Campagnes de Sensibilisation au Gaspillage Alimentaire: Un Enjeu Mondial

Chaque année, près d’un tiers de la nourriture produite dans le monde n’arrive jamais dans nos assiettes, elle est perdue ou gaspillée tout au long de la chaîne alimentaire. Le 29 septembre a ainsi été proclamé Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture par les Nations Unies, afin d’attirer l’attention du grand public sur l’ampleur du gaspillage alimentaire et d’encourager des actions concrètes pour y remédier.

Instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2019, elle répond aux préoccupations croissantes face à l’ampleur du gaspillage alimentaire et à ses conséquences.

L'ampleur du gaspillage alimentaire

En moyenne, les Français jettent 20 kg de déchets alimentaires chaque année, dont 7 kg de produits non consommés encore emballés. Chaque année, nous gaspillons en France près de 10 millions de tonnes de nourriture. En 2023, le gaspillage alimentaire s’élevait à 3,8 millions de tonnes de déchets par an. Les ménages sont responsables de 35% du gaspillage alimentaire total généré en France, sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Pour prendre un exemple concret : En Europe, on estime qu’un habitant gaspille en moyenne 173 kg de nourriture par an, en grande partie évitable.

Saviez-vous que 13,2 % des denrées alimentaires produites au niveau mondial sont perdues, entre la récolte et la vente ? On estime également que près de 20 % de la production alimentaire internationale est gaspillée dans les ménages, mais aussi dans la restauration et la grande distribution.

Selon le dernier rapport de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 783 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim et plus de 3,1 milliards de personnes n’ont pas accès à une alimentation saine et équilibrée. Les conflits actuels ne font qu’exacerber la situation, fragilisant un nombre toujours plus important d’enfants et d’adultes qui ne peuvent pas manger à leur faim. Dans un contexte de grande disparité mondial, il est de notre devoir d’avoir une attitude plus responsable et respectueuse envers la nourriture.

Les conséquences du gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire pèse donc lourdement à la fois sur l’économie, mais aussi sur l’environnement. A l’échelle mondiale, c’est un tiers des aliments produits qui finit à la poubelle, alors même que des millions de personnes souffrent encore de la faim.

Au-delà du gâchis de nourriture, les pertes et gaspillages alimentaires entraînent un fardeau écologique considérable. Produire des aliments qui ne seront jamais consommés mobilise des ressources naturelles énormes pour rien : des terres agricoles (environ 30 % des terres cultivables serviraient à cultiver de la nourriture qui sera gaspillée), de l’eau douce en quantités astronomiques, de l’énergie, des engrais et des heures de travail… Tout cela pour finir à la poubelle.

Le gaspillage alimentaire contribue aussi fortement au changement climatique : on estime que les pertes et déchets de nourriture génèrent 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait ainsi l’un des trois plus gros émetteurs de CO₂, derrière la Chine et les États-Unis. En décharge, les aliments qui pourrissent émettent du méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant.

À titre de comparaison, la pollution due au gaspillage représente près de cinq fois les émissions de tout le trafic aérien mondial. Enfin, ce gaspillage de nourriture aggrave la dégradation de la biodiversité : pour rien, on aura épuisé les sols, pêché les océans ou abattu des forêts afin de produire ces aliments finalement non consommés.

Jeter de la nourriture, c’est aussi jeter de l’argent. L’impact économique du gaspillage alimentaire se chiffre en centaines de milliards de dollars perdus chaque année. Selon les estimations de l’ONU, la valeur de la nourriture qu’on gaspille représenterait environ 750 milliards de dollars par an (sans même compter les impacts environnementaux qui, eux, sont plus difficiles à monétiser).

Pour les producteurs, ce sont des récoltes perdues ; pour les entreprises agroalimentaires et les distributeurs, ce sont des investissements, du temps et de l’énergie gaspillés ; pour les consommateurs, c’est de l’argent dépensé dans des aliments qui finiront à la poubelle. À l’échelle des nations, un tel gâchis alimentaire pèse sur l’économie et la sécurité alimentaire. Les pertes réduisent l’offre de nourriture disponible sur le marché, ce qui peut contribuer à faire monter les prix. Par ricochet, cela affecte le pouvoir d’achat des ménages et l’accès des plus pauvres à une alimentation suffisante.

