Le gaspillage alimentaire est une aberration mondiale aux conséquences multiples et désastreuses. C'est un gâchis purement alimentaire dont nous devrions avoir honte.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, et face aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et climatiques de la lutte contre le gaspillage alimentaire, le ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la Forêt lance une nouvelle campagne « STOP au gaspillage alimentaire ».
Cette nouvelle campagne entend sensibiliser à la fois les enfants et leurs parents mais aussi les jeunes par son côté ludique. Son objectif est de partager des leviers d’action simples pour réduire le gaspillage alimentaire : meilleure interprétation et gestion des dates de consommation, achats en quantité adaptée, bonne conservation des aliments, préparation de denrées en quantité adaptée, valorisation des restes, etc.
En 2022, le gaspillage alimentaire représente 4 millions de tonnes de déchets par an. Il correspond à la fraction comestible des déchets alimentaires (produits comestibles jetés tels que les restes de repas, produits abîmés…) (CGDD, 2022).
Les ménages sont responsables de 40% du gaspillage alimentaire total généré en France, sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Pour la distribution, la part du gaspillage (produits comestibles jetés) représente 37% sur le total des déchets alimentaires.
Chaque jour, 10.329 tonnes de nourriture sont jetées par les Français. Un nombre dévoilé par l’application Too Good To Go qui interpelle.
Bien que nous soyons sur le bon chemin, il ne faut pas réduire nos efforts, car entre 2021 et 2023, nous avons, collectivement, diminué notre gaspillage alimentaire, passant de 4,3 millions de tonnes à 3,77 millions de tonnes parties à la poubelle durant l’année.
En 2022, les ménages de tous les continents ont gaspillé plus d'un milliard de repas par jour, alors que 783 millions de personnes étaient touchées par la faim et qu'un tiers de l'humanité était confrontée à l'insécurité alimentaire. Le gaspillage alimentaire continue à nuire à l'économie mondiale et à alimenter le changement climatique et la pollution, ainsi que la dégradation de la nature.
Selon une étude de 2011 réalisée par l'organisation des Nations Unis pour l'alimentation et l'agriculture, le gaspillage alimentaire représente environ 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires par an, au niveau mondial. Le gaspillage alimentaire se fait en réalité à tous les niveaux, de la chaîne d'approvisionnement, depuis le stade de la production agricole, jusqu'à celui de la consommation, en passant par le stockage, la transformation, la distribution et la gestion.
Alors qu'une partie de la population mondiale souffre de malnutrition, de la famine ou n'est tout simplement pas en capacité financière de se nourrir régulièrement, nos poubelles débordent de nourriture non consommée. On pourrait se dire qu'en France nous avons su mettre en place des politiques pour inciter citoyens et entreprises à limiter drastiquement ce gâchis, mais à la lecture de l'enquête menée par Hugo Clément et son équipe, on réalise qu'on est encore loin du compte.
Oui, des efforts ont été faits, mais s'en contenter serait plus que jamais malvenu. Parmi les exemples fournis par Sur le front, prenons celui de la salade. Saviez-vous que 57 % des salades cultivées ne seront jamais mangées ? En cause le calibrage, les feuilles abîmées et retirées (avant la mise en vente), les salades flétries en magasin, les feuilles servant à la présentation des plats chauds (devenues peu appétissantes après ce coup de chaud) et celles que nous oublions de cuisiner, une fois achetées.
Il suffit d'une erreur de pesée ou d'étiquetage pour voir des lots entiers partir à la poubelle. Des lots de nourriture propre à la consommation mais qu'on préfère détruire plutôt que de les donner ou de les vendre à prix cassés. Imaginez des animaux venus au monde pour nourrir des humains finir en détritus. Sans oublier que, derrière chaque invendu jeté dans une poubelle, il y a un cultivateur, un agriculteur, un éleveur, un pêcheur qui donne sans compter (rappelez-vous les événements de ce début d'année) et dont le labeur n'a servi finalement qu'à nourrir une poubelle ou, au mieux, un méthaniseur.
Une boulangerie accepte de nous montrer une pratique très courante dans le milieu : du pain est cuit à 19 heures alors que la boulangerie ferme à 20 heures. Conséquence, tout le surplus est jeté. C’est plus rentable pour eux de présenter des rayons bien remplis (et de jeter) que de calculer au plus juste et de rater quelques ventes.
L’industrie des plats cuisinés jette 1 720 000 tonnes d’aliments chaque année. Ils ne sont plus brûlés mais envoyés dans des méthaniseurs pour fabriquer du gaz. Un lanceur d’alerte a réussi à filmer à l’intérieur et nous a montré cet immense gâchis.
Nous avons trouvé dans les poubelles d’un supermarché 50 boîtes de sushis en forme de cœur, le lendemain de la Saint-Valentin. C’est ce qu’on appelle « le marketing saisonnier », une technique de vente où l’on adapte le packaging en fonction d’un événement, comme la bière de Noël par exemple.
Des bénévoles viennent récupérer directement dans les champs les produits qui ne seront pas récoltés. Nous les avons suivis sur une exploitation de poireaux : bien qu'ils soient parfaitement comestibles (et même très bons), ils ne seront jamais vendus car ils ne correspondent pas aux standards. L'agriculteur offre sa récolte - qui de toute façon aurait été perdue -, et l’association Solaal leur offre une seconde chance en les distribuant.
Chaque année en France, des milliers de tonnes de nourriture consommable sont jetées. Si chaque français jette en moyenne 20 kilos de nourriture par an, l’industrie agroalimentaire gaspille des quantités astronomiques avant même que les produits n’arrivent dans les placards du consommateur.
La série documentaire d’Hugo Clément révèle comment l’industrie agroalimentaire française engendre des milliers de tonnes de gaspillage avant même d’atteindre le consommateur. Édifiant.
Il convient donc de réduire le gaspillage alimentaire. Certains petits gestes peuvent vous aider à y parvenir. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’industrie agroalimentaire et autres restaurants ne sont pas les plus mauvais élèves. Non, ce sont bien les ménages qui jettent le plus. Le gaspillage des particuliers représentait ainsi 34,5% de la nourriture gâchée en 2023. Il s’agit donc de se retrousser les manches.
Sur son site, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire délivre de précieux conseils. Tout d’abord, il vous enjoint à bien ranger votre réfrigérateur et votre congélateur. Il ne faut pas entasser les produits afin que l’air circule. De même, rangez "les denrées dans une boîte ou une pochette réutilisable pour prévenir leur dégradation et les odeurs". Pour ne pas risquer de passer la date de consommation limite, pensez à régulièrement arranger les aliments périssables en plaçant devant ceux qui doivent être mangés le plus tôt.
S’agissant des quantités, le ministère vous conseille des doses en fonction de certains aliments. Ainsi, si vous préparez du riz pour quatre personnes, l’équivalent de deux verres à eau remplis suffit. De même, pour les pâtes, la dose par personne recommandée est d’un demi grand verre. Vous comptez manger du poisson avec votre moitié ? Prévoyez 280 grammes. Enfin, vos amis passent à la maison pour déguster un poulet patates : cinq pommes de terre par personne devraient suffire. "Pensez à conserver le surplus des repas au congélateur", conclut le ministère de la Souveraineté alimentaire.
Là encore, le ministère a de précieux conseils à vous partager concernant les restes. "Les restes de viande ou de poisson, moyennant le respect des dates de consommation et de la bonne conservation du produit, peuvent se cuisiner en légumes farcis, wraps, quiches ou encore hachis", peut-on lire sur son site. S’agissant du pain durci, vous pouvez le transformer en croûtons pour vos soupes ou en chapelure pour cuisiner des poissons panés ou des nuggets. Si vous êtes plutôt sucré que salé, le pain perdu est une bonne alternative. Enfin, "les restes de légumes peuvent être utilisés en soupes, gratins ou encore purées. Les légumes un peu abîmés également".
Partout en France, des associations se démènent pour récupérer ces rebuts et les transformer, pour leur donner une nouvelle vie. Nous avons suivi celles et ceux qui veulent changer le système pour faire évoluer la législation et modifier les cahiers des charges, pour que chaque aliment produit, qui a demandé des ressources et du temps de travail, soit mangé.
Depuis la sortie de la crise sanitaire, l'inflation a gangréné nos dépenses, à commencer par celles allouées à l'alimentaire. Si l'on se fie à l'Observatoire des inégalités, « la France compte 5,3 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 9,1 millions si l’on utilise le seuil de 60 %, selon les données provisoires 2021 (dernière année disponible) de l’Insee ».
Sans attendre cette hausse, inquiétante, de la pauvreté en France, certains ont choisi de récupérer une partie de ces produits inadaptés pour les proposer à prix réduits à des cantines, des associations ou dans des boutiques spécialisées. D'autres privilégient le circuit court, revoient leurs modes de consommation. À leur échelle, ils agissent.
Tableau récapitulatif des conseils pour réduire le gaspillage alimentaire :
| Catégorie | Conseils |
|---|---|
| Gestion des achats | Acheter en quantité adaptée, planifier les repas, vérifier les dates de péremption |
| Conservation des aliments | Bien ranger le réfrigérateur et le congélateur, utiliser des boîtes réutilisables |
| Préparation des repas | Cuisiner les bonnes quantités, utiliser les restes de manière créative |
| Valorisation des restes | Transformer les restes en nouveaux plats, congeler les surplus |
tags: #émission #gaspillage #alimentaire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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