Les colorants alimentaires sont utilisés depuis des siècles pour améliorer l'apparence des aliments et des boissons. Ils sont couramment ajoutés aux produits transformés pour leur donner des couleurs attrayantes et uniformes.
Vous vous étonnez toujours des jolies couleurs des bonbons de notre enfance, de celles de ces cupcakes qui nous font de l’œil en vitrine ou de cette glace qui nous rafraîchit l’été ? On utilise les colorants alimentaires pour donner aux produits finis leur apparence originale, mais aussi pour avoir une couleur finale plus intense. En effet, il faut que le produit soit attirant pour le consommateur et lui donner envie de l'acheter.
L'utilisation des colorants alimentaires, bien que répandue et souvent jugée nécessaire pour des raisons esthétiques, pose des questions importantes en termes de santé publique, notamment pour les enfants.
Il existe deux grandes catégories de colorants alimentaires : les colorants naturels et les colorants artificiels.
Tous les colorants alimentaires ne sont pas égaux en termes de sécurité. Certaines études ont identifié des colorants spécifiques qui pourraient être particulièrement nocifs pour les enfants.
L’hyperactivité chez les enfants est un problème de santé publique croissant, et de nombreuses recherches se sont concentrées sur les causes possibles, y compris l’impact des additifs alimentaires. En 2007, une étude publiée dans « The Lancet » a suggéré un lien possible entre les colorants alimentaires artificiels et une augmentation des comportements hyperactifs chez les enfants. L’hyperactivité est caractérisée par une impulsivité, une inattention et une activité excessive qui peuvent interférer avec le fonctionnement quotidien.
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui affecte environ 5 à 10 % des enfants dans le monde. Les symptômes incluent l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité, ce qui peut entraîner des difficultés scolaires et sociales. Certaines études ont montré que les enfants atteints de TDAH sont particulièrement sensibles aux effets des colorants alimentaires.
Pour essayer de gérer les symptômes du TDAH, il est suggéré de privilégier une alimentation riche en nutriments essentiels. Les enfants atteints de TDAH peuvent avoir des taux sanguins plus faibles en fer, zinc et magnésium. Il est également essentiel d’éviter certains types d’aliments. Certains colorants, comme la tartrazine, sont connus pour provoquer des réactions allergiques chez les enfants sensibles.
Des chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) ont publié des résultats de leurs recherches sur le dioxyde de titane (E171), un colorant couramment utilisé notamment sous la forme nanométrique dans l'alimentaire. L’expérimentation a été menée durant plusieurs semaines sur des rats exposés quotidiennement à du nano-dioxyde de titane du commerce à des doses comparables à celles ingérées chaque jour par l’homme.
Elle démontre que le dioxyde de titane pénètre la paroi intestinale, passe dans le foie puis dans la circulation sanguine. Les chercheurs ont observé des troubles du système immunitaire et le développement spontané de lésions précancéreuses du côlon chez 40% des rats. Au regard de ces conclusions, les ministères chargés de l’Economie, de la Santé et de l’Agriculture ont décidé de saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) afin de déterminer si l’additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ne juge pas le colorant E171 comme un risque pour la santé des consommateurs. En tout état de cause, l’étude des chercheurs de l’Inra démontre aujourd’hui l’impact sur la santé d’un lot de poudre de dioxyde de titane comportant 45% de nanoparticules.
Le TiO2 entre dans la composition d’une grande variété de produits finis tels que des peintures, des cosmétiques (crèmes solaires, dentifrices…), mais aussi des médicaments, des produits alimentaires ou des produits de construction (bâtiment et travaux publics).
Les colorants alimentaires sont réglementés par diverses agences à travers le monde pour garantir leur sécurité. Ces agences évaluent les colorants alimentaires en fonction de leur toxicité, de leur potentiel allergène et de leur effet sur la santé à long terme.
Face aux préoccupations croissantes, il existe plusieurs stratégies pour réduire l'exposition aux colorants artificiels.
L’exposition permanente des travailleurs à des colorants et pigments induit des effets pathologiques variés et certaines molécules, les amines aromatiques et sels métalliques notamment, peuvent avoir une grave toxicité. Par inhalation sous forme de poussières ou par contact cutané, les colorants et pigments peuvent être responsables de pathologies respiratoires, de cancer des voies urinaires et du poumon, d’effets nocifs sur les globules rouges, d’effets cutanés allergiques...
Les colorants sont en général des substances organiques alors que les pigments sont souvent des composés minéraux (sels métalliques) : les colorants sont utilisés en solution, leurs molécules sont dispersées dans le milieu qu'elles colorent et les teintures sont absorbées par le support, alors que les pigments sont des solides pulvérulents utilisés en suspension, mélangés avec des liants avant leur application sur les surfaces.
Des oxydes de métaux sont utilisés pour colorer le verre, les peintures, les encres, la céramique, les plastiques : cadmium, chrome, cuivre, nickel, cobalt, manganèse, étain, titane, tungstène, zinc, plomb, fer ... Pour la coloration du papier, on utilise des pigments soit inorganiques soit organiques (par exemple azoïques et phtalocyanines) et du noir de carbone. Les dermatoses (maladies de peau) professionnelles sont fréquentes dans la coiffure et elles sont reconnues en maladies professionnelles. Le paraphénylènediamine (PPD) et ses dérivés restent les colorants capillaires les plus sensibilisants (eczémas de contact allergique).
Cette large utilisation des colorants et pigments dans l’industrie et l’artisanat nécessite, par des mesures de prévention appropriées, de réduire toutes ces expositions pour diminuer fortement les risques professionnels associés :
La ventilation et l’aération des lieux de travail jouent un rôle essentiel pour limiter la concentration de l'ensemble des poussières dans l'air ambiant et les évacuer des lieux de travail, de façon à respecter les valeurs limites fixées par les réglementations et éviter ainsi les conséquences sur la santé des travailleurs.
Pour empêcher les projections, les déversements ou la contamination de l’atmosphère du lieu de travail par les poussières de colorants et pigments, il faut avant tout disposer d’ateliers convenablement conçus. Le process des grandes imprimeries, verreries, papeteries, tanneries ... industrielles est mécanisé et automatisé, ce qui réduit considérablement les risques.
| Colorant | Type | Risques Potentiels | Réglementation |
|---|---|---|---|
| Tartrazine (E102) | Artificiel | Réactions allergiques, hyperactivité | Autorisé avec restrictions |
| Bleu Brillant FCF (E133) | Artificiel | Potentiellement toxique à haute dose | Interdit dans certains pays |
| Dioxyde de Titane (E171) | Minéral | Troubles immunitaires, lésions précancéreuses (études sur les rats) | En cours d'évaluation |
| Carotène (E160a) | Naturel | Généralement considéré comme sûr | Autorisé |
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