Aujourd'hui, on peut être tenté par l’aventure pour des raisons plus affectives qu’économiques. Ne vous y trompez pas, les cochons sont beaucoup plus sophistiqués qu’on ne le croit. Les fermes traditionnelles élevaient toujours au minimum deux cochons, tant pour la consommation familiale que pour les agapes des grands travaux agricoles de l’été. Chaque région avait sa race de porc adaptée au terroir, au climat, ainsi qu’à la gastronomie locale.
Méfiez-vous cependant des annonces de cochons nains car, souvent, la bestiole est “naine” les premiers mois de sa vie, mais atteint facilement les 200 kg à l’âge adulte. Évidemment, élever un cochon, surtout une truie toujours très prolifique, c’est devoir à terme envisager son sacrifice, ou celui de sa nombreuse progéniture.
L’article D212-34 du Code rural précise les obligations légales à suivre, différentes selon le nombre de cochons. Il s’agit entre autres d’une déclaration d’exploitation et de site d’élevage, de bouclage des animaux et de tests de prophylaxie (dépistage de maladies telles que la maladie d’Aujeszky et le syndrome dysgénésique et respiratoire du porc, SDRP, selon les départements).
La conduite d'élevage est un terme équivoque qui peut être utilisé au sens restreint (conduite alimentaire par exemple), ou au sens large : de l'alimentation à la valorisation en passant par la reproduction, le logement, les soins... Ici, nous nous intéressons à la conduite des truies lors des différentes phases de leur cycle, le renouvellement, la reproduction… ainsi qu’aux porcelets sous la mère, aux porcelets en post-sevrage et aux porcs charcutiers.
L’alimentation est à volonté ! Le cochon est omnivore et mange plus en groupe que seul. L’orge sera la base de son alimentation à condition d’être aplatie. Dans les élevages français, l’alimentation des porcs n’est constituée que de produits végétaux sélectionnés pour leurs grandes qualités nutritives. L’alimentation des porcs répond à des exigences qualitatives et sanitaires strictes. Les éleveurs de porcs assurent à leurs animaux une alimentation adaptée à leurs besoins.
A la naissance, le porcelet tète le colostrum, très riche en anticorps, véritables défenses naturelles essentielles au début de sa vie. Au sevrage, un porcelet pèse déjà 8 kilos et consomme surtout de la poudre de lait mélangée avec du blé et des céréales en flocons. Cette phase dure 5 à 6 semaines. Pendant la phase d’engraissement, le porc absorbe tous les jours un kilo de nourriture. Grâce à une préparation essentiellement constituée de maïs, de blé et d’avoine, de pois et de soja, il grossit de 600 grammes par jour.
Les céréales, comme le blé ou le seigle, peuvent constituer jusqu’à 75 % de l’alimentation des porcs, ces derniers devant être engraissés pour la production de viande. De plus, l’alimentation des porcs doit être techniquement performante, car elle constitue la part principale des coûts de production d’un élevage. Certains éleveurs ont fait le choix de fabriquer eux-mêmes leurs aliments. C'est le cas de plus de 35% des éleveurs, qui cultivent eux-mêmes ou achètent directement les matières premières, principalement des céréales et des graines oléoprotéagineuses.
Les densités des élevages intensifs ne permettent pas aux animaux de faire de l’exercice et d’exprimer leurs comportements naturels. Entassés, évoluant dans un environnement très pauvre où ils ne peuvent exprimer leurs comportements naturels, les porcs s’ennuient, souffrent de frustration et de stress. Leurs conditions d’existence en élevage intensif peuvent les rendre agressifs et les amener à mordre la queue de leurs congénères. Raison pour laquelle la caudectomie (la coupe de la queue) est systématique.
Le 1er janvier 2022, est entrée en vigueur l’interdiction de la castration à vif des porcelets. Cependant, la castration sous anesthésie et analgésie est toujours pratiquée sur 75% des porcs abattus en France.
Le but est d’obtenir une viande plus grasse et prévenir l’apparition d’une odeur désagréable lors de la première cuisson pouvant impacter 3 à 5% des carcasses. Il s’agit d’une procédure stressante qui entraîne de vives douleurs chez l’animal, à la fois pendant et après l’opération. La présence d’un vétérinaire n’est pas obligatoire lors de cette intervention chirurgicale pour en assurer le bon déroulement. L’anesthésie et l’analgésie nécessitent de surcroît un temps d’attente pour être efficaces, ce qui est incompatible avec les cadences de travail des élevages intensifs où les porcelets sont castrés à la chaîne.
