abattoirs traditionnels puisqu’ils sont assommés pour être paralysés afin de faciliter leur mise à mort par égorgement. Je ne dis pas pour autant que cette méthode est convenable islamiquement puisque l’animal souffre énormément tout d’abord par le coup qu’il reçoit mais surtout psychologiquement par les longues minutes qu’il passe suspendu par le pied, la tête en bas, à attendre qu’on l’égorge. Sur le plan à la fois éthique et dans une logique de réduire la souffrance animale, cette méthode fait clairement fait l’inverse. Par l’égorgement, la méthode dite halal contribue à réduire les souffrances animales comparée à la méthode classique.
Seulement il y a une autre condition : invoquer le Nom de Dieu sur l’animal. Le docteur Al Ajami et Michael Privot indiquent dans leurs articles sur le sujet que cette condition n’est pas indispensable car effectivement dans la sourate 6 versets 117 à 121, la prescription de prononcer le Nom de Dieu sur l’animal se fait par opposition aux sacrifices d’animaux à d’autres divinités. Et rien n’indique dans ces verset que la formule doit être prononcée au moment de la mise à mort.
Nous vous avons assujetti les grosses bêtes comme rituel institué par Dieu : elles sont pour vous un bien ! Alors, invoquez le Nom de Dieu sur elles quand elles sont mises en rangs. Dès lors qu’elles seront tombées mortes sur le flanc, mangez-en et faites prendre repas au mendiant et au démuni. Ainsi, Nous vous les avons assujetties. Puissiez-vous être reconnaissant ! L’idée de « mise en rang » et l’ensemble du verset indique qu’il s’agit bien là d’une formule à réciter au moment de la mise à mort. Pourquoi cette recommandation ? Il est indispensable ici de se poser la question du sens. Réduire la souffrance animale semble une évidence compte tenue du statut des animaux précisé précédemment. Mais pourquoi dire « bismillah » pour tuer un animal ? Si toutes les prescriptions du Coran sur la mise à mort des animaux visent à réduire leurs souffrances, celle-ci ne peut qu’aller dans ce sens. Il ne s’agit pas de dire « bismillah » devant un troupeau pour en égorger leurs membres les uns après les autres et les uns devant les autres, renforçant ici de nouveau et de manière abjecte leurs souffrances psychologiques. Il s’agit comme le dit le verset « d’invoquer le Nom de Dieu ». L’invocation implique le sacré et la répétition. Il s’agit donc de prier sur l’animal afin qu’il reçoive les bénédictions et l’apaisement générés par la prière, qu’il reçoive la paix divine en lui. C’est donc une attention particulière et individuelle qui doit permettre à l’animal d’être serein, apaisé, et pleinement abandonné (muslim) à Son créateur et sa destinée. Ainsi, il remplit sa fonction et nous remplissons la notre.
Cette vision du halal n’est pas une utopie. Le label « halal » a complètement perdu ce sens spirituel profond au profit d’une forme rigide, non seulement vide de sens mais qui va même à l’encontre de la signification originelle. La logique coranique d’une viande « halal » à la consommation vise à réduire la souffrance au moment de la mise à mort de l’animal et à le consacrer à Dieu dans le but de l’apaiser avant de le tuer (toujours pour réduire la souffrance). Il y a également une prescription indispensable qui n’est pas explicite dans le Coran car elle était pratiquée naturellement à l’époque du Prophète : le respect des conditions de vie de l’animal. L’élevage industriel n’existait pas du temps du prophète, les animaux vivaient à l’air libre et sans souffrance. Considérer qu’un poulet élevé en batterie est « halal » du simple fait qu’il soit égorgé est une aberration. Il y a donc une vraie réflexion à avoir sur cette question. A chacun en connaissance de cause et en conscience de définir quel sera le « moindre mal » à défaut d’avoir du véritable halal, qui existe mais n’est pas forcément très accessible. Au vues des conditions d’élevages actuelles, le label « bio » s’approche bien plus de la viande licite du Coran que le label « halal » car au moins ce label respecte les conditions de vie animal, à défaut de la mise à mort qui n’est de toute façon pas respectée non plus avec le label « halal ».
Contrairement à l’interdiction de l’alcool qui est sujet à débat, l’interdiction du porc est explicite puisqu’il s’agit ici du terme « haram ». Se pose alors la question de la raison de cette interdiction. Est-elle liée à un contexte spécifique ou est-elle universelle ? Dieu n’interdit pas des choses sans raison, tout a un sens dans le Coran, à nous de trouver quel est ce sens. Le Coran ne le donnant pas, nous sommes obligés de faire appel à d’autres connaissances. On peut bien sûr trouver d’autres explications notamment spirituelles. Toujours est-il que les deux explications précédentes n’aboutissent pas au même choix de pratique. C’est là où il s’agit d’être cohérent vis à vis de soi-même et ne pas chercher à appliquer bêtement un texte sans réfléchir. Quelqu’un qui est intimement convaincu que l’interdiction du porc est due à la 1ère option doit en tirer les conclusions : aujourd’hui nous conservons cette viande sans problème, le contexte a donc changé, l’interdiction n’est plus valable. En revanche, quelqu’un qui est intimement convaincu que l’interdiction découle de la 2ème option ne mangera pas de porc car la proximité génétique de l’animal est la même qu’à l’époque de la Révélation. Dans ce cas, l’interdiction n’est pas liée au contexte, elle est atemporelle et toujours valable aujourd’hui. Deux interprétations opposées, deux conséquences différentes dans notre pratique religieuse. Personne ne pourra dire qui à raison ou tort, le choix ne peut donc qu’être personnel.
Bien que le porc soit le seul interdit formel, on constate que, de manière plus subtile, le Coran invite à ne pas consommer d’autres espèces animales. C’est Dieu qui a créé pour vous les bestiaux, des uns vous faites vos montures et des autres vous tirez votre nourriture. Il a aussi créé, pour vous, des bestiaux en faisant des uns des animaux de trait et des autres des animaux de boucherie. Mangez donc de ce que Dieu vous a attribué ! Mais ne suivez pas les traces de Satan, il est pour vous un ennemi déclaré ! Il est intéressant de constater que la fonction de chacun est précisée et ne semble pas cumulable. Les montures (chevaux, chameaux) et les animaux de traits (bœufs) ne devraient a priori pas être consommés. A l’époque du Prophète, les animaux consommés n’avaient pas servi l’être humain avant d’être tués. Ils étaient élevés pour être consommés comme le préconise le verset. A chacun de s’interroger sur ses choix alimentaires, aussi bien à la lumière des versets coraniques que sur l’éthique et l’évolution de nos modalités d’élevages et de consommation. Quelque soit les interdits alimentaires que nous nous fixons, il faut bien garder à l’esprit qu’à l’époque de la Révélation coranique, la consommation de viande était très occasionnelle : elle était réservée aux fêtes religieuses ou aux événements importants dans une vie. L’enjeu ici est aussi bien écologique que spirituel car sur le plan ésotérique, l’animal que nous consommons vit à travers nous.
L’abattage halal, ou “dhabiha”, est une méthode d’abattage d’animaux conforme aux lois alimentaires islamiques. Le terme “halal” signifie “permis” ou “licite” en arabe, et il s’applique à tout ce qui est autorisé dans l’Islam, y compris les aliments.
Les principes clés de l'abattage halal incluent :
Après l’abattage, l’animal est suspendu pour permettre au sang de s’écouler complètement. Pour garantir que la viande est halal, elle doit être certifiée par une autorité reconnue. En choisissant des produits halal certifiés, les consommateurs peuvent être assurés que la viande qu’ils consomment est non seulement conforme à leurs croyances religieuses, mais aussi produite de manière éthique et hygiénique.
La viande halal est ce qui est « permis » (la traduction exacte du mot étant « licite ») pour les musulmans, par opposition à ce qui est harâm (« interdit »). En termes de boucherie, seuls les ovins, bovins, caprins et camélidés peuvent être halal, ainsi que les chevaux, les lapins et certaines volailles. Ce n’est pas le cas de la viande de porc. Tous les produits issus d’un animal, de la viande aux os, peuvent être considérés comme halal puisque c’est la méthode d’abattage qui détermine la qualité halal d’un produit.
L’un des faits les plus connus concernant le halal est que le porc ne fait pas partie de son champ d’application : alors que de nombreuses personnes pensent que halal signifie simplement « islam » ou « musulman », cela ne pourrait pas être plus faux. Bien que l’islam et le musulman partagent un d’origine commune, le terme halal ne se limite pas à l’un ou l’autre de ces groupes : il s’agit d’un mot arabe qui signifie simplement « permis » ou « licite ».
Les juristes musulmans ont classé les aliments en quatre catégories :
La règle générale est que tout est licite, sauf ce qui est expressément interdit, sachant que les diverses écoles de droit islamique peuvent se montrer plus ou moins souples. Les animaux doivent être tués en prononçant le nom d'Allah.
Le halal pour les nuls.
« Sont interdits pour vous les animaux qui meurent d'eux-mêmes, le sang, la viande de porc et les animaux dédiés à d'autres qu'Allah. Celles qui ont été étranglées, frappées avec un objet, tombées d'une hauteur, encornées, attaquées par un animal sauvage (…) ; ce qui a été immolé aux autels des idoles ; tout cela vous est défendu. Interdit aussi est le partage de la viande en consultant des flèches, car ceci est une impiété. » Ainsi parle le Coran (sourate « Le festin » 5 ;3) : celui qui obéit à Allah ne doit manger ni bêtes mortes de maladie ou de vieillesse (en cela, rien d'étonnant), ni porc, ni encore moins de boudin puisqu'il ne faut pas manger de sang.
Les interdits alimentaires en islam - en fait proches mais moins rigoureux de ceux du judaïsme - sont considérés comme suffisamment importants pour être traités par plusieurs sourates coraniques.
Une fois le rituel d’abattage terminé, l’ultime étape consiste à certifier la viande. En effet, la certification halal est obligatoire selon la loi islamique, et la viande ne peut être consommée avant cette dernière étape. Le contrôle concerne à la fois le respect de la Dabihah (méthode d’abattage halal), mais aussi le respect des techniques de transformation de la viande, du conditionnement et de la commercialisation. Tous ces points doivent répondre strictement au cahier des charges halal. En France, les organismes de certification halal sont habilités par seulement 3 Mosquées : la Grande Mosquée de Paris, la Grande Mosquée de Lyon et la Mosquée d’Évry.
| Catégorie | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Halal | Licite et permis | Viande de mouton, de bœuf (abattus selon le rite halal), poulet |
| Haram | Interdit | Viande de porc, sang, alcool |
| Mubah | Permis | Fruits, légumes, céréales |
| Makruh | Déconseillé | Certains poissons (selon les écoles), aliments excessivement transformés |
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