Le gaspillage alimentaire est un problème mondial aux conséquences environnementales, économiques et sociales considérables. Chaque année, environ un tiers des aliments produits dans le monde sont perdus ou gaspillés, soit près de 1,3 milliard de tonnes, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture.
En France, on estime que 20% de la nourriture est jetée et que le poids annuel du gaspillage alimentaire s’élève à 10 millions de tonnes par an. Cela représente un tas d’aliments équivalant à 1000 fois le poids de la Tour Eiffel.
Le gaspillage alimentaire a été défini en 2020 dans la loi française comme « toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à un endroit de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée ».
À l’échelle mondiale, la Chine, l’Inde et le Pakistan sont les pays qui gaspillent le plus de nourriture, avec plus de 108 millions de tonnes jetées par la Chine en 2023. Cependant, lorsque l’on regarde par personne, les Seychelles sont le pays où les habitants gaspillent le plus, avec une moyenne de 183 kg par habitant. En revanche, l’Inde, qui produit énormément de déchets, est à 55 kg par habitant.
Depuis le champ jusqu’à nos assiettes, le gaspillage alimentaire a lieu à tous les stades de la chaîne de production alimentaire :
Le gaspillage alimentaire a de gros impacts environnementaux et économiques. Le gaspillage alimentaire contribue significativement au changement climatique. Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, les aliments gaspillés sont responsables de 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En outre, la production alimentaire non consommée entraîne une surexploitation des ressources en eau et en terres agricoles, augmentant la déforestation et la perte de biodiversité.
De plus, les pertes alimentaires représentent un coût économique majeur. En France, le gaspillage alimentaire est estimé à 16 milliards d’euros par an. 33% du gaspillage alimentaire a lieu lors de la consommation, dont 14% pour la restauration collective et commerciale.
Le secteur agricole représente 21% des émissions de gaz à effet de serre en France. Ce chiffre grimpe même à 36% si l’on prend en compte l’ensemble des activités agricoles et alimentaires (ex: la fabrication des emballages ou le transport de marchandises). À cet égard, le gaspillage alimentaire représente à lui seul 3% des émissions de gaz à effet de serre de l’activité nationale.
La lutte contre le gaspillage alimentaire a pris de l'ampleur en France avec la mise en place de plusieurs lois et initiatives :
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Les astuces anti-gaspillage sont nombreuses et vous permettront de réduire votre empreinte écologique tout en réalisant des économies :
Afin de mitiger ces problèmes, de nombreuses solutions sont apparues, entre elles les applications comme Too Good To Go ou Phenix qui permettent de racheter à bas prix des aliments proches de leur date limite de consommation. Too Good to Go a notamment permis de sauver 121 millions de repas en 2023.
Par ailleurs, une étude menée par l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture et l’Environnement met en avant l’importance pour les politiques publiques “antigaspi” de déconstruire les exigences sur l’aspect des fruits et légumes.
Si on pointe souvent du doigt les ménages et les grands distributeurs, le gaspillage alimentaire est également présent en amont de la filière alimentaire. On parle de perte alimentaire lorsque des denrées sont pourries, perdues ou deviennent avariées en amont de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
Selon les rapports publiés par l’Organisation des Nations Unies, 14% des fruits, légumes et céréales sont perdus entre la récolte et la distribution. Bien que l’agriculture ait beaucoup évolué, bon nombre de producteurs traînent encore de mauvaises pratiques notamment lors de la phase de récolte.
Avec toutes ces normes, de grandes quantités de produits sont souvent rejetées en raison de défauts mineurs ou de problèmes de taille qui n’ont aucune incidence sur leur comestibilité. Quant aux mauvaises herbes, elles peuvent concurrencer les cultures pour puiser des ressources comme l’eau ou les nutriments, réduisant ainsi le potentiel de rendement.
