Fiche Technique : Informations Essentielles sur le Porc

Le Cochon domestique, Sus domesticus, synonyme Sus scrofa domesticus, est un mammifère domestique omnivore de la famille des Suidae (Porcins). Le statut taxonomique a changé au cours du temps : après avoir longtemps considéré le porc comme une sous-espèce du sanglier (Sus scrofa), sous le nom de Sus scrofa domesticus, le code international de nomenclature zoologique (CINZ) a décidé de classer cette forme domestique (et de nombreuses autres) comme espèce séparée, afin d'éviter les confusions entre les populations sauvages et domestiques, tout en laissant la liberté de décider d'inclure ou non les animaux domestiques dans le concept d'espèces sauvages, conformément aux objectifs déclarés de liberté taxonomique dans le CINZ.

Le référentiel taxonomique national français (TAXREF), suivi par l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) a intégré cette recommandation, de même que l'American Society of Mammalogists.

L'étymologie du substantif masculin « cochon » est incertaine. La plupart des termes servant à décrire ou à désigner le porc sont d’origine latine, mais le mot cochon, quant à lui, n’est issu ni du latin, ni du germanique ou du celtique. Il procède peut-être de l'onomatopée koš-koš exprimant le grognement du porc, d'où le cri d'appel de cet animal, suivi du suffixe -on.

Le terme apparaît en français vers le XIe siècle et devient courant dès le XIIIe siècle, mais à cette époque, il désigne surtout le porcelet et principalement dans les parlers de langue d'oïl. Le tableau suivant donne un aperçu de l'étymologie des différents mots connus en français pour désigner le porc :

MotOrigineNotes
TroieBas latin troia, fémininL'origine du mot est disputée. Certaines sources le retracent à l'expression (porcus) troianus concernant une recette de porc farci. D'autres sources le rattachent à "un étymon gaulois, *trogja, formé du rad. *trŏgh « tirer » (dont sont issus, notamment en a. et m. irl.

Ce sont des animaux courts sur pattes, ayant une tête grande par rapport à leur corps, et de grandes oreilles. Le cochon a un très bon odorat. Le cochon a le dos plutôt droit. Contrairement aux vaches qui ont des sabots divisés, le cochon a des pieds élevés, ce qui fait qu'il marche sur la pointe des pieds.

Le cochon domestique possède 38 chromosomes. Le sanglier n'en possède que 36, à la suite d'une fusion ancestrale. Leur descendance commune est fertile. L'hybride est appelé cochonglier ou sanglochon. Les hybrides de première génération possèdent 37 chromosomes. Ensuite ils peuvent avoir 36, 37 ou 38 chromosomes. L'hybridation est fréquente dans les régions d'élevage de cochons en plein air ou bien lorsque la population sauvage a été reconstituée par des femelles de cochons domestiques saillies par un sanglier mâle, ainsi le sanglier corse est génétiquement très proche du cochon domestique.

Affiche montrant des cochons dressés pour un spectacle en 1898.

Utilisation et Importance du Porc

Interdite dans les religions juive et musulmane, la viande de porc est parmi les viandes les plus consommées au monde. Presque toutes les parties du porc sont utilisables en cuisine, ce qui se traduit par le dicton populaire « Dans le cochon, tout est bon », expression attribuée à Brillat-Savarin. Les soies de porc sont utilisées pour la fabrication de pinceaux et de brosses.

Au XIIe siècle, les porcs, clochette au cou, divaguent dans les rues de Paris et en nettoient les immondices. L'un d'eux cause, le 13 octobre 1131, la chute et la mort de Philippe, fils aîné et héritier du roi Louis VI le Gros. À la suite de cet accident, un édit royal interdit la divagation des cochons. Les seuls cochons qui échappent à l'interdit sont ceux des confréries de moines Antonins.

La plupart des cochons utilisés comme animaux de compagnie sont des cochons de races dites naines. En tant que nouvel animal de compagnie (NAC), le cochon ne bénéficie pas de la législation européenne sur les animaux de compagnie, qui est propre aux carnivores domestiques (chiens, chats et furets) ce qui complique fortement son passage aux frontières.

Un porcelet dans les rizières asséchées de la campagne de Don Det au Laos.

Sa constitution anatomique et biologique proche des humains et sa facilité d’élevage ont fait que le cochon est utilisé en recherche médicale et dans des applications thérapeutiques : chirurgie cardiaque (valves), production d'insuline et d'héparine (anticoagulant). La peau du cochon est très proche de celle des humains et peut, elle aussi, recevoir des coups de soleil.

Domestication et Histoire

La domestication de porcs a été faite dans deux foyers indépendants vers - 8000 au nord de la Mésopotamie et en Chine. Selon Larson les plus anciennes traces connues de porcs domestiques se trouvent dans l'est de la Turquie et à Chypre, soit dans la région qui a vu la naissance de l'agriculture, et datent du IXe millénaire av. J.-C.

Dans le nord de la Mésopotamie, la domestication des porcs a suivi une voie mixte « commensale et proie » transformée en un élevage extensif qui a persisté comme forme dominante de gestion des porcs pendant plusieurs millénaires. La génétique montre une claire origine au sein de l'espèce Sus scrofa. Au Proche-Orient, la domestication du porc remonte au IXe millénaire av. J.-C. selon des études génétiques. Le porc a été domestiqué bien après les ovins et les bovins, car peut-être moins capable de transhumer, et donc de suivre des groupes humains nomades. Sa domestication correspondrait donc à la sédentarisation de groupes humains et à l’apparition de l’agriculture.

En Chine, le porc constitue le premier bétail domestiqué aux alentours de - 9000 à Jiahu, vers - 8000 à Cishan. La génétique montre que les porcs européens sont issus de lignages de sangliers européens. « Curieusement, l'haplotype Y2 a été identifié dans le cochon sauvage corse moderne, ce qui en fait le seul spécimen européen moderne à posséder un haplotype du Proche-Orient et suggère que la lignée de ce cochon descend des premiers porcs domestiques arrivé en Corse avec les premiers colons néolithiques de l’île ». Par contre, les analyses sur des porcs fossiles européens montrent pour des périodes anciennes (5500 à 3900 ans avant notre ère) la présence de porcs portant des marqueurs moyen-orientaux sur une route de pénétration des cultures néolithiques moyen-orientales qui va du nord de la mer Noire à la France.

La facilité d’élevage et de reproduction du porc, l’abondance de sa viande vont faciliter son expansion rapide en Asie et en Europe. Mais certains peuples dont les Juifs ont considéré cet animal comme impur (tabou alimentaire). Les Juifs, conformément à leurs textes religieux, ne mangeaient que des animaux ruminants aux sabots divisés, comme les bovins et les agneaux.

En Angleterre, du temps de Guillaume le Conquérant, les forêts étaient encore si nombreuses et étendues qu'elles n'étaient pas valorisées par la quantité de bois, ou ce qui pourrait être abattu chaque année, mais par le nombre de porcs que les glands pouvaient entretenir.

L'explorateur espagnol Hernando de Soto, introduisit des porcs en Floride en 1539, comme source de nourriture pour les colons, et comme les autres animaux qui furent introduits dans les bois entre 1565-1732, ils se féralisèrent et finirent par perturber dramatiquement certains écosystèmes, notamment celui du pin des marais. Falmouth, en Virginie, a été surnommé « Hogtown » pendant la période coloniale à cause de tous les porcs qui couraient librement dans la région, et ce nom s’est longtemps maintenu au XXe siècle. Aujourd’hui en Virginie beaucoup de porcs continuent à s'échapper des enclos de ferme, et constituent un fléau dont l'État tente de se débarrasser.

Évolution de l'Élevage Porcin

La cause principale est que les humains ont sélectionné des races à la morphologie et au caractère leur convenant. Autrefois plus petits et rustiques et adaptés à la vaine pâture ou à la stabulation en forêt, les porcs sont devenus de plus en plus gros. En raison d'une demande croissante, le « grand porc blanc » a presque complètement évincé différentes races de porc laineux au XXe siècle.

À la suite d'une intense pression de sélection, très exacerbée par le développement de l'insémination artificielle et notamment pour des raisons de consanguinité, le porc fait partie des espèces domestiquées sensibles à la cryptorchidie (non-descente ou descente anormale des testicules chez l'embryon ou le porcelet mâle). Selon l'INRA, sur la base d'enquêtes faite en abattoirs, cette malformation génitale fluctue entre 0,5 et 2,2 % des mâles. Les différentes races y sont plus ou moins sensibles mais au sein d'une même race, le taux de mâles victimes de cette affection ne varie pas (ex : héritabilité estimée à 0,21 au sein de la « race Duroc » et à 0,28 pour la race « Landrace »). 80 % des ectopies testiculaires sont unilatérales et 20 % sont bilatérales, comme chez le chien. Chez le porc, l'ectopie est plutôt abdominale qu'inguinale et elle est située à gauche plus qu'à droite.

