Greffe de Vessie de Porc : Actualités et Recherche

La xénogreffe, transplantation d'organes d'une espèce à une autre, représente une avancée considérable pour la recherche scientifique et offre de nouvelles perspectives pour résoudre la pénurie d'organes.

Xénogreffe : Un Pas Vers la Solution à la Pénurie d'Organes

Greffer l’organe d’un animal à un être humain n’est plus de la science-fiction. Ces dernières années, plusieurs patients ont reçu un cœur, un rein ou même la peau d’un porc génétiquement modifié. Le terme xénogreffe désigne la transplantation d’un tissu ou d’un organe provenant d’une espèce différente de celle du receveur, par exemple, d’un porc vers un humain. Elle se distingue de l’allogreffe, entre deux humains, et de l’autogreffe, utilisant les propres tissus du patient.

Les Débuts avec la Peau de Porc

C’est d’abord la peau qui a ouvert la voie. Depuis les années 1960, la peau de porc est utilisée comme pansement biologique temporaire pour les grands brûlés. Contrairement à d’autres animaux (vache, mouton, lapin), la peau de porc présente un réseau de collagène (protéine structurelle présente dans le tissu conjonctif et responsable de la résistance et élasticité des tissus) et une densité cellulaire similaires à ceux de l’homme, limitant les réactions de rejet immédiat. Ces greffes ne sont toutefois que temporaires : le système immunitaire finit par les détruire.

Xenogreffes et organes transgéniques

Pourquoi le Porc ?

Au-delà de la peau, le cochon partage de nombreux points communs physiologiques avec l’être humain : taille des organes, rythme cardiaque, pression artérielle, composition du plasma, voire métabolisme. Au contraire, les cochons sont faciles à élever, atteignent rapidement leur taille adulte, et leurs organes peuvent être obtenus dans des conditions sanitaires contrôlées. Le cochon s’est imposé non par hasard, mais parce qu’il représente un compromis entre proximité biologique, faisabilité et acceptabilité sociale.

Transplantation d'Organes de Porc : Les Dernières Avancées

Après la peau, les chercheurs se tournent vers les reins, le cœur, le foie ou encore le pancréas. En 2024, des patients ont survécu plusieurs semaines avec un cœur de porc génétiquement modifié, une prouesse longtemps jugée impossible. Des essais ont également été menés avec des reins de porc, notamment chez des patients en état de mort cérébrale ou, plus récemment, chez un patient vivant. En revanche, les recherches sur le foie et le pancréas en sont encore au stade préclinique, menées uniquement chez l’animal.

Utilisation de la Vessie de Porc pour la Régénération Musculaire

Des chercheurs ont utilisé des vessies de porc comme une sorte d'échafaudage biologique pour faire repousser des muscles de patients après un grave accident ou en raison d'une blessure de guerre. Jusqu'ici, il y avait peu d'options pour traiter des personnes souffrant d'importantes blessures entraînant une perte de masse musculaire importante. Un nouveau pas vers la médecine régénérative vient d'être réalisé avec succès.

Comment ça Marche ?

Cette technique consiste à implanter chirurgicalement de la membrane de vessie de porc, dépouillée de ses cellules, pour ne laisser qu'une partie appelée matrice extra-cellulaire. Cette dernière est déjà utilisée depuis de nombreuses années comme la base de traitement contre des hernies ou des ulcères de peau. Cette fois, les chercheurs ont voulu savoir si elle pouvait également régénérer un muscle en l'implantant à l'endroit de la blessure. Ce procédé amène ensuite l'organisme à produire des cellules-souches, qui ont la capacité de devenir n'importe quel tissu du corps, pour reconstruire lui-même les tissus lésés. Ainsi, cette nouvelle technique ne nécessite aucun apport extérieur de cellules-souches.

Les Résultats

Pour leur essai clinique, les chercheurs ont fait appel à cinq hommes qui avaient été blessés à une jambe depuis plus de six mois et n'avaient pas connu d'amélioration notable malgré de la physiothérapie intensive. Six mois après l'implantation, ils ont remarqué après des biopsies que trois des cinq hommes étaient plus forts de 20 %. Ils parvenaient à mieux réaliser des mouvements de la vie quotidienne comme soulever le pied en marchant, monter des marches et se lever d'une chaise. Les deux autres participants n'ont pas obtenu une aussi bonne amélioration mais ont fait part d'une plus grande stabilité de la jambe lésée.

Les Défis et les Enjeux de la Xénogreffe

Alors que plus de 100.000 personnes attendent une greffe d'organe aux États-Unis, le rein est l'organe le plus communément requis. Dans ce contexte, le domaine des xénogreffes, à savoir les transplantations d'organes d'animaux sur des humains, avance à grande vitesse ces dernières années mais représente un défi car le système immunitaire du receveur a tendance à attaquer l'organe étranger.

Modifications Génétiques pour Éviter les Rejets

Afin d'amoindrir le risque de rejet, des modifications génétiques sont donc réalisées, certains gènes de porc ayant, dans le cas de cette, été enlevés, et des gènes humains ajoutés, à l'aide de la technologie CRISPR. Les scientifiques ont également procédé à l'"inactivation de rétrovirus" du porc pour éliminer le risque d'infection après la greffe.

L'Avenir de la Xénogreffe

Motivés par les résultats de ces différentes équipes, les National Institutes of Health (les Instituts de la santé aux Etats-Unis) ont autorisé une nouvelle vague d’essais cliniques afin de pousser encore les expériences de xénotransplantations.

Nombre de patients en attente de greffe en France
DatePatients inscrits sur la liste nationale d'attentePatients en liste activeGreffes réalisées
1er janvier 202522 58511 666N/A
202127 80210 983 (prioritaire)5 276

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