La Figurine en Biscuit de Porcelaine : Histoire et Fabrication

La porcelaine du XIXe siècle illustre un chapitre fascinant de l'histoire de l'art. Au XIXe siècle, la porcelaine n'était pas seulement un objet utilitaire mais également un symbole de raffinement et de statut social.

L'Histoire de la Porcelaine en Europe

Originaire de Chine où elle est fabriquée pour la première fois durant la dynastie des Han jusqu’au IIIe siècle, la porcelaine arrive en Europe à partir du XIIIe grâce à des voyageurs comme Marco Polo. Le succès des objets réalisés en porcelaine est instantané. La porcelaine chinoise commença à se diffuser en Europe, influençant les formes et les décors au goût des Occidentaux. La découverte du secret de fabrication en Occident fut progressif. L'Europe ne connut la porcelaine qu'au XVIIIe siècle. La porcelaine de Chine fut bientôt exportée en Occident.

Dès le XVe siècle, le Vietnam produisit des porcelaines blanches à partir de gisements de feldspath et de kaolin situés non loin d'Hanoi. La production de Bat Trang et d'Annam connut son apogée. Le Japon suivit, avec l'ouverture de la première manufacture de porcelaine au Japon.

Vers la fin du XVIIe siècle, les premières porcelaines tendres européennes firent leur apparition. La manufacture de Meissen produisit une porcelaine de grande qualité. Le style rocaille alors en vogue inspira la création de figurines en porcelaine tendre dans le style de Meissen.

La manufacture de Copenhague (fondée en 1752) produisit des pièces de grande qualité, notamment le service Flora Danica et des figurines. La porcelaine dure fut également produite à Limoges à partir de 1771. La manufacture de Chelsea (v. 1745-1784) prit modèle sur des services en argent.

D'autres manufactures telles que celles de Davenport (v. 1793-1887), Wedgwood, Ridgway, New Hall et Rockingham gagnèrent en notoriété.

Centres de Fabrication Majeurs

Sèvres, France

La Manufacture de Sèvres était renommée pour ses pièces de porcelaine de grande qualité, souvent commandées par la royauté et l'aristocratie européenne. Le style de Sèvres se caractérisait par des couleurs vives et des détails dorés.

Meissen, Allemagne

Meissen est célèbre pour avoir été le premier site de production de porcelaine en Europe, grâce à la découverte de l'alchimiste Johann Friedrich Böttger.

Fabrication de la Porcelaine

Le biscuit en porcelaine est une céramique sans glaçure. La porcelaine est une matière vitreuse et imperméable. Pour obtenir sa blancheur immaculée, les céramistes préparent une pâte de porcelaine sans glaçure, composée d'argile de kaolin et de feldspath. Cette technique travaillée par Jean-Jacques Bachelier donne sa caractéristique au biscuit de porcelaine. Elle confère au biscuit sa légèreté, sa délicatesse et son aspect brillant et translucide.

La formule de la porcelaine fut identifiée par hasard grâce à un gisement de kaolin utilisé par la femme d'un potier pour laver son linge. La pâte de porcelaine permet de rendre des détails d’une infinie finesse comme dans les groupes d’animaux du surtout de tables d’après Jean Baptiste Oudry. Ce groupe figure des scènes de chasse, chaque sculpture marquée d’un F en creux. Un exemplaire s’est vendu 95 000 euros.

Voici quelques techniques de façonnage et de décoration :

  • Barbotine (façonnage par pressage)
  • Moulage (plus petite que le moule)
  • Tournage
  • Application sur le biscuit
  • Cuisson supplémentaire n'excédant pas 750°C
  • Glaçure au plomb, nécessitant une seconde cuisson
  • Peinture sur couverte, avec ou sans fond bleu

Styles et Motifs

Les figurines en biscuit représentent souvent des scènes mythologiques ou des scènes inspirées de la littérature ancienne ou contemporaine. Les décors peuvent inclure des motifs de famille verte, famille jaune et famille rose, particulièrement pour l'exportation. Sous le règne de l'empereur Qianlong (1736-1796), les manufactures réalisèrent des reproductions de modèles anciens.

Le biscuit de porcelaine permet de fabriquer différents objets décoratifs tels qu’une figurine de bergère, un buste ou une réduction de grandes statues. Les ornements peuvent néanmoins varier selon la manufacture. La ville de Saxe est réputée pour ses créations polychromes, aux détails parfaitement exécutés. La manufacture de Meissen produit des bibelots et des objets en biscuit de style rocaille d'une qualité exceptionnelle. Naples possède également une production importante de biscuits en porcelaine entre le XVIIe et le XIXe siècle. La manufacture de Capodimonte, influencée par la production de Meissen, se distingue par ses magnifiques ornements. Des compositions florales décorent souvent les créations de l'art de la table, que ce soit les tasses, les assiettes ou les vases.

Ces décors sont repris dans les œuvres plus récentes mais la finesse n’est souvent pas la même. Les figurines, statuettes et bustes en biscuit de porcelaine sont très recherchés. Les produits de la Manufacture de Sèvres sont connus pour leur qualité exceptionnelle d'exécution et de décoration et peuvent être estimés à des prix très élevés. Les pièces décoratives de la Manufacture de Meissen sont également appréciées. Les œuvres réalisées par des céramistes célèbres de l'époque comme Jacob Petit présentent également une valeur plus importante. Louis-Simon Boizot enregistre également de belles ventes pour ses œuvres, dont un buste du roi Louis XVI en biscuit de porcelaine de Sèvres du XVIIIe. Créée en 1785, cette magnifique statue est adjugée 2 200 €.

Exemples de Figurine en Biscuit

Voici quelques exemples de figurines en biscuit qui illustrent la diversité et la finesse de cet art :

  • Très joli biscuit monté en lampe de l'époque NIII . Travail de grande qualité, deux angelots enlaces' ( manque les deux ailes à un angelot) vendu dans l'état ! Grande finesse dans les détails !
  • Magnifique biscuit de Sèvres de grande qualité représentant un couple d'amoureux et des angelots ailés .biscuit sur le thème de l'amour .
  • Magnifique ensemble en biscuit de Sèvres marqué sous la base représentant les quâtres saisons . Grande finesse des visages des mains , des pieds et des voilages . En très bon état !
  • Très beau biscuit de Georges Lévy 1820.1899 . signé . Ici jeune fille avec nid et oisillons . Très belle qualité de porcelaine tendre . Léger éclat à l'arrière sur le piédouche .
  • Groupe en porcelaine française d'inspiration mythologique, provenant de la manufacture Samson et datant du troisième quart du XIXe siècle.
  • Rare buste de marie-Antoinette en biscuit de Sèvres d'époque Napoléon III daté 1870.
  • E. LAURENT Eugène, buste de jeune fille au corsage fleuri en biscuit blanc sur piédouche en porcelaine bleue à réhauts de dorure, base carré en bronze. Signé E. Laurent.
  • Charmante paire de statuettes représentant un couple en costume, debout sur des bases rocaille finement sculptées.
  • Très beau buste d'enfant en biscuit d'après Houdon . En très bon état ! Très grande qualité ! Très beau visage et grande finesse dans cette sculpture !
  • Sujet en porcelaine de biscuit coloré d'époque 19 ème, représentant un couple romantique sur un socle de forme ovale.
  • Magnifique ornement en biscuit de porcelaine raffiné peint à la main. Haute qualité artistique, regardez tous les petits détails.
  • Une rare sculpture de collection de Luigi Giorgio Benacchio pour le fabricant italien Triade. En 1986, Benacchio et les frères Perdomello ont vendu toutes leurs parts de l'entreprise à Giorgio Basso, qui a poursuivi la production jusqu'en 1997, date à laquelle il a laissé la direction de la fabrication à ses enfants Sergio et Laura. L'usine est toujours en activité sous le nom de "Nuova Triade".

Comment Estimer la Valeur d'un Biscuit de Porcelaine

Vous possédez un biscuit en porcelaine du XVIIe ou XIXe siècle et souhaitez connaître sa valeur ? Découvrez le guide pour estimer votre biscuit de porcelaine du XVIII ou XIXème siècle. On parle parfois de porcelaine crue. Par extension, le biscuit désigne les statuettes de figure ou groupe de figures créées du milieu du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours.

Il est également important de vérifier l'état général des objets en biscuit de porcelaine. Les pièces en bon état, sans altérations importantes, ont une cote plus élevée.

Enfin, vous devez vous assurer que votre œuvre est authentique et n’est pas une reproduction.

Le biscuit peut orner des objets décoratifs. C’est le cas avec une figure d’Uranie tenant un globe céleste sur une pendule de Lepaute. Celle-ci a atteint plus de 100 000 euros aux enchères.

Une paire de statuettes figurant le grand jardinier et la grande jardinière réalisée probablement par Defernex d’après François Boucher a obtenu plus de 20 000 euros. En parfait état, les sculptures ne présentent ni chocs, ni fêles, ni restaurations.

A presque 30 000 euros, les enchères ont dévoilées un Louis XV en première grandeur d’après Jean-Baptiste Pigalle et marqué LB en creux.

Un buste de Napoléon de la manufacture de Sèvres, marqué de Brongniart et d’après un modèle de Chaudet a obtenu presque 90 000 dollars.

Ces pièces exceptionnelles retiennent l’attention des amateurs. Vous pensez détenir un trésor ? Pour connaître la cote de votre biscuit de porcelaine, confiez son estimation à nos experts en mobilier et objets d’art.

Une pendule en biscuit estimée entre 300 € et 400 € est adjugée 600 € en 2022. La figurine représente un ange porté par des nuées qui s'apprête à frapper un tambour dans lequel s'inscrit le mouvement de la pendule.

Un bol-sein de Marie-Antoinette en biscuit et porcelaine dure, estimé entre 600 € et 800 €, vendu 1 400 € en 2022. Aussi appelé jatte-téton, le bol décoré d’une frise de guirlande dorée à l'intérieur est posé sur les bras tendus de deux putti en biscuit. Cette œuvre de la Manufacture de Sèvres est conservée dans un écrin rectangulaire à la forme gainée de cuir rouge à gaufrage doré, intérieur en velours de soie.

Un flacon couvert à corps sphérique en biscuit de porcelaine, estimé entre 1 500 € et 2 000 € est adjugé 3 900 € en 2022.

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La sculpture en ronde-bosse à Sèvres

La sculpture en ronde-bosse fut cultivée à Sèvres sous forme de biscuit, l’une des plus délicates créations du XVIIIe siècle. Lieu de création, la Cité de la céramique de Sèvres comprend également un extraordinaire musée. Constamment enrichi, il abrite, de nos jours, outre de nombreux biscuits, tous les modèles originaux en terre cuite du XVIIIe siècle. L’intérêt de cet ensemble, unique, se trouve par ailleurs accru par la présence, à la manufacture, de la plupart des modèles en plâtre.

Le biscuit naquit d’une volonté de rivaliser avec les figurines de Saxe, créées à partir du kaolin, matière minérale indispensable pour fabriquer la véritable porcelaine. Privés, jusqu’en 1768, de gisements reconnus de ce type d’argile, les arcanistes français avaient mis au point, dès le XVIIe siècle, une matière similaire artificielle, appelée pâte tendre. Pour concurrencer pleinement la porcelaine de Saxe, il restait à mettre au point une riche gamme de couleurs et la possibilité de fixer l’or. Cet effort fut conduit avec succès à Vincennes, manufacture expérimentale fondée en 1740. Les années 1746-1754 furent particulièrement fécondes. En abandonnant autour de 1752 la couverte, porteuse d’effets d’empâtement, Vincennes introduisit une révolution du goût. Cuites au naturel sans polychromie, les œuvres en ronde-bosse y gagnèrent un statut de sculpture miniature à part entière et méritèrent bien, avec leurs merveilleux effets satinés dus au polissage, le nom de « biscuit ».

La fabrication était néanmoins complexe et exigeait de multiples transpositions à partir d’une première terre crue, découpée en morceaux pour obtenir les moules des diverses parties. Par une succession d’opérations n’interdisant pas les retouches d’habiles repareurs, la sculpture pouvait ainsi être moulée, recomposée et cuite en biscuit.

Contrairement aux décors de chinoiserie en faveur à la Manufacture de Sèvres depuis sa création, cette statuette n’est pas une figure de fantaisie mais un véritable portrait, celui de l’empereur de Chine Qianlong (1736-1795). Il s’inspire d’une aquarelle du père Panzi, jésuite attaché à la cour de Pékin, prêtée à la manufacture par le secrétaire d’État Henri Bertin. Cet important client n’hésitait pas à influer sur les choix artistiques de l’entreprise, suggérant des décors et apportant des modèles. Érudit passionné par la Chine, il fit publier en 1776 les Mémoires concernant l’histoire, les sciences, les arts […] des Chinois dont le frontispice reprenait la transcription en gravure du portrait de Qianlong. Ce portrait aquarellé servit également de modèle pour des tableaux sur porcelaine ; en 1776, l’année même de la sortie du biscuit, une première plaque, peinte par le peintre Charles-Éloi Asselin, était vendue à Louis XVI au prix considérable de 480 livres, suivie de deux autres.

Vraisemblablement élaborée au cours de l’année 1775, la figure de L’Empereur de la Chine a été attribuée au sculpteur Josse-François-Joseph Le Riche, modeleur à Sèvres de 1757 à 1801, sans qu’aucun document d’archive ne vienne confirmer cette hypothèse. Le premier exemplaire en biscuit fut vendu en août l’année suivante à la duchesse de Mazarin.

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L’œuvre était proposée au prix de 72 livres, somme relativement modeste mais qui s’explique par la simplicité de la figure qui requérait sept moules pour sa fabrication, alors que les groupes les plus ambitieux en nécessitaient jusqu’à cent. La production de petite sculpture en biscuit, c’est-à-dire sans couverte, avait assuré à la manufacture le prestige d’un nouveau matériau céramique, à la surface blanche finement polie évoquant le marbre. Son développement à partir du milieu du siècle fut tel qu’en 1757 la Manufacture de Sèvres nomma un directeur de la sculpture, poste tenu jusqu’en 1766 par Étienne-Maurice Falconet (1716-1791), alors remplacé par le peintre Jean-Jacques Bachelier (1724-1806) jusqu’en 1773, puis par le sculpteur Louis-Simon Boizot (1743-1809) qui l’occupa jusqu’à sa mort.

Au sein de cette production exportée puis imitée dans toute l’Europe, L’Empereur de la Chine, malgré le prestige de ses principaux acheteurs - la reine Marie-Antoinette, Madame Adélaïde, tante de Louis XVI, la duchesse de Durfort ou l’ambassadeur de Sardaigne… -, connut un succès limité puisque seuls treize exemplaires en furent vendus. L’austérité de ce portrait d’un souverain étranger, empreint d’une ironique sagesse, avait sans doute dérouté les clients, habitués à des créations plus aimables. Mais elle n’avait pas détourné la manufacture de la création de ces effigies de princes de royaumes lointains, puisque en 1787 Boizot modelait la statuette d’une figure en pied d’un jeune Prince de Cochinchine « afin de piquer la curiosité par du nouveau ».

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