Jean-Pierre Marielle : Biographie d'un acteur emblématique

Jean-Pierre Marielle est un acteur français né le 12 avril 1932 à Dijon et mort le 24 avril 2019, à 87 ans. Il est apparu dans une centaine de films, et sa voix caverneuse, reconnaissable entre mille, a contribué à en faire un acteur unique de sa génération.

Il acquiert sa notoriété dès les années 1970, grâce à La Valise, Tous les matins du monde ou encore La controverse de Valladolid et Les galettes du Pont-Aven. Avec lui partit l’une des dernières figures de “la bande du conservatoire”, ce groupe formé au début des années 50 autour d’un noyau d’acteurs élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris : Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Jean Rochefort, Michel Beaune, Bruno Cremer, Philippe Noiret, Michel Galabru, Pierre Vernier.

Jeunesse et formation

Jean-Pierre Marielle naît le 12 avril 1932 à Dijon. Il a passé son enfance à Précy-le-sec, une commune de l'Yonne, entouré de sa mère et sa grand-mère, une femme de caractère dont il a gardé la maison.

Ses parents l'envoient faire sa scolarité en pension où il se révèle être un élève moyen. Mais rapidement, ses professeurs lui conseillent de s'essayer à la comédie.

Ses premières expériences d'acteur remontent au lycée Carnot de Dijon où il monte quelques pièces de Tchekhov avec ses camarades. Il voulait initialement entrer en classe préparatoire littéraire. L’un de ses professeurs l’encourage à devenir plutôt comédien de théâtre. Il part pour Paris, se présente au centre d'art dramatique de la rue Blanche et intègre le Conservatoire national.

Jean-Pierre Marielle fait ses premières armes au théâtre, sortant du Conservatoire national avec le second prix de comédie en 1954. Là-bas, il se lie d'amitié avec Jean-Paul Belmondo et Jean Rochefort. Après quelques apparitions dans des spectacles de la Comédie-Française, il intègre la compagnie Grenier-Hussenot.

Il débute au cinéma en 1957 en tenant des petits rôles, notamment dans des films d'Henri Decoin et Robert Lamoureux. Il donne la réplique à Eddie Constantine, Fernand Raynaud, Daniel Gélin, Jean Bertho ou Michel Simon.

Ascension de sa carrière

La carrière de Jean-Pierre Marielle gagne en intensité dans les années 1960 avec des films comme Peau de banane (1963), Faites sauter la banque (1964) ou Le Diable par la queue (1968). Il le retrouve dans la comédie Dragées au poivre la même année, puis dans le drame Week-end à Zuydcoote (1964) d'Henri Verneuil. A cette époque, Jean-Pierre Marielle joue souvent les éternels seconds, un rien séducteurs, dans des films comme Monnaie de singe (1966) d'Yves Robert ou Le Diable par la queue (1969) de Philippe de Broca.

C'est dans les années 1970 que Jean-Pierre Marielle devient un grand acteur. Après le succès de La Valise (1973), il montre l'étendue de son talent dans Que la fête commence (1975), Les Galettes de Pont-Aven (1975), ou encore Un moment d'égarement (1977).

Marielle apprécie toujours autant la comédie, comme le prouve sa participation à l'un des derniers films de Michel Audiard : Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1974). Souvent partenaire de Philippe Noiret, Marielle joue à ses côtés dans Que la fête commence de Bertrand Tavernier en 1975.

Au milieu des années 70, Jean-Pierre Marielle diversifie son jeu et enchaîne avec succès les rôles de composition : un pauvre type dans Les Galettes de Pont-Aven de Joël Seria (1975), un homme pris dans la tourmente d'un triangle amoureux dans Un Moment d'égarement (1977) de Claude Berri.

Il se fait plus rare dans les années 1980, mais continue de fournir d'excellentes prestations, notamment dans Coup de torchon (1981), Tenue de soirée (1985) et Les mois d'avril sont meurtriers (1986).

Après quelques films mineurs, Jean-Pierre Marielle casse la baraque dans Hold-Up (1985) d'Alexandre Arcady, aux côtés de Jean-Paul Belmondo et de Kim Cattrall. Il se tourne ensuite vers un film plus sombre, où il joue un flic désespéré dans Les mois d'avril sont meurtriers de Laurent Heynemann (1987).

Atomik Circus - Interview Jean Pierre Marielle

Les années 1990 et 2000

Les années 1990 marquent un tournant dans la carrière de l'acteur, il est considéré par beaucoup comme un mercenaire du cinéma français (c'est son ami Bernard Blier qui le qualifiait ainsi). En 1991, il tourne le film le plus important de sa carrière, Tous les matins du monde, réalisé par Alain Corneau, adapté du roman de Pascal Quignard.

En 1991, Jean-Pierre Marielle s'illustre dans Tous les matins du monde mais les films Les grands Ducs (1996) et Les Acteurs (1999) ne rencontrent pas le succès. Mais Jean-Pierre Marielle essuie par la suite plusieurs échecs publics dans des films de Patrice Leconte (Les Grands Ducs, 1996) et Bertrand Blier (Les Acteurs, 1999).

Les années 90 commencent sous de bons auspices avec Uranus de Claude Berri et le succès surprise de Tous les matins du monde (1991) d'Alain Corneau, pour lequel l'acteur est nominé aux César. Il poursuit avec le film qui lui vaudra une seconde nomination : Max et Jérémie (1992) de Claire Devers.

Dans les années 2000, on le voit dans des projets variés tel le drame La Petite Lili (2002), le psychédélique Atomik Circus, le retour de James Bataille (2004), le blockbuster Da Vinci Code (2006) et le film d'animation Ratatouille pour lequel il prête sa voix en 2007. En 2003, il revient au cinéma avec La Petite Lili de Claude Miller avant d'enchaîner des projets aussi divers que le délirant Atomik Circus, le retour de James Bataille (2004) des frères Poiraud ou le drame d'Yves Angelo, Les Ames grises (2005).

Il se fait également remarquer aux yeux du monde entier en incarnant le conservateur du musée du Louvre dans la superproduction américaine Da Vinci code (2006) de Ron Howard. En 2007, il prête sa célèbre voix, à la fois grave et enjouée, au chef cuisinier Gusteau dans le film d'animation des Studios Pixar, Ratatouille, avant de tenir le haut de l'affiche de la comédie Faut que ça danse ! de Noémie Lvovsky aux côtés de Valeria Bruni Tedeschi et de Sabine Azéma.

Vie privée

Jean-Pierre Marielle est toujours resté très discret sur sa vie privée. Son premier mariage a lieu le 6 juin 1957, dans le 6e arrondissement de Paris, avec Noëlle Wolff, comédienne sous le nom de Noëlle Leiris. Son deuxième mariage est célébré dans le 7e arrondissement de Paris le 28 avril 1972 avec Michelle Charlotte Bompart. De sa troisième union, le 15 janvier 1979 à Boulogne-Billancourt avec Catherine-Françoise Burette naît un fils en 1980, son seul enfant : François-Arthur.

Depuis 2003, il était marié à Agathe Natanson, sa troisième épouse, des près de 15 ans sa cadette. Le mariage s'était déroulé à Florence, en Italie. Les deux comédiens se sont rencontrés sur les planches à la fin des années 90, grâce à un ami cher : Jean-Paul Belmondo. Comédienne comme les deux amis du Conservatoire, Agathe Natanson avait notamment tourné dans Oscar en 1967, où elle interprétait la fille de Louis de Funès. Quand ils se rencontrent, Agathe Natanson avait déjà deux enfants d'un précédent mariage, Jean-Pierre Marielle était déjà papa d'un garçon.

Dans une rare confidence au site suisse Générations, en 2014, l'acteur a confié tout son amour pour sa femme. Devant elle, il lâchera notamment : "Moi, quand je t'ai vue, je t'ai comprise tout de suite. Je t'ai regardée et, hop, c'était fait".

Dans un long article publié par Le Parisien, le metteur en scène Benoît Lavigne est sur la relation qui unissait Jean-Pierre Marielle et Agathe Natanson, qu'il avait dirigés sur les planches, pour la pièce "Love Letters" il y a quelques années. "C’était un amour magnifique à voir. Il avait un amour pour elle immense. C’était un cadeau pour lui, un bonheur énorme de jouer et de partager la scène avec elle", indique l'homme de théâtre. Jean-Pierre Marielle, "chérissait Agathe. Elle l’a tellement aidé, porté, soutenu. Il avait un amour infini pour elle et elle lui devait beaucoup.

Décès

Jean-Pierre Marielle est mort le 24 avril 2019 à l'hôpital des Quatre Villes à Saint-Cloud des suites d'une longue maladie. Dans un article intitulé "Jean-Pierre Marielle, adieu au dernier grand duc" et publié quelques heures après l'annonce du décès de l'acteur, Marc Fourny a dévoilé sur le site du Point que Jean-Pierre Marielle souffrait de la maladie d'Alzheimer.

Jean-Pierre Mocky a lui aussi évoqué la maladie de Jean-Pierre Marielle sur France info. Le réalisateur a indiqué que Jean-Pierre Marielle avait "perdu beaucoup de sa présence lorsqu’il a eu la maladie d’Alzheimer". "On ne pouvait plus le faire travailler.

Discret sur sa maladie, Jean-Pierre Marielle contribuait publiquement à la lutte contre Alzheimer. Le 30 janvier 2017, lors d'une de ses ultimes apparitions publiques, il s'affichait lors du 12eme Gala de l'Association pour la recherche sur Alzheimer à la Salle Pleyel, avec son épouse Agathe, le professeur Olivier La Doucette et Véronique de Villele.

Filmographie sélective

Voici une sélection de films notables dans lesquels Jean-Pierre Marielle a joué :

  • 1964 : Faites sauter la banque !
  • 1975 : Que la fête commence...
  • 1975 : Les Galettes de Pont-Aven de Joël Séria
  • 1979 : Cause toujours... tu m'intéresses !
  • 1991 : Tous les matins du monde d'Alain Corneau
  • 2006 : Le Grand Meaulnes de Jean-Daniel Verhaeghe
  • 2007 : Faut que ça danse !

Jean-Pierre Marielle a marqué le cinéma français par son talent et sa voix unique, laissant derrière lui une œuvre riche et variée.

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