Le gaspillage alimentaire est un problème mondial complexe avec des conséquences vastes et variées. En comprenant mieux les statistiques et les impacts de ce gaspillage, nous pouvons commencer à prendre des mesures pour y remédier. Chaque action compte, et ensemble, nous pouvons œuvrer pour un avenir plus durable et équitable.
La France a défini dans la loi AGEC (2020) le gaspillage alimentaire comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée ou dégradée ».
Depuis 2022, le gaspillage alimentaire fait l’objet d’un suivi annuel pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. Ces chiffres sont disponibles sur la plateforme EUROSTAT. Ce suivi s’applique à l’ensemble des déchets alimentaires (qui représentent en 2023 pour la France 9,7 millions de tonnes) comprenant à la fois les aliments non comestibles (os, noyau…) et les aliments comestibles. C’est sur cette dernière catégorie, les aliments comestibles jetés, que l’on peut agir pour réduire le gaspillage alimentaire.
En France, en 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits ; parmi eux, 3,8 millions de tonnes étaient encore comestibles : produits abîmés, restes de repas, etc.
Chaque année, un Français jette 61 kilos de déchets alimentaires, dont 19 kilos de nourritures encore comestibles. La valeur moyenne du gaspillage alimentaire s'élève à 100€ par habitant par an.
Dans l’Union européenne, selon EUROSTAT, elle serait de près de 132 milliards d'euros par an, due à 59 millions de tonnes de déchets alimentaires.
En 2021, les Français ont généré 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires, soit 129 kg par habitant.
Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le monde. Cela représente environ un tiers de toute la nourriture produite pour la consommation humaine. Un chiffre alarmant quand on sait que près de 820 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim.
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales.
Les déchets sont générés à chaque étape de l’alimentation humaine, depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la distribution.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
La FAO distingue la perte de nourriture survenue avant l’arrivée du produit chez le consommateur (problèmes de récolte, stockage, transport, transformation) du gaspillage « stricto sensu », qui concerne ce qui est jeté lors de la distribution ou par le consommateur final.
En France, environ 10 millions de tonnes d’aliments sont perdues ou jetées chaque année. Cela représente près de 150 kg par habitant, dont près de la moitié pourrait être évitée.
Dans le monde, c’est près d’un tiers de la production alimentaire qui n’est jamais consommée, soit 1,3 milliard de tonnes chaque année.
Jeter de la nourriture gaspille aussi toutes les ressources utilisées pour la produire : eau, terres agricoles, énergie, travail. Le gaspillage alimentaire serait à l’origine de 3 % des émissions de gaz à effet de serre en France, contribuant même à 7 % des émissions mondiales.
En 2022, 9,4 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les ménages contribuent de manière conséquente aux déchets alimentaires en France : ils génèrent à eux seuls 42% des déchets alimentaires totaux. Les industries agro-alimentaires produisent quant à elles 25% des déchets alimentaires totaux. Les secteurs de la production primaire et de la restauration ont généré respectivement 12% de déchets alimentaires.
Le gaspillage alimentaire varie considérablement d'une région à l'autre. Dans les pays développés, la majorité du gaspillage alimentaire se produit au niveau de la consommation. Par exemple, en Europe et en Amérique du Nord, les consommateurs jettent entre 95 et 115 kg de nourriture par personne chaque année. En revanche, dans les pays en développement, le gaspillage alimentaire survient principalement au niveau de la production et de la chaîne d'approvisionnement, en raison d'infrastructures et de technologies insuffisantes.
Le gaspillage alimentaire entraîne un impact environnemental colossal. La production de nourriture consomme d'énormes quantités de ressources naturelles, telles que l'eau, l'énergie et la terre. Lorsque cette nourriture est jetée, ces ressources sont également gaspillées. De plus, les déchets alimentaires en décomposition produisent du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Le gaspillage alimentaire est ainsi responsable de 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le gaspillage alimentaire génère des pertes économiques majeures. En France, le coût global est estimé à 16 milliards d'euros par an. À l'échelle internationale, ce chiffre grimpe à 750-1 000 milliards de dollars par an ! Ces coûts incluent les pertes pour les producteurs, les distributeurs et les consommateurs, ainsi que les coûts associés aux impacts environnementaux et sociaux.
Sur le plan social, le gaspillage alimentaire aggrave les inégalités. Tandis que des millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, des milliards de personnes continuent de souffrir de la faim. Réduire ce gaspillage pourrait libérer des ressources pour nourrir les populations affamées et améliorer la sécurité alimentaire mondiale.
Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, plusieurs actions peuvent être entreprises à différents niveaux :
Les mesures nationales en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire se sont progressivement renforcées au cours des 10 dernières années, avec la signature du premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire réunissant l’ensemble des parties prenantes en 2013 (renouvelé pour deux périodes de 3 ans), la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en 2015, la loi Garot en 2016, la loi EGAlim en 2018, et enfin la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC) ou la date de durabilité minimale (DDM).
La date limite de consommation (DLC) indique une limite impérative. Elle est signifiée par la mention « à consommer jusqu’au… » suivie du jour, du mois, et éventuellement de l’année. Elle s'applique à la majorité des produits à conserver au frais qui sont très périssables (viandes, les poissons, la charcuterie, les plats cuisinés, produits laitiers frais etc.). Une fois la DLC dépassée, les aliments concernés sont impropres à la consommation car ils présentent un caractère dangereux pour la santé.
Pour les produits alimentaires qui ne sont pas soumises à la mention DLC, une date de durabilité minimale (DDM) est apposée, présentée sous la forme « à consommer de préférence avant… ». Celle-ci concerne les produits secs, stérilisés et déshydratés (café, lait, jus de fruit, gâteaux secs, boîtes de conserve, pâtes, riz, sucre, farine, etc.). Le dépassement de la DDM ne rend pas l'aliment dangereux pour la santé. Il peut en revanche avoir perdu son arôme ou sa consistance. Les aliments dont la DDM est dépassée, contrairement à ceux dont la DLC est dépassée, peuvent être commercialisés et consommés.
Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
| Secteur | Objectif | Échéance |
|---|---|---|
| Distribution alimentaire et restauration collective | Réduction de 50% par rapport à 2015 | 2025 |
| Consommation, production, transformation et restauration commerciale | Réduction de 50% par rapport à 2015 | 2030 |
tags: #gaspillage #alimentaire #en #europe #chiffres #clés
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic