Les compléments alimentaires sont de plus en plus populaires en France, avec un marché qui a atteint 1,9 milliard d'euros en 2018. Environ 80 millions de boîtes de compléments alimentaires sont vendues chaque année en France. Selon le Synadiet (Syndicat national des compléments alimentaires), plus de 60 % des Français en consomment. Ces produits sont censés fortifier l’organisme et renforcer nos défenses face aux virus. Se situant entre le médicament et l'aliment, ces produits remportent l'adhésion de 93 % des Français qui reconnaissent leurs bénéfices pour la santé.
Cependant, il est essentiel de comprendre que leur usage n'est pas anodin. Les compléments alimentaires, concentrés de nutriments ou d’autres substances, sont de plus en plus consommés en France. 60 Millions de consommateurs a passé au crible 120 d’entre eux, sous différentes formes. Selon l’association, ces compléments sont à utiliser avec parcimonie et prudence.
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les compléments alimentaires sont définis comme « les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés… ».
On attribue à ces substituts des vertus censées améliorer notre santé. La prise de compléments alimentaires permettrait, selon leurs spécificités, de fortifier l’organisme, renforcer son immunité, diminuer son stress, faciliter la perte de poids, soulager certains désagréments de la ménopause ou de la grossesse. Les ingrédients autorisés sont réglementés au niveau national et européen. Il s’agit de vitamines, minéraux et plantes, dont les doses journalières maximales doivent être respectées.
Contrairement aux médicaments, la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas d’autorisation individuelle de mise sur le marché. Les suppléments nutritionnels dépendent du Code de la consommation, et non pas du Code de la santé publique comme les médicaments. Ils n'ont donc pas besoin d'évaluation préalable de leur efficacité avant de pouvoir être mis sur le marché.
Par contre, à l'instar des autres denrées alimentaires, les compléments alimentaires sont soumis à une déclaration de mise sur le marché auprès de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Les suppléments nutritionnels sont vendus sans ordonnance. Autrement dit, tout le monde peut s'en procurer facilement. Consommer des compléments alimentaires permet de couvrir des carences en nutriments.
En hausse constante, la consommation de compléments alimentaires est courante. Pourtant, ces produits sont loin d'être anodins. Consommés à haute dose, ils peuvent engendrer des troubles parfois graves. Par ailleurs, l’organisme alerte sur l’effet cocktail, en cas de consommation de plusieurs de ces compléments. Le surdosage de certaines vitamines peut également entraîner des complications.
C’est le cas de la vitamine C dont un apport trop important peut nuire au foie et aux reins qui devront ensuite l’éliminer. Les ingrédients de certains compléments alimentaires sont également susceptibles d’entraîner des effets secondaires. 60 Millions de consommateurs cite l’exemple des huiles essentielles, qui peuvent déclencher des crises d’épilepsie. Enfin certains produits présentent des contre-indications avec certains médicaments.
En février dernier, l’Académie de pharmacie a consacré un rapport aux compléments alimentaires à base de plantes. Elle rappelait que certains avaient des effets proches des médicaments sans être aussi bien encadrés et mettait en garde contre un mauvais usage potentiellement à risque (consommation de plusieurs produits, dépassement des doses recommandées). « Par définition, un complément alimentaire ne peut avoir ni revendiquer d’effets thérapeutiques », rappelle encore l’Anses sur son site internet.
Par exemple, récemment, l'ANSES a publié un article mettant en garde contre les compléments alimentaires et les aliments enrichis pour sportifs, soulignant leurs risques potentiels pour la santé. L'ANSES mentionne que certains athlètes se tournent vers les compléments alimentaires pour améliorer leurs performances en développant leur masse musculaire ou en réduisant leur masse grasse.
L'agence indique qu'entre 2016 et février 2024, « 154 nouveaux cas d'effets indésirables ont été déclarés » après une consommation de compléments alimentaires. Des risques qui sont accrus chez les plus jeunes, dont l'organisme présente une plus forte sensibilité que chez l'adulte.
Certaines interactions entre compléments alimentaires et médicaments peuvent être risquées. Des plantes peuvent réduire l’efficacité de certains médicaments, voire augmenter leurs effets indésirables. On sait aussi que le ginkgo, la vitamine E et les oméga-3 ne doivent pas être pris en même temps que l’aspirine ou les médicaments anticoagulants.
