Avec la fermeture des bars et restaurants, de nombreux établissements se sont tournés vers la vente à emporter. Ces repas tout prêts sont très souvent proposés dans des emballages qui finissent à la poubelle. Le secteur de la restauration rapide génère environ 183 000 tonnes d’emballages par an.
La nécessité de réduire les déchets liés aux emballages a remis au goût du jour le principe de consigne. Si elle fait parler d’elle ces dernières années, la consigne est loin d’être une nouveauté. Elle naît entre 1880 et 1930 avec l’industrialisation des boissons (lait, bière, eau minérale, vin et boissons rafraîchissantes).
Il s’agit d’un système assez ancien de caution. Celle-ci est payée par le client pour le contenant de son repas ou de sa boisson. Lorsqu’il le rapporte, la caution lui est rendue. Autrefois, une petite somme supplémentaire versée par le consommateur pour l’emballage, généralement du verre contenant un liquide (lait, bière, vin, etc.), était restituée au retour de l’emballage en magasin.
En 1938, la consigne a été rendue obligatoire pour les professionnels de la brasserie et de la restauration (bière et eau gazeuse), mais abandonnée en 1989. Malheureusement, la société de consommation a peu à peu fait disparaître cette pratique. Le système de consigne n’a pas résisté à la multiplication des emballages en plastique, à usage unique… et à effet durablement néfaste sur l’environnement en raison de la grande quantité de déchets qui en découle.
Bien que disparu en France, ce système fonctionne encore chez nos voisins européens. En Allemagne, la majorité des emballages de boissons est consignée : grâce à ce système, le taux de plastique recyclé est de 40 %.
Les emballages à usage unique et les déchets de produits sont l’un des problèmes les plus envahissants pour notre planète. Environ un quart des déchets produits chaque année terminent dans nos océans tandis que le reste est, la plupart du temps, incinéré ou enfoui. Actuellement, le trajet d’une bouteille en France est le suivant : une fois vide, elle est jetée, puis brisée, puis fondue dans un four à 1 500 °C pour recréer une nouvelle bouteille.
Le système de la consigne implique de repenser une partie de votre organisation. Néanmoins, le temps passé à modifier votre logistique n’est pas perdu ! Il est compensé par les bénéfices du réemploi, tant sur le plan économique, qu’écologique ou encore juridique.
Plusieurs initiatives visent à encourager la mise en place de systèmes de réemploi. Surfrider soutient la campagne de Zero Waste France « Consignez-moi ! ». D’après une enquête Ipsos réalisée en 2019, 92 % des Français se disaient favorables à la consigne des bouteilles. Depuis l’explosion de la vente à emporter, ils sont encore plus sensibilisés à une meilleure gestion des emballages.
La consigne vous permettra de gagner les clients souhaitant limiter leur impact environnemental. Placer la durabilité au cœur de votre stratégie d’entreprise renforce votre marque employeur. L’environnement est un sujet de préoccupation, notamment pour les jeunes générations. Partager votre engagement vous permettra de recruter plus facilement.
La réutilisation d’un objet permet d’économiser du temps, de l’énergie et des ressources, ne nécessitant plus de systèmes de traitement des déchets. Jusque dans les années 1960, pourtant, un autre circuit dominait.
Le retour au réemploi des contenants permet de réduire les déchets liés aux emballages. Une bouteille consignée réutilisée 20 fois émet 80 % de moins de gaz à effet de serre que son homologue en plastique.
La consigne pour réemploi permet de réduire les emballages en les utilisant plusieurs fois. Le montant de la consigne payée par le consommateur au moment de l’achat du produit emballé lui est rendue quand il rapporte l’emballage pour que celui-ci soit utilisé plusieurs fois. Ce système vertueux, qui existe sous la forme de nombreuses initiatives locales est en train de s’organiser au niveau national.
La réutilisation des emballages était donc nécessaire pour limiter les coûts. La Première Guerre mondiale a renforcé ce système, les bouteilles étant devenues encore plus difficiles d’accès. Pourtant, il faut attendre les années 30 pour que la consigne se généralise. Jusque-là, la récupération des contenants se faisait de manière informelle. Mais le 13 janvier 1938 est promulguée une loi imposant la consignation pour les boissons. Ce texte a été adopté dans un contexte de crise économique. Les ressources étaient limitées, et le retour des emballages, lorsqu’ils n’étaient pas consignés, ne se faisait pas toujours correctement. Cela avait pour conséquence d’augmenter les frais généraux des distributeurs de boissons.
En parallèle, selon une étude menée par WWF France en 2019, 88 % des consommateurs français souhaiteraient la mise en place d’un système de consigne permettant le réemploi des bouteilles et emballages. Remise au goût du jour dans la France entière avec le développement du vrac, l’acceptation des consommateurs à réemployer les emballages, et la recherche d’alternatives au « tout à jeter », la consigne séduit à nouveau les professionnels de l’alimentaire.
La consigne nécessite de repenser l’organisation de son établissement. Vous pouvez récupérer vous-même vos contenants réutilisables à vos heures d’ouverture. Il est également possible de mettre à la disposition de votre clientèle des collecteurs spécialement prévus à cet effet. Les contenants sont alors équipés d’un QR code ou d’un code-barre pour être directement authentifiés par la machine.
Les emballages alimentaires récupérés doivent être évidemment nettoyés avec le plus grand soin avant de retourner dans le circuit. Une fois vos emballages récupérés et nettoyés, vous devez prévoir un espace de stockage. Les contenants réutilisables n’occupent pas nécessairement beaucoup plus de place que des conditionnements jetables.
Si tous ces aspects logistiques vous paraissent insurmontables, sachez qu’il est possible de tout déléguer à un prestataire. NoWW loue et récupère les emballages à l’aide d’un meuble à consigne intelligent. Elle s’occupe ensuite de les laver dans des plonges professionnelles, et de les remettre en circuit. Et pour couronner le tout, NoWW s’engage pour le “Made in France”.
En comptabilité, la consigne est considérée comme une dette auprès du consommateur ou de la consommatrice. Le montant doit lui être rendu au retour de l’emballage. Il est donc, en principe, facturé hors taxe. Si la personne conserve l’emballage, le montant de la consigne se transforme en prix de vente. Vous êtes alors redevables de la TVA. C’est pourquoi il est possible d’intégrer la TVA dès le départ, dans le prix de la consigne. Enfin, vous pouvez choisir de fixer le prix de la consigne un peu moins élevé que le prix d’achat pour qu’il ne rebute pas votre clientèle. Le coût à supporter pour un emballage non rendu reste limité.
N’oubliez pas que vos contenants sont aussi des objets marketing ! Une fois personnalisés à l’effigie de votre marque, ils diffuseront votre message directement chez vos clients et clientes.
Plusieurs sociétés fabriquent et fournissent des contenants consignables aux entreprises spécialisées dans les produits alimentaires à emporter. Ils en assurent la collecte et le nettoyage après utilisation, créant ainsi un cercle vertueux de réemploi.
Cette campagne, lancée en 2011 dans le 11e arrondissement de Paris par l’ONG Zero Waste France, s’est développée sur tout le territoire. L’objectif est de réduire l’utilisation d’emballages jetables dans le commerce alimentaire de proximité.
Les services de livraison de repas en entreprise ou à domicile adoptent aussi le réutilisable. Par exemple, Le Bon Bocal a fondé son concept sur le conditionnement dans des bocaux recyclables et réutilisables. Ces derniers peuvent ainsi être conservés par l’utilisateur pour son usage personnel, soit repris par la société pour servir de nouveau. D’autres enseignes, comme PopChef ou HopLunch utilisent des emballages Pyxo.
Visant à proposer la consigne pour les marques de grande consommation, la plateforme Loop propose de son côté aux consommateurs de recevoir directement à domicile leur produits habituels, dans des emballages consignés.
Suite à une consultation d’acteurs de l’industrie en 2019 sur le sujet du réemploi des emballages en verre dans l’agroalimentaire, Vitagora a lancé le projet CircuVerreBFC en février 2021. « La démarche est possible », confirme Mélissa Nourry, ingénieure innovation chez Vitagora et responsable du projet CircuVerreBFC : « nous pouvons assurer que les interlocuteurs indispensables - laveurs, logisticiens, fournisseurs d’emballages et professionnels de la consigne - sont présents en région. Grâce à l’étude, nous savons également quelles sont les prochaines étapes à prioriser, quels scénarios sont les plus plausibles, notamment pour l’installation d’une laveuse centrale. Deux étapes joueront également un rôle clé : la standardisation des bocaux réemployables et des étiquettes, et l’expérimentation terrain.
Le système de la consigne présente de nombreux avantages, tant économiques qu'environnementaux. En adoptant cette approche, les entreprises peuvent non seulement réduire leur impact environnemental, mais également réaliser des économies à long terme.
Les emballages réutilisables permettent de réduire vos frais sur le long terme. Vous n’aurez pas besoin de renouveler vos stocks aussi souvent que pour des conditionnements jetables. Votre contenant n’est jamais perdu : soit il vous est rapporté pour récupérer la consigne, soit il est conservé, auquel cas vous gardez la consigne qui se transforme en prix d’achat. C’est un argument non négligeable ! Avec la hausse du coût des matières premières (notamment du plastique et du carton), le prix des packaging s’est envolé.
Qu’ils soient en verre, en plastique ou en carton, la fabrication d’emballages est coûteuse pour l’environnement. Elle implique la consommation d’énergie et de ressources naturelles telles que l’eau et les arbres, ainsi que l’émission de gaz à effet de serre (de la conception aux différents transports nécessaires avant d’atteindre le point de vente).
Par ailleurs, la consignation permet de réduire la quantité de déchets en verre, en plastique et en carton qui se recyclent mal, ou dont le retraitement est coûteux en matière d’énergie.
En Alsace par exemple, une enquête a été menée en 2009 sur la consignation de bouteilles de bière standardisées. Elle présente une comparaison avec le cycle d’une bouteille en verre recyclé, d’après plusieurs indicateurs (dont la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre).
