La Couture des Cocottes: Histoire d'une Élégance Provocatrice

Dans le Paris extravagant de la Belle Époque, les cocottes sont les reines. Séduisantes, libertines et cultivées, elles s'affichent au bras d'hommes fortunés et s'improvisent artistes sur les scènes des music-halls, parées de leurs plus beaux bijoux.

Le chapeau de cocotte, plus qu'un simple accessoire de mode, est un symbole de la Belle Époque parisienne. Cet article explore l'histoire et l'évolution de ce chapeau emblématique, ainsi que son influence sur la culture et la société de son époque.

Jane Avril portant un chapeau de cocotte, œuvre de Henri de Toulouse-Lautrec (1893)

Qui sont les Cocottes?

La journaliste Catherine Guigon leur a consacré un ouvrage richement illustré de photos, affiches et caricatures. Elle décrypte ici le style de ces amazones d'un autre temps.

Ce sont des courtisanes qui vivent partiellement de leurs charmes mais aussi des artistes et des "demi-mondaines", comme on les appelle alors. Il y a Liane de Pougy, la Parisienne un peu chichiteuse, Otero, bête de scène qui aime la vie, et Cléo de Mérode, réservée, qui se défend justement d'être une cocotte. À une époque assez puritaine, elles cristallisent tous les fantasmes. Prescriptrices, elles s'affichent aussi dans les pages des magazines.

Leur surnom viendrait des chapeaux à plumes qu'elles aimaient porter.

La Mode et la Garde-Robe des Cocottes

Cocottes : les premières influenceuses | Gymnastique, la culture en s'amusant | ARTE

Elles se changent trois fois par jour, en fonction de leurs activités. Balade à vélo, bain de mer, promenade en calèche, voyage en train, les tenues sont très codifiées. En toutes circonstances, les cocottes restent élégantes, quitte à en faire un peu trop. Elles ne sortent jamais sans bijoux ni chapeau, et leurs robes sont signées Jacques Doucet, Jeanne Paquin, Frédéric Worth, fondateur de la haute couture, et Paul Poiret, qui abolit le corset. Une garde-robe luxueuse qu'elles se font offrir en échange de leurs charmes.

Les cocottes et cocodès au bois de Boulogne en 1867

Les premières cocottes sont des jeunes femmes à la mode dans les années 1860, les mêmes que l’on appelle auparavant des merveilleuses ou encore avant des petites-maîtresses. La mode est aux petits chapeaux plats, pour les femmes comme pour les hommes, et aux crinolines avec la robe remontée à mi-mollet pour les jeunes femmes, quand on ne laisse pas tomber la traîne. Les cols des hommes sont tombants et larges.

Le nom de « cocotte » est encore utilisé dans la première moitié du XXe siècle pour désigner des merveilleuses : des jeunes femmes créant, lançant ou suivant les dernières modes parfois extravagantes.

L'Héritage des Cocottes

La démesure qui caractérise le début du XXe siècle disparaît avec la Première Guerre mondiale. Après celles de la Belle Époque, on compte peu de grandes cocottes, même si l'on peut citer Coco Chanel à ses débuts ou encore la belle et capricieuse Elizabeth Taylor, qui savait capter tous les regards. Belles, drôles, libertines, amorales, vénales et exigeantes : des années après, les cocottes continuent de fasciner.

On cantonne, à tort, les actrices de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Elles sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Et Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue !

Si bien que les représentation de théâtre ou d’opéra donnent à lieu à la distribution de feuillets décrivant avec une précision folle les tenues arboraient par les artistes stars. Parmi elles, Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue!

Robes, chapeaux, parfums, maquillage - tout y est décrit de façon à ce que la bourgeoisie copie et achète un bout de la vie libre et bohème de Sarah Bernhardt.

Elle contribua a lancé la mode de la ligne S, en 1898. Bientôt, la robe Delphos de Fortuny devient un it. Mieux, célébrée dans le monde entier pour la façon si splendide qu’elle a de mourir sur scène, dans un déshabillé - elle fait de cette tenue un basique de la vie domestique. Et ce, chez les femmes du monde entier!

Sarah Bernhardt a largement contribué à la réputation de ces couturiers, et joailliers exerçant à Paris. La rue de la Paix et la Place Vendôme lui doivent beaucoup !

Cora Pearl: Une Cocotte Innovante

Femmes richissimes, audacieuses et provocantes, les courtisanes étaient perçues comme des figures décadentes, emblématiques de la fête impériale. Elles étaient également des modèles de beauté. Elles vont en effet lancer des tendances et inventer de nouvelles manières d’être belle.

La marchande d’amour Cora Pearl était particulièrement réputée pour avoir été innovante en matière d’esthétique, véritable découvreuse dans ce domaine. Elle faisait des apparitions toujours plus étonnantes et servit de modèles pour les autres femmes de son temps.

C’est également elle qui lança la mode chez les femmes de se teindre les cheveux, apparaissant parfois en rousse, sa couleur naturelle qui lui valut l’appellation de Lune Rousse parfois en blonde, ce que tout le monde remarquait.

Dotée d’une personnalité originale et irrévérencieuse, célébrée dans la presse pour ses frasques et ses amours dissolues, elle maîtrisait parfaitement l’art de faire parler d’elle.

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