Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales. Les déchets sont générés à chaque étape de l’alimentation humaine, depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la distribution.
En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne. Parmi ces déchets, 5,9 millions de tonnes ne sont pas comestibles (os, épluchures…) et sont assimilés à du gaspillage alimentaire. Le gaspillage alimentaire représente donc 3,8 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.), soit 55 kg par personne.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC) ou la date de durabilité minimale (DDM).
Depuis 2022, les opérateurs peuvent ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date » pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée.
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets a été révisée pour y introduire des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen. Le Conseil et le Parlement se sont accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
En tant que commerçant ou professionnel de la restauration, la gestion des invendus est une problématique bien connue. Heureusement, de nombreuses solutions numériques ont vu le jour pour répondre à ce défi. Les applications anti-gaspillage alimentaire ne cessent d’évoluer et offrent aujourd’hui des outils concrets, simples et performants pour transformer vos invendus en opportunités.
Voici un aperçu de quelques applications disponibles pour les commerçants, restaurateurs, traiteurs et acteurs de la distribution alimentaire souhaitant réduire le gaspillage, tout en développant leur activité :
| Application | Description | Avantages |
|---|---|---|
| Phenix | Plateforme pour mettre en ligne vos invendus alimentaires sous forme de paniers à prix réduits. | Valorise vos produits, réduit les déchets, accompagnement personnalisé, possibilité de dons à des associations. |
| Too Good To Go | Application permettant de proposer des « paniers surprise » composés de produits invendus à un tarif attractif. | Simplicité d’utilisation, génère des revenus supplémentaires, visibilité auprès d’un public engagé. |
| Miam’Up | Solution pour la restauration collective, permettant de redistribuer efficacement les excédents alimentaires. | Concentre sur les acteurs de la restauration collective. |
| Karma | Application pour vendre vos invendus alimentaires directement aux consommateurs en zone urbaine. | Interface intuitive, cible une clientèle active et engagée. |
| Save Eat | Application pour anticiper le gaspillage en aidant à mieux gérer les dates de péremption et les stocks. | Aide à optimiser l’organisation interne, diminue les pertes à la source. |
De nombreuses startups anti-gaspillage continuent à voir le jour et d’innover pour se démarquer de la concurrence, comme Freshopp, Orbi ou PimpUp. Par exemple:
Réduire le gaspillage alimentaire n’est plus une option : c’est une responsabilité collective et une formidable opportunité pour se réinventer. En adoptant ces solutions, vous prenez une longueur d’avance sur un marché en pleine mutation. Chaque geste compte, et chaque panier sauvé renforce votre impact positif.
Selon l’ADEME, la grande distribution serait responsable de 14% du gaspillage alimentaire en France. Le secteur pourrait réduire son gaspillage alimentaire de 300 000 tonnes par an et faire ainsi plus de 700 millions d’euros d’économies par an. Voici quelques actions possibles :
Chaque année, 10 millions de tonnes d’aliments consommables sont jetés en France dont 1,5 millions de tonnes dans les poubelles des restaurants.
Voici quelques conseils pour les restaurateurs :
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