Le chlorure de potassium (E508), également connu sous le nom de « muriate de potassium », est une substance d’origine minérale couramment utilisée dans l’industrie agro-alimentaire et les produits pharmaceutiques. Mais quels sont ses bienfaits ? Quels rôles joue-t-il dans les denrées alimentaires ? Quels sont les risques liés à sa consommation ? Une carence ou un surdosage représente-t-il un danger ?
Cet article explore en détail le chlorure de potassium, ses utilisations, ses avantages potentiels, et surtout, les risques et effets secondaires associés à sa consommation.
Le chlorure de potassium (KCl) est un sel de potassium extrait de roches ou d’eau de mer. C’est un électrolyte qui agit à l’intérieur de chaque cellule de l’organisme humain, en tant que contrôleur du taux des fluides et du pH. C’est une poudre blanche qui a une saveur salée, mais avec un arrière-goût un peu amer.
Suivant le règlement (UE) N° 1925/2006, il fait partie des substances minérales autorisées à être ajoutées aux denrées alimentaires. Il devrait donc être inoffensif et biodisponible. Aucune limite n’est imposée aux fabricants en termes de concentration maximale dans les denrées alimentaires.
Selon l’EFSA, l’exposition aux chlorures est de 2 mg/kg pc/jour en moyenne chez les personnes âgées, et de 42 mg/kg pc/jour chez les enfants en bas âge. Ce niveau d’exposition ne devrait pas poser de problème de santé. D’ailleurs, c’est pour cette raison que cette autorité a établi la valeur de référence de chlorure à 40 mg/kg pc/jour.
Le chlorure de potassium constitue un apport en potassium intéressant. Ce minéral est présent naturellement dans certains aliments, dont le chocolat, les légumes, les fruits et les produits laitiers. L’EFSA a estimé qu’il est apporté naturellement par l’alimentation entre 5 et 6 g/jour. Le chlorure de potassium utilisé comme additif alimentaire contribue à l’apport de potassium.
Dans son rapport de 2021 proposant une mise à jour des références nutritionnelles en vitamines et minéraux, l’Anses a estimé qu’un apport en potassium de 3 500 mg/j avait un effet bénéfique sur la pression artérielle chez les adultes et que des apports en potassium inférieurs à 3 500 mg/j étaient associés à un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral. En France, les apports en potassium sont en moyenne de 3 484 mg/j chez les hommes et de 2 755 mg/j chez les femmes (Anses, chiffres publiés en 2017).
Les principaux groupes alimentaires qui contribuent aux apports en potassium dans l’alimentation sont les féculents, les produits céréaliers, les légumes ainsi que les produits laitiers. Entre autres aliments (féculents, produits céréaliers, légumes, etc.), le chocolat et la banane sont des sources de potassium.
Outre les substituts de sels sodés, le chlorure de potassium est également utilisé dans de nombreux produits alimentaires, en raison notamment des processus de fabrication (enrichissement des denrées en potassium, additifs et auxiliaires technologiques) sans que cela soit clairement indiqué sur ces produits.
L’Anses a également attiré l’attention des pouvoirs publics sur l’existence des trois allégations de santé autorisées dans la réglementation européenne pour le potassium, dont l’une indique que « le potassium contribue au maintien d’une pression sanguine normale ».
D’après la réévaluation des chlorures par l’EFSA (Autorité européenne sur la sécurité des aliments) en 2019, la consommation d’E508 comme additif alimentaire ne présenterait que de faible toxicité aiguë. D’après les autorités, il ne présenterait aucun risque pour la santé humaine. Il peut être ajouté dans de diverses catégories d’aliments, sauf dans les préparations infantiles et dans la filière bio.
Cependant, il pourrait augmenter le risque d’hyperkaliémie chez les personnes affectées par des problèmes rénaux. En effet, ces personnes pourraient avoir des difficultés à l’éliminer dans l’urine. Une carence (hypokaliémie) ou un excès (hyperkaliémie) de potassium dans le sang pourrait provoquer des problèmes de santé plus ou moins graves.
En général, l’hypokaliémie est constatée en cas de graves pertes digestives (vomissements et diarrhées) ou urinaires. Dans la plupart des cas, l’excès dans le sang (hyperkaliémie) serait dû à un problème d’élimination urinaire. Ce sont les personnes affectées par des problèmes rénaux qui pourraient courir ce risque, à cause de leurs difficultés à évacuer cette substance.
Si les formes légères à modérées d’hyperkaliémie (concentration supérieure à 5,5 mmol/l) provoquent des manifestations cliniques non spécifiques telles qu’une fatigue, une diminution de la force musculaire ou des symptômes gastro-intestinaux, les formes sévères peuvent induire des signes cliniques plus graves, les plus dangereux étant les troubles du rythme potentiellement mortels.
Les manifestations cliniques de l’hyperkaliémie légère à modérée sont généralement non spécifiques, par exemple une faiblesse généralisée, une paralysie, des nausées, des vomissements et une diarrhée. Une hyperkaliémie élevée (supérieure à 6,5 millimoles par litre, soit environ 254 mg/l) peut conduire à des signes cliniques variables selon la cause et l’état de santé du patient : les plus dangereux sont des troubles du rythme cardiaque, potentiellement mortels.
La base de données internationale de l’OMS (Vigilyze), qui recense tous les effets indésirables des médicaments, a été interrogée pour identifier tous les cas d’hyperkaliémie à travers le monde depuis 1986. Sur plus de 23 000 cas (comprenant environ un millier de cas d’évolution fatale), un peu moins de 3 000 sont recensés en France.
L’Agence européenne de l’alimentation (Efsa) rapporte aussi quelques études de cas qui ont indiqué qu’une supplémentation en potassium de 5 000 à 7 000 mg/j pouvait aussi avoir des effets indésirables sur la fonction cardiaque d’adultes en bonne santé.
En particulier, des cas d’erreurs médicamenteuses, pour certaines d’issue fatale, ont été signalés dans des établissements de santé après l’administration de KCl soit par voie intraveineuse directe, soit par injection trop rapide et sans dilution.
Il est rare qu’un apport quotidien au-dessous de la valeur de référence conduise à une carence. Une alimentation équilibrée pourrait suffire pour atteindre l’apport nutritionnel conseillé en potassium. Ainsi, la consommation de denrées alimentaires contenant du chlorure de potassium devrait tenir compte du régime alimentaire adopté. Dans le cas d’hyperkaliémie, il vaudrait mieux limiter les aliments en contenant. Dans une situation d’hypokaliémie, les produits riches, qui en renferment en abondance, seraient indispensables.
Un apport raisonnablement supérieur à la valeur de référence ne devrait pas présenter de dangers chez les personnes n’ayant pas de problèmes au niveau des fonctions rénales. Sa valeur nutritionnelle de référence est de 3500 mg/jour. Beaucoup d’aliments en contiennent naturellement, comme les fruits, les légumes et les produits laitiers. On pourrait donc atteindre facilement les besoins quotidiens, en adoptant un régime alimentaire normal.
Prenez en compte les autres médicaments hyperkaliémants que le patient pourrait prendre de façon concomitante.
Les personnes présentant l’une ou l’autre des situations à risque forment un ensemble non négligeable de la population française. Les pouvoirs publics ont donc été alertés sur les dangers encourus par les consommateurs du fait d’un manque d’information sur les étiquettes concernant l’utilisation des sels de potassium, en particulier pour les personnes non suivies ou mal suivies présentant une des affections qui majorent le risque.
À noter qu’une concentration trop faible de potassium dans le sang (ou hypokaliémie) - qui résulte d’un apport alimentaire insuffisant en potassium, ce qui occasionne des crampes, de la fatigue et/ou encore des troubles urinaires - est exceptionnelle.
Tableau Récapitulatif: Apports et Risques du Chlorure de Potassium
| Aspect | Informations Clés |
|---|---|
| Apport Nutritionnel de Référence | 3500 mg/jour |
| Sources Alimentaires Naturelles | Fruits, légumes, produits laitiers, chocolat, banane |
| Risque Principal | Hyperkaliémie (excès de potassium dans le sang), surtout chez les personnes avec des problèmes rénaux |
| Symptômes d'Hyperkaliémie | Fatigue, faiblesse musculaire, nausées, vomissements, diarrhée, troubles du rythme cardiaque (cas sévères) |
| Précaution Importante | Surveiller la consommation chez les personnes à risque (problèmes rénaux, cardiaques, etc.) |
| Utilisation | Substitut de sel, additif alimentaire |
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