Réalisé par l'espagnol Jaume Balaguero, connu pour "la secte sans nom", les 4 "rec", et "malveillance", "À Louer" est un long-métrage horrifique qui divise. Ce film fait partie de l'équivalent espagnol des "Masters of horror", la série des "Peliculas para no dormir", six moyens-métrages d’environ une heure, chacun dirigé par des grands noms du cinéma fantastique ibérique.
Jaume Balaguero
L'idée initiale du film est excellente, glauque et malaisante, laissant présager un bon film d'horreur. Le film parle d'une femme âgée de petite taille qui attire de jeunes couples sains et "forts" et qui les domine et les terrorise. On se demande dans quel immeuble le gentil couple est tombé et s'il va s'en sortir.
Le récit débute par ce qui semble être un flashforward, une femme tachée de sang en panique avec son bébé dans un appartement sombre aux murs décrépies et aux tableaux sinistres. On ne peut tout de suite identifier la menace, si on est dans un contexte surnaturel ou non, ce qui est tout de même un point positif, l’énigme reste imperceptible. Ensuite on s’intéresse à un couple (Clara et Mario) à la recherche d’un nouveau logement, ils vont avoir affaire à une propriétaire peu commode qui se révèlera être une séquestratrice, les deux vont être piégés entre ces quatre murs et se rendront vite compte qu’ils ne sont pas les seuls à être enchainés et qu’il s’agit bel et bien d’une machination psychotique inimaginable.
Je dirais que les vingt premières minutes sont franchement bonnes car le mystère se met correctement en place bien que le couple n’a pas vraiment le temps d’être dûment présenté, le film se focalisera surtout sur la jeune femme, on entre dans cet appart poisseux et lugubre où la proprio tente comme elle peut de le présenter sous les meilleures apparences, on ne sent pas encore le caractère dérangé mais on a des doutes, elle cache des choses, ils retrouvent leurs propres affaires dans la chambre, c’est l’incompréhension totale, on se demande si ça n’est pas une histoire de bouleversement d’espace temps, un truc ésotérique, mais en fait pas du tout.
Ce qui fait échouer le film, c'est son déroulement. Au début, ça commence très bien, mais ce n'est que de courte durée. Car oui on nous expose les enjeux un peu trop rapidement, ce qui fait qu’on assimile quasiment toute la situation et qu’il ne reste que de rares questionnements ci ce n’est la véritable intention de tout ce foutoir crasseux manoeuvré par cette folle.
La suite du film s’efforcera à nous tenir en haleine face à la tentative d’évasion des protagonistes, et je dirais que le boulot est un peu prémâché, l’inventivité n’est plus de mise et le récit nous balancera même quelques petits clichés dérangeants (comme retourner dans l’appart alors qu’il réussissent à se délivrer), des incohérences (Clara téléphone à un moment à sa meilleure amie, lui disant que quelque chose ne va pas du tout, elle ne prévient personne par la suite ? Drôle de pote; Le type enchainé se montrait menaçant, pourquoi le libérer par la suite sans aucune crainte ?) et même des effets de style plutôt barbants (musique et slowmotion vers la fin).
De plus le personnage de la séquestratrice manque réellement de profondeur, je trouve que même sur un format moyen métrage (un peu plus d’une heure) il aurait fallu d’avantage accentuer sa psychose et non se perdre dans des bribes de courses poursuites parfois inutiles, c’est pas en la voyant s’agiter avec un bâton en tapant sur une cage d’ascenseur qu’on va avoir peur d’elle, c’est pénible de se rendre compte que son traitement est à moitié loupé, voir même frustrant.
À louer est un petit film d’horreur d’1 heure 05, pas désagréable, mais qui pour moi s’avère tout de même riche en poncifs lourdingues.
La réalisation montre une certaine qualité notamment avec un cadre tremblotant renforçant l'affolement ainsi que l’aspect suspense, et une gestion intéressante de l’éclairage. Coté réalisation le film est signé Balaguero, qui généralement est un metteur en scène soigneux et appliqué. C’est en effet le cas ici, avec un métrage propre et agréable à suivre, quoique peut-être parfois un peu fouillis, mais ce n’est pas gênant.
La photographie et les décors sont dans le ton du cinéma d’horreur hispanique, avec là aussi un travail élégant et raffiné, mais souvent un peu répétitif, avec un fort usage des teintes froides qui s’avère cependant convaincant. Je relève aussi quelques effets horrifiques de qualité, même si A louer n’est pas une débauche de sang. Toutefois les amateurs devraient être contenté et satisfait. Enfin, la bande son est sobre et sert surtout l’ambiance. La musique ne retient pas vraiment l’attention mais elle joue tout de même un rôle.
Les acteurs jouent indéniablement bien, c’est souvent un des points positifs des films de genre espagnols, qui bénéficient d’une direction d’acteurs et d’interprètes de qualité. Les acteurs sont eux plutôt bons, mais le problème c’est que la narration va prendre un tournant pour le moins abrupte.
C’est le cas ici, avec une Nuria Gonzalez totalement habitée par son personnage de folle psychopathe, et un jeune couple naturel et normal, qui glisse peu à peu dans l’horreur. C’est un métrage qui repose surtout sur cet excellent trio d’acteurs, les rôles secondaires s’avérant déjà un peu moins convaincant, notamment un homme présent dans la maison moyennement attrayant au final.
Ce film est censé être un thriller, mais il est trop absurde pour être même effrayant. Vingt minutes après le début du film, je n'avais pas peur, je n'étais même pas nerveux. J'étais furieux. Je regardais des gens jeunes, en bonne santé et apparemment intelligents se faire remettre le derrière par quelqu'un qui ressemblait a une bibliothécaire locale pour enfants. Cela aurait pu être crédible si l'antagoniste avait été quelqu'un qui ne ressemblait pas à une publicité pour le sirop d'érable ou si ses victimes avaient été prépubères.
Le scénario est très sympathique, construit comme une nouvelle, il repose sur un suspens convaincant, un rythme enlevé qu’il doit à sa durée courte, et à sur quelques bonnes séquences tendues. Malheureusement ce film souffre d’un point très pénible : les poncifs. L’un d’eux est particulièrement terrible et affligeant. Pourquoi les héros ont-ils l’habitude de laisser le tueur en vie lorsqu’il est à leur merci !? Ce n’est pas dieu possible ! Forcément ça plombe toute la dernière partie, qui devient totalement pas crédible et là je dois avouer que c’est très dommage. Il y a un moment des trucs éculés comme cela ce n’est plus acceptable dans un film.
Même si j'étais ivre mort, cette femme ne serait jamais capable de me faire peur et j'ai 60 ans. Pourtant, nous sommes supposés croire que cette femme a à maintes reprises maîtrisé des hommes forts et leurs partenaires. Le pire et le plus irréaliste, était que un homme grand, fort et agressif avait peur de cette petite femme âgée. Ce film était beaucoup trop ridicule pour être même légèrement effrayant, vous pouvez me croire.
Au bout du compte A louer est un petit film d’horreur qui se laisse regarder avec un certain plaisir, mais qui souffre tout de même d’aspérités diverses et surtout d’un film qui manque de crédibilité dans son histoire, ce qui soulève, dans sa dernière partie un réel problème. Petit film d'horreur sympathique de Jaume Balaguerro, "A Louer" fait partie de ces films quasi-inconnus (il n'a pas bénéficié d'une sortie en salles) que 'l'on découvre plus par hasard qu'autre chose, qui ne révolutionne pas le genre mais nous fait passer un moment disons assez agréable. Les interprétations du couple sont acceptables, mais on ne rentre jamais vraiment dans le film car il n'y a pas de présence qui crève l'écran (c'était à prévoir pour un film de calibre), exception faite de la psycopathe qui assure plus que tous les autres réunis. Au final ce n'est pas vraiment une perte de temps, mais bon on peut quand même se faire chier. Pas de suspens, pas d'angoisse, pas de sursaut ni de gore, pas de clichés non plus... Ha si, ça, il y en a pleins... Pas mal de suspens et de bons acteurs, mais le film est un peu plat et "léger".
En résumé, "À Louer" est un film qui se visionne avec plaisir grâce à sa mise en scène nerveuse et ses acteurs talentueux. Cependant, son scénario souffre de clichés et d'incohérences, et son manque de crédibilité peut décevoir les amateurs d'horreur exigeants.
tags: #kaamelott #sirop #de #narration
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic