La pizza, bien plus qu'un simple plat, est devenue un phénomène culturel mondial, suscitant passions, controverses et même théories du complot. Des fours artisanaux aux documentaires haletants, explorons ensemble les multiples facettes de cet aliment universel.
Pour beaucoup, l'amour de la pizza commence par une quête de la perfection gustative. Un père de famille de 42 ans, lassé de l'offre locale insatisfaisante, décide d'investir dans un four Burnhard NERO, espérant ainsi maîtriser l'art de la pizza maison.
Notre pizzaïolo en herbe partage sa recette et sa méthode, utilisant de la farine T45 de marque distributeur, du levain sec, de l'eau, de l'huile d'olive, du sel et du sucre. Il mélange le tout au robot, en veillant à ne pas mettre le sel en contact direct avec le levain. Après une heure de pointage en vrac, la pâte est mise en pâtons et placée au réfrigérateur pendant 48 à 72 heures. La cuisson se fait dans un four de cuisine monté à 275°C, avec une plaque chaude pour simuler l'effet pierre. Il envisage d'utiliser une vraie farine à pizza, mais se perd dans toutes les références disponibles.
L'histoire de la pizza prend une tournure sombre avec le documentaire Netflix "Les Génies du mal", qui relate l'incroyable affaire Brian Wells. Le 28 août 2003, à Érié, Pennsylvanie, un livreur de pizzas braque une banque avec une bombe artisanale attachée au cou. La bombe explose, tuant Brian Wells. Alors, victime ou complice ?
Les premiers éléments de l'enquête révèlent que le livreur de pizzas travaillait quelques heures avant le drame. Il a pris la commande d’une pizza pepperoni au téléphone. L’adresse de livraison se situait sur un terrain isolé, près d’antennes de radio. Coïncidence, deux mois plus tard, la police d’Érié reçoit l’appel d’un certain Bill Rothstein. Il affirme qu’un corps se trouve chez lui, dans son congélateur, tout près des fameuses antennes radio où Wells est venu livrer ses funestes pizzas. Rothstein accuse son amie Marjorie Diehl-Armstrong, une jeune femme à la réputation sulfureuse d’être à l’origine du meurtre.
Cette affaire complexe et dérangeante est décortiquée par Netflix dans un thriller documentaire addictif. Le réalisateur Trey Borzillieri, convaincu de l'innocence de Wells, se mue en enquêteur et révèle des informations inédites qui innocentent le livreur de pizza du braquage. Selon lui, Wells aurait été manipulé et forcé à dévaliser la banque pour le compte d'une bande dont Diehl-Armstrong serait le cerveau.
Les fausses informations, fake news, qui circulent et s’amplifient en ligne sont accusées d’avoir joué un rôle dans l’élection de Donald Trump. Si leur explosion en ligne est indéniable, leur influence est plus difficile à évaluer, et à prouver. Toutes les fake news ne se valent pas. Celle qui dit que le pape François a soutenu le candidat Trump (ce qui est faux) n’a pas de grave répercussion. Celle qui dit qu’un réseau de pédophilie, avec des proches d’Hillary Clinton à sa tête, sévit dans une pizzeria réputée de Washington a, en revanche, eu des conséquences bien réelles.
Un autre exemple de la face sombre de la pizza est l'affaire du "Pizzagate". Un délire viral à propos d’un réseau pédophile a abouti à l’évacuation d’une pizzeria de Washington, où un homme armé voulait « faire sa propre enquête ». Cette théorie du complot, diffusée sur les réseaux sociaux et les forums conspirationnistes, affirmait qu'un réseau de pédophilie, avec des proches d'Hillary Clinton à sa tête, sévissait dans la pizzeria Comet Ping Pong. Un homme armé a même fait irruption dans le restaurant, tirant plusieurs coups de feu avant d'être arrêté.
Cette affaire illustre les conséquences désastreuses des fausses informations et des théories du complot qui se propagent sur Internet. Elle a conduit au harcèlement et aux menaces contre les employés de la pizzeria, et a mis en évidence la nécessité de lutter contre la désinformation en ligne.
L'histoire de la pizza ne se limite pas aux drames et aux complots. Elle peut aussi être source d'amitié et de partage. L’ours Martin est un spécialiste de la pizza alors que son voisin et ami Ali le crocodile est le spécialiste des gâteaux. Tous les jours, les deux amis se retrouvaient autour d’une table pour discuter, plaisanter et partager pizzas et gâteaux.
Les deux amis se rendent compte alors qu’ils peuvent vendre leur production et se voient déjà célèbre et riche. La concurrence naît entre les deux amis. Chacun de son côté passe la nuit à cuisiner dans le but unique de vendre. Sauf qu’à l’aube, personne. Pas un client. Malgré leur faim, ils ne veulent pas partager ni consommer leur propre production. Après tout, chaque part vaut une pièce !
Finalement Ali échange son unique pièce contre une part de pizza. Et, à son tour, tiraillé par la faim, Martin s’achète une part de gâteau avec sa pièce tout juste acquise…et ainsi de suite, la pièce ira de l’un à l’autre jusqu’à ce que les deux amis finissent entièrement leur production respectif. L’envie d’être le meilleur fait naître la jalousie envers autrui… Les deux amis, si complice au début du livre se retrouvent à avoir la même idée : lancer un commerce pour gagner plein de pièce. Pourtant lorsqu’ils se retrouvent tout deux dans la rue, chacun est surpris de voir l’autre. Et de suite la concurrence s’installe…chacun veut être le seul à posséder et ne pas partager.
Finalement, en fin de journée la valeur de l’argent n’a pas plus augmenter. Ils sont dans le même état qu’au début. Le sentiment de compétition diminue et par la même occasion, la renommé de leur stand augmente.
La Licorice Pizza du titre ne se mange pas. C’est le nom d’une chaîne de magasins qui vendaient des disques vinyles (les fameuses « pizzas à la réglisse ») dans la Californie des années 1970, avant de donner son titre au nouveau film de Paul Thomas Anderson.Il s’agit d’une histoire d’amour pas évidente entre deux jeunes gens, Alana et Gary, et pour la raconter, le réalisateur de Phantom Thread s’est appuyé sur les récits de l’un de ces amis, jeune entrepreneur ambitieux. « Il m’a donné envie de faire revivre cette période que j’ai idéalisée car je ne l’ai pas vraiment vécue étant né en 1970, confie le cinéaste à 20 Minutes. Licorice Pizza n’est pas un film nostalgique. C’est une promenade dans une Amérique que je trouve cinématographique. »
Course contre le tempsPour cette ballade romantique et farfelue, le cinéaste fait débuter à l’écran à deux interprètes exceptionnels. Il a écrit son film en pensant à Alana Haim, membre du groupe Haim, et lui a adjoint Cooper Hoffman. Ce dernier est le fils de Philip Seymour Hoffman acteur décédé en 2014 qui fut l’un des favoris du cinéaste de Boogie Nights à The Master en passant par Magnolia. « Je ne sais pas si le talent est héréditaire, explique Paul Thomas Anderson. Mais après tout, pourquoi pas ? Cooper s’est révélé d’un naturel époustouflant face à Alana qui, avait, quant à elle, un peu plus d’expérience grâce à sa carrière de musicienne. »
Ce duo - lui à peine sorti de l’adolescence, elle un peu plus âgée - galope dans un Los Angeles méconnu du grand public à grand renfort de plans séquences éblouissants où ils courent comme s’ils tentaient de devancer le temps. « C’est l’idée que je me fais des années 1970, insiste le cinéaste. Je vois cela comme un moment de liberté où tout était possible et où il fallait mettre les bouchées doubles pour en profiter. » C’est ce que fait le héros, enfant star qui se lance dans le commerce de waterbeds puis de flippers avec un égal enthousiasme.
Autour de ce couple à la fraîcheur revigorante, Paul Thomas Anderson a réuni des amis stars comme Sean Penn, Benny Safdie, Tom Waits et surtout Bradley Cooper, étonnant dans le rôle de Jon Peters, producteur hollywoodien passablement agité. « J’ai fait appel à des potes que ma famille et moi fréquentons depuis des années, précise Paul Thomas Anderson. J’espère que le public se sentira inclus dans notre complicité et qu’il acceptera d’être le complice de nos délires. » On croque dans sa Licorice Pizza avec l’immense plaisir que communique un délicieux moment de cinéma.
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