Compléments Alimentaires pour la Mémoire : Analyse et Avis

Le bon fonctionnement de notre cerveau est devenu un enjeu de société, que ce soit pour le développement cérébral des bébés, les périodes de révision, la performance au travail ou la prévention de la maladie d’Alzheimer. Nous avons passé au crible des produits censés améliorer la mémoire et la concentration, afin de vous aider à faire un choix éclairé. Le magazine s'est penché sur ces produits et dévoile ses résultats.

Les promesses des compléments alimentaires pour la mémoire

Chez les seniors, les compléments alimentaires jouent sur des allégations promettant de « renforcer la mémoire » et d’« améliorer les fonctions cognitives ». Or, ces dernières n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité dans les troubles de la mémoire ou de la cognition. À la différence des médicaments, les compléments alimentaires n’ont pas à faire la preuve de leur efficacité. C'est important de le savoir.

Ingrédients clés et leurs effets

Les fabricants se basent le plus souvent sur des études faites sur un ou plusieurs composants présents dans leur formule. On trouve, par exemple, le bacopa, qui peut donner des résultats sur la mémoire à court terme. Il y a aussi la rhodiole, plutôt recommandée en cas de stress et de surmenage mental. Le Ginkgo biloba, lui, a des propriétés antioxydantes et facilite la microcirculation au niveau du cerveau. Il peut avoir de l’intérêt chez les personnes qui avancent en âge. Ces micronutriments interviennent dans les réactions biochimiques impliquées dans les processus de mémorisation. Ils aident aussi à lutter contre la fatigue.

Voici quelques ingrédients clés souvent présents dans les compléments alimentaires pour la mémoire :

  • Acides gras oméga-3 (DHA) : Composants majeurs du cerveau, ils disposent d’un rôle anti-inflammatoire.
  • Ashwagandha KSM-66: Reconnue pour ses propriétés adaptogènes.
  • Phosphatidylsérine : Phospholipide naturellement présent dans les membranes des cellules cérébrales.
  • Vitamine B12 : Impliquée dans la production des neurotransmetteurs et dans la protection des neurones.
  • Rhodiole : Plante adaptogène qui aide votre corps à s’adapter aux situations de stress, tout en luttant contre la fatigue mentale.

Pour lutter contre le stress et améliorer l’humeur, le safran en gélule est également un très bon supplément, complémentaire aux actifs pour la concentration.

Additifs et interactions médicamenteuses

Parmi les produits que nous avons étudiés, nous avons relevé la présence d’additifs en grand nombre comme dans Biane Enfant du laboratoire Pileje. Comme le Pediakid des laboratoires Ineldea, Biane Enfant a été enrichi en vitamine D. Si elle est utile et indispensable à la croissance et au développement des enfants, cette vitamine peut aussi se révéler problématique. En effet, des ampoules de vitamine D sont très souvent prescrites aux jeunes pendant les périodes hivernales.

Plus problématique, la présence de ginkgo biloba peut interagir avec des traitements anticoagulants. « La prudence s'impose. », ainsi que sur la caféine que certains contiennent. Chez les seniors, les compléments alimentaires jouent sur des allégations promettant de « renforcer la mémoire » et d’« améliorer les fonctions cognitives ». Or, ces dernières n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité dans les troubles de la mémoire ou de la cognition.

Comment fonctionne la mémoire ?

D’après l’INSERM, il n’existe pas « un » centre de la mémoire dans le cerveau. Les différents systèmes de mémoire mettent en jeu des réseaux neuronaux distincts, répartis dans différentes zones du cerveau. L’imagerie fonctionnelle (tomographie par émission de positons, imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) permet aujourd’hui d’observer le fonctionnement cérébral normal impliqué dans les processus cognitifs.

La mémorisation résulte d’une modification des connexions entre les neurones d’un système de mémoire : on parle de « plasticité synaptique ». Les différentes formes de mémoire fonctionnent en interaction, selon que la situation requiert des informations issues de la mémoire sémantique ou épisodique, implicite ou explicite. Ainsi, un souvenir se traduit par l’intervention de neurones issus de différentes zones cérébrales et assemblés en réseaux.

Ces connexions interneuronales évoluent constamment au gré des expériences et sont responsables de la persistance d’un souvenir à long terme ou non, selon les cas (importance de l’évènement, contexte environnemental et émotionnel…).

Le système cholinergique central joue un rôle important dans la régulation de la fonction de la mémoire. Le neurotransmetteur l'acétylcholine contrôle de nombreux processus cognitifs.

Comment entretenir sa mémoire ? réponse d'un neurologue

Le rôle des neurotransmetteurs

Le cerveau est constitué d'environ cent milliards de cellules nerveuses qu’on appelle neurones. Les neurones sont parcourus à chaque instant de décharges électriques, qui sont les moyens qu’ont trouvé de nombreux êtres vivants pour acheminer une information. Au bout des axones, il y a de petites protubérances appelées terminaux synaptiques. Ces terminaux sont reliés aux dendrites d’autres neurones.

En réalité, les terminaux synaptiques ne sont pas directement au contact des dendrites. Entre eux s'étend un espace infime que l'on appelle synapse. La synapse est l’endroit précis où le signal passe d’une cellule à l’autre. Pour acheminer ce signal à travers l’espace étroit de la synapse, le terminal synaptique d’un neurone va le plus souvent utiliser une substance qu’il stockait jusqu’alors dans de petites vésicules et qu’il libère dans l’espace qui le sépare des dendrites du neurone voisin. Cette substance s'appelle un neurotransmetteur.

