Le gaspillage alimentaire est un problème important de notre époque, avec des conséquences délétères sur l’environnement, l’économie et la société. Chaque année, des millions de tonnes de nourriture finissent à la poubelle alors qu’elles pourraient nourrir des populations ou être utilisées à d’autres fins. Face à cette situation alarmante, il est crucial d’agir à tous les niveaux, du producteur au consommateur.
Nous vous proposons ici un petit guide pour comprendre les enjeux du gaspillage alimentaire, connaître les chiffres clés et découvrir des solutions concrètes pour réduire votre impact.
Le gaspillage alimentaire se définit comme l’ensemble des aliments destinés à la consommation humaine qui, à un moment de la chaîne alimentaire, sont perdus, jetés ou dégradés. La réglementation européenne définit comme « denrée alimentaire » toute substance ou produit, transformé, partiellement transformé ou non transformé, destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d'être ingéré par l'être humain. Ces denrées comprennent également les parties non comestibles, telles que les os attachés à la viande destinée à la consommation humaine, les peaux de certains fruits et légumes ou les coquilles d’œufs. Les déchets alimentaires comportent ainsi une fraction comestible et non comestible.
En France, le gaspillage alimentaire est défini par la loi comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée ou dégradée ».
En France, cette problématique est d’une ampleur significative. En 2021, le pays a généré 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires, soit environ 129 kg par habitant. En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne (contre 8,8 millions en 2021). Parmi ces déchets, 4,3 millions de tonnes étaient des aliments encore comestibles, représentant un gaspillage alimentaire de 63 kg par personne.
Les ménages sont responsables de 42 % de ce gaspillage, suivis par les industries agroalimentaires (25 %), la production primaire (12 %), la restauration (12 %) et la distribution (9 %).
Les enjeux liés à ce gaspillage sont multiples :
Le gaspillage alimentaire est un enjeu écologique, économique et social majeur.
Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le monde. Cela représente environ un tiers de toute la nourriture produite pour la consommation humaine. Un chiffre alarmant quand on sait que près de 820 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim.
Le gaspillage alimentaire varie considérablement d'une région à l'autre. Dans les pays développés, la majorité du gaspillage alimentaire se produit au niveau de la consommation. Par exemple, en Europe et en Amérique du Nord, les consommateurs jettent entre 95 et 115 kg de nourriture par personne chaque année. En revanche, dans les pays en développement, le gaspillage alimentaire survient principalement au niveau de la production et de la chaîne d'approvisionnement, en raison d'infrastructures et de technologies insuffisantes.
Le gaspillage alimentaire entraîne un impact environnemental colossal. La production de nourriture consomme d'énormes quantités de ressources naturelles, telles que l'eau, l'énergie et la terre. Lorsque cette nourriture est jetée, ces ressources sont également gaspillées. De plus, les déchets alimentaires en décomposition produisent du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Le gaspillage alimentaire est ainsi responsable de 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le gaspillage alimentaire génère des pertes économiques majeures. En France, le coût global est estimé à 16 milliards d'euros par an. À l'échelle internationale, ce chiffre grimpe à 750-1 000 milliards de dollars par an ! Ces coûts incluent les pertes pour les producteurs, les distributeurs et les consommateurs, ainsi que les coûts associés aux impacts environnementaux et sociaux.
Sur le plan social, le gaspillage alimentaire aggrave les inégalités. Tandis que des millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, des milliards de personnes continuent de souffrir de la faim. Réduire ce gaspillage pourrait libérer des ressources pour nourrir les populations affamées et améliorer la sécurité alimentaire mondiale.
Le gaspillage alimentaire se produit à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, depuis la production agricole jusqu’à la consommation :
Face à l’ampleur du problème, la France s’est dotée d’un cadre réglementaire pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
Réduire le gaspillage alimentaire est à la portée de tous. Voici une série d’actions que vous pouvez mettre en œuvre à différents niveaux:
L’économie sociale et solidaire (ESS) peut jouer un rôle important dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. De nombreuses structures de l’ESS ont développé des initiatives innovantes et efficaces pour réduire le gaspillage, tout en créant des emplois et en favorisant l’inclusion sociale.
Les cantines scolaires représentent un lieu idéal pour agir contre le gaspillage alimentaire et pour sensibiliser les jeunes générations.
Dans les cantines scolaires de la ville de Rueil-Malmaison, le dispositif « petite et grande faim » permet d’adapter les portions aux besoins des élèves, tandis que les denrées non consommées sont redistribuées à des associations comme le Secours populaire, la Croix-Rouge ou les Restos du Cœur. De plus, la ville intègre désormais au moins 30 % de produits bio dans les repas et déploie des outils concrets pour sensibiliser et agir : tables de tri, fontaines à eau, composteurs, ainsi qu’un projet de méthanisation.
La ville de Levallois-Perret, a mis elle aussi en place des actions fortes pour réduire le gaspillage alimentaire sur la commune. Cela passe notamment par l’engagement des commerces alimentaires et restaurants à travers la signature de la charte anti-gaspillage alimentaire ainsi que leur participation à l’Éco-Trophée qui récompense l’engagement de ces derniers et des artisans dans leur action en lien avec le développement durable. Cette charte mise en place par la ville en 2024, compte désormais 58 signataires contre 35 lors de son lancement.
Cette charte s’accompagne également de mesures concrètes, comme par exemple l’introduction d’options végétariennes dans les menus des cantines scolaires, ainsi que le déploiement du dispositif « Troc zone », visant à limiter le gaspillage alimentaire en permettant aux élèves de deux écoles de bénéficier d’un « frigo solidaire ». Cette armoire réfrigérée permet aux enfants d’y stocker les aliments non consommés après leur repas.
Courbevoie s’affirme comme un territoire pilote, en multipliant les partenariats et en obtenant une reconnaissance internationale pour ses actions concrètes et durables.
Courbevoie fer de lance de la lutte contre le gaspillage alimentaire sur le territoire de Paris Ouest La Défense met en place progressivement, depuis 2021, des chartes d’engagement contre le gaspillage alimentaire avec les supermarchés, les hôpitaux, la restauration collective de la commune et les commerces de bouche. Grâce à ces chartes et aux engagements des signataires, environ 500 000 repas ont été sauvés et redistribués aux associations caritatives. De plus, elle a été reconnue au plan international pour sa lutte contre le gaspillage alimentaire et la précarité alimentaire, en intégrant en 2024 l’initiative « villes vertes » de la FAO, Organisation des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation.
À l’échelle territoriale, POLD fédère les initiatives locales, en déployant des chartes communes et en soutenant les villes dans leurs actions concrètes.
Fort de ces initiatives territoriales, l’Etablissement Public Territorial Paris Ouest La Défense s’est inspiré des actions menées sur le territoire, afin de proposer trois chartes de lutte contre le gaspillage alimentaire à destination des commerçants, des supermarchés et des services de restauration collective. Ces chartes ont pour vocation d’accompagner les villes dans leurs actions de prévention des déchets alimentaires. Elles pourront proposer aux différents acteurs de l’alimentation de devenir signataires de ces chartes en s’engageant à toute ou partie des actions visant à réduire le gaspillage alimentaire.
Dans le sillage de Courbevoie, Puteaux s’engage à son tour, en combinant chartes « anti-gaspi » et sensibilisation des jeunes générations dans les écoles.
La ville de Puteaux, inspirée portée par la mobilisation de Courbevoie dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, a développé ses propres chartes « anti-gaspi ». Depuis près de 90 000 repas ont déjà été sauvés. Parallèlement, la commune se distingue dans les établissements scolaires en menant des actions de sensibilisation :
La Garenne-Colombes choisit d’accompagner ses commerçants, en s’appuyant sur une convention partenariale pour limiter les pertes alimentaires.
En 2022, la ville a officialisé une convention partenariale avec Phenix, afin d’accompagner les commerçants de La Garenne-Colombes à réduire leur gaspillage alimentaire.
| Niveau d'Action | Actions Concrètes | Acteurs Impliqués |
|---|---|---|
| Individuel (À la Maison) | Planification des repas, conservation adéquate, utilisation des restes, compréhension des dates de péremption, compostage | Consommateurs |
| Entreprises (Cantines, Restaurants) | Adaptation des portions, tri des déchets, options anti-gaspillage, éducation des convives | Restaurateurs, gestionnaires de cantines |
| Collectif (Local) | Soutien aux initiatives locales, participation aux événements anti-gaspillage, création de jardins partagés, sensibilisation | Associations, collectivités locales, citoyens |
| Économie Sociale et Solidaire (ESS) | Récupération des invendus, transformation et revalorisation, sensibilisation, création d’emplois d’insertion | Associations, entreprises sociales |
| Cantines Scolaires | Adaptation des portions, redistribution des denrées, intégration de produits bio, sensibilisation des élèves | Écoles, collectivités locales, associations |
Chaque geste compte. Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales.
Le gaspillage alimentaire n’est pas une fatalité. C’est une habitude, et les habitudes se changent. Commencez par une action cette semaine, puis ajoutez-en une autre la semaine suivante. Le changement commence dans nos cuisines. Chaque aliment sauvé est une petite victoire pour notre porte-monnaie et pour la planète.
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