Définition et enjeux de l'efficience alimentaire dans l'élevage bovin viande

L’efficience alimentaire (EA) est un indicateur clé dans l'élevage bovin viande, représentant le rapport entre les produits (gain de poids) et les ressources consommées (alimentation) pour produire cette viande. Un bovin est considéré comme peu efficient s'il consomme 10 kg de matière sèche (MS) pour produire 1 kg de gain de poids (EA = 0,1). Pourtant, cet animal valorise des ressources non consommables par l’homme et fournit des produits à hautes valeurs nutritionnelles.

L'efficience alimentaire est un enjeu majeur pour l'avenir de l'élevage bovin.

Pourquoi l'efficience alimentaire est-elle importante ?

L’efficience alimentaire (EA) est une réponse à des enjeux essentiels pour l’avenir de l’élevage bovins viande, explique Sylvie Brouard, de l’Institut de l’élevage. Elle présente plusieurs avantages :

  • Amélioration du revenu des éleveurs : Elle améliore tout d’abord le revenu des éleveurs par la maîtrise du coût alimentaire, deuxième poste de charges, hors main-d’œuvre après celui de mécanisation. Ainsi, avec un coût de 450 euros pour l’engraissement d’un jeune bovin, un gain de 5 % d’efficience alimentaire offre une économie de 23 euros par animal.
  • Préoccupations environnementales et sociétales : D'autre part, l’efficience alimentaire répond à des préoccupations environnementales et sociétales en optimisant la valorisation des ressources alimentaires, en réduisant les émissions polluantes (GES, azote…) et la concurrence avec l’alimentation humaine (moins de céréales, plus de fourrages).

Recherche sur l'efficience alimentaire

Depuis 2015, le programme de recherche Beefalim 2020 est conduit par un partenariat large entre l’Inra, l’Institut de l’élevage, les chambres d’agriculture de Bretagne, de Vendée et de Saône-et-Loire, Allice, les entreprises de sélection de la race Charolaise Gènes Diffusion et Charolais Univers. Ce programme, portant sur la période 2015-2020, a pour objectif de comprendre les déterminismes génétiques et nutritionnels de l’efficacité alimentaire, afin de pouvoir sélectionner (à l’aide de la sélection génomique) des animaux à plus forte efficience alimentaire, limitant les émissions de méthane et valorisant au mieux les ressources cellulosiques (prairies, fourrages et coproduits) non éligibles à l’alimentation humaine.

La collecte de données concernant l’impact du régime et de la génétique sur l’efficience alimentaire en engraissement a été réalisée sur 485 jeunes bovins charolais issus de 24 pères principaux. À terme, 600 jeunes bovins seront phénotypés sur une ration amidon (ensilage de maïs) ou cellulosique (herbe ensilée).

Impact du régime alimentaire

Les régimes retenus répondent aux objectifs expérimentaux, même si on constate une plus grande irrégularité dans la qualité de l’herbe récoltée. « Malgré des rations équilibrées en UF, on observe de moins bonnes efficiences alimentaires avec de l’herbe de moindre qualité. La ration cellulosique permet toutefois d’utiliser moins de protéines consommables par l’homme (18 % contre 41 % avec la ration maïs). Le régime maïs obtient une meilleure efficience alimentaire brute avec une augmentation moyenne de GMQ de 160 g et une EA 10 % supérieure.

Variabilité individuelle et génétique

On note également, une forte variabilité individuelle. Ainsi, pour un GMQ de 1 700 g/j, l’efficience alimentaire varie de 0,19 à 0,14, ce qui signifie que pour un même GMQ, un bovin peut ingérer de 9 kg MS/j à 12,5 kg MS/j. Les effets génétiques restent à approfondir. Car si la tendance générale est à une meilleure efficience alimentaire des descendants sur le régime maïs, pour un certain nombre de cas le classement diffère, signe peut-être d’une interaction entre génétique et régime.

digeR, l'efficience alimentaire en race Montbéliarde.

Identification des biomarqueurs

Connaître l’efficience alimentaire de chaque individu reste coûteuse. Elle nécessite l’utilisation d’auges peseuses individuelles pour contrôler l’ingestion journalière. La relève du poids toutes les deux semaines est également exigée et ce, durant 70 jours minimum. « Tout ceci dans l’optique de rechercher des biomarqueurs de la variabilité individuelle de l’efficience alimentaire chez le bovin en croissance. Il est apparu que l’abondance naturelle en 15N (azote 15) dans le plasma reflète l’EA de l’animal. Certaines protéines, métabolites et hormones plasmatiques pourraient également discriminer les animaux efficients des inefficients. Cela reste à être validé sur un grand nombre d’animaux.

Tableau récapitulatif des facteurs influençant l'efficience alimentaire

Facteur Influence
Régime alimentaire (Maïs) Meilleure efficience alimentaire brute, augmentation du GMQ
Régime alimentaire (Cellulose) Utilisation réduite de protéines consommables par l'homme
Génétique Interaction possible entre génétique et régime alimentaire
Variabilité individuelle Forte variabilité de l'ingestion pour un même GMQ

tags: #gmq #bovin #viande #définition

Articles populaires: