La grossesse est une période de grands changements physiologiques et émotionnels pour la femme. Les changements d'appétit sont fréquents, et certaines femmes enceintes peuvent développer une forte envie de viande, tandis que d'autres peuvent ressentir une aversion soudaine pour cet aliment. Cet article explore les raisons de ces changements, les risques potentiels liés à la consommation de viande pendant la grossesse, et les solutions pour satisfaire ces envies tout en assurant la santé de la mère et du bébé.
Les changements d'appétence durant la grossesse sont bien réels. D'un point de vue purement physiologique, le climat hormonal de la grossesse peut bousculer l'appétit et l'appréciation des aliments, et potentiellement mener à faire une croix sur la viande.
L'augmentation brutale des œstrogènes peut contribuer à attirer vers des aliments plus sucrés. L'augmentation du cortisol, qui est l'hormone du stress, peut elle aussi pousser à manger moins gras et moins salé, pour se diriger plutôt vers du sucré», explique le Dr. Scheimann, endocrinologue.
La psychologue invoque l'hypersensibilité et l'hyperperceptivité de la femme enceinte, mais également la connexion permanente à l'information et le souci de voir naître son enfant dans un monde acceptable comme autant de raisons de trouver moins de plaisir à manger de la viande. À cela s'ajoutent l'évolution des modes de consommation et la démocratisation de régimes alimentaires variés. En 2022, un déjeuner dominical n'est plus forcément synonyme d'une pièce de viande accompagnée de légumes ou de pommes de terre.
Pendant la grossesse, les risques liés à l’alimentation sont à prendre au sérieux. Afin d’éviter la toxoplasmose, la listériose et la salmonellose, il convient de limiter la consommation de certains aliments possiblement contaminants, voire de les éviter totalement.
Il faut absolument éviter certains produits à risque : viandes mal cuites, jambon d'agneau, charcuteries crues ou fumées, fromages au lait cru et poissons fumés. Pour éliminer tout danger, une cuisson à plus de 70°C est impérative - un thermomètre de cuisine devient alors très utile.
Que ce soit du jambon Serrano, du Parme ou du saucisson sec, ces aliments comportent un risque de transmission de la listériose ou de la toxoplasmose. Plusieurs éléments expliquent ce danger : la qualité du lait utilisé, la manipulation à l'air libre ou les variations de température lors de la conservation.
Certaines infections alimentaires sont bénignes et passent rapidement. D’autres, en revanche, peuvent avoir un impact sur le développement du fœtus. En particulier lorsqu’elles sont causées par des bactéries ou parasites spécifiques. Ces micro-organismes sont parfois présents dans des aliments crus, dans des produits contaminés ou conservés à température ambiante.
La toxoplasmose est une infection causée par un parasite appelé toxoplasme. La principale voie de contamination est généralement orale, survenant après l'ingestion d'œufs de toxoplasme provenant d'un sol contaminé ou d'une viande pas assez cuite. Les aliments présentant un risque incluent les viandes, notamment le mouton, l'agneau, le bœuf et le porc.
La listériose est une maladie provoquée par une bactérie appelée listéria. On trouve cette bactérie dans les végétaux, le sol et divers réservoirs d'animaux. Les aliments les plus souvent en cause sont les fromages au lait cru, les poissons fumés, les produits traiteurs laissés à température ambiante ou encore des préparations mal nettoyées (salades, crudités, légumes à l’eau froide).
Il faut vraiment faire attention à la listériose pendant votre grossesse. C’est une infection rare mais sérieuse. Elle est causée par une bactérie appelée Listeria monocytogenes, présente dans certains aliments mal cuits ou mal conservés. Cette infection alimentaire touche environ 5 à 6 femmes enceintes par an en France. Mais elle peut avoir des conséquences graves sur le bébé si elle n’est pas détectée à temps.
Ce qui rend cette maladie difficile à repérer, c’est que les symptômes peuvent ressembler à ceux d’une grippe. Fièvre modérée, maux de tête, douleurs musculaires, parfois accompagnés de nausées, de diarrhée ou d’un malaise général. Parfois, aucun signe évident ne se manifeste au début.
Voici les règles à suivre pour manger de la viande en toute sérénité en attendant l’arrivée de votre bébé.
Enceinte, vous pouvez manger pratiquement toutes les viandes : bœuf, porc, volaille… Ce qui est important pour votre santé et celle de votre bébé, c’est la cuisson de la viande que vous consommez.
La viande contre-indiquée aux femmes enceintes est la viande de gibier. En effet, il est toujours difficile de connaître la provenance exacte d’une viande de gibier et elle risque de contenir des traces de plomb. Autre exception : la viande de foie, car la teneur élevée en vitamine A de cette catégorie de viande peut être dangereuse pour un fœtus.
Si vous attendez un heureux événement, alors il est primordial pour vous de manger de la viande bien cuite, c’est-à-dire préparée avec une cuisson supérieure à 70 degrés. Parce que c’est la cuisson qui permet d’éradiquer les bactéries comme la Listeria ou la toxoplasmose qui peuvent être présentes dans les viandes, les poissons ou les œufs crus.
Plusieurs plats de viande sont à proscrire si vous êtes enceinte. Parmi eux : le tartare, le carpaccio, la viande saignante et bleue, la viande fumée ou marinée, la charcuterie.
La consommation de viande est-elle recommandée durant la grossesse ? Inutile d’éviter de manger de la viande pendant votre grossesse. Au contraire, il s’agit d’un aliment intéressant d’un point de vue nutritif pour les femmes enceintes !
D’une part, la viande est riche en fer (surtout la viande rouge) principalement sous la forme héminique, la forme la mieux absorbée par l’organisme. Pour rappel, le fer assure les échanges d’oxygène entre les tissus. Avec l’augmentation du volume sanguin pendant la grossesse, les besoins en fer de la femme sont augmentés, notamment lors du 3e trimestre. Si jamais vous êtes enceinte, gardez à l’esprit que votre consommation de fer est importante pour éviter d’être en anémie.
D’autre part, la viande est riche en protéines. Or, les protéines sont indispensables pour assurer la croissance du fœtus et la fabrication des nouveaux tissus (augmentation de l’utérus, des glandes mammaires…). Et puisque les besoins en protéines évoluent au cours de la grossesse, ne vous en privez pas !
Avant tout, lavez-vous bien les mains avant et après avoir manipulé de la viande ou des aliments crus. Côté conservation, veillez à bien garder vos aliments au frais en prenant soin de les protéger avec un film alimentaire. Enfin, il est recommandé de nettoyer et de désinfecter votre frigo avec un produit adapté plusieurs fois par mois.
| Aliment | Recommandations |
|---|---|
| Viande | Bien cuite (température interne > 70°C), éviter le gibier et le foie |
| Charcuterie | Éviter les charcuteries crues, préférer le jambon cuit industriel sous vide |
| Poisson | Cuits, éviter les poissons crus, fumés ou marinés |
| Fromage | Éviter les fromages au lait cru, privilégier les fromages pasteurisés |
| Œufs | Cuits, éviter les préparations à base d'œufs crus |
| Fruits et légumes | Bien lavés, surtout s'ils sont consommés crus |
La grossesse ne dure que 9 mois, il est assez facile d’adapter son alimentation pour vivre une grossesse sans complication infectieuse et également pour limiter les risques toxiques pour son enfant. Après l’accouchement, et pendant l’allaitement maternel, vous pourrez reprendre tous vos petits péchés mignons alimentaires, mais pas d’alcool et pas de toxiques !
Lorsqu'on est enceinte, chaque trouble digestif peut générer de l’inquiétude et c’est bien normal. En cas d’intoxications alimentaires, une réaction rapide permet de limiter les risques pour vous et votre bébé. Il existe des gestes simples à adopter dès les premiers symptômes.
Dès l’apparition des premiers signes, il faut s’arrêter, se reposer et surveiller son état. Commencez par boire en petites quantités, de manière régulière, pour éviter la déshydratation. L’eau, les tisanes tièdes, ou les bouillons clairs sont souvent bien tolérés. Si les symptômes sont intenses, mieux vaut éviter de manger pendant quelques heures, puis réintroduire une alimentation douce. Riz blanc, pommes de terre vapeur, compote, pain grillé.
Si les symptômes persistent au-delà de 48 heures, ou s’ils s’aggravent, il est impératif de contacter un professionnel de santé. La prise de sang permet souvent d’identifier l’agent infectieux en cause. Dans certains cas, un traitement adapté est prescrit pour éviter les complications pour le fœtus.
Adopter les bonnes précautions au quotidien reste très important. Laver les mains avec soin, bien cuire les aliments et éviter ceux à risque pendant toute la grossesse. Notamment les fromages au lait cru, les charcuteries artisanales, ou les aliments laissés à température ambiante.
Lorsque l’on souffre d’intoxications alimentaires pendant la grossesse, une des premières questions qui se pose est celle de la durée. Dans la majorité des cas, les troubles digestifs s’améliorent spontanément en quelques jours, à condition de respecter quelques règles simples.
Pour aider le corps à se rétablir, il est important d’agir dès les premiers signes. Le plus urgent est d’éviter la déshydratation, surtout en cas de vomissements importants ou de diarrhée persistante. Boire de l’eau régulièrement, en petites quantités, est essentiel. On peut aussi consommer du bouillon, de l’eau sucrée, ou des solutions de réhydratation orale en pharmacie.
Côté alimentation, il est conseillé de reprendre progressivement avec des aliments faciles à digérer. Riz blanc, pommes de terre vapeur, banane, compote sans sucre. Il faut éviter tout ce qui est gras, épicé, sucré ou riche en fibres, du moins pendant les premières 24 à 48 heures.
Le repos est aussi un allié important. Le corps a besoin de calme pour lutter contre l’infection. Certains traitements adaptés, comme un antidiarrhéique ou un probiotique, peuvent être proposés par le médecin. En fonction du tableau clinique. Il est impératif de ne jamais prendre de médicament sans avis médical pendant la grossesse.
Enfin, si les intoxications alimentaires enceinte sont fréquentes ou sévères, le professionnel de santé pourra recommander des analyses plus poussées, pour écarter un cas de listériose, une toxoplasmose active ou une infection par Escherichia coli, qui nécessite une prise en charge spécifique.
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