Pourquoi ne pas manger de porc ? Exploration des raisons historiques, religieuses et sanitaires

La question de savoir pourquoi certaines personnes ne mangent pas de porc est complexe et multiforme, impliquant des aspects religieux, historiques, culturels et sanitaires. Cet article explore les différentes raisons qui sous-tendent cette interdiction, en se penchant sur les perspectives de diverses religions et les préoccupations liées à la santé.

La viande de porc est la viande tirée d'un animal, le porc (Sus domesticus), membre de la famille des Suidae (Porcins) qui est issu de la domestication du Sanglier (Sus scrofa), qui est une viande de consommation courante dans de nombreux pays et qui fait l'objet de nombreuses préparations et spécialités culinaires.

Elle fait l'objet d'un interdit alimentaire dans certaines religions, en particulier dans les religions juive et musulmane, ou encore dans trois des Églises chrétiennes.

Le porc est la viande la plus consommée au monde (avec toutefois de grandes différences locales), et compte pour 38 % de la production mondiale de viande. Pratiquement toutes les parties du porc peuvent être valorisés en cuisine, non seulement les muscles, mais encore les abats, la tête, les pieds... En France, il existe d'ailleurs un adage selon lequel « dans le cochon, tout est bon », expression attribuée à Brillat-Savarin.

Le porc fournit également sa graisse, le saindoux, largement utilisé en cuisine.

En France, la traçabilité de la viande porcine est assurée dès l'exploitation de naissance des animaux. Chaque porcelet se voit attribuer un numéro d'identification présent soit sur une boucle jaune à l'oreille, soit sur les quatre pièces principales de la carcasse (jambon, épaule, longe et filet). En avril 2015, l'obligation d'étiquetage de l'origine a été étendue aux viandes de porc, de mouton et de volaille. Les professionnels des filières viandes et œufs françaises ont alors lancé une nouvelle signature « Viandes et Œufs de France » qui garantit origine et traçabilité.

Le cheptel français est très largement contaminé par le virus VHE de l'Hépatite E.

Interdictions Religieuses

Plusieurs religions interdisent ou découragent la consommation de porc, notamment :

  • Islam: Les musulmans suivent les lois alimentaires islamiques, connues sous le nom de Halal. Les musulmans doivent consommer des aliments halal. Cette interdiction est basée sur des textes religieux.
  • Judaïsme: Dans la Torah et dans le Coran, écrit des siècles plus tard, le porc est banni des assiettes. « Dieu vous a seulement interdit la bête morte, le sang, la viande de porc », peut-on lire dans le Coran (sourate 2, verset 173).
  • Christianisme: Certaines branches du christianisme, en particulier celles influencées par les lois alimentaires juives, peuvent décourager la consommation de porc. Certaines communautés ou groupes chrétiens peuvent choisir de suivre des pratiques alimentaires spécifiques pour des raisons culturelles, de santé ou autres. Cependant, trois Églises chrétiennes l'interdisent également, à savoir l'adventisme, les chrétiens orthodoxes éthiopiens et érythréens, et les adeptes de l'Église kimbanguiste, principalement présente en Afrique centrale (particulièrement au Congo-Kinshasa).
  • Hindouisme: Bien que l’Hindouisme n’ait pas une interdiction stricte de la consommation de porc, de nombreux hindous choisissent de ne pas en manger.
  • Bouddhisme: Les pratiques alimentaires varient selon les différentes traditions bouddhistes.

Ces textes restent pourtant assez silencieux quant aux raisons du tabou. « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas: vous le regarderez comme impur » somme le Lévitique. « Il vous interdit la chair d'une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu'Allah » souligne la sourate Al-Baqara.

Dans la Bible, l'apparence extérieure n'est pas mise en avant. Ce qui importe, selon les textes, c'est l'attitude intérieure. Marc 7:18-19 : « Il (Jésus) leur dit : Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller ?

Plusieurs versets du Lévitique et du Deutéronome mentionnent l'impureté du porc :

  • Lévitique 11:7-8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur.
  • Deutéronome 14:8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur.
  • Sourate 2 (Al-Baqara), verset 173 : « Certes, Il vous est interdit la chair d'une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu'Allah.

La Chariâ n’a pas cité une raison particulière à l’interdiction de la chair du porc, sauf cette expression coranique « car c’est une souillure ». Il y a aussi une raison générale - englobant la chair du porc et les autres nourritures interdites - mentionnée dans le verset suivant : Allah dit : « leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, [...]. » (Sourate 7/verset 157)Tout ce qu’Allah a interdit est mauvais !

D'où vient l'interdiction de manger du cochon ?

Raisons Historiques et Culturelles

Cela fait donc des siècles que les humains se penchent sur la question, et que les théories se multiplient. La plus populaire ? Manger du porc comporte des risques pour la santé - vous l’avez sans doute entendue au détour d’une conversation. Avec le climat chaud et sec du Proche-Orient, la viande de porc est, à l’époque des textes religieux, particulièrement difficile à conserver. En plus, le cochon adore se vautrer dans les immondices, et les humains l’ont remarqué depuis longtemps. Qui donc oserait manger du porc dans ces conditions ? Dès le début du 2e millénaire avant notre ère, des textes associent les cochons aux égouts.

La mauvaise réputation du cochon est en fait antérieure à l’islam et au judaïsme. Elle remonte à l’Égypte ancienne, il y a 4 000 ans. Les Égyptiens ont construit un discours mythologique autour des animaux. Et dans leur mythologie, le cochon a plutôt une mauvaise image. L’animal, réputé vorace et agressif, aurait mangé l'œil du dieu Horus, ce qui lui aurait valu une ostracisation du monde des temples et des rituels. Mais contrairement à ce qu’on a longtemps pensé, les Égyptiens mangeaient bel et bien du cochon.

Au 19e siècle, cette théorie connaît un regain de popularité avec la découverte des microbes » observe Max Price, archéologue à l’université de Durham et auteur d’un livre sur le sujet. Aujourd’hui encore, tout le monde sait qu’il faut se méfier du porc mal cuit, sous peine de tomber plus ou moins gravement malade.

D’autres hypothèses incluent :

  • Économie: À l’époque des textes religieux, le porc était sans doute un piètre investissement économique. Il ne produit ni laine, ni cuir, au contraire du bœuf ou du mouton. L’animal aurait donc, selon certains chercheurs, été abandonné par les plus aisés, et finalement frappé d’une interdiction religieuse.
  • Ressemblance à l'homme: « Tout semble montrer que le cochon est, avec les grands singes, l’un des plus proches cousins de l’Homme » affirme Michel Pastoureau. « Déjà, dès l’Antiquité, les médecins avaient remarqué la parenté entre les humains et les cochons. Au Moyen Âge, dans les écoles de médecine, l’apprentissage de l’anatomie humaine passait par la dissection du porc, l’Eglise interdisant cette pratique sur les cadavres humains. Les scientifiques de l’époque avaient remarqué les grandes similitudes entre les organes des Hommes et des porcs. Aujourd’hui, on utilise les organes des cochons pour les greffes » poursuit le spécialiste. « Manger du porc reviendrait, d’une certaine manière, à être un peu anthropophage. Voilà qui pourrait expliquer le tabou ».
  • Différenciation culturelle: Vers 1200 avant J.-C., les Israélites ont commencé à bouder le porc pour se différencier des Philistins, qui continuaient à en manger. Cette interdiction a pu être instrumentalisée pour stigmatiser les communautés juives puis musulmanes.

Le cochon serait un moyen de se distinguer, également pour les chrétiens. « La judaïté est pour les chrétiens la figure nécessaire de l'origine, pensable à l'échelle historique et collective (tant il est vrai que le Christ fut d'abord un juif et que le Nouveau Testament sort de l'Ancien Testament), comme à l'échelle individuelle : c'est à une sorte de judaïsme de nature que le baptême arrache les petits des chrétiens. Puisque les juifs refusent de manger du cochon, il faut donc que les chrétiens en mangent, manière de dire haut et fort (trop fort parfois) ce qu'ils sont et d'où ils viennent », écrit Jean-Claude Schmitt, historien français.

Une autre piste de recherche est souvent citée : la consommation du porc est évitée car ce sont des animaux trop difficiles à élever. Ces petits êtres aux courtes pattes ne sont pas adaptés aux conditions rudes du désert du Moyen-Orient.

Pour beaucoup d'historiens ayant travaillé sur la question, le refus de consommer du porc est une façon, pour les juifs d'abord et les musulmans ensuite, de se distinguer des autres. Une sorte de revendication identitaire, même si le mot est anachronique. « Par exemple, Maïmonide pointe du doigt les Francs qui mangent du cochon, en disant : “Regardez, ils sont dégoûtants, ils mangent du porc” », abonde Youri Volokhine.

