La viande occupe une place centrale dans l'alimentation de nombreux Français, synonyme de richesse en protéines et de "bonne santé". Cependant, la production massive de viande a des conséquences significatives sur l'environnement. Cet article explore la définition de la viande biologique, ses avantages, les labels qui la distinguent, et son rôle dans la transition agro-écologique.
La viande Bio est celle qui provient d'animaux élevés et nourris conformément aux normes du signe d’identification de la qualité et de l’origine « Agriculture Biologique ».
L'agriculture biologique repose sur une gestion agricole durable qui préserve la qualité des sols, de l'air, de l'eau et des écosystèmes naturels. Elle utilise des pratiques de culture et d'élevage respectueuses des équilibres naturels et ayant un impact limité sur l’environnement. Elle exclut notamment l'usage des OGM, restreint strictement l’utilisation des produits chimiques de synthèse et limite le recours aux intrants.
L'agriculture biologique participe à la transition alimentaire en mettant sur le marché des produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels, répondant aux attentes des consommateurs. La transformation des produits biologiques est également encadrée et privilégie la mise en valeur des caractéristiques naturelles des produits.
En outre, l’agriculture biologique contribue au développement rural en créant des emplois et de la valeur ajoutée, dynamisant ainsi la vie locale dans les territoires. Enfin, l’agriculture biologique est un outil de la transition agro-écologique, permettant d'expérimenter des pratiques innovantes susceptibles d'être plus largement développées en agriculture.
L'objectif des Signes Officiels de Qualité est d’aider les consommateurs à choisir des viandes répondant le mieux à leurs attentes, qu'elles proviennent de bœuf, de veau, d'agneau ou de porc. En France et en Europe, ces signes officiels de qualité attestent d'un goût supérieur, d'un mode de production respectueux de l'environnement, ou encore d'une origine et d'une typicité du produit. Cependant, ils restent complémentaires les uns aux autres.
L'agriculture biologique est encadrée par une réglementation européenne appliquée de manière harmonisée par tous les États membres. Cette réglementation garantit une structure claire pour la production des produits biologiques, partagée par l’ensemble des acteurs européens. En effet, les opérateurs de la filière bio à tous les stades (production, transformation, stockage et distribution) sont contrôlés au moins une fois par an par des organismes certificateurs agréés par les pouvoirs publics français qui répondent à des critères d'indépendance et d'impartialité.
En France, l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) est l’établissement public administratif chargé de la mise en œuvre des dispositions législatives et réglementaires relatives aux signes d'identification de la qualité et de l'origine.
Les produits issus de l'agriculture biologique sont facilement identifiables par les consommateurs grâce à deux labels principaux :
L'agriculture biologique est née d'une réflexion conjointe d'agronomes, de médecins, d'agriculteurs et de consommateurs. Dans les années 1920, ceux-ci ont initié un mode alternatif de production agricole privilégiant le travail du sol, l'autonomie et le respect des équilibres naturels. En 1981, les pouvoirs publics français ont officiellement reconnu l'agriculture biologique. Une Commission nationale en charge de l'organisation et du développement de l'agriculture biologique a alors été créée.
Pour mieux comprendre les enjeux de la filière viande biologique, voici un aperçu du partenariat entre Biocoop et Bretagne Viande Bio, illustrant une démarche de qualité et de transparence.
BIOCOOP (B.) : COMMENT SE TRADUIT LE PARTENARIAT ENTRE LE GROUPEMENT DE PRODUCTEURS, BRETAGNE VIANDE BIO ET BIOCOOP ?
Christophe Le Gall : "Notre collaboration repose sur un partenariat sur la durée et l’équité qui est formalisé par la labellisation « Bio Equitable en France ». Comme nos collègues « Paysan.ne.s Associé.e.s » de BIOCOOP, nous privilégions l’autonomie alimentaire dans nos fermes. Cela signifie que l’essentiel de nos fourrages sont réalisés à partir de foin et d’herbe bio produits localement. Une garantie de traçabilité pour le consommateur, soucieux de l’origine et de la qualité des aliments fournis aux animaux - et à travers eux, des produits qu’il consomme. Autres éléments importants : le recours aux médecines douces, comme la phytothérapie et l’homéopathie. Et, la taille limitée des élevages, en comparaison aux grandes exploitations, typiques de l’agriculture conventionnelle".
B. : QUE RÉPONDEZ-VOUS AUX CONSOMMATEURS QUI TROUVENT LA VIANDE BIO (TROP) CHÈRE ?
Mickaël Noquet (M.N.) : "Chez Biocoop, l’élaboration du prix est le fruit d’un travail bipartite, entre Biocoop et les groupements de producteurs partenaires. Il a pour but de garantir une rémunération juste et équitable aux éleveurs - c’est-à-dire rendre compte de la qualité de leur travail - tout en restant accessible pour les consommateurs. Cela suppose de faire de la pédagogie auprès des clients qui, par méconnaissance ou par habitude, ne diversifient pas assez - ou pas du tout - la viande qu'ils consomment. Pour exemple, le bœuf à Bourguignon ou la viande de pot au feu, comme le jarret et la basse-côte, sont des produits parmi les moins chers. Pour la volaille entière, les prix sont sensiblement les mêmes qu’en GMS. La seule contrainte ? Passer un peu de temps en cuisine !".
B. : COMMENT SENSIBILISEZ-VOUS LES CLIENTS À LA FILIÈRE VIANDE BIOCOOP?
M.N. : "En collaboration avec notre groupement de producteurs - dans le cas présent, Bretagne Viande Bio - des animations sont organisées en rayon pour expliquer aux clients comment nous sélectionnons notre viande. Un travail de transparence visant à rassurer les consommateurs sur l’origine des produits proposés et le lieu d’implantation de l’exploitation, à moins de 150 km du rayon du magasin.
La production de viande a un impact significatif sur l'environnement. En France, entre 25 et 30% de notre empreinte carbone est liée à notre alimentation, avec une forte contribution du secteur de l'élevage. Gourmande en eau, la production de viande l’est aussi en terres. 33 % de la surface terrestre du monde sont consacrées à la culture ou à l’élevage (IPBES, 2019) et 80% de la déforestation est due à l'agriculture (FAO, 2015), principalement en raison du développement de la culture de soja destiné à nourrir le bétail. Selon notre Rapport Planète Vivante de 2018, 75% des espèces de plantes, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères ayant disparu depuis l’an 1500 après J.-C.
Aujourd’hui, ce sont 65 milliards d’animaux qui sont tués chaque année, soit près de 2 000 animaux par seconde, pour finir dans nos assiettes. Bien entendu, cette production massive n’est pas sans conséquence sur notre environnement.
En France, même si la consommation de viande brute diminue chez les ménages, les produits carnés continuent à jouer un rôle central dans la composition des plats. Un Français consomme ainsi en moyenne 60 kg de viande par an.
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