La description semble trop belle pour être vraie… Et pourtant, c’est une carte postale, celle d’un ravissant petit village perdu des Alpes de Haute-Provence, traversé par une route départementale avec un bistrot de pays campé en plein virage pour n’échapper à la vue de personne.
Sur les sentiers provençaux de Pierrerue, à quelques encablures de Forcalquier, Lili Martignon n'a pas beaucoup à circuler à travers les champs de lavande pour rejoindre la bergerie de Léa. Chaque semaine, c'est son rendez vous plaisir. Un agréable rituel qui lui permet de goûter et choisir ses fromages de chèvres. Pour ses clients du restaurant, elle veut le meilleur.
C’est pour ce cadre bucolique et hors du temps que Céline Martignon et Jean-François Garcia ont eu un coup de cœur. Lassés par le rythme effréné qu’imposait leur vie tropézienne, ils ont trouvé ici même la maison de tous leurs bonheurs. Tant qu’à vivre dans leur bistrot de pays, autant s’y sentir bien : à côté de la platine vinyle, un 33t d’Amy Winehouse et une anthologie des Rita Mitsouko.
Dans les vitrines, le couple présente sa collection de barbotines et de « coquillages Vallauris ».
Avec son compagnon Jean-François, ils sont l'âme de ce bistrot de pays, un des rares commerces de Pierrerue. Un des 150 installés en France, dans une commune de moins de 2000 habitants.
Les provençaux applaudissent. L’association des Bistrots et Cafés de France a reçu le soutien d’Emmanuel Macron en personne. Elle veut sacraliser ces lieux de convivialité et de cuisine à la française, parfois dernier commerce du village. Les bistrots de pays pourraient entrer au patrimoine de l'Unesco.
Pour ses clients du restaurant, elle veut le meilleur. Et Lili sait que sa voisine chevrière lui garantit la qualité d'un produit 100% local : les animaux sont nourris avec le fourrage de l'agriculteur voisin. Circuit court.
"Je travaille seule sur l'exploitation" explique Léa Taupenas. Le nourrissage de ses chèvres, la traite, la transformation, la commercialisation. Les journées de la chevrière sont bien remplies. "Ca n'aurait pas de sens d'aller chercher des clients plus loin" se justifie la productrice.
La restauratrice confirme : "en se concentrant sur sa petite production, Léa fait de la top qualité, elle sait être créative". Les deux entrepreneuses partagent la même éthique : utiliser les ressources et les produits locaux, pour faire vivre un territoire en produisant en circuit court.
Grâce à la cuisine de "Cocotte", voilà les produits du terroir sublimés. Emplissant l'atelier d'une explosion de saveurs grâce aux truffes et aux poivrons destinés au mariage du jour dans l'assiette. "J'aime travailler avec de nouveaux producteurs, me lancer sur de nouvelles créations" explique le chef Jean-François Garcia", ajoutant : "Comme ça, je ne m'ennuie pas".
Si vous passez par Pierrerue, pensez à réserver, surtout en fin de semaine, car le bistrot est pris d’assaut. La carte est courte, trois entrées, quatre plats et desserts et c’est tout.
A la soupe de favouilles (rouille, croûtons et comté) trop salée, vous préférerez les délicieuses moules gratinées au beurre d’herbes-crumble de chorizo. Unanimité autour de la table pour la caractère gourmand et l’assaisonnement parfait des coquillages, beurrés à en défaillir.
Suivent un irréprochable poulet croustillant aux cornflakes et une très classique assiette de ravioles maison ricotta citron-basilic. Si la cuisine a hissé haut le niveau, rappelons que la salle ne se défnd pas mal non plus.
Reste à clore les agapes par un ventripotent baba au limoncello aux suprêmes d’agrumes ou un petit chèvre de Ségolène, habitante de Pierrerue, dont tout le monde se dispute la production.
Animation du village. Le bistrot de pays attire bien au-delà du village, et la réservation y est fortement conseillée. Ce midi, deux couples de Forcalquier ont préféré l'ambiance locale aux traditionnelles pizzerias citadines et transmettent leur enthousiasme : "ça fait vivre ce tout petit bourg de Pierrerue".
"Ce qu'on fait c'est bien plus que ça". Et le classement au patrimoine de l'Unesco, ça serait la reconnaissance de cette légitimité" ajoute Lili.
Alors faut-il réserver sa table chez Cocotte ? Oui car en venant ici, vous cocherez toutes les cases : vous ferez une belle balade, vous contribuerez à faire vivre l’économie d’un petit village, vous allez vous régaler et permettre à Lili et Jean-François de gagner un pari. Lequel ? Faire de leur maison une adresse de destination et pas de passage.
Nés à Forcalquier, les Bistrots de Pays bientôt au patrimoine de l'UNESCO ? Une reconnaissance qui aurait encore plus de sens dans ce département des Alpes de Haute-Provence. C'est de là que tout est parti en 1993.
Garantie d'authenticité, de convivialité et d'animation de la vie locale, le label "bistrot de pays" s'est fixé pour objectif d'enrayer le déclin des bistrots ruraux indépendants "à la française". Il en disparaissait alors un millier chaque année.
Depuis son bureau de Forcalquier, le directeur de la Fédération nationale des "Bistrots de Pays" compte sur le coup de projecteur que représenterait le classement au patrimoine mondial, pour arriver à dépasser les freins du moment : comme dans l'ensemble du secteur de la restauration, les bistrots subissent de plein fouet l'inflation des matières premières et de l'énergie, ainsi que le poids des charges. "Et la difficulté de recrutement est aussi un sujet" reconnaît-il. Pour lui, la simplification de procédures et procédures administratives pourraient favoriser de nouvelles installations.
Les onze bistrots du département de pays retiennent désormais leur souffle, espérant une bonne nouvelle de l'Unesco dans les mois à venir.
Adresse: Cocotte à Pierrerue, rue de la Fontaine, 04300
Téléphone: 04 92 75 33 00
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