La fraude alimentaire est un problème mondial qui touche de nombreux produits et consommateurs. Elle se manifeste sous diverses formes, allant de la substitution d'ingrédients à la falsification de l'origine des produits. Comprendre ces pratiques et leurs conséquences est essentiel pour faire des choix éclairés et soutenir les efforts visant à garantir la sécurité et l'authenticité des aliments.
Selon Eurofins, la fraude alimentaire se définit comme « la substitution, l’addition, l’altération ou la présentation inexacte des aliments, des ingrédients alimentaires ou des emballages alimentaires, ou des déclarations fausses ou trompeuses faites à propos d’un produit de manière délibérée et intentionnelle à des fins de gain économique ».
La fraude alimentaire est un phénomène ancien. Le vinage de l’alcool comme le sucrage du vin sont attestés depuis l’Antiquité ; de même, on utilisait alors divers procédés pour colorer le vin. La dilution du lait (mouillage), l’utilisation de solvant pour les huiles de pression, l’ajout de graisses végétales dans le chocolat ou encore d’amidon dans les confitures, la falsification des épices (safran) par ajout d’impuretés ou encore des pâtes par utilisation de blé tendre à la place du blé dur sont aussi des fraudes anciennes. C’est au xviiie siècle que le phénomène a pris une ampleur le développement des échanges et la croissance urbaine, qui a entraîné la multiplication des intermédiaires.
Les historiens ont montré que le développement du commerce au xixe siècle s’est accompagné d’un essor considérable de la tromperie et de la falsification des boissons et des denrées alimentaires, à tel point que le xixe siècle a été désigné comme l’« âge d’or de la falsification ». En Angleterre, par exemple, il y a eu au xixe siècle un paroxysme du frelatage. La fraude se développe au rythme de l’urbanisation, avec laquelle l’acheminement des produits du fabricant au consommateur devient plus long et les marchés plus anonymes.
Pour autant, c’est en 2013 que la notion de fraude alimentaire devient un réel sujet d’actualité. Souvenez-vous, des analyses avaient prouvé qu’une fraude d’origine européenne faisait passer de la viande de cheval pour de la viande de bœuf. Les risques pour la santé de ces actes frauduleux ont été d’une extrême gravité, faisant de nombreuses victimes. En Europe, en France plus particulièrement, l'affaire « des lasagnes à la viande de cheval » (utilisée à la place de la viande de bœuf car moins coûteuse), qui a éclaté en 2013, n’a pas eu de conséquences sur la santé des consommateurs, mais elle illustre les tromperies possibles concernant la composition des produits.
La liste des fraudes alimentaires possibles s’allonge, ne serait-ce que parce que les aliments et les technologies de production et de transformation sont de plus en plus nombreux. Pour autant, il n’est pas certain que cela se traduise par une augmentation des risques car, parallèlement, les moyens de lutte contre la fraude sont de plus en plus sophistiqués.
Il reste que les opportunités de fraude se multiplient sans cesse du fait de deux grandes tendances : l’internationalisation des marchés agricoles et alimentaires, et l’industrialisation de l’alimentation.
Les fraudes alimentaires se présentent sous différentes formes, chacune ayant des implications spécifiques pour les consommateurs et les producteurs. Voici quelques exemples courants :
Dans divers cas, l’escroquerie porte sur une fausse mention ou fausse origine (Made in France, label Rouge, bio, IGP, AOP, produits halal ou casher, absence d’OGM…). Mais dans divers autres cas, les produits frauduleux peuvent s’avérer dangereux pour la santé.
Voici quelques exemples concrets:
Deux types de contrôles permettent de limiter les fraudes alimentaires. D'une part, les auto contrôles menés par le directeur les entreprises elles-mêmes pour s’assurer qu’elles commercialisent des produits qui ne sont pas dangereux pour la santé. Ainsi, depuis 2005 toutes les entreprises du secteur alimentaire sont soumises à une série d’obligations qui visent à protéger les consommateurs au sein de l’Union européenne. De plus, ces obligations d’autocontrôles ont été précisées dans le cadre de la loi du 30 novembre 2018 appelée Egalim.
Malheureusement, il y a manque de contrôle de ses autocontrôles. L’autorité chargée de la qualité des denrées alimentaires n'analyse pas suffisamment les aliments dans les laboratoires du secteur agroalimentaire. Conséquence, de nombreuses failles sont observées créant ainsi la formation d'escrocs.
D'autre part, les contrôles inopinés menés par les agents de la répression des fraudes (DGCCRF), la Direction générale de l’alimentation (DGAL), et la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP). En cas d’infractions aux règles relatives à la sécurité sanitaire des aliments, les entreprises s’exposent à des sanctions. Pour autant, chaque État membre a des sanctions différentes en cas de violation des règles.
Chaque année, la Commission européenne publie le rapport du réseau européen de lutte contre la fraude alimentaire (Administrative Assistance and Cooperation system - Food Fraud). Créé en 2015, à la suite de la crise du Horsegate, ce réseau facilite aujourd’hui la coopération entre les États membres pour identifier des cas suspects de fraude alimentaire. Ce qui permet de cibler les denrées à risque.
Dans 47 % des cas, les non-conformités sont liées à des étiquetages trompeurs. Les cas de dilution, de substitution, d’addition ou de retrait constituent le second motif (20 %). D’après le rapport, ces fraudes interviennent en majorité de la viande de bœuf substituée par du porc ou de la viande de cheval. L’utilisation de process ou de traitement interdits en Europe est également répertoriée (16 %).
Europol, la Commission européenne et l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) mènent des opérations régulières et mettent à jour des réseaux criminels organisés.
Un article de 60 Millions de consommateurs, relayant les chiffres de la DGCCRF, révèle l’ampleur des fraudes alimentaires en 2024. Les fraudes à l’origine des produits alimentaires restent massives en 2024. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), citée dans un article de 60 Millions de consommateurs, tire la sonnette d’alarme : plus d’un tiers des établissements contrôlés affichent des anomalies sur l’indication de provenance, notamment dans les rayons fruits et légumes.
Voici quelques exemples:
La Répression des fraudes pointe les produits à fort volume et à saisonnalité chevauchée entre France et étranger, comme les melons, tomates, poires ou nectarines. Ces fruits et légumes sont particulièrement visés par les fraudes à l’origine. L’organisme rappelle qu’« une trop bonne affaire peut être suspecte », surtout hors saison ou si un seul commerçant affiche une origine France inhabituelle.
Toutefois, la DGCCRF nuance : 57 % des anomalies sont considérées comme mineures. Sur les 1 520 établissements en infraction, plus de 870 ont reçu un simple avertissement. « L’enjeu est de déterminer s’il y a eu intention de tromper ou non », insiste l’administration.
Le cas des Pink Lady venues du Chili: En juillet 2023, des pommes Pink Lady vendues en magasin Carrefour portaient une étiquette « origine France », alors que les autocollants sur les fruits indiquaient le Chili.
Face à ces risques, les consommateurs ont deux réponses possibles. Seconde attitude, être attentif à la provenance et aux informations sur l’étiquetage. Une huile d’olive de grande marque, une huile d’olive de producteur très nettement indiquée, ne posent pas de problème en principe. Mais certaines étiquettes sont plus floues qui interrogent. Un plat surgelé contenant de la viande et peu de précisions sur l’origine, pose question, etc.
Il existe néanmoins certains services mis à disposition du consommateur pour garantir la qualité et la fiabilité des denrées alimentaires. C’est notamment le cas de l’application Raptoo, un des services gratuits dans la gestion des rappels de produits.
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