La Fête de la Lune, aussi appelée la "Fête de la mi-automne" ou Zhōng qiū jié en pinyin, est le deuxième événement le plus important du calendrier chinois. Il s’agit de l’une des célébrations les plus importantes de la culture chinoise, juste après le Nouvel An lunaire. À l'origine, la Fête de la Lune est une fête agricole : devenue particulièrement importante sous la dynastie Tang (618-901), elle célèbre la fin des récoltes. En Chine, le climat est particulièrement agréable à cette période.
De nos jours, c’est la lune qui est au cœur des festivités. Ainsi, si à l’origine cette journée était consacrée à la célébration des récoltes, la Fête de la Lune est à présent un symbole de réunion familiale.
En Chine, plusieurs légendes existent autour de la Fête de la Lune. On raconte qu’il y a bien longtemps, la Terre était entourée de dix soleils. Un jour, ces dix soleils brillèrent tellement fort qu’ils provoquèrent une terrible sécheresse et un chaos sans pareil.
C'est alors qu'un jeune homme dénommé Hou Yi apparu. Ce jeune Chinois, au talent d'archer inégalé, sauva le monde en tirant sur 9 des 10 soleils qui disparurent aussitôt. Grâce à l’incroyable exploit qu’il venait d’accomplir, Hou Yin fut nommé roi. Peu à peu, il devint extrêmement arrogant, jusqu’à se transformer en un dangereux tyran. Assoiffé de pouvoir, il entreprit de voler l’élixir d’immortalité à la Reine Mère céleste.
Un jour, parti à la chasse, sa femme Chang E souhaitant empêcher son peuple de vivre sous la tyrannie de son mari bu l'élixir. Hou Yi, une fois de retour, appris la terrible nouvelle. Fou d'amour pour Change E, il fut dévasté. Inconsolable, Hou Yin guettait désespérément la lune dans l’espoir de voir sa bien-aimée. Il finit enfin par l’apercevoir un soir de pleine lune : la nuit du 15ème jour du 8ème mois.
Chang E se vit confier par son époux, l’archer Hou Yi, l’élixir d’immortalité qu’il avait obtenu par la grâce de Xi Wangmu, reine mère de l’Ouest. Ce jour-là était précisément le quinzième du huitième mois, lune pleine et lumineuse. Houyi, de retour, tomba dans une profonde affliction.
On raconte que sur la lune il y a un arbre de mille cinq cents mètres de haut. Sous la dynastie Han, un dénommé Wu Gang se passionnait pour les voies de l’immortalité mais ne se concentrait pas dans l’étude. Il déclencha le courroux de l’Empereur céleste qui le retint prisonnier dans le Palais lunaire où il le somma de couper un cannelier : « Si tu abats cet arbre, tu pourras accéder aux techniques d’immortalité. Wu Gang entrepris alors la tâche, mais après chaque coup de hache qu’il donnait, la fente en l’arbre se résorbait immédiatement.
Depuis l’Antiquité, les humains n’ont cessé de se passionner pour la lune. La lune de la mi-automne est d’une clarté exceptionnelle. À partir de la dynastie Tang, la poésie contemplative aux richesses raffinées sur la thématique de la lune est en vogue. Lettrés et hommes de bien réunis savourent de l’alcool célébrant la lune et composent des poèmes sur les aspects aux saveurs multiples de l’astre magnifique.
À la mi-automne, la lune pleine luit d’un éclat d’une blancheur immaculée. Ainsi « lune pleine et lune incomplète » évoquent les « peines et joies de la séparation et des retrouvailles », et l’hôte voyageur en pays étranger confie la nostalgie du pays natal au clair de lune mi-automnal.
Le gâteau de lune (chinois simplifié : 月饼 ; chinois traditionnel : 月餅 ; pinyin : yuèbǐng) est une pâtisserie chinoise en forme de lune consommée pendant la fête de la mi-automne. C'est un gâteau sucré-salé (plus sucré que salé). L'enveloppe externe, tendre, est à base de farine de blé. La surface est décorée de motifs en relief ou de sinogrammes auspicieux, ou bien indiquant le contenu pour faciliter le choix des clients.
Il contient souvent un jaune d'œuf salé (en général de cane), qui rappelle la pleine lune une fois le gâteau coupé en deux. Il en existe différentes sortes dont certaines typiques d'une région donnée.
Réalisé à partir de pâte sucrée d’haricot rouge ou de datte et de jaunes d’œuf de canes salés, ce dessert reste la façon la plus connue pour célébrer l’événement. Traditionnellement, le gâteau de lune était coupé de sorte que chaque membre de la famille ait un morceau.
Aujourd’hui, les mooncakes se réinventent avec des garnitures plus variées, parfois plus douces ou plus riches en bienfaits naturels. On y retrouve par exemple des ingrédients comme les baies de goji, les fruits de jujube, le sésame noir ou encore la pâte de haricots rouges - tous issus de la tradition chinoise et appréciés pour leur goût autant que pour leurs vertus.
À partir des Tang les gâteaux de lune prisés pour leur goût exquis se diversifient. Leur surface est souvent marquée de dictons et de motifs relatifs au clair de lune préalablement tracés sur un moule, la forme des pâtes et la composition des farces s’enrichissent. Les procédés de fabrication varient selon les endroits et les saveurs : sucré, salé, sucré-salé, épicé, les farces incluent fleurs d’osmanthe, noix, haricots, sucre candi, fruit de ginkgo, viande, sésame noir, jambon, chair de crabe.
Les gâteaux de lune diffèrent avec les endroits : à la façon du Guangdong, du Jiangsu, de Pékin, de Canton, du Anhui, du Yunnan ou de Chaozhou.
Ce gâteau individuel, généralement rond voire carré, est décoré de motifs en reliefs ou de sinogrammes présentant la saveur du gâteau ou un sinogramme de bonne augure. Il existe différents parfums, mais les plus connus sont composés de crème et/ou graine de lotus, pâte de durian, pâte au haricot rouge, purée de datte ou de purée de soja. Et bien sûr, au milieu, on retrouve le jaune d'œuf salé qui fait sa particularité.
Cela nous change forcément des fondants au chocolat, des gâteaux au citron ou au yaourt. Offrir des gâteaux de lune à sa famille et à ses relations professionnelles est une tradition bien ancrée dans la culture chinoise. Les consommateurs sont prêts à dépenser de grandes sommes afin de montrer l'affection qu'ils portent à la personne. De ce fait, le marché est devenu très important et a fait émerger l'apparition de gâteau de lune en tous genres. Les gâteaux sont vendus dans des packaging plus beaux les uns que les autres. Les recettes originales sont parfois totalement changées et remplacées par des glaces telles que Häagen Dazs.
À nouveau, plusieurs légendes existent au sujet de ces petits gâteaux. On raconte notamment que vers 1300, alors que les Mongols occupaient la Chine, les Han décidèrent de contre-attaquer. Ils eurent l’idée de cacher un message à l’intérieur de gâteaux de lune et de les distribuer massivement dans le pays. Le message prévenait qu’une révolte aurait lieu le 15ème jour du 8ème mois.
La première apparition des gâteaux de lune date de la dynastie des Tang (618-901). À cette époque, une minorité nationale attaquait régulièrement les frontières nord du pays. L'empereur Li Shiming ordonna au général Li Ning de mettre fin à cette menace. Après plusieurs mois de guerre, le général rentra victorieux de sa mission le 15e jour du 8e mois de l'année.
Plus tard, durant la dynastie des Yuan vers 1300, la Chine était controlée par les Mongols. Excédé par cette occupation, le peuple Han cherchait à se révolter pour se libérer de l'emprise de ces barbares. Un jour, l'un des généraux eut une idée qui entra dans la légende chinoise. Il cacha un message à l'intérieur d'un gâteau que seul le peuple Han aimait manger. Dans ce message était écrit : 八月十五殺韃子 qui signifiait : " le 15e jour du huitième mois, tuez les barbares".
Une légende populaire veut que le signal de la révolte des Han contre la dynastie mongole squattant alors le territoire (à partir de 1279) ait été donné par le biais de messages cachés dans les gâteaux de lune. Les Mongols goûtant manifestement peu la pâtisserie chinoise laissèrent circuler les gâteaux sans se douter de rien et se prirent une formidable raclée en 1368, ouvrant la voie à l’avènement de la dynastie Ming en Chine.
Différentes recettes de gâteaux de lune sont présentées ici : fruits secs, oeufs et fruits. Les inscriptions auspicieuses, symboles et dessins imprégnés dans la pâte grâce au moule ont presque toutes disparues dans les commerces au profit de l’idéogramme du « parfum » de la garniture du gâteau.
La Fête de la Lune est avant tout une fête familiale. Une fois le repas terminé, les familles sortent pour se balader et contempler la lune. Les parcs sont généralement pris d'assaut par ceux qui ont fait le choix d’un picnic nocturne. La lune offre un beau spectacle : pleine et brillante, elle illumine les rues et les maisons.