Dans le contexte actuel, la remise en place généralisée n’est pas envisagée mais des initiatives sont en cours pour promouvoir un retour à la consigne dans les cas où elle apparaîtrait pertinente. Le bilan environnemental des dispositifs de reprise d’emballages en vue de leur réemploi dépend de différents paramètres : les distances et les modes de transport liés au conditionnement, à la distribution, à la collecte et au reconditionnement ou au recyclage ; le nombre d’utilisations des emballages réemployables ; la fin de vie des emballages à usage unique et notamment leur taux de collecte séparée et leur taux de recyclage ; le poids des emballages.
La consigne pour réemploi peut être pertinente dans certains cas. Par exemple, des études réalisées par l’Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME) ont montré que la consigne pour réemploi des emballages en verre re-remplissables par rapport à l’utilisation d’emballages en verre à usage unique présente toujours, dans le circuit des cafés, hôtels et restaurants, un gain environnemental qui se traduit par une baisse des émissions de gaz à effet de serre, des émissions de polluants dans l’air et dans l’eau et de la masse de déchets. Elle permet ainsi d’éviter, chaque année, l’équivalent de 500 000 tonnes de déchets d’emballages.
Il en va de même dans les circuits de dimension régionale d’emballages de boissons en verre utilisés par les ménages où l’impact environnemental du verre re-remplissable peut être beaucoup plus faible que celui du verre à usage unique, dès lors que les circuits de distribution sont courts (distance aller/retour inférieure à 260 km). Le déploiement de cette pratique, lorsqu’elle a été caractérisée comme pertinente notamment au regard de l’échelle territoriale, constitue donc un enjeu majeur en termes de prévention des déchets.
Les emballages consignés permettent : de réemployer plusieurs fois les emballages et d’allonger leur durée de vie ; de réduire les déchets qui en sont issus et les impacts environnementaux liés à leur gestion et à la fabrication de nouveaux emballages. Elle s’accompagne cependant de contraintes techniques fortes (logistique, harmonisation des emballages).
La législation va d’ailleurs en ce sens, puisque les ustensiles en plastique à usage unique sont interdits depuis 2020 (gobelets, assiettes, couverts, pailles…). La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (loi “AGEC”) prévoit la fin de la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. Elle encourage la vente en vrac : depuis 2021, il est possible d'apporter ses propres contenants dans les commerces. C’est également un objectif porté par la loi “Climat et Résilience” du 22 août 2021. Les secteurs de la restauration et du commerce alimentaire ont donc tout intérêt à réfléchir à la consignation pour ne pas être pris de court dans les prochaines années !
| Type d'emballage | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Verre | Réutilisable, recyclable, durable | Plus lourd, risque de casse |
| Plastique | Léger, résistant | Moins écologique, recyclage limité |
| Carton | Biodégradable, léger | Peu résistant à l'humidité, recyclage complexe |
La politique publique visant à favoriser le réemploi des emballages, le Programme national de prévention des déchets 2014-2020 promeut le déploiement de dispositifs de reprise d’emballages en vue d’un réemploi lorsqu’ils sont caractérisés comme pertinents.
La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit des dispositions favorisant les dispositifs de réemploi ou de réutilisation d’emballages : l’intégration, dans les cahiers des charges des éco-organismes des filières REP, d’objectifs concernant la contribution de ces éco-organismes à la mise en place de dispositifs de consigne pour réemploi et recyclage ; le lancement d’expérimentations volontaires sur le développement de nouveaux dispositifs de consigne pour réemploi.
Le Gouvernement français, autour de la feuille de route économie circulaire, a annoncé début 2018 un possible retour de la consigne. Cette nouvelle consigne s’orienterait prioritairement vers les bouteilles en plastique, les canettes en aluminium et les piles. Le but? Augmenter le taux de recyclage du plastique qui n’atteint que 22 % dans l’hexagone. Le Gouvernement français espère ainsi atteindre l’objectif 100 % de recyclage des plastiques en 2025.
Une expérimentation du retour au réemploi d’emballages ménagers apparaît nécessaire afin de déterminer les conditions dans lesquelles la consigne peut être pertinente (évaluation des impacts environnementaux et socio-économiques d’un échantillon de tels dispositifs par rapport à des emballages à usage unique collectés en vue d'un recyclage). À cet effet, l’Ademe a lancé, en mai 2016, un appel à candidatures intitulé : "Systèmes de collecte des emballages ménagers de boissons pour réemploi ou réutilisation : l'Ademe assure l'évaluation et la valorisation de votre opération", afin de sélectionner dix projets (ou dispositifs existants) mettant en œuvre un système de collecte des emballages ménagers de boissons pour réemploi ou réutilisation.
Les dix lauréats ont été sélectionnés en septembre 2016. Ils gèrent tous le même type d’emballages (bouteilles en verre) pour différents types de liquides alimentaires (vin, bière, cidre, jus de fruits, huile et vinaigre) et regroupent des structures variées (5 entreprises, 2 associations, 2 collectivités territoriales, 1 cluster).
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Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
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