La surveillance hydrique et alimentaire est une composante cruciale des soins prodigués aux résidents en Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD). Afin d'assurer un suivi optimal, la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise l'utilisation d'une fiche de surveillance alimentaire simplifiée. Cet article détaille l'objectif, la mise en œuvre et l'importance de cet outil.
La surveillance hydrique et alimentaire fait appel à deux techniques : l’une dite « complète » et l’autre dite « simplifiée ». L'objectif principal de la version simplifiée est de détecter rapidement les changements brusques dans les apports alimentaires ou hydriques d'une personne. Cette surveillance s’entend sur une période étendue de plusieurs semaines, voire en continu, en particulier pour les personnes souffrant de troubles cognitifs sévères.
L’équipe soignante alertera le médecin coordonnateur, l’IDEC ainsi que le médecin traitant, aussitôt qu’une rupture ou une baisse significative des prises hydriques ou alimentaires sera repérée. Un dépistage de la dénutrition se met alors en place. Se référer aux procédures ad hoc.
Toute personne résidante en unité de vie sécurisée bénéficie d’une surveillance hydrique et alimentaire simplifiée en continu, instaurée automatiquement dès leur entrée. Les résidents diagnostiqués comme dénutris font aussi l’objet d’une surveillance continue tant que leur état de santé le nécessite. Sur avis du médecin coordonnateur, du médecin traitant ou de l’IDEC, une surveillance hydrique et alimentaire simplifiée sera instaurée pour toute personne vivant au sein de l’établissement.
La fiche de surveillance hydrique et alimentaire simplifiée regroupe les sept jours d’une semaine. Pour chaque journée, les trois repas principaux sont symbolisés par un camembert (découpé en quatre quarts et dont le centre est utilisé pour signifier l’absence de prise alimentaire). Les collations sont elles aussi représentées par un camembert. Les apports hydriques sont objectivés par des verres. Chaque verre représente 100 ml (ou 100 cc) d’apport hydrique (café, thé, eau…).
Le repas correspond à tous les aliments sous toutes ses formes. La soupe, particulièrement lorsqu’elle est enrichie, correspond à un apport alimentaire plus qu’hydrique. La prise alimentaire sera évaluée pour l’ensemble du repas. La cotation des collations correspond à la quantité approximative ingérée de la collation habituellement préparée. Chaque verre représente 100 ml (ou 100 cc). Un bol de café correspond à environ deux verres. Chaque verre d’eau gélifiée correspond à 100 ml. La soupe est cotée dans le repas, même si celle-ci est liquide et apporte sa part d’hydratation. Cette part est prise en compte par le médecin coordonnateur lors de l’analyse des fiches de surveillance.
Chaque semaine, les soignants formulent une analyse dans le cadre prévu à cet effet, en bas à droite de la fiche. Le médecin coordonnateur établira une expertise dans le même cadre, et celle-ci sera retranscrite dans le logiciel résident informatisé. Les soignants sont invités à en prendre connaissance lors des transmissions quotidiennes.
L’arrêt de la surveillance simplifiée nécessite l’accord du médecin coordonnateur.
La surveillance dite « complète » détaille, sur trois jours, avec précision, les aliments et les quantités consommées. La surveillance dite « simplifiée » reporte, sur la semaine, les quantités globales consommées par repas sans faire de distinction des aliments.
Le présent protocole est sous la responsabilité de l’IDEC, de l’IDE et des AS. L'équipe soignante joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre de cette surveillance. Ils sont responsables de la collecte des données, de l'analyse hebdomadaire et de la communication des informations pertinentes au médecin coordonnateur, à l'IDEC et au médecin traitant.
Le médecin coordonnateur, quant à lui, assure l'expertise médicale et la coordination des actions à entreprendre en cas de détection de problèmes nutritionnels.
Il est crucial de comprendre les critères de diagnostic de la dénutrition. Le diagnostic de dénutrition nécessite la présence d’au moins 1 critère phénotypique et 1 critère étiologique.
Ils sont importants à connaître pour pouvoir les associer à un risque de dénutrition potentiel. En revanche, la baisse isolée de la force musculaire n’est pas forcément le signe d’une dénutrition.
Critères de la dénutrition :
Sévérité :
| Critères Phénotypiques | Critères Étiologiques |
|---|---|
Perte de poids d’au moins :
| Absorption diminuée :
|
Perte de poids :
| |
| IMC < 20 kg/m2 Sarcopénie confirmée |
Une fois le diagnostic posé, une prise en charge nutritionnelle adaptée doit être mise en place. Le Mini Nutritional Assessment (MNA®) est un outil de repérage spécialement élaboré pour dépister la dénutrition chez les personnes âgées. L’appétit et les apports alimentaires sont un des axes prioritaires sur lesquels vous pouvez agir rapidement. L’évaluation peut se faire au moyen de questions simples mais clés, adaptées au degré de compréhension de votre patient.
Paramètres et Fréquences :
Fréquences recommandées :
La fiche de surveillance alimentaire simplifiée HAS est un outil précieux pour le suivi nutritionnel des résidents en EHPAD. Son utilisation rigoureuse et l'implication de l'ensemble de l'équipe soignante permettent de détecter précocement les problèmes de dénutrition et de mettre en place une prise en charge adaptée, améliorant ainsi la qualité de vie des personnes âgées.
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