En France, au XVIIIe siècle, dans les campagnes, la viande fraîche, rôtie ou bouillie, ou en pâté n'était consommée qu'aux grandes occasions : fêtes religieuses ou événements familiaux, dont le plus gastronomique était « les noces ». La mise à mort du cochon était un des grands moments de la vie familiale et des villages ruraux, et une occasion de convivialité festive. Pour beaucoup, la plus grande fête de l'année était le jour où l'on tue le cochon, dit « le jour du cochon ». Toute la famille, et les voisins à charge de revanche, étaient mobilisés pour l'occasion - les enfants étaient dispensés d'école. Le goret était égorgé d'un coup de couteau coupant la carotide. Tenu par les hommes les plus costauds l'animal poussait des cris perçants qui ne cessaient qu'avec sa mort.

L'élevage porcin se développa particulièrement en France, en Allemagne et en Angleterre au cours du XIXe siècle pour ravitailler en viande et à bas prix les villes industrielles. La viande de porc, accompagnée de pommes de terre, devint la base de la nourriture populaire d'autant plus qu'elle répondait au goût des consommateurs, alors que les peuples méditerranéens étaient plutôt amateurs de viande de mouton. La viande rouge bovine était un luxe inaccessible aux bourses modestes. En 1789, la France passe d'une production de quatre millions de porcs à une production de 6,3 millions en 1880 - à comparer aux 15 millions de 2001 essentiellement fournis par les porcheries industrielles.

Dans le même temps, le poids moyen des porcs augmente. Certaines régions se spécialisent dans l'engraissement (Bretagne, Savoie, etc.) alors que certains départements, appelés « naisseurs », se spécialisent dans la fourniture de porcelets destinés à l'engraissement (Puy-de-Dôme, Ain, Loire, Allier, Nièvre, Saône-et-Loire).

Après l'armistice de 1918, la période de la reconstruction est l'occasion de développer l'adduction d'eau potable (alors dite « verdunisée ») et l'électricité dans les campagnes. C'est le début d'une période d'intense industrialisation de l'agriculture et de l'élevage ; la première porcherie expérimentale industrielle de France est ainsi construite en 1928-1929 sur le « Domaine de Molleville », à Consenvoye, près de Verdun, au cœur d'une zone dévastée (classée zone rouge, interdite aux labours et culture en raison des munitions) sur 25 ha sur un sol criblé de trous d’obus, nivelé après traitement par des amendements chimiques riches en phosphore (déchets industriels).

Ce lieu a produit une partie de l'élite de la génétique porcine de l'époque (cette ferme expérimentale est aujourd'hui redevenue une ferme céréalière). Les hangars de tôle et les silos sont installés dans les campagnes, dont en Bretagne. À partir des années 1970, alors que le remembrement et les hangars industriels artificialisent les paysages ruraux, la déshumanisation des élevages, les problèmes de pollution (nitrates et métaux lourds) et de manque de surface d'épandage pour les lisiers, de nitrates, d'odeur se développent.

La demande des consommateurs évolue. Alors qu'autrefois tout se mangeait dans le cochon, le jambon devient le produit phare, et l'on demande de la viande moins grasse. Une partie de la production doit donc être recyclée en farine animale. Malgré un suivi scientifique plus important et divers dispositifs régionaux, nationaux et mondial (OMS/OIE) d'épidémiosurveillance et d'alertes, des zoonoses émergentes (grippe porcine, peste porcine, susceptible de se transmettre aux sangliers et/ou à l'homme) ou réémergentes se développent, dont de nouveaux syndromes d'abord incompris, qu'on attribue à un « agent de Lelystad ».

La production mondiale de porcs est en 2014 d’environ 109 millions de tonnes, soit 790 millions d’animaux. Elle a augmenté en 2015 de 3 %, sauf en Chine premier producteur mondial avec 49,8 % du marché mondial, en baisse de 3,5 %. La Chine et l'Union européenne (UE) sont les acteurs principaux des échanges mondiaux. En 2012, l'UE représentait 57,6 % des importations russes ; en 2015 c'est le Brésil qui est devenu le premier fournisseur de la Russie (71,6 %). La consommation individuelle régresse −7,6 % de 2005 à 2015.

Races Porcines

Le LARGE WHITE est l’archétype d’une race avec beaucoup de points forts et sans lacunes notoires. Sa vocation de race femelle s’est considérablement renforcée depuis le début des années 90 avec la mise en oeuvre à grande échelle d’un plan de sélection original basé sur la détection et l’utilisation raisonnée des truies hyperprolifiques de la race. Ce programme a permis d’obtenir déjà une amélioration génétique appréciable de la taille de la portée à la naissance.

Le LARGE WHITE arrive également en tête des races améliorées pour les performances de croissance (gain moyen quotidien et indice de consommation). Il se distingue aussi par des performances très favorables pour la qualité de la viande. La population française est indemne du gène de sensibilité à l’halothane. Cette race occupe une position intermédiaire pour la teneur en muscle de la carcasse. Enfin, elle bénéficie de bonnes facultés d’adaptation et de membres solides qui en font un type génétique pouvant être exploité dans des conditions diversifiées.

Le LARGE WHITE occupe une position centrale dans la production porcine française. Il est associé au Landrace Français pour la production de la truie croisée F1 LARGE WHITE x LANDRACE qui est le type génétique de truies parentales le plus largement utilisé en France. Le large white est un porc de grande taille.

Élevage Porcin Biologique

La production porcine biologique connait une croissance régulière mais modérée depuis 2008. Parmi les nombreuses questions techniques qui se posent pour accompagner le développement de la filière, celle de l’alimentation est particulièrement prégnante. En effet, l’alimentation représente la part principale du coût de production (prix moyen de l’aliment : 0,45 €/kg en 2011*) : le passage à une alimentation 100 % AB en 2018, en raison d’une plus grande difficulté à atteindre l’équilibre alimentaire et d’une moindre disponibilité de certaines matières premières riches en protéines, pourrait encore augmenter ce coût alimentaire.

En outre, cet impératif réglementaire risque d’accentuer la dépendance de la filière française au tourteau de soja, majoritairement importé. Ainsi, quatre programmes de recherche (cf. A qui est destiné ce livrable ? Comment utiliser ce livrable ? Ce cahier propose différents chapitres indépendants les uns des autres permettant d'approfondir techniquement chaque aspect de l'alimentation biologique du porc. Ce cahier peut être parcouru du début à la fin pour suivre ce cadre méthodologique et concevoir un plan d'alimentation.

Nombre de page 40 p.Année de publication Septembre 2014Editeurs ITAB, IBB, CRA PDL et IFIPLanguesFrançaisLicence Creative Commons : CC BY NC NDLe contenu peut être distribué mais ne peut pas être modifié. Veuillez mentionner les auteurs.

Porcs au Pâturage

De plus en plus d’éleveuses et d’éleveurs s’intéressent à la détention de porcs au pâturage. C’est pourquoi le FiBL, Bio Suisse et KAGfreiland ont maintenant rassemblé les connaissances sur l’élevage de porcs en plein air pour une utilisation pratique. La nouvelle fiche technique montre comment l’élevage en plein air peut répondre aux exigences du bien-être animal et de la protection de l’environnement, tout en étant optimisé en termes d’organisation du travail et économiquement rentable.

Bien planifié et mis en œuvre, l’élevage en plein air offre un niveau de bien-être animal optimal, sans trop peser sur l’environnement. Ce type d’élevage porcin répond aux attentes de nombreuses consommatrices mais aussi de beaucoup d’éleveurs.Pour les détenteurs d’animaux, l’élevage de porcs en plein air offre plusieurs avantages tels qu’une diminution des coûts d’infrastructure et d’alimentation ainsi que de solides arguments en vente directe. Cependant, l’élevage à l’extérieur pose également un certain nombre de défis, qui doivent être pris en compte.

Dans la nouvelle fiche technique, des expertes et experts de différents domaines expliquent les aspects importants: quels sont les sites appropriés du point de vue de la protection de l’environnement et des eaux? Quelles sont les infrastructures requises? Comment l’alimentation et la gestion des pâturages doivent-elles être conçues pour être à la fois respectueuses des animaux et efficaces? La fiche technique de 20 pages peut être commandée sous forme de brochure dans la boutique en ligne du FiBL ou y être téléchargée gratuitement.

Top 4 des meilleures races de porcs en Afrique

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