Sur le plan social et humanitaire, le gaspillage alimentaire est un scandale moral. Chaque portion de nourriture jetée à la poubelle représente un repas qui aurait pu nourrir quelqu’un dans le besoin. Réduire le gaspillage ne suffirait certes pas à éradiquer à lui seul la faim, qui est un problème complexe, mais cela pourrait y contribuer fortement en rendant plus de nourriture disponible là où elle fait défaut.

Par exemple, il a été calculé qu’en économisant seulement un quart de toute la nourriture gaspillée dans le monde, on pourrait nourrir environ 870 millions de personnes, soit largement de quoi éliminer la faim actuelle. Le gaspillage alimentaire révèle aussi des inégalités : dans les pays riches, on jette parce qu’on produit et on consomme au-delà de nos besoins, alors que dans d’autres régions, des communautés entières manquent du nécessaire. C’est un enjeu d’équité et de justice sociale que de mieux redistribuer les ressources alimentaires.

Enfin, même à l’échelle locale, le gaspillage a des conséquences sociales : par exemple, les invendus alimentaires pourraient profiter aux associations d’aide aux plus démunis. Ce type d’initiative législative, désormais déployée dans d’autres pays, montre qu’il est possible de mobiliser la solidarité pour transformer du gaspillage en ressource utile aux plus démunis.

Initiatives et solutions contre le gaspillage alimentaire

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par les Nations Unies pour 2030 font office de feuille de route mondiale pour répondre aux grands défis de notre époque. Parmi ces 17 objectifs, l’ODD 12 met l’accent sur la production et la consommation durable afin de faire un meilleur usage de ressources naturelles limitées. Le gaspillage alimentaire est une priorité de l’ODD 12. Ce dernier vise en effet comme objectif de réduire de moitié le volume des pertes alimentaires mondiales par habitant d’ici 2030.

En France, de nombreuses initiatives ont émergé pour répondre au défi du gaspillage alimentaire. De la loi Garot en 2016, et à la loi EGalim en 2018, jusqu'à la loi Climat et Résilience en 2021, la France a pris de nombreuses dispositions législatives pour lutter contre le gaspillage alimentaire. La loi anti-gaspillage (AGEC) impose par exemple aux supermarchés de faire don de leurs invendus alimentaires aux associations. Des startups comme Too Good To Go ou Phénix s’engagent également à accompagner les entreprises à valoriser leurs surplus ou invendus.

La Commission européenne a mis en place un cadre de surveillance des niveaux de déchets alimentaires des États membres, dont un des objectifs est de suivre l’évolution des niveaux de déchets alimentaires incluant les niveaux de gaspillage alimentaire sur leur territoire et de mesurer l’efficacité de leurs politiques de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Bonne nouvelle : chacun d’entre nous peut contribuer à la lutte contre le gaspillage alimentaire, et des solutions émergent à toutes les étapes de la chaîne.

Citoyens (à la maison) : Nous pouvons tous adopter de simples réflexes anti-gaspi au quotidien. Par exemple, mieux planifier ses achats et ses repas pour n’acheter que le nécessaire, apprendre à cuisiner les restes et accommoder les « fonds de frigo », comprendre les dates de péremption (« à consommer de préférence avant » ne signifie pas que l’aliment n’est plus bon après cette date !), conserver correctement les aliments (réfrigération, congélation) pour prolonger leur fraîcheur, ou encore accepter de consommer des fruits et légumes « moches » mais tout aussi bons.

Changer ses habitudes peut paraître contraignant, mais c’est avant tout une source d’économies. Acheter uniquement ce dont on a besoin, mieux conserver la nourriture pour qu’elle dure plus longtemps ou encore transformer ses restes permet à la fois d’alléger nos poubelles, mais aussi notre budget. C’est aussi l’occasion de redécouvrir le plaisir d’une cuisine inventive, où chaque ingrédient est utilisé à sa juste valeur.

Au quotidien, de nombreux gestes permettent de réduire le gaspillage alimentaire. L'un d'eux : accommoder les restes. Bien ranger son frigo permet de lutter contre le gaspillage alimentaire tout en respectant la chaîne du froid. Retrouvez de nombreux conseils à ce sujet. Comment conserver les aliments ?

Chaque geste compte : servir de plus petites portions pour éviter de jeter ce qui n’est pas mangé, faire du compost avec les épluchures et déchets organiques, ou donner les produits qu’on ne consommera pas (à des voisins, des amis ou via des applications de dons alimentaires) sont autant de moyens simples de réduire le gaspillage à l’échelle d’un foyer.

Entreprises (production, distribution et restauration) : Les professionnels ont un rôle clé à jouer pour réduire les pertes tout au long de la chaîne. Dans l’agriculture, cela passe par de meilleures techniques de récolte et de stockage pour éviter que les produits ne se perdent avant d’arriver sur le marché. Dans l’industrie agroalimentaire et la grande distribution, optimiser la gestion des stocks et de la logistique permet de minimiser les invendus ; plusieurs enseignes mettent en place des rayons ou paniers de produits à prix réduits en fin de journée pour écouler les denrées proches de la date limite.

Les supermarchés, quant à eux, peuvent nouer des partenariats avec des banques alimentaires pour faire don de leurs invendus chaque jour plutôt que de les jeter (comme l’impose la loi en France ). Dans la restauration (restaurants, cantines, hôtels…), de nombreuses initiatives voient le jour : ajuster la taille des portions servies, proposer aux clients d’emporter les restes (doggy bag), ou encore mesurer et analyser les déchets alimentaires pour identifier où agir.

Les nouvelles technologies apportent un coup de pouce bienvenu : applications mobiles de mise en relation pour récupérer à petit prix les invendus du jour (telles que TooGoodToGo, Phenix, etc.), ou équipements connectés en cuisine pour suivre en temps réel ce qui part à la poubelle et ainsi adapter les commandes et les menus.

Collectivités et pouvoirs publics : Les collectivités locales (mairies, régions) et les États peuvent créer un environnement favorable à la réduction du gaspillage. Cela passe par des campagnes de sensibilisation à grande échelle (par exemple dans les écoles, les collèges, via des programmes éducatifs sur l’alimentation durable) pour ancrer de bonnes pratiques dès le plus jeune âge.

Les municipalités peuvent encourager ou organiser des événements anti-gaspi : ateliers de cuisine des restes, banquets solidaires utilisant des invendus, concours anti-gaspillage dans les cantines scolaires, etc. Les pouvoirs publics ont également la capacité d’inciter ou d’imposer certaines mesures : par exemple, instaurer le tri et la collecte séparée des biodéchets (déchets de cuisine) pour qu’ils soient valorisés en compost ou en biogaz plutôt qu’envoyés en décharge, ou encore mettre en place des subventions et récompenses pour les commerçants et restaurateurs exemplaires en matière de lutte anti-gaspi.

Des lois comme celle adoptée en France en 2016 peuvent être répliquées ailleurs pour obliger les grandes surfaces à redistribuer les invendus aux associations. À l’échelle internationale, les gouvernements sont encouragés à fixer des objectifs de réduction du gaspillage alignés sur les ODD et à partager les bonnes pratiques. Enfin, les collectivités peuvent soutenir l’innovation et les projets locaux : aide à la création de plateformes de don alimentaire, appui aux épiceries solidaires, ou financement d’études pour comprendre le gaspillage sur leur territoire.

En adoptant des gestes simples, comme planifier ses repas, valoriser les invendus locaux ou composter, nous réduisons efficacement notre empreinte écologique tout en retrouvant une connexion plus saine avec notre alimentation.

Le rôle des entreprises dans la sensibilisation

En effet, en tant qu’acteur central de la société, l’entreprise joue un rôle majeur dans la sensibilisation au gaspillage alimentaire. En partageant des ressources et de bonnes pratiques autour de cette problématique, elle ne se contente pas de répondre à ses responsabilités économiques et sociales mais œuvre activement pour un changement collectif et durable.

Pour les entreprises, s’emparer de la lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est bien plus qu’un simple geste militant. Sensibiliser ses collaborateurs sur le sujet et leur donner des outils pour s’engager efficacement contre le gaspillage permet aux organisations de promouvoir des valeurs fortes, et d’ancrer leur démarche dans une politique RSE ambitieuse. En intégrant ce combat dans leurs actions RSE, elles renforcent le sens au travail, fidélisent leurs équipes et contribuent à bâtir un futur durable.

Cela peut passer par la participation aux grandes campagnes nationales dédiées au gaspillage alimentaire, comme la Semaine Européenne du Développement Durable ou la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets. Ces initiatives sont en effet des moments clés pour sensibiliser les équipes et permettent de mettre en avant les bonnes pratiques via des ateliers pédagogiques ou des défis collaboratifs. En sensibilisant leurs équipes, les entreprises peuvent aussi transmettre ces bonnes pratiques dans les cercles personnels de leurs collaborateurs (familles, amis). Cette diffusion amplifie l’impact des actions menées au sein de l’organisation tout en renforçant le sens et l’engagement des salariés.

Idées pour sensibiliser les collaborateurs au gaspillage alimentaire

  • Teamupp vous propose un atelier interactif et ludique pour sensibiliser vos équipes sur l’importance de réduire le gaspillage alimentaire. L’objectif premier de cette animation est de transmettre des connaissances très concrètes à vos collaborateurs afin qu’ils comprennent mieux les enjeux du gaspillage, mais aussi et surtout de leur partager des outils concrets pour l’éviter et ainsi diminuer leurs dépenses alimentaires. Notre atelier de sensibilisation s’adapte facilement aux disponibilités de vos équipes.
  • Sensibilisez vos employés et transformez-les en acteurs du changement avec ce challenge interactif qui peut durer une semaine ou même un mois.
  • Cet atelier collaboratif permet à vos collaborateurs d’analyser les causes et les conséquences du gaspillage alimentaire à travers un jeu de cartes interactif. Comme pour la fresque du climat, ce format original permet non seulement de partager des ressources et informations précieuses sur la thématique abordée (comprendre le cycle de vie des aliments, les enjeux écologique, économique et social du gaspillage).
  • Plutôt que de miser sur une animation ponctuelle, vous pouvez monter un stand éphémère dans vos locaux (par exemple à l’occasion de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets). Ce bar à astuce proposera des animations différentes auxquelles vos employés pourront participer pendant la pause déjeuner, par exemple. Il peut s’agir de mini-ateliers sur le tri ou la conservation des aliments, mais aussi des dégustations de recettes réalisées à partir de déchets alimentaires (comme les fanes de carottes, les épluchures de fruits) ou de produits “imparfaits”.

Vous l’aurez compris avec cette liste d’idées pour sensibiliser les collaborateurs au gaspillage alimentaire : la clé de leur succès est la gamification ! La gamification consiste à utiliser des mécaniques de jeu dans un contexte non ludique (comme la challenge, le quiz, un système de points et de récompenses, etc.). Cette méthode est aujourd’hui plébiscitée en entreprise car elle permet de mobiliser et engager ses équipes de manière beaucoup plus efficace. La dimension ludique et interactive permet en effet de rendre l’apprentissage plus agréable. La gamification suscite la curiosité, elle motive les participants et favorise donc une meilleure compréhension des enjeux. Les animations collaboratives renforcent également la cohésion des équipes et incitent vos employés à travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs. Cette stratégie ancre donc votre démarche RSE dans une dynamique à la fois plus collective et positive. Pour finir, c’est un bon moyen de faire passer un message sans culpabiliser. La gamification permet d’aborder la lutte contre le gaspillage alimentaire de manière constructive et engageante, sans tomber dans un discours moralisateur. Les collaborateurs apprennent à identifier les bonnes pratiques tout en s’amusant et en se créant de nouveaux souvenirs avec leurs collègues.

Organisez un atelier de sensibilisation au gaspillage alimentaire et engagez efficacement vos collaborateurs dans votre démarche RSE !

Campagne "STOP au gaspillage alimentaire"

À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture instaurée en 2020 par l’ONU, le 29 septembre, pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) de l’agenda 2030, en particulier sur le gaspillage alimentaire1, le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire renouvelle sa campagne « STOP au gaspillage alimentaire ».

Cette nouvelle édition, qui entend sensibiliser à la fois les enfants et leurs parents mais aussi les jeunes par son côté ludique, propose des leviers d’action simples pour réduire le gaspillage alimentaire : consommer des produits « hors normes2 » en particulier les fruits et légumes, valoriser les restes, consommer des produits de saison, acheter en quantité adaptée à la taille du foyer, connaître les bonnes pratiques de la congélation afin de conserver les aliments, mieux interpréter et gérer les dates de consommation, etc.

Le maître mot de la campagne « Stop au gaspillage alimentaire ! » : réduire le gaspillage alimentaire, c'est simple, accessible à tous et cela permet de faire des économies.

Initiatives locales

Un atelier est organisé annuellement sur chaque communauté des communes et est animé par Christine DENIBAUD, de Cap Santé Social. Cette année, nous avons eu la chance de bénéficier de dons de fruits et de légumes de saison de différents partenaires locaux. Canal Ha! Les Journées nationales du don agricole, placées sous le haut patronage du ministère en charge de l’agriculture et initiées par l'association Solaal, ont lieu tout le mois de septembre. Chaque année, de nombreuses actions sont organisées afin d'associer les filières agricoles et alimentaires à cette démarche solidaire.

À l’occasion de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets (19 au 27 novembre), Provence Alpes Agglomération s’associe à l’entreprise To Good To Go pour lancer une campagne de sensibilisation au gaspillage alimentaire en mettant à contribution toutes les communes du territoire souhaitant s’engager. Cette action fait suite à l’adhésion de l’agglomération au Réseau des Villes Anti-Gaspi de Too Good To Go en juin dernier. Pour rappel, en 2021, la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) a fixé l’objectif de réduire le gaspillage alimentaire (lié à la production, la transformation et la consommation) de 50% d’ici 2030. Or, à ce jour, les ordures ménagères d’un habitant de Provence Alpes Agglomération comprennent encore 6,4 % de gaspillage alimentaire. Faute d’avoir été consommées, ces denrées deviennent des déchets et s’accumulent dans des centres d’enfouissement.

Conclusion

On le voit, les solutions techniques et les bonnes pratiques existent ; toutefois, rien ne changera en profondeur sans une évolution des mentalités. En parlant ouvertement du gaspillage alimentaire et de ses conséquences, on brise le tabou du « jetable » et on fait réaliser à chacun la valeur de la nourriture. La Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture, chaque 29 septembre, joue un rôle crucial de ce point de vue.

Surtout, la sensibilisation constante, pas seulement le 29 septembre, mais tout au long de l’année, est essentielle pour ancrer de nouvelles habitudes. Changer nos comportements vis-à-vis de la nourriture demande du temps et des efforts d’information. Il s’agit par exemple d’apprendre aux consommateurs à faire la différence entre date limite de consommation (au-delà de laquelle un aliment peut présenter un danger) et date de durabilité minimale (après laquelle un produit reste consommable même s’il peut perdre un peu en qualité) : cette éducation permettrait d’éviter une énorme part du gaspillage domestique dû à des produits jetés à tort.

En bref, sensibiliser, c’est donner envie d’agir.

La lutte contre le gaspillage alimentaire est un défi de société, mais c’est aussi une formidable opportunité de construire un système alimentaire plus durable, solidaire et efficace. En réduisant nos pertes, nous pourrions nourrir mieux la population mondiale, atténuer la pression sur les écosystèmes et le climat, et réaliser d’importantes économies.

Il reste certes beaucoup à faire pour atteindre l’objectif fixé par l’ONU de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2030 (ODD 12.3), mais les progrès sont tangibles. Surtout, on constate une prise de conscience grandissante : gaspiller moins devient une valeur partagée, une sorte de « nouvelle politesse » envers la planète et l’humanité.

En changeant notre regard sur la nourriture, en la respectant à sa juste valeur, nous changeons aussi notre modèle de société vers plus de durabilité.

Chaque État membre devra ainsi réduire de 20 % le gaspillage au stade de la transformation et de la fabrication, et de 40 % dans la distribution et la restauration, par rapport à 2020. Cette législation constitue une avancée politique majeure et envoie un signal fort aux acteurs du secteur agroalimentaire, les incitant à accélérer leur transition vers des pratiques plus durables.

En cette Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture, rappelons-nous que chaque geste compte. Luttons ensemble contre le gaspillage alimentaire - pour les gens, pour la planète, et pour les générations futures.

Comme le dit le slogan de l’ONU : « Stop au gaspillage alimentaire. Pour les hommes. Pour la planète. » Il ne tient qu’à nous de faire de cet objectif une réalité, un pas après l’autre, assiette par assiette. Ensemble, apprenons à apprécier chaque morceau de pain et chaque fruit à sa juste valeur, et construisons un avenir où plus aucune nourriture ne sera produite en vain.

[Consomag] Comment limiter le gaspillage alimentaire ?

tags: #gaspillage #alimentaire #campagnes #de #sensibilisation

Articles populaires: