Une colite correspond à une inflammation d'une partie ou de la totalité de la muqueuse du côlon. En France, la colite aiguë représente près de 10% des cas annuels de diarrhée aiguë.
On dit que la crise de colite est "aiguë" si elle survient de façon brutale, qu'elle est accompagnée d'une fièvre ou d'une douleur intense, qui apparaissent en quelques heures. Une colite est une inflammation de toute ou partie de la muqueuse colorectale, causée par un agent infectieux ou une maladie inflammatoire.
Le diagnostic repose sur l'anamnèse, c'est-à-dire l'interrogatoire du patient. Les symptômes décrits vont orienter le praticien vers le diagnostic de colite aiguë. Cette hypothèse sera confirmée par la réalisation d'une coloscopie. Cet examen peut être complété par :
En l'absence de prise en charge rapide, une colite aiguë peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines, mettant parfois en danger la vie du patient. Le traitement de la colite aiguë est essentiellement médicamenteux. Le médecin prescrit généralement des antibiotiques ou des antiparasitaires destinés à lutter contre les colites d'origine infectieuse. En revanche, les colites dues à un traitement par radiothérapie devront être prises en charge chirurgicalement par ablation d'une partie du côlon.
Une colite aiguë grave nécessite une surveillance médicale en milieu spécialisé avec un ASP quotidien, un jeûne de 48 heures, et une perfusion pour l'hydratation. La corticothérapie intraveineuse représente le traitement médical de première intention. Néanmoins, elle est inefficace chez un patient sur trois. L'infliximab et la ciclosporine sont envisageables en 2e ligne avec une efficacité et une sécurité d'emploi comparables. Le choix entre les deux molécules doit se faire au cas par cas.
L'alimentation doit être adaptée avec un régime sans résidu qui permet de diminuer ou de supprimer de l'alimentation les fibres alimentaires végétales mais aussi les résidus que l'on peut trouver dans la viande (tendons, kératine). On préconise en général 2 à 3 semaines de régime sans résidus strict puis 2 semaines de régime élargi. Ce régime entraîne une diminution du volume des selles, une diminution du transit intestinal et évite d'irriter la muqueuse intestinale.
Les principaux conseils de prévention qui sont donnés pour limiter les crises de colites aiguës sont d'abord alimentaires. Il est en effet recommandé de limiter la consommation de plats épicés et d'épices en général (moutarde, curry ...), de mastiquer avec application les aliments et de boire en quantité.
Le syndrome du côlon irritable est complexe et entraîne de gros problèmes au niveau de la qualité de vie. On distingue plusieurs types de syndrome de l'intestin irritable : à constipation prédominante, à diarrhée prédominante, forme mixte (constipation et diarrhée) ou non définie. Ces symptômes sont très caractéristiques des colopathies fonctionnelles et particulièrement l’alternance entre constipation et diarrhée. D’autres symptômes digestifs sont perceptibles comme des ballonnements, des douleurs abdominales, un ventre gonflé, mais aussi des reflux.
De plus, des signes extra-digestifs sont aussi remarqués : douleurs articulaires et musculaires, maux de tête, cystites répétées. Ce syndrome possède des causes multifactorielles, et notamment :
Les intestins fragilisés provoquent des symptômes d’intolérance et de ballonnements suite à l’ingestion d’aliments difficiles à digérer. C’est pourquoi ce syndrome est souvent confondu avec l’intolérance au lactose et la maladie cœliaque (intolérance au gluten). Ainsi, il est primordial de réaliser des tests respiratoires avec mesure d’hydrogène et de méthane dans l’air expiré lors d’une épreuve de charge, afin de diagnostiquer une possible intolérance au gluten ou intolérance au lactose.
Pour le syndrome du côlon irritable, le diagnostic est posé lorsque les troubles caractéristiques sont chroniques et supérieurs à 3 mois.
Respecter les conseils de base en alimentation santé dans le cadre de troubles fonctionnels intestinaux est très important avant d’exclure un quelconque aliment. En effet, pour éviter toute carence et tout dommage social, l’alimentation se base sur les principes suivants :
Si ces conseils ne suffisent pas à soulager vos symptômes, il sera judicieux de vous orienter vers un médecin ou un diététicien pour déceler des intolérances (gluten, lactose, FODMAPs).
Les FODMAPs (Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols) sont des glucides non digérés par les intestins et fermentescibles rapidement par les bactéries du côlon (fructanes et galactanes, lactose, fructose en excès, polyols). Leur digestion favorise la production de gaz intestinaux provoquant des irritations des muqueuses coliques et des troubles digestifs comme les ballonnements.
Le régime pauvre en FODMAPs permet, non pas de guérir, mais de limiter les symptômes entraînant une qualité de vie très compliquée pour les personnes qui en souffrent. On estime une réussite de 68 à 76 % dans l’atténuation des symptômes de côlon irritable. Cependant, ce régime est très restrictif et entraîne d’importantes complications sociales et notamment d’isolement. C’est pourquoi il est primordial d’être suivi par un médecin ou un diététicien afin de discuter des différentes problématiques.
De plus, il est important de déceler au préalable une intolérance au gluten ou une intolérance au lactose avant d'entamer un régime aussi restrictif, d’où l’importance d’avoir un suivi.
Le régime pauvre en FODMAPs doit être réalisé avec l'aide d'un professionnel de santé spécialisé en nutrition (diététicien-nutritionniste ou médecin nutritionniste). En effet, s'il est mal réalisé, ce régime peut être source de carence micronutritionnelle, d'isolement social et de dysbiose intestinale (déséquilibre de la flore intestinale). De ce fait, ce régime se déroule en trois phases :
La réintroduction des FODMAPs se fait via un test d’ingestion d’un groupe de FODMAP en petite quantité, par exemple le lait pour les Disaccharides (lactose). Il faut tester la tolérance au lait en petite quantité et augmenter les doses de manière croissante en 3 temps afin de définir un seuil pour chacun, tout en alternant avec un jour de repos en chaque prise.
Il est recommandé de les réintroduire en dehors des repas pour identifier facilement les symptômes et pour ne pas confondre avec un autre aliment. Si les symptômes ressentis sont modérés, on stoppe la réintroduction et on passe à un autre aliment.
| JOUR 1 | JOUR 2 | JOUR 3 | JOUR 4 | JOUR 5 |
|---|---|---|---|---|
| 100 mL de lait | Jour de repos | 200 mL de lait | Jour de repos | 300 mL de lait |
Après 3 jours de repos, il est possible de faire ce même cheminement avec un autre groupe de FODMAPs comme le miel pour les Monosaccharides (fructose). Attention, on réintroduit uniquement une seule famille de FODMAP par semaine.
| JOUR 8 | JOUR 9 | JOUR 10 | JOUR 11 | JOUR 12 |
|---|---|---|---|---|
| 1 g de miel | Jour de repos | 2 g de miel | Jour de repos | 3 g de miel |
Diarrhée sanglante, douleurs abdominales, crampes, ténesme et fatigue : les symptômes de la colite ulcéreuse (ou rectocolite hémorragique) impactent largement la qualité de vie des patients. Une altération du microbiote intestinal est suspectée. Or, ce microbiote est sous influence de l’alimentation. A l’issue des 12 semaines d’étude, le régime méditerranéen, bien toléré, limitait l’aggravation de l’activité de la maladie.
L’analyse du microbiote montrait également un impact du régime méditerranéen, avec une présence accrue de bactéries associées à un rôle protecteur, notamment des Firmicutes (Ruminococcus spp., Flavonifractor spp., Clostridium M, Blautia A, et Lactococcus spp.), et un recul de bactéries potentiellement pathogènes comme V. dispar, V. obetsuensis, P. copri et S. australis et d’espèces formant des biofilms.
Les chercheurs ont également observé une augmentation significative des immunoglobulines A sécrétoires (sIgA) fécales après 12 semaines de régime méditerranéen. Or, ces sIgA jouent un rôle essentiel dans le maintien de l'homéostasie de la muqueuse : elles se lient aux bactéries pathogènes et les empêchent d'accéder à l'épithélium intestinal.
En dehors des crises, soutenez votre microbiote avec des fibres solubles, des bouillons maison, et parfois des probiotiques ciblés. Mais attention : chaque colite a ses spécificités.
Voici une cartographie claire des principaux types de colites, avec leurs déclencheurs, mécanismes et enjeux spécifiques. Sans entrer encore dans l'alimentation, on éclaire ici la logique physiopathologique de chacune.
Voici une cartographie rapide et utile des symptômes les plus distinctifs en fonction de chaque type de colite :
En pleine crise de colite, le système digestif est en état d’urgence. Toute erreur alimentaire peut empirer les douleurs, aggraver l’inflammation ou ralentir la récupération. L’objectif ici est de reposer l’intestin tout en maintenant une hydratation et une nutrition de base suffisantes.
Pendant une crise, l’alimentation doit être la plus douce possible, avec des aliments :
Voici une sélection recommandée : riz blanc bien cuit, carottes vapeur, bananes mûres, viandes maigres bien cuites, pain blanc grillé, eau plate.
Certains aliments peuvent irriter ou stimuler excessivement un côlon déjà en souffrance. Ils sont donc à exclure temporairement pendant la crise : légumineuses, légumes crus, fruits acides, produits laitiers, aliments gras ou frits, boissons gazeuses, épices fortes.
La durée d'une crise dépend du type de colite, de son intensité, et de la prise en charge. Une colite infectieuse dure en moyenne 2 à 7 jours, mais peut persister si mal traitée. Une poussée de colite ulcéreuse peut s’étendre sur plusieurs semaines, parfois 1 à 2 mois en l’absence de traitement. Une crise de colite spasmodique est souvent brève (quelques heures à quelques jours), mais récurrente.
Pendant toute crise, il est crucial de rester hydraté, limiter l’effort physique, éviter tout excès alimentaire ou expérimentation diététique.
Une fois la crise passée, l’intestin reste vulnérable. C’est là que commence le travail de fond : réensemencer le microbiote, nourrir les cellules de la muqueuse, réduire l’inflammation de fond et prévenir les rechutes.
Le microbiote intestinal, ce vaste écosystème bactérien, joue un rôle majeur dans la santé digestive, l’immunité et l’inflammation. En phase de colite, ce microbiote est souvent altéré, appauvri ou déséquilibré. Il faut donc :
L’alimentation entre les crises doit être riche en nutriments, anti-inflammatoire de fond, mais aussi bien tolérée sur le plan digestif. Voici les familles d’aliments à privilégier : légumes cuits à la vapeur douce, fruits non acides, céréales semi-complètes, protéines maigres, bonnes graisses, produits fermentés bien tolérés.
Certains aliments possèdent des propriétés anti-inflammatoires démontrées, qui peuvent agir en synergie avec le microbiote et renforcer la barrière intestinale. À intégrer régulièrement : curcuma, oméga-3, bouillons maison, kéfir ou yaourt à base de lait végétal enrichi en probiotiques, gingembre, cannelle, romarin, thym.
Chaque colite a ses spécificités physiopathologiques. Adapter l’alimentation permet d’éviter les erreurs génériques, souvent contre-productives, et d’agir au bon endroit : microbiote, muqueuse, inflammation, péristaltisme, ou vascularisation.
En ce qui concerne l’alimentation des malades de MICI, il existe depuis mai 2008 des recommandations officielles. La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié deux Guides ALD 24 « Maladie de Crohn » et « Rectocolite hémorragique évolutive » concernant l’alimentation.
« {…} L’alimentation n’influe pas sur le cours de la maladie. Il n’est donc pas nécessaire d’imposer un régime particulier : l’alimentation doit rester diversifiée et équilibrée. Lors des poussées marquées, un régime d’épargne intestinale (apports restreints en fruits et légumes) peut être prescrit transitoirement. Un régime sans résidu strict n’est pas justifié. Après la poussée, le retour à l’alimentation normale doit être assuré à court terme… ».
Le diététicien n’a donc pas pour mission de vous proposer systématiquement un régime sans résidu ; ce dernier ne sera préconisé que dans des cas très précis. Pour finir, l’alimentation d’un malade de MICI est variable en fonction de l’évolution de l’inflammation donc les choix alimentaires doivent évoluer aussi.
Attention ! Il est important de ne pas tomber dans la restriction alimentaire bien que les symptômes favorisent parfois une alimentation restreinte et monotone. La poursuite d’une large sélectivité alimentaire est à risque de carence nutritionnelle, de fatigue, de troubles alimentaires, … L’alimentation pauvre en fibres permet de soulager les symptômes digestifs, pas de passer en rémission, ni de prévenir l’apparition d’une poussée inflammatoire.
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