Porc domestique

Risques Sanitaires

Comme vous le savez certainement, à une époque, la viande de cet animal omnivore, non correctement apprêtée, pouvait causer certaines maladies graves, voire la mort dans certains cas.

À l’époque du prophète Mohamed (paix et salut à lui), la viande de porc qui n’était pas adéquatement cuisinée causa une hécatombe dans la communauté musulmane. Devant cet état de fait, le prophète donna comme ordonnance que toutes les personnes musulmanes devaient impérativement arrêter de manger de la viande de porc!

Les musulmans prédécesseurs n’étaient pas instruits sur les détails de la souillure du porc et ne savaient pas la raison de son interdiction. Ce sont les récentes découvertes qui ont dévoilé que la chair de porc est l’origine de nombreuses maladies et qu’elle est le gîte de microbes dangereux.

La chair de porc est interdite, car Allah, l’a interdite et a décrété que c’est une souillure interdite au musulman.

Il faut aussi noter que s’il est possible d’élever les porcs d’une manière technique qui garantirait la disparition de ce parasite, dans certaines zones civilisées du monde, ceci n’est pas réalisable dans des zones moins ou sous developpées qui ne peuvent pas se payer ce luxe. Or le verdict de la Chariâ doit être valide pour tous les gens et en tout lieu ! C’est pour cela que l’interdiction du porc est totale et globale.

Si vous tenez, un minimum, à votre santé : ne faites pas comme moi, qui écris cet article. J'ai pris la fâcheuse habitude de manger des lardons fumés crus, ces mets savoureux me rappelant le goût exquis du bacon. Bizarre ? Peut-être, mais après tout, chacun ses goûts ! Ceci étant dit, manger du porc cru est dangereux. Si certaines viandes comme le bœuf se consomment crues sans danger, la viande de porc n’en fait pas partie. En raison de la présence potentielle de bactéries et de parasites, cette viande doit absolument être cuite avant consommation. La cuisson permet de détruire les agents pathogènes qui, sinon, peuvent causer des infections graves chez l’homme.

Larves de Trichinella dans le tissu musculaire du porc

Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), "la consommation de viande de porc et de foie de porc crus ou mal cuits est la cause la plus fréquente d'infection par l'hépatite E dans l'UE". Autrement dit, manger du porc cru n’est pas seulement une question de goût, mais un véritable enjeu de santé publique.

Voici quelques risques sanitaires associés à la consommation de porc cru ou mal cuit :

  • Salmonelle: La viande de porc, lorsqu'elle est crue ou insuffisamment cuite, est un nid à bactéries. Parmi les plus courantes, on trouve la salmonelle - une bactérie qui se développe dans les intestins des animaux, y compris ceux du porc. Lorsqu'elle est ingérée par l’homme à travers une viande mal cuite, elle peut causer des infections gastro-intestinales importantes, telles que la gastro-entérite, voire la fièvre typhoïde.
  • Trichinose: En plus des bactéries, le porc peut être contaminé par des parasites comme le Trichinella spiralis. Ce ver microscopique provoque la trichinose chez l'humain, une maladie qui attaque les muscles et le système nerveux. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), cette infection est particulièrement courante dans les régions où les porcs sont encore nourris avec des déchets alimentaires non contrôlés.
  • Hépatite E: L’hépatite E est, aussi, un risque important associé à la consommation de porc cru ou insuffisamment cuit. Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), plus de 21 000 cas d'hépatite E ont été signalés en Europe au cours des dix dernières années, avec une augmentation notable des infections alimentaires. Le porc, en particulier son foie, est considéré comme le principal vecteur de transmission de ce virus dans l'Union européenne (UE).

Pour se protéger, il est recommandé de cuire le porc à une température interne d’au moins 71 °C. Que ce soit à la poêle, au four ou au barbecue, la chaleur est votre meilleure alliée pour garantir une consommation sans danger.

Tableau des risques sanitaires liés à la consommation de porc cru

Risque Sanitaire Agent Pathogène Symptômes Prévention
Salmonellose Salmonelle Nausées, vomissements, douleurs abdominales, gastro-entérite Cuire la viande de porc à cœur
Trichinose Trichinella spiralis Douleurs musculaires, fièvre, troubles neurologiques Cuire la viande de porc à cœur
Hépatite E Virus de l'hépatite E Douleurs abdominales, lésions hépatiques Cuire la viande de porc à cœur, éviter la consommation de foie de porc cru

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