Aujourd’hui, partons à la découverte des expressions françaises qui mettent en scène notre appendice préféré : le nez ! Ces métaphores, souvent utilisées sans que l’on y prête attention, sont ancrées dans notre langage courant. Mais d’où viennent-elles ? Quelles sont leurs origines ?
« Tu as vidé ta bouteille de parfum ce matin ? Sentir la cocotte, généralement ce n’est pas bon signe ! » Cette expression signifie que l’odeur ressentie n’est pas agréable, voire même que ça sent clairement mauvais. Apparue au début du XXe siècle, le terme « cocotte », loin du gallinacé, faisait référence à des femmes aux mœurs légères. Ces demi-mondaines s’aspergeaient alors copieusement de fragrances entêtantes, notamment d’essence de patchouli de piètre qualité.
Lorsque quelqu’un vous mène par le bout du nez, cela évoque une influence absolue, un rapport de force d’une personne sur une autre, mais surtout une domination psychologique. Le geste de tirer quelqu’un par le nez pour le conduire où bon vous semble a ainsi élargi son sens pour passer de la domination physique à celle de l’esprit, tout en conservant cette image.
L’apparition de cette expression remonte au XVIIIe siècle, dans le « Dictionnaire étymologique de la langue françoise » sous le terme NEZ. Dans cet ouvrage, on retrouve l’analogie avec l’animal sur lequel on monte pour se faire conduire et auquel on attache une chaîne dans le nez pour le guider.
Cette expression signifie que l’on n’apprécie pas quelqu’un, et même que l’on a de grandes difficultés à supporter sa présence. Lorsque l’on n’aime pas une personne, on dit également qu’on ne peut pas la sentir, ou qu’on ne peut pas la « piffer » (ou piffrer selon les préférences) provenant du pif, qui signifie nez en argot.
À priori, difficile de faire rentrer une personne dans son nez, même si celui-ci avoisine la taille du cap ou de la péninsule. Il est complexe de retracer l’origine de l’expression et de dater sa première apparition. En tout cas, cette locution laisse entendre que, plus que l’individu en question, c’est son odeur qui nous reste dans le nez.
Chère aux vieux films de gangsters et aux romans policiers, l’expression « mettre au parfum » signifie placer quelqu’un dans la confidence, lui donner un renseignement précieux. Le terme parfum fait ici allusion au flair qui permet de suivre une piste.
Durant l’époque de la Renaissance, les boutiques des parfumeurs fleurissent dans toute l’Europe. Toute la bourgeoisie féminine s’y presse, à l’affût des précieuses compositions mais aussi des dernières nouvelles échangées au creux de l’oreille. L’expression prendrait donc son origine ici. Mais celle-ci sera popularisée bien plus tard dans les années 1960, durant le procès Ben Barka, lorsque l’un des protagonistes déclara à plusieurs reprises « Foccart est au parfum ».
Un pied de nez, c’est une grimace que font souvent les enfants. Pour la réaliser, rien de très compliqué, on appuie son pouce sur le nez et on accroche l’autre main sur le petit doigt de la première, en finissant par agiter les doigts (vous pouvez même y ajouter un « nanananère » ou un tirage de langue !).
Apparue au XVIIIe siècle, l’expression provient du pied, l’unité de mesure utilisée à l’époque. Les deux mains mises bout à bout représentent environ 30 centimètres, soit l’équivalent d’un pied.
Cette expression est tellement imagée, qu’il n’est pas difficile d’en comprendre le sens ! Faire quelque chose les doigts dans le nez signifie que la tâche ne nous demande pas d’effort particulier et qu’on peut l’accomplir avec une facilité déconcertante.
La locution n’est apparue qu’assez récemment dans la langue française. On la retrouve pour la première fois en 1912, dans le Dictionnaire des argots français de Gaston Esnault. Celle-ci serait apparue au début du XXe siècle, dans le milieu des courses hippiques. On dira alors que le jockey est arrivé premier les doigts dans le nez.
Pour faire simple, on peut résumer cette expression par « à mon avis ». On ne le dira jamais assez, notre nez est un formidable outil : pour sentir le danger, se rappeler des souvenirs heureux et bien sûr profiter de nos parfums préférés. Mais le nez nous sert aussi à mesurer, de façon plus moins précise, des choses diverses et variées…
Évaluer à vue de nez consiste donc à donner son avis sur quelque chose de mesurable. Pour comprendre cette expression, il faut relier l’utilisation du nez au flair. Flairer un danger c’est sentir que quelque chose approche, sans connaître réellement le moment où il va nous tomber dessus.
Tirer les vers du nez de quelqu’un implique de le faire parler sur un sujet qu’il n’avait a priori pas envie d’aborder. Mais alors que viennent faire ces asticots dans notre nez ?
Pour comprendre l’origine de cette expression il faut remonter au XVe siècle (et avoir le cœur bien accroché). À cette époque, il était courant d’avoir des « vers rinaires », des parasites qui se logeaient dans le nez, et conduisaient à la folie. Toutefois, beaucoup de malades éprouvaient de la honte à en informer leur médecin, qui devait alors les soumettre à un interrogatoire pour les faire parler. On disait donc qu’il leur tirait les vers du nez, au sens propre comme au figuré ! En anglais, on utilise l’expression to worm a secret out of somebody, le terme worm se traduit par ver de terre.
Avoir du nez, qu’il soit creux ou fin, c’est être perspicace. Encore une fois, le nez renvoie à la notion de flair et d’intuition pour présager justement des événements à venir.
Quand le nez est creux, cela signifie que l’appendice est suffisamment dégagé pour que le flair fonctionne. Cette expression et ses variantes tirent leurs origines du XVIe siècle, lorsque la pratique de la chasse à courre était répandue. Le chien utilise son flair et donc son nez pour trouver les proies et les suivre grâce à leurs traces olfactives.
Quand quelque chose vous pend au nez, ce n’est jamais très positif. Cette expression signifie qu’un danger risque fort de se produire si vous continuez ainsi et ne remédiez pas à la situation.
Dans son sens littéral, ce qui pend au nez, c’est la goutte qui risque fortement de tomber, à moins de rapidement se moucher. Cette locution est l’une des plus anciennes puisque selon les interprétations, elle pourrait remonter au XIIe siècle. À l’époque, on la retrouve sous cette forme : « pendre devant le nez ». Pendre quelque chose, c’est tout simplement l’accrocher par le haut. Ainsi, l’expression évoque l’image de quelqu’un qui avance sans regarder ce qui est pendu devant lui, avec de fortes chances de s’y cogner. Mais ici le danger est devant notre nez, il ne l’a pas encore touché, il est donc toujours possible de l’éviter.
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