Importation de Viande en Algérie : Conditions et Dynamiques du Marché

L'importation de viande en Algérie est un sujet complexe, influencé par des facteurs économiques, sanitaires et politiques. Cet article explore les conditions d'importation de viande en Algérie, en mettant en lumière les réglementations, les principaux fournisseurs et l'impact sur le marché local. Cette démarche des opérateurs algériens s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant également à diversifier leur source d’approvisionnement en bétail vivant.

Évolution des Importations Algériennes de Viande

Après une année record d’importations de broutards français en 2022, l’Algérie achète des bovins finis en ce début 2023, dans le cadre d’une demande accrue en viande bovine pendant les festivités du ramadan. En 2022, les exports de broutards français vers cette destination ont dépassé de 10 000 têtes le record pré-Covid de 2019, avec 69 000 têtes, qui ont porté l’ensemble des exportations françaises vers les pays tiers à un niveau historique : 78 000 têtes, soit 24 % de plus qu’en 2021. En 2022, un record pour les exports français de broutards vers l'Algérie.

Toutes destinations, les exports français de broutards étaient en revanche en recul de 7 % en 2022 par rapport à 2021 (- 5 % vers l’Italie et - 28 % vers l’Espagne). À l’approche du début du ramadan, et alors que la demande en viande va croissante à cette occasion, « l'Algérie a mis la priorité sur les importations de bovins finis plutôt que de broutards, l'intervalle de temps jusqu'à la période festive étant alors déjà trop court pour permettre d'engraisser des broutards », explique Ilona Blanquet, du service Économie des filières de l’Idele. Le pays a alors interdit la délivrance de nouvelles licences d’imports pour les broutards.

En Algérie, l’exécutif a décidé le 10 septembre 2023 d’autoriser les importations de viandes rouges et blanches en vue de juguler la hausse des prix sur le marché intérieur. Le maintien des avantages douaniers et fiscaux dans ce cadre, comme prévu dans le projet de loi de finances 2025 (PLF-2025) adopté hier par l’Assemblée populaire nationale (APN), va encore booster ces importations.

Le PLF-2025 a en effet introduit comme mesures l’exonération des importations des viandes blanches congelées de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la prorogation du système d’application du taux réduit de 5% des droits de douane à l’importation de cheptel bovin et ovin vif, ainsi que les viandes fraîches réfrigérées bovines et ovines sous vide, jusqu’au 31 décembre 2025.

L’Algérie, située à la convergence entre les plaques Eurasie et Afrique, est une zone à forte sismicité. Afin de limiter tout risque d’agression et de vol, il est vivement conseillé de limiter ses déplacements aux axes routiers principaux.

Demande Croissante et Diversification des Sources

La production de viande bovine a augmenté de 30 % entre 2010 et 2018 (ONS, 2020), mais insuffisamment pour répondre à la demande des consommateurs Algériens. La viande bovine et les animaux vivants ne représentent que 4% des importations des produits agricoles et agroalimentaires opérés par l’Algérie. Mais elles sont appelées à croître fortement en raison de l’appétit croissant des consommateurs et de la pression démographique.

C’est le cas particulièrement pour les régions du Nord du pays, qui sont considérées comme étant de grandes consommatrices de viandes rouges. Le taux d’autosuffisance en viande bovine est de 55%.

L’élevage bovin en Algérie occupe une place importante dans la consommation de viande algérienne et contribue fortement à l’économie nationale. Il constitue la deuxième espèce pourvoyeuse en viande rouge pour le consommateur algérien après l’ovin, avec une part de l’ordre de 23%.

En raison de l’augmentation des prix locaux, l’importation nationale en viandes bovines est en effet devenue un impératif pour réguler le marché où la flambée des prix devient monnaie courante. Vu l’insuffisance de la production locale des viandes, l’offre par la production nationale est complétée par des importations généralement opérées sous forme de viandes congelées.

Les Fournisseurs de Viande de l'Algérie

Pour se fournir, elle se détourne de l’Europe au profit du Brésil, notamment en raison du manque d’offre française. Depuis début 2023, en prévision du ramadan qui commençait le 23 mars, l’Algérie a décidé de se tourner vers le Brésil pour se fournir en bovins vifs finis, indique l’Idele dans ses dernières Tendances.

C’est une première pour le pays, « qui a toujours préféré acheter des bovins vivants à l’UE pour leur qualité sanitaire ». Il n’a pas pu s’approvisionner en jeunes bovins finis en France faute de disponibilités, ni en Espagne à cause de tensions politiques depuis le printemps 2022, explique l’institut technique. Lamine Derradji, PDG de l’agence nationale algérienne des viandes (Alviar), indiquait de son côté que « des conventions sanitaires ont été signées, pour la première fois avec le Brésil, l’Argentine, l’Inde, la Pologne et le Soudan ».

Emerald Isle Beef Producers (EIBP), l’une des principales organisations de producteurs de bœuf en Irlande a expédié une cargaison de 20 tonnes de viande emballée sous vide à destination de l’Algérie. D’après Eamon Corley, un des membres fondateurs d’EIBP, cette opération s’inscrit dans le cadre d’un contrat d’abattage signé avec l’importateur algérien, Al Mawashi Group.

Du côté des partenaires commerciaux de l’Algérie, plus particulièrement les pays où ces filières sont bien développées, c’est la course pour arracher des parts de ce marché. Les opérations d’importation de viandes fraîches en provenance d’Espagne, d’Italie et de Roumanie notamment se poursuivent.

En plus du Brésil, l’Espagne, la Roumanie et l’Argentine notamment, les Etats-Unis vont exporter des vaches laitières vers l’Algérie. Nous avons hâte de goûter aux produits laitiers savoureux et nutritifs issus de ce partenariat agricole bilatéral», a écrit la diplomate américaine.

Les principaux fournisseurs de l’Algérie en viande bovine demeurent en premier : les pays d'Europe en raison de leur proximité géographique et aussi parce que l’Union Européenne est le troisième producteur de viande bovine au monde (Hocquette et al., 2018). Puis viennent les pays d'Amérique Latine, suivis par ceux de l'Océanie, ensuite les Etats-Unis.

A partir de 2008, les importateurs algériens ont diversifié leurs importations : Brésil, Uruguay, Argentine, Inde, France, Danemark, Irlande, Australie et Nouvelle-Zélande. Suite à l’insuffisance de la production locale de lait cru, l’Etat s’est vu dans l’obligation de développer cette production à partir des vaches d’importation à haut rendement telles que la Pie noire, la Pie rouge et la Holstein.

Pour des raisons sanitaires, l’UE est le fournisseur exclusif de l’Algérie en broutards et bovins d’abattage. Les deux parties avaient de plus signé un accord en 2005, préparant à la création d’une zone de libre-échange euro-méditerranéenne.

Tableau des Principaux Fournisseurs de Viande Bovine en Algérie

Fournisseur Type de Viande Avantages
Pays d'Europe Viande bovine Proximité géographique, qualité sanitaire
Brésil Bovins vifs finis Disponibilité en grands volumes
Argentine Viande bovine Diversification des sources
Irlande Viande emballée sous vide Certification halal
États-Unis Vaches laitières Développement de la production laitière locale

Algérie, RÉGULATION DES IMPORTATIONS

Impact sur le Marché Algérien

« L’Europe ne peut pas assurer l’approvisionnement du marché national. Il ne reste que les pays d’Amérique latine et l’Inde », expliquait début mars Sofiane Bahbou, président de la fédération nationale algérienne des importateurs de viande, relayé par le site d’info maghrebemergent.net. Il recommandait par ailleurs à son gouvernement de « libérer l’importation de la viande rouge » et de se tourner vers l’élevage intensif pour « augmenter la production et réduire les coûts ».

Selon le responsable cette transaction si elle est concluante devrait ouvrir la voie aux opérateurs irlandais pour des livraisons régulières sur le marché algérien de la viande certifié halal. Et de prévoir : «L’Algérie aura toujours des difficultés durant les cinq prochaines années, que ce soit dans la filière avicole ou pour les viandes rouges.

«C’est une question de prix. La disponibilité sera certes assurée par la production locale, mais l’importation sera toujours nécessaire», a enchaîné l’expert, pour qui il y a lieu d’explorer d’autres pays pour les importations dans le contexte géopolitique actuel pour éviter des factures «élevées» que ce soit pour les viandes, le cheptel oul’aliment bétail. Elle a commencé à le faire.

Structure du Marché Local et Prix

D’après les statistiques de la FAO (2018), l’Algérie compte environ 2 millions de têtes bovines pour 125 000 tonnes de viande bovine produites. Dans les régions du Nord du pays fortement consommatrices de viande bovine où l’offre peine à répondre à une demande croissante, le pays importe de jeunes bovins sevrés, particulièrement durant les périodes de fêtes.

La part des dépenses de consommation des ménages pour la viande de bœuf représente 54% des dépenses totales consacrées aux viandes rouges, contre 23% pour la viande ovine. Ainsi, le ménage urbain consacre environ deux tiers de ses dépenses dans ce domaine pour les viandes de bœuf.

En l’espace d’environ quinze ans (2001-2016), le kilo de viande est passé de 600 DA (4,3 €) à 1000 DA (7,3 €), avec un accroissement annuel de l’ordre de 26,6 DA. De même, les prix des différentes catégories qui sont steak, viande hachée et viande avec os ont été multipliés par trois durant la période (2001-2019).

Ils sont passés de 652 DA (4,6 €) à 1690 DA (12 €) entre 2001 et 2019 pour le beefsteak, de 540 DA (3,8 €) à 1698 DA (12,2 €) pour la viande hachée pour la même période et de 426 DA (3 €) à 1152 DA (8,3 €) pour la viande sans os. Les prix de ces produits suivent la même tendance que ceux de la viande bovine.

Il existe trois types de lieux d'abattage en Algérie :

  1. Les abattoirs, au nombre de 64, qui ont été construits ou reconstitués après l'indépendance et qui comportent une chaine d'abattage mécanisée ou semi-mécanisée, et qui sont généralement répartis sur le territoire national dans les villes.
  2. Les abattoirs ruraux (tueries) qui sont en nombre très élevé dans chaque wilaya (département), dont l'abattage s'effectue dans des conditions d'hygiène insuffisantes.
  3. Des complexes d'abattage (industriels) ont été construits récemment en Algérie. Ils sont dotés d'une grande capacité d'abattage et possèdent des structures modernes : tunnels de congélation, entrepôts frigorifiques, ateliers de découpe ...etc.

Amélioration des Relations Algéro-Espagnoles

Les relations entre l'Algérie et l'Espagne s'améliorent de jour en jour, notamment dans le domaine commercial. En effet, c'est une note de l'Association des banques et établissements financiers (ABEF) émise à l'adresse des banques, qui annonce cette autorisation accordée aux opérateurs économiques intéressés par l'importation de la viande rouge fraîche depuis la péninsule ibérique, et ce, à l'occasion du mois de ramadan 2024. Dans cette note émise, lundi 5 février, l'ABEF fait savoir aux dirigeants des banques que "l’importation de viande rouge fraîche en provenance du Royaume d’Espagne est autorisée".

C'est l'amélioration des relations diplomatiques entre l'Algérie et l'Espagne qui permet la prise de cette décision. Comme celle d'autres décisions, à l'instar de celle qui autorise les opérateurs économiques algériens d'importer les intrants avicoles depuis le même pays.

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