Le gaspillage alimentaire en milieu agricole peut aussi tirer son origine d’une mauvaise planification des producteurs. Lorsqu’il y a un excédent de production alimentaire généré par les agriculteurs, il peut être difficile d’écouler la totalité de cet excédent. Dans ces cas, le stockage des récoltes n’est souvent pas une option durable en raison des limites de stockage.
De même, des systèmes d’irrigation peu fiables peuvent faire en sorte qu’une grande partie des terres agricoles ne soient pas correctement irriguées, ce qui entraîne la détérioration et la pourriture des cultures sur place. Dans d’autres cas, les contraintes techniques peuvent entraîner des problèmes d’identification des produits propres à la consommation et à la vente.
Par ailleurs, les solutions de stockage inadéquates posent également un problème en ce qui concerne le gaspillage alimentaire. Lorsque les installations de stockage sont utilisées sont modernes, elles permettent de conserver les produits frais plus longtemps que les méthodes traditionnelles.
Le gaspillage alimentaire représente un véritable manque à gagner pour les producteurs. Les répercussions du gaspillage alimentaire sont également d’ordre environnemental. Gaspiller des aliments, c’est aussi gaspiller d’importantes ressources naturelles. Les matières organiques mises en décharge génèrent du méthane au cours de leur processus de décomposition. En impactant sur l’environnement, le gaspillage alimentaire influence aussi logiquement sur la biodiversité.
De nombreuses initiatives sont mises en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire. NOUS ANTIGASPI continue de montrer son engagement en faveur de la solidarité en donnant ses propres produits invendus aux associations alimentaires de différentes régions. L’entreprise concocte plusieurs types de paniers anti gaspis regorgeant de fruits et légumes.
Lors du tri des produits, les travailleurs agricoles doivent respecter des normes strictes en matière de taille, de forme et de couleur acceptables. L’adoption de normes de qualité plus souples peut aussi apporter des avantages financiers aux agriculteurs. Les systèmes de garantie de commande permettent également aux agriculteurs de mieux planifier leurs besoins de production, car ils savent à l’avance quelle quantité de marchandises sera nécessaire.
Le glanage est une pratique utilisée depuis des siècles pour collecter les récoltes qui restent non récoltées après les méthodes de récolte traditionnelles. En diversifiant les canaux par lesquels les agriculteurs peuvent vendre leurs produits, ils peuvent accéder à un plus grand nombre de marchés. De plus, il faut ajouter que la diversification permet aux agriculteurs de mieux contrôler les prix et les autres conditions liées à la vente des produits.
Le développement de circuits courts et locaux pour la distribution des produits agricoles peut contribuer à réduire le gaspillage alimentaire de plusieurs manières. Il n’est donc pas nécessaire de surproduire ou de stocker de grandes quantités de nourriture en prévision d’une demande future, ce qui peut entraîner une détérioration et un gaspillage. En plus, les circuits locaux offrent aux agriculteurs un moyen plus efficace d’accéder aux marchés pour leurs produits.
Il existe des systèmes de stockage modernes utiles pour améliorer la traçabilité des aliments, ce qui permet de détecter et de corriger plus rapidement de potentiels problèmes qui surviendraient. Ces systèmes peuvent aider les agriculteurs à planifier leurs cultures en fonction de la demande réelle, ce qui peut réduire les excédents et les pénuries.
Afin de réduire le gaspillage alimentaire, plusieurs actions peuvent être mises en place par les consommateurs, les détaillants et les restaurants :
Le gaspillage alimentaire est un véritable enjeu de société. Son impact écologique et économique et le problème éthique qu’il représente doivent nous interroger sur notre manière de produire et de consommer. L’ADEME estime à 10 millions de tonnes la quantité de denrées alimentaires gaspillés chaque année. Cela représente un coût de 16 milliards d’euros.
Heureusement, la prise de conscience citoyenne du caractère insoutenable du gaspillage alimentaire devient plus forte chaque jour. Il est essentiel de continuer à sensibiliser et à mettre en œuvre des actions concrètes pour réduire ce gaspillage et préserver notre environnement.
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