Ail, levure rouge de riz, artichaut, huile de poisson… Le rayon des compléments alimentaires destinés à « faire baisser le cholestérol » n’a jamais été aussi bien garni. En pharmacie, en ligne ou dans les magasins spécialisés, ces produits séduisent de plus en plus de Français. L’hypercholestérolémie touche un adulte sur deux après 60 ans, et concerne tout particulièrement le cholestérol LDL, dit « mauvais cholestérol ».
Plusieurs médecins rapportent des cas de patients qui, convaincus par des publicités rassurantes ou des conseils mal informés, abandonnent leur traitement médical au profit de compléments naturels. Naturel ne signifie ni efficace, ni sans danger. En cas d’hypercholestérolémie, seule une stratégie encadrée par un médecin garantit une vraie prévention des maladies cardiovasculaires.
On peut en tirer un certain bénéfice, à condition d’en connaître les limites. En cas de prise de compléments alimentaires, attention aux surdosages, aux interactions et aux effets indésirables, surtout en cas de prises prolongées ou combinées. Dans beaucoup de produits, on retrouve les mêmes vitamines et oligoéléments.
Une étude scientifique parue fin 2023 pointe le thé vert, le curcuma, le rooibos ou encore le CBD pour leur impact sur le foie. « Cet organe reçoit et transforme toutes les molécules étrangères toxiques que notre corps ne connaît pas », explique la Pre Catherine Bennetau-Pelissero. Prises au long cours, elles peuvent finir par endommager certaines fonctions hépatiques. Surtout lorsque l’on cumule plusieurs compléments alimentaires contenant des substances identiques.
Autre exemple encore : en juin 2022, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alertait sur les compléments alimentaires à base de curcumine associée à de la pipérine, car cette dernière augmente l’assimilation de toutes les substances prises avec elle (nutriments comme médicaments).
L’an passé, une alerte de l’Anses portait sur l’ashwagandha, une plante adaptogène pour mieux résister au stress. « De nombreux métabolites de cette plante sont sous surveillance pour leurs effets potentiellement indésirables sur le foie, sur la thyroïde ou encore sur les sphères cardiovasculaire et hormonale », indique le Dr Denis. Sans compter les allergies croisées. Par exemple, les personnes allergiques aux astéracées doivent éviter les produits à base de pissenlit. Idem avec le saule blanc : cette plante contenant des composés salicylés, elle est à proscrire en cas d’allergie à l’aspirine.
Même si on les trouve en pharmacies, les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments. Les fabricants n’ont pas l’obligation de vérifier leur efficacité ni de s’assurer de leur sécurité d’emploi.
L’Anses insiste sur le fait que la consommation de compléments alimentaires doit rester éclairée. Selon l’autorité de santé « les déficits d’apport et a fortiori les carences en nutriments sont très rares dans la population générale et ne concernent que la Vitamine D ».
Voici quelques précautions à prendre pour une consommation sécurisée :
Il est tout à fait possible de prendre plusieurs compléments alimentaires en même temps ou dans la même journée, mais attention tout dépend de leurs compositions ! Ainsi, vous devez éviter de consommer des produits qui contiennent les mêmes vitamines et minéraux à 100% des Valeurs Nutritionnelles de Référence (VNR) pour éviter les surdosages. Il existe des exceptions notamment pour les vitamines B12, C et D3 (sinon cela serait trop facile). En cas de doute demandez conseil à un professionnel de santé.
Certains vitamines et minéraux sont également incompatibles, en effet ils se neutralisent ou entrent en compétition lorsqu’ils sont pris en même temps, ce qui peut réduire leur efficacité ou même causer des déséquilibres. Certains minéraux ou vitamines vont entrer en compétition au moment de leur absorption dans le tube digestif. Autrement dit, l’un va empêcher l’absorption de l’autre. Pour maximiser leurs bienfaits, prenez donc soin de bien les espacer de plus de 3 heures.
Ces exemples illustrent l’importance d’être bien informé sur les interactions potentielles entre compléments alimentaires avant de les combiner. La vitamine B12 est nécessaire pour le métabolisme de la vitamine B9. Par conséquent, la carence en vitamine B12 bloque l’activation de la vitamine B9 qui, même en cas d’apport suffisant, sera inefficace.
La vitamine C potentialise l’absorption du fer non héminique (celui qui est présent dans les végétaux).
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