En 2023, la cocotte-minute fabriquée par le groupe SEB, dont les ateliers se trouvent à Selongey en Côte-d'Or, fête ses 70 ans. Une soupape qui tourne, qui siffle et qui fume... la cocotte-minute a marqué, au fil des ans, des générations entières. Et elle ne semble pas partie pour s'arrêter : en 2023, cet ustensile indispensable de toute cuisine qui se respecte souffle sa 70ème bougie.
Née il y a 70 ans dans une usine du nord de la Côte-d’Or, la Cocotte-Minute a révolutionné la cuisine. Installée à Selongey depuis 1857, Seb fait partie de l'histoire de la commune. Mais c'est à Selongey, en Côte-d'Or, que Seb a vu le jour en 1857. Et aujourd'hui, l'histoire de la commune reste très liée à celle de l'entreprise. Vous connaissez sûrement ses cocottes-minute et ses friteuses, mais saviez-vous que Seb est née à Selongey en Côte-d'Or ?
Pour comprendre l'impact de cet objet iconique devenu incontournable dans les cuisines du monde, il faut revenir à ses origines et suivre son évolution à travers les décennies.
En 1953, SEB révolutionne la cuisine en lançant le premier autocuiseur embouti appelé « Super Cocotte », garantissant sécurité d’utilisation à un prix abordable. C'est en 1953 que naît la première cocotte-minute SEB. "Sûre, belle, efficace rapide et solide, celle-ci se vend à des milliers d'exemplaires", écrit l'entreprise sur son site internet.
La fabrication de la première cocotte-minute (ce nom de marque ne sera utilisé et déposé qu’en 1978) en aluminium embouti vient d’être lancée dans les ateliers de la Société d’emboutissage de Bourgogne (SEB), sous la marque SuperCocotte. Avant d’être une réussite commerciale, avec environ 46 millions d’exemplaires vendus depuis 1953, la cocotte est d’abord une innovation technologique.
Sa technique de fabrication par emboutissage sous presse à partir d’un cercle d’aluminium ou d’inox (appelé « flan ») lui a permis, en peu de temps, de conquérir les ménagères. Sa mission : cuire plus vite, en économisant l’énergie et en préservant les qualités nutritives, le goût et l’aspect des aliments, c’est la promesse tenue de la Super Cocotte qui se vend à plus de 120.000 exemplaires dès son lancement, en 1953 donc.
Cet autocuiseur est le premier de France à être fabriqué par emboutissage, en aluminium laminé à 99,5 %, un matériau très pur, léger et deux fois plus résistant que l’aluminium fondu. Son couvercle est muni d’une soupape de sécurité à ressort, d’une soupape de fonctionnement tournante et d’un étrier qui, en cas de pression trop élevée, laisse fuir la vapeur. Un petit bijou technique et esthétique qui révolutionne la manière de cuisiner.
En moyenne 40 % moins chère que les modèles de la concurrence, plus rapide et plus sûre, il permet de consommer moins d’énergie. En 1956, la marque accompagne son ustensile du fameux livre de recettes qui deviendra, lui aussi, un incontournable. Traduit dans des dizaines de langues (chinois, arabe, japonais...), il s’ouvre à la cuisine internationale et devient le compagnon idéal pour réaliser des recettes originales.
La cocotte-minute transforme le quotidien des Français et s'impose dans les cuisines de nombreux ménages pour devenir le premier produit emblématique d'une très longue série toujours en cours. En 1973, Seb crée le grille-pain tout automatique. A cette époque, la quasi-totalité des foyers sont équipés de produits modernes.
L’histoire de la Cocotte-Minute croise celle d’un Auvergnat. Antoine Lescure, ferblantier ambulant, né prés de Mauriac le 11 novembre 1807. Avant qu’il ne s’établisse à Selongey, où il créa. à 49 ans. une entreprise de fabrication d’articles deferblanterie, il faut l’imaginer vivant dans une roulotte, allant de village en village pour rétamer (c’est à-dire recouvrir d’étain) casseroles et chaudrons de cuivre, seaux, baquets et arrosoirs de fer blanc.
Du petit atelier qui fabriqua, jusque clans les années 50, notamment à Rivière-lesFossés, en Haute-Saône, des arrosoirs et des bidons à lait, naquit en 1926 la Société d’emboutissage de Bourgogne (SEB), de l’association des trois frères Lescure, Jean.
En janvier 1953, la première cocotte-minute voyait le jour et était commercialisée, en octobre de cette même année. Il faut revenir un an avant, en 1952, là où tout se dessine. À l’époque, Camille Philippe a 23 ans. Il est ouvrier ajusteur dans l’usine SEB, à Selongey. Titulaire d’un CAP (certificat d’aptitude professionnelle), sans contrat de travail, il est payé au quart d’heure.
« Chez moi, à mon domicile, je conçois et je réalise, à l’aide du faitout de mon épouse, ma maquette d’un... Industrie. Seb a fêté sur son site historique de Selongey les 70 ans de sa cocotte-minute Seb, socle du succès de l’industriel du petit-électroménager.
Cocotte Minute SEB Vintage
Au fil des décennies, la Cocotte-Minute a connu de nombreuses évolutions et innovations pour s'adapter aux besoins et aux modes de vie des consommateurs.
De fil en aiguille, cette dernière gamme évolue jusqu’à Clipso Tempo, un produit quatre en un qui peut être utilisé en cuisson pression, cuisson lente avec couvercle, cuisson au four et pour le service à table, grâce à son design élégant. En 1993 est ainsi apparu, sur le marché sifflotant de la cuisine familiale, un appareil aux parois intérieures antiadhésives.
La nouvelle génération des autocuiseurs est de plus en plus éloignée du modèle d’origine. La soupape tournante et le système de fermeture à étrier ont disparu. La dernière née de chez SEB est même dotée d’un hublot pour surveiller la cuisson.
Autre évolution, d’ordre social celle-ci : elle s’est débarrassée du cliché de la femme au foyer préparant des bons petits plats. Elle s’est également adaptée à la société essentiellement monoparentale, avec de petits modèles pour personne seule.
En 1994, la révolution se poursuit avec le modèle « Clipso » qui dispose d’un système d’ouverture à une seule main à bouton poussoir, unique au monde. Elle se modernisera avec un système d’ouverture à une seule main avec arche. Par la suite, la gamme s’élargit avec Nutricook, qui offre une cuisson accélérée et saine des aliments tout en préservant les vitamines.
Quelques années plus tard, « ClipsoMinut’ Natural » fait son entrée en s’inscrivant dans la démarche d’économie circulaire engagée par le Groupe.
Même si la gamme SEB s’est élargie à l’inox, aux cocottes de couleur et à des tailles allant de 2,7 à 12 litres, « de 1953 à 1996, rien n’a changé, si ce n’est des évolutions de détail », affirme-t-il.
Quant aux perfectionnements apportés, ils suivirent la croissance externe de la société selongeaise. Le rachat, par exemple, en 1968, de Tefal, inventeur du revêtement anti-adhésif, permit d’améliorer la qualité des cocottes.
« La Cocotte-Minute traditionnelle reste cependant encore la plus vendue, même si une autre génération plus perfectionnée existe », explique Jean-Jacques Ligny, directeur du département autocuiseurs. L’une des raisons de cette fidélité à toute épreuve est sans aucun doute la longévité constatée de l’engin, que l’on évalue à une vingtaine d’années en moyenne.
Autocuiseur Seb Clipso Minut Easy
La Cocotte-Minute a eu un impact significatif sur la société et l'économie, en transformant les habitudes culinaires et en contribuant au développement de l'entreprise SEB.
À la faveur du boum économique de l’après-guerre, le travail des femmes se répand, réduisant d’autant le temps passé au foyer à préparer les « bons petits plats ». Les ménagères n’ont plus l’impression d’être rivées à leur fourneau.
Ce gain substantiel permet « à la cuisinière, ainsi libérée, de se consacrer à tout autre activité de son choix, bricoler, lire, se faire belle ou se promener », n’hésite pas à proclamer la notice d’utilisation SEB. Cuisiner à la Cocotte-Minute s’impose donc comme un mode de vie plus relax, consacrant la société de loisirs. La cocotte joua également un rôle certain dans l’égalité des sexes, en incitant les hommes à être plus présents derrière les fourneaux.
Il s’agit, pour Frédéric Lescure et ses deux frères associés, Jean et Henri, de conquérir un public moderne et actif. Les arguments de vente sont simples : « moindre dépense, temps gagné, meilleure cuisine ».
Un succès qui croît au fil des ans, à mesure que le produit s'exporte à l'internationale. Au début des années 50, le chiffre d'affaire de la société s'élève à 7 millions d'euros. Un chiffre qui a été multiplié par plus de 1 000 en 70 ans : il s'élève aujourd'hui à... Un succès qui fait la fierté des employés de l'entreprise, comme Jean-Luc, qui travaille dans les ateliers à Selongey depuis 23 ans.
Cela fait près de 160 ans que la famille Lescure s'est installée dans la commune. C'est elle qui a fondé la Seb, la Société d'emboutissage bourguignonne. Depuis, le groupe s'est beaucoup agrandi, en France et à l'étranger, mais l'histoire de Selongey reste intimement liée à celle de l'entreprise.
La cocotte-minute a été vendue à 75 millions d’exemplaires en soixante-dix ans. Son succès a contribué à l’essor de SEB, devenu un géant mondial de l’électroménager aux 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021. Le groupe emploie 33 000 salariés dans le monde et possède une trentaine de marques (Calor, Tefal, Moulinex, Rowenta, Lagostina…).
Aujourd’hui, 800 000 cocottes sont fabriquées dans l’usine SEB de Selongey chaque année.
Ils sont venus, ils étaient tous là à Selongey, berceau du groupe SEB pour saluer les 70 ans de son fleuron, la célèbre cocotte-minute. À noter d’ailleurs que 85% du métal utilisé est de l’inox recyclé.
En ce vendredi 20 octobre, journée nationale de la réparation, ces chiffres ont fait sourire d’aise le ministre de l’Industrie, Roland Lescure qui voit là une illustration de ce que peut être une écologie de la compétitivité. « C’est emblématique de ce que l’on cherche à faire. On ne fait pas d’industrie sans transition écologique. Si on veut réussir une transition écologique qui ne soit pas un appauvrissement mais un enrichissement, une opportunité, elle doit s’appuyer sur l’industrie ».
Chaque acheteur d’une cocotte-minute bénéficie d’un engagement de « réparabilité » de quinze ans de la part d’un fabricant qui se présente comme un fervent défenseur du « réparer plutôt que jeter ».
Parce qu’elle est plus rapide, la cocotte-minute est également censée consommer 50 % d’énergie en moins qu’un faitout et préserver 80 % des vitamines des légumes.
De nombreuses anecdotes et témoignages illustrent l'impact de la Cocotte-Minute sur la vie des gens.
« Il suffit de couper le gaz ou la plaque électrique 10 minutes avant la fin du temps de cuisson indiqué et de laisser mijoter tout seul pour réaliser des économies d’énergie supplémentaires », recommande de son côté Anne Langlois, sœur de Frédéric, l’une des premières à avoir expérimenté puis utilisé régulièrement la Super-Cocotte.
Quelques femmes du pays, de peur qu’un malheur « explosif » ne survienne en utilisant la Cocotte-Minute, la faisaient fonctionner dans une pièce éloignée de leur maison d’habitation.
La Super-Cocotte devint vite célèbre et participa aux grands rassemblements populaires, tels que le Tour de France. « Un cocotte géante, fabriquée par un habile ouvrier de l’atelier de Rivière, fut perchée sur le toit d’une 403 qui sillonna les routes de France », se souvient Anne Langlois.
« On boursicote un petit peu, donc on suit l'action Seb, c'est normal ! » lance-t-il dans un grand éclat de rire.
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