L’expression « mi-automne » apparaît pour la première fois dans le chapitre Yaodian du Livre des Shang, le plus ancien document historique chinois. Sous la royauté Zhou (1046-256 avant J.C.), il est de coutume de tenir une grande cérémonie pour accueillir l’automne et célébrer le clair de lune.
Sous la dynastie Han (202 avant J.C.--220 ap. J.C.), l’empereur conduit la noblesse en campagne de chasse et le gibier pris constitue l’offrande sacrificielle du culte de la Mi-automne. Sous les Tang (618-907), de même que sous les Han, la célébration de la fête de la Mi-automne demeure la prérogative de la noblesse.
À partir des Tang les gâteaux de lune prisés pour leur goût exquis se diversifient. Leur surface est souvent marquée de dictons et de motifs relatifs au clair de lune préalablement tracés sur un moule, la forme des pâtes et la composition des farces s’enrichissent.
La Fête de la lune a pour origine, tu l’as vu, un sacrifice. Ce dernier visait autrefois à remercier les divinités pour les récoltes d’automne et rendait ainsi grâce à la vitalité de la nature qui, par lien de cause à effet, permettait aux Hommes de remplir leur estomac et leur garde-manger et ce, chaque année.
Or, les Chinois associèrent longtemps les concepts de naissance et de régénérescence à la lune et à l’eau, idées qu’ils connectèrent aux menstruations en les nommant « eaux mensuelles ». Prenons l’exemple du peuple de Zhuang (vivant dans le Guangxi, sud-est de la Chine). Une fable ancienne populaire rapporte que le soleil et la lune forment un couple et les étoiles leurs enfants. Quand la lune est ronde dans le ciel cela signifie qu’elle est enceinte tandis que sa forme de croissant indique qu’elle a accouché. Ces grossesses et naissances à répétition associèrent naturellement la déesse lunaire Chang’e, non pas à un cas social, mais à l’immortalité puisque sa descendance semblait infinie.
La déesse Chang’e est ainsi associée au lièvre apothicaire qui est aussi le préparateur de l’élixir d’immortalité. Quant à Yuè Laǒ (le vieil homme de la lune) dieu du mariage, il noue d’invisibles liens entre les hommes et les femmes combinant ainsi des mariages et garantissant le renouvellement des générations (et donc l’immortalité symbolique des lignées).
Dans le cas du lièvre, la symbolique de l’immortalité est claire et s’ajoute à celle - moins connue - de l’éternelle renaissance des astres de la nuit associée à la bestiole. Notons d’ailleurs que le cuisine fusion sucré-salé chinoise n’emporta pas un vif succès auprès des envahisseurs mongols.
Garder l'équilibreLes anciens moules à yùe bǐng témoignent de l’importance qu’eut cette fête pendant plusieurs siècles. Le gâteau de lune rond adopte traditionnellement cette forme du cercle parfait pour symboliser à la fois l’unité, la réunion, l’équilibre et l’éternité.
Moule à forme de carpe. Précisons d’abord que les dragons sont des animaux mythiques auspicieux en Chine et pas méchants comme dans l’imaginaire occidental. Ils résident la moitié de l’année dans le ciel tandis qu’ils trouvent refuge durant l’autre moitié dans les océans. Au début de sa vie, le dragon est un poisson des plus banals : une carpe. Alors que se profile l’équinoxe, les carpes remontent les rivières en direction de la « porte du dragon », vers le soleil couchant.
C’est précisément à 6 heures du soir, au moment où le soleil couchant croise le lever de la lune à l’horizon qu’aura lieu la métamorphose de la carpe en dragon. Ce moment d’équilibre parfait entre jour et nuit, entre lumière et obscurité, marque le partage de l’année en deux parties égales (yin et yang). Du succès de cette métamorphose de carpe en dragon, dépendent les moissons de l’équinoxe d’automne.
Nota bene : je t’épargne la symbolique du dragon qui est un animal d’eau à qui l’on doit la pluie, les moussons, les fleuves, rivières, mers et océans. Les gâteaux de lune et les artisans fabricant les moules pour les confectionner sont toujours très répandus au Vietnam où la culture chinoise à longtemps dominée sur ce territoire.
Un des derniers sculpteurs de moules à yùe bǐng au Vietnam est installé à Hanoï et se nomme Pham Van Quang.
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