Gaspillage Alimentaire: Chiffres, Statistiques et Solutions Mondiales

Le gaspillage alimentaire est un problème mondial qui touche tous les pays, qu'ils soient riches ou pauvres. Clementine O’Connor, experte du Programme des Nations unies pour l’environnement, souligne que ce phénomène n'est pas l'apanage des pays riches.

Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), plus de 1 milliard de tonnes de nourriture ont été jetées dans le monde en 2022. Cela représente près d’un cinquième de la nourriture disponible. Si l’on y additionne les pertes alimentaires, qui s’observent aux étapes de la récolte agricole, du transport et de la transformation, c’est environ un tiers de l’alimentation qui est ainsi perdue.

Un milliard de repas sont gaspillés chaque jour dans le monde, une « tragédie mondiale », déplorent les Nations unies, alors que 9,2 % de la population, soit 735 millions de personnes, souffre de faim chronique.

L'ampleur du gaspillage alimentaire

La dernière étude de la FAO sur le sujet réalisée en 2011, estime qu’un tiers de la nourriture est perdu ou gaspillé le long de la chaîne alimentaire, depuis la production jusqu’à la consommation, ce qui représente environ 1,3 milliard de tonnes par an. En 2019, une étude du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) estimait que 913 millions de tonnes de nourriture, soit 17% de la nourriture totale disponible aurait été jetée dans les poubelles des ménages, des commerçants, des restaurants et autres services alimentaires.

Sur le plan mondial, 121 kilos de denrées alimentaires sont gaspillés chaque année au niveau du consommateur, dont 74 kilos au sein des ménages. La réduction totale des pertes et gaspillages permettrait de nourrir environ 2 milliards de personnes selon l’International Food Policy Research Institute (IFPRI).

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Les causes du gaspillage alimentaire

Un grand nombre de facteurs influencent le niveau de perte et de gaspillage des productions. Les pertes alimentaires font référence à des situations dans lesquelles les produits agricoles ou alimentaires sont détériorés avant d’atteindre la dernière étape de production ou d’entrer dans le circuit de vente au détail. Les pertes relèvent principalement de limitations financières, techniques et de gestion touchant les récoltes, les infrastructures et conditions de stockage, les systèmes d’emballage et de commercialisation, auxquels viennent s’ajouter les conditions climatiques favorisant la détérioration des aliments. Les niveaux de pertes les plus élevés se retrouvent dans les pays en développement.

Le gaspillage alimentaire concerne les aliments éliminés dans le commerce de détail ou jetés par les consommateurs. On estime que le gaspillage alimentaire est notamment le fruit d’une méconnaissance de la signification des dates inscrites sur le produit par le consommateur, de la non-adéquation des produits à des normes de qualité ou d’apparence strictes et de mauvaises pratiques d’achat et de conservation par les consommateurs. Une proportion élevée de denrées alimentaires est encore perdue tout au long de la chaîne d’approvisionnement aujourd’hui.

Impacts économiques et environnementaux

Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales.

Au total, le coût direct des pertes et gaspillages alimentaires pour l’économie mondiale représente 1 000 milliards de dollars, soit 924 milliards d’euros par an. C’est l’équivalent de 132 € par personne et par an. L’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime à 647 milliards d’euros par an, les dommages environnementaux causés par le gaspillage alimentaire.

Le PNUE estime que la perte et le gaspillage de nourriture génèrent 8 à 10 % des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre (GES). Ce gaspillage conduit aussi à une perte importante de biodiversité, en occupant l’équivalent de près d’un tiers des terres agricoles de la planète.

Initiatives et solutions pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Il existe cependant diverses solutions pour lutter contre les pertes et gaspillages alimentaires. La réduction des pertes et gaspillage est un objectif central pour la FAO, puisqu’il concerne simultanément des problématiques de gestion des ressources, de réduction des émissions de CO2, de production agricole, de nutrition, d’innocuité et de qualité des aliments.

Initiatives mondiales

  • SAVE FOOD: L’initiative mondiale de réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, SAVE FOOD, a été initiée en 2011 par la FAO et la société Messe Düsseldorf GmbH. L’initiative vise à encourager le dialogue entre les industriels, les chercheurs, les politiques et la société civile sur le sujet des pertes et gaspillages alimentaires.
  • Campagne « Pensez. Mangez. Préservez - Dites non au gaspillage alimentaire »: La FAO a également lancé, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et plusieurs partenaires, la campagne « Pensez. Mangez. Préservez - Dites non au gaspillage alimentaire », destinée à soutenir l’initiative SAVE FOOD sur le volet de la prévention et de la réduction du gaspillage alimentaire.

Mesures en France

Les mesures nationales en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire se sont progressivement renforcées au cours des 10 dernières années, avec la signature du premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire réunissant l’ensemble des parties prenantes en 2013 (renouvelé pour deux périodes de 3 ans), la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en 2015, la loi Garot en 2016, la loi EGAlim en 2018, et enfin la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020.

La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.

La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.

Secteur Objectif de réduction Horizon
Distribution alimentaire et restauration collective 50% 2025
Consommation, production, transformation et restauration commerciale 50% 2030

Conclusion

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