Le neurotransmetteur n’est rien d’autre qu’un messager chimique. Il attend dans ses vésicules qu’une impulsion électrique, après avoir parcouru l’axone, le propulse de l’autre côté de l’espace synaptique. Il traverse alors la petite distance qui le sépare de la paroi d’une dendrite. Là, il est capté par des logements spéciaux ménagés sur la surface de la dendrite, que l’on appelle récepteurs.

L’arrivée du neurotransmetteur dans les récepteurs déclenche une série de réactions biochimiques qui donne naissance à un signal électrique. Ainsi se propagent les signaux qui permettent la vie.

Les neurotransmetteurs qui suivent sont les plus importants du cerveau pour le contrôle qu’ils exercent sur les neurones. Ce sont aussi les plus étudiés, et ceux qui sont le plus souvent la cible des molécules naturelles (nutrition) ou de synthèse (médicaments).

L’acétylcholine est le grand messager chimique de la mémoire : il est synthétisé à partir d’une substance de l’alimentation, la choline et de la forme active de l’acide pantothénique (vitamine B5). L’acétylcholine est un neurotransmetteur « à tout faire » qui intervient dans le contrôle des mouvements, y compris le pouls, ainsi qu’une multitude de fonctions physiologiques. C’est aussi le messager chimique de la mémoire.

Les régions du cerveau qui offrent la plus forte densité de neurones utilisant la choline, sont celles qui dégénèrent dans la maladie d’Alzheimer. Même chez la personne en bonne santé, on sait qu’avec l’âge, l’organisme fabrique moins d’acétylcholine. Cette situation est à l’origine de troubles de la mémoire, manque de concentration, oublis.

Pour résumer, l’acétylcholine commande la capacité à retenir une information, la stocker et la retrouver au moment nécessaire. Lorsque le système qui utilise l’acétylcholine est perturbé apparaissent des troubles de la mémoire, voire dans les cas extrêmes des formes de démence sénile.

La dopamine est un neurotransmetteur synthétisé par certaines cellules nerveuses à partir de la tyrosine, un acide aminé (composant des protéines de l’alimentation). Elle affecte le mouvement musculaire, la croissance des tissus, le fonctionnement du système immunitaire. Elle intervient dans la sécrétion de l’hormone de croissance.

Les réseaux dopaminergiques du cerveau sont étroitement associés aux comportements d’exploration, à la vigilance, la recherche du plaisir et l’évitement actif de la punition (fuite ou combat). Chez l’animal, les lésions des zones dopaminergiques se traduisent par un désintérêt pour les stimuli de l’environnement et par une diminution du comportement exploratoire.

Chez l’homme, la baisse d’activité des neurones dopaminergiques d’une certaine région du cerveau (l’axe substance noire - striatum) entraîne une diminution du mouvement spontané, une rigidité musculaire et des tremblements. C’est la maladie de Parkinson. On trouve une activité dopaminergique basse dans les dépressions de type mélancolique, caractérisées par une diminution de l’activité motrice et de l’initiative, une baisse de la motivation.

Pour résumer, la dopamine crée un terrain favorable à la recherche de plaisir ou d’émotions, à l’état d’alerte, au désir sexuel.

Impact de l'hygiène de vie sur la mémoire

L’hygiène de vie influence beaucoup la mémorisation, principalement le sommeil. Des expériences ont montré que dormir améliore la mémorisation, et ce d’autant plus que la durée du sommeil est longue. A l’inverse, des privations de sommeil (moins de 4 ou 5 heures par nuit) sont associées à des troubles de la mémoire et des difficultés d’apprentissage.

Durant le sommeil, l’hippocampe est au repos, évitant les interférences avec d’autres informations au moment de l’encodage du souvenir. Il se pourrait aussi que le sommeil exerce un tri, débarrassant les souvenirs de leur composante émotionnelle pour ne retenir que l'information essentielle, facilitant ainsi l’encodage.

Le sommeil n’est pas le seul paramètre d’hygiène de vie qui influence notre capacité de mémorisation : l’alimentation (bénéfice du régime méditerranéen), l’activité physique, le stress, et les activités sociales jouent également un rôle important.

Conseils pour optimiser l'efficacité des compléments alimentaires

Pour optimiser votre tonus intellectuel, un apport d'énergie est nécessaire pour préserver et booster vos capacités cérébrales.

  • adoptez une alimentation équilibrée : privilégiez les aliments riches en antioxydants, en acides gras essentiels et en fibres.
  • bougez régulièrement : l’activité physique stimule la circulation sanguine vers le cerveau.

Comment choisir le bon complément ?

Pour choisir un meilleur complément alimentaire mémoire concentration, il est essentiel d’observer la synergie des plantes, la biodisponibilité des nutriments et le type de bénéfice recherché : mémoire à court terme, concentration soutenue, réduction du stress mental ou vigilance.

Pour sélectionner le bon produit, il est essentiel d’identifier le besoin cognitif prioritaire : mémoire à court terme, concentration soutenue, résistance au stress ou vigilance. Chaque actif agit différemment : certains améliorent la circulation cérébrale, d’autres optimisent les neurotransmetteurs, et certains soutiennent l’énergie mentale.

Ce qu'il faut retenir

En combinant des actifs comme les oméga-3, l’ashwagandha KDM-66 ou le magnésium bidglycinate à une bonne hygiène de vie, vous maximisez vos chances d’avoir un cerveau performant et une mémoire réactive. Il faut anticiper si l’on veut qu’ils aient une action pendant des révisions pour des examens. Mais même comme cela, ces produits ne sont pas miraculeux. En revanche, on évite les grignotages de produits sucrés qui favorisent une glycémie en dents de scie. Pour avoir une bonne mémoire, il faut aussi modérer sa consommation d’alcool, bien dormir, et avoir une activité physique suffisante.

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