L’une des alternatives à la castration physique, la vaccination des porcs mâles, est encore l’objet de nombreuses idées reçues. La désignation « immunocastration » peut en effet laisser penser qu’il s’agit d’une castration chimique ou d’un traitement hormonal dangereux pour la santé, mais il n’en est rien ! Le mode d’action est le suivant : l’injection d’un produit permettant de bloquer de manière temporaire et réversible la production d’une des hormones sexuelles à l’origine de l’odeur chez le porc, en stimulant le système immunitaire des animaux, selon un procédé similaire à la vaccination contre un virus.
Alternative à une opération chirurgicale douloureuse, elle évite un affaiblissement de la santé des animaux et les infections liées à la présence de plaies au niveau des testicules, qui impliquent des traitements antibiotiques et une mortalité plus élevée. Par ailleurs, il a été démontré que consommer de la viande de porcs vaccinés ne présente aucun risque pour la santé des consommateurs. Le Comité des médicaments à usage vétérinaire (CVMP) a en effet analysé le dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché du vaccin, dans lequel figure toutes les informations concernant ce produit. Ceci lui a permis de conclure que les carcasses issues des animaux traités avec le vaccin ne contiennent pas de résidus pouvant porter atteinte à la santé des consommateurs, et donc que la consommation de cette viande ne présente aucun risque.
Les porcs élevés en plein air ou en liberté - Label Rouge fermier - et l‘élevage biologique de porcs représentent la meilleure alternative : les animaux disposent d’un accès au plein air.
Plusieurs réglementations successives, d’initiative européenne, ont modifié progressivement les conditions d’élevage des porcs. Les textes européens sont ensuite transposés en droit français. Les nouveaux élevages ne sont pas autorisés à utiliser des stalles pour les truies. Toutes les stalles existantes pour les truies doivent avoir été supprimées. Les truies doivent être gardées en groupes après les quatre premières semaines de gestation.
Les conditions de logement des animaux doivent répondre à leurs besoins physiologiques et éthologiques (mouvements et confort de l’animal) ; Aération et éclairage naturels ; Les espaces en plein-air doivent offrir des protections suffisantes contre la pluie, le soleil, le vent et les températures extrêmes.
Conduite des truies : En groupe. Castration des porcelets : À partir du 1er Janvier 2022, elle doit être pratiquée à moins de 7 jours d’âge sous anesthésie et analgésie. La bombe de froid est autorisée comme analgésique. Elle doit être pratiquée à moins de 7 jours d’âge, sous anesthésie ou analgésie. La bombe à froid est autorisée.
Par dérogation, si pour des raisons anatomiques, la castration doit être pratiquée plus de 7 jours après la naissance, une anesthésie complétée par une analgésie prolongée doit être réalisée par un vétérinaire.
La truie en élevage vit en fonction de son cycle reproductif. Selon l’âge au sevrage des porcelets, elle y restera jusqu’à 21 ou 28 jours après mise-bas, et ses porcelets seront sevrés. La maîtrise d’un troupeau de truies nécessite de nombreux savoir-faire et connaissances sur la reproduction de la truie, avec la détection des chaleurs, l’insémination artificielle, puis la conduite de la gestation avec le contrôle des retours et les échographies. Pour un troupeau en bonne santé et performant, il faut respecter la biosécurité et assurer un bon niveau sanitaire.
A la naissance, les porcelets font face à une chute de température corporelle ; il faut donc veiller à leur confort thermique tout en respectant celui de la truie. Les porcelets sont séchés, les cordons ombilicaux désinfectés. Selon les élevages, les soins aux porcelets sont faits dans les jours suivant la mise-bas. Une attention particulière est portée aux petits porcelets (chétifs) et aux porcelets surnuméraires.
Taux de pertes et croissance des porcelets en maternité dans les stations expérimentales porcines de Crécom et Guernévez. Les pratiques d'élevage pour maximiser le nombre de porcelets sevrés.
Aliment en C1 (Conversion 1ère année) : 20 % de la ration si provenance de prairies ou protéagineux en 1ère année de conversion de l’exploitation.
Aliment en C2 (2ème année) : Si achat = ≤ 25 % de la ration annuelle moyenne, si produit sur l’exploitation = ≤ 100 %.
Nombre de traitements autorisés :
L’analgésie pour la castration est assimilée à un traitement obligatoire.
Mixité Bio / Non Bio : Autorisée si espèces différentes dans des unités dont les bâtiments et les terres sont bien séparées.
Durée de conversion : Parcours = 1 an, animaux = 6 mois.
Ils peuvent être introduits, à des fins de reproduction, uniquement lorsque les animaux bio ne sont pas disponibles (consultez la base de données « animaux biologiques » de l’INAO) et AVEC DEROGATION, dans les cas suivants :
| Type d'Aliment | Pourcentage en C1 | Pourcentage en C2 (Achat) | Pourcentage en C2 (Production sur exploitation) |
|---|---|---|---|
| Aliment en conversion | 20% | ≤ 25% | ≤ 100% |
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