Le dioxyde de silicium, également connu sous le nom de E551 sur les étiquettes alimentaires, est un additif largement utilisé dans l'industrie agroalimentaire. Une étude menée par des chercheurs de l'INRAE à Toulouse a révélé que cet additif pourrait "exacerber" les symptômes de l'intolérance au gluten ou maladie cœliaque, et potentiellement favoriser son apparition.
Pain présenté à la boulangerie biologique Racynes à Boulogne-Billancourt. Source: STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Le E551, ou dioxyde de silice, est un additif alimentaire qui se présente sous la forme d’une poudre composée de nanoparticules (de taille inférieure à 100 nm). Cet additif alimentaire est couramment utilisé par les industriels pour ses propriétés antiagglomérantes et sa capacité à préserver le goût et la stabilité des aliments.
Le E551 permet en effet d’éviter que des grumeaux ne se forment au sein d’aliments secs ou d’aliments en poudre comme les épices, les préparations infantiles à base de céréales, les cafés solubles, le chocolat en poudre etc. On le retrouve ainsi dans la liste des ingrédients de plus de 2 600 produits alimentaires de par le monde.
Voici quelques exemples d'aliments qui peuvent contenir du E551:
Il est également fréquemment utilisé comme auxiliaire technologique au cours de la transformation des aliments. À ce titre, il ne figure pas dans la liste des ingrédients composant la recette bien qu’il soit présent dans le produit final.
L'additif E551 vient perturber notre "tolérance orale". Il s'agit d'un mécanisme permettant à notre corps de produire des "facteurs anti-inflammatoires" permettant de ne pas rejeter les aliments consommés, principalement les protéines. Or, l'additif semble enrayer ce processus et empêcher ce "frein" de fonctionner.
Les scientifiques de l’INRAE, en collaboration avec des chercheurs canadiens, ont souhaité connaître l’impact éventuel de cette exposition au E551 sur la tolérance orale aux protéines alimentaires. La tolérance orale aux protéines alimentaires désigne une capacité fondamentale acquise très tôt par chaque individu dès le début de sa vie. Avec l’aide du microbiote intestinal, le système immunitaire de chaque individu apprend à faire la différence entre les aliments et les agents pathogènes. Grâce à la tolérance orale aux protéines alimentaires, le système immunitaire de l’individu ne déclenche pas de réponse immunitaire inflammatoire contre les protéines alimentaires ingérées.
Dans le cadre de cette étude, les scientifiques ont exposé quotidiennement et pendant une période de 3 mois un groupe de souris à l’additif alimentaire E551. Concrètement, l’exposition à l’additif E551 diminue le nombre de cellules immunitaires intestinales en charge de fabriquer des molécules anti-inflammatoires.
La maladie cœliaque désigne une maladie auto-immune potentiellement grave caractérisée par une intolérance au gluten. Chez les personnes concernées, la consommation de pain ou de pâtes, par exemple, entraîne une inflammation chronique et des lésions intestinales.
L'intolérance au gluten ne peut pas se développer chez n'importe qui. "Environ 40% de la population générale possède un gène dit "de susceptibilité" pouvant mener l'apparition de la maladie", explique Bruno Lamas. Et, en fin de piste, environ 1% seulement de ces personnes finissent par effectivement développer cette maladie.
Pour eux, la consommation d'E551 risque "d'exacerber les symptômes" (douleurs abdominales, diarrhées). C'est du moins ce qui a été démontré par ces chercheurs sur des souris de l’université McMaster au Canada - pas chez l'être humain, des études épidémiologiques doivent venir confirmer ces hypothèses.
Mais l'E551 pourrait également "en association à d'autres facteurs environnementaux", mener à une hausse du nombre de malades chez les personnes génétiquement susceptibles de la développer. Ainsi, ces 1% pourraient augmenter d'une proportion importante mais inconnue en l'état. Ce qui représente un nombre non négligeable de personnes à l'échelle mondiale.
En utilisant un modèle de souris génétiquement proche des malades cœliaques, les chercheurs ont ensuite montré qu’un traitement quotidien au E551 aggrave les signes inflammatoires caractéristiques de cette maladie chronique.
| Effet | Description |
|---|---|
| Perturbation de la tolérance orale | Empêche la production de facteurs anti-inflammatoires |
| Exacerbation des symptômes de la maladie cœliaque | Augmentation des douleurs abdominales et des diarrhées |
| Inflammation intestinale | Réduction du nombre de cellules immunitaires intestinales |
Cette étude appuie l’hypothèse que l'exposition chronique au E551 alimentaire pourrait agir comme un composant favorisant le développement d’une intolérance au gluten cœliaque dépendante chez les personnes génétiquement sensibles.
Comme l'expliquent les spécialistes derrière cette étude, au moins 2.800 produits affichent le dioxyde de silicium quelque part sur leur étiquette. Il s'agit simplement de "l'additif le plus produit et le plus utilisé" par les industriels.
Ce produit, qui permet d'éviter que les poudres ne s'amalgament, pourrait également se retrouver dans des produits consommés par les bébés, notamment pour les laits en poudre maternels et les préparations céréalières. Or, chez les tout jeunes, de par leur poids réduit, l'exposition est plus importante. Elle l'est également chez les adolescents, dont l'alimentation est plus riche en produits ultratransformés, bourrés d'additifs en tous genres.
Infographie sur la présence du E551 dans les aliments. Source: France Bleu
Face à ce constat, faut-il bannir le dioxyde de silicium des chaînes de production? Les données de cette étude seront prises en compte, avec d'autres similaires, par les autorités sanitaires françaises et européennes.
Les chercheurs toulousains ont d'ailleurs une première percée à leur palmarès. C'est devenu une habitude. De plus en plus de consommateurs surveillent les ingrédients au dos des boîtes de plats cuisinés pour débusquer les additifs accusés souvent d'être cancérigènes . Et l'Institut national de recherche pour l'agriculture , l'alimentation et l'environnement (INRAE), alerte sur un nouveau produit, l'E551.
La gestion des risques liés au dioxyde de silicium ne concerne pas seulement les milieux industriels mais également les environnements domestiques où le dioxyde de silicium est présent, notamment via les poussières de construction, certains produits cosmétiques et les compléments alimentaires.
Voici quelques mesures simples mais rigoureuses qui constituent une étape clé pour assurer la sécurité sanitaire autour du dioxyde de silicium:
Le défi pour 2025 reste aussi d’améliorer l’information auprès du grand public et dans les secteurs à risque, en valorisant le partage des bonnes pratiques.
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