Le gaspillage alimentaire est un problème planétaire aux enjeux sociétaux, sociaux, environnementaux, économiques et parfois sanitaires. Il est le fait de perdre ou jeter de la nourriture généralement destinée à la consommation humaine.
Il se produit tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de la production agricole jusqu'à la consommation, en passant par la récolte, la manutention, le stockage, la transformation, le transport et la commercialisation. Il concerne tous les types d'aliments : fruits et légumes, produits de boulangerie, produits laitiers, viandes, poissons et fruits de mer, œufs, produits transformés, etc.
Les enjeux de ce gaspillage touchent notamment l'insécurité alimentaire, les inégalités sociales, l'aide aux personnes les plus démunies, l'optimisation de l'agriculture, la réduction des impacts environnementaux de l'alimentation et en particulier de son impact climatique. En 2019, la quantité de gaz à effet de serre produits par le gaspillage alimentaire se classe au troisième rang mondial des pays pollueurs, derrière la Chine et les États-Unis.
En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne. Parmi ces déchets, 5,9 millions de tonnes ne sont pas comestibles (os, épluchures…) et sont assimilés à du gaspillage alimentaire. Le gaspillage alimentaire représente donc 3,8 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.), soit 55 kg par personne.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
La production alimentaire (agriculture, élevage, pêcherie, aquaculture, etc.) est responsable de la plus grande partie des pertes. Environ 54 % du gaspillage alimentaire est occasionné lors de la production, la récolte, la manipulation et le stockage. L'agriculture est l'activité causant le plus de gaspillage avec 33 % du total. L'agriculture à grande échelle (industrielle et commerciale) cause plus de pertes alimentaires que l'agriculture vivrière. Les pertes varient d'une région à l'autre dans le monde.
Une partie du gaspillage au niveau de la production est liée à des dépassements de quotas (agriculture, pêche), à des normes à respecter (tailles minimales des produits, standards de qualité et d'apparence…) ou des prix seuils en dessous desquels les produits ne sont pas commercialisés. En ce qui concerne la pêche, la survie des animaux est estimée par les chalutiers à 30 à 40 % du total pêché puis remis à la mer.
La transformation industrielle vise à obtenir des produits satisfaisants certains critères d'hygiène, de goût, de qualité et d'homogénéité visuelle.
Une partie des ménages occidentaux jettent des produits non consommés avant la date limite de consommation (DLC) pour cause d'achats supérieurs aux besoins (réfrigérateur trop rempli par peur de manquer), ou les jettent une fois la date limite d'utilisation optimale dépassée, par méconnaissance de la différence entre les deux types de dates. Cette méconnaissance est d'ailleurs responsable de 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers Français selon la commission Européenne. En effet, un produit peut en général être consommé au-delà de la DLUO sans risque pour la santé humaine.
Selon la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC) ou la date de durabilité minimale (DDM).
Les aliments dont la DDM est dépassée, contrairement à ceux dont la DLC est dépassée, peuvent être commercialisés et consommés. Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
Les mesures nationales en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire se sont progressivement renforcées au cours des 10 dernières années, avec la signature du premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire réunissant l’ensemble des parties prenantes en 2013 (renouvelé pour deux périodes de 3 ans), la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en 2015, la loi Garot en 2016, la loi EGAlim en 2018, et enfin la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
Le gaspillage alimentaire a des conséquences économiques importantes. Il engendre des pertes financières pour les producteurs, les commerçants et les consommateurs. La superficie occupée pour la production de nourriture qui n'est pas consommée est estimée à 1,4 milliard d'hectares (en 2007), ce qui couvre une surface équivalente au deuxième plus grand pays après la Russie et devant le Canada. Cette superficie correspond à 28 % des terres agricoles mondiales.
L'impact environnemental des aliments jetés varie en fonction de la méthode de disposition. La matière organique envoyée dans les sites d'enfouissement se décompose en condition anaérobique (absence d'oxygène) ce qui a pour conséquence d'émettre du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.
Plusieurs pays se sont dotés de politiques ou de stratégies pour réduire le gaspillage alimentaire. En 2022, la production européenne de déchets alimentaires est encore de 132 kg/hab. En 2012, l'État adopte l'engagement du Parlement européen de diviser par deux le gaspillage avant 2025, via cinq actions auprès de la grande distribution, des industriels, des associations et des consommateurs.
En France, l’ADEME (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) œuvre activement contre le gaspillage alimentaire à l’échelle nationale. Leurs actions se traduisent par la mise en place d’une série de mesures : sensibilisation et information de tous les publics, valorisation des biodéchets et transition vers une alimentation durable.
La réduction du gaspillage alimentaire à la maison passe par un changement de nos habitudes de consommation. Cela implique des achats plus réfléchis, afin d’optimiser l’utilisation des ressources.
La lutte contre le gaspillage alimentaire représente un engagement collectif et des actions concrètes de la part de tous les acteurs du système agroalimentaire. Lorsqu’une prise de conscience est nécessaire face aux impacts écologiques, économiques et sociaux du gaspillage alimentaire, il est impératif d’adopter des comportements et des pratiques responsables pour obtenir des résultats. Repenser le système alimentaire est un défi d’envergure mondiale.
tags: #d #ou #vient #le #gaspillage